CG28

Les priorités de la vocation consacrée salésienne

Les priorités de la vocation consacrée salésienne

Turin, 18 février 2020

Chers confrères,

Je souhaite vous communiquer ce que j'ai constaté ces dernières années comme un besoin fondamental dans la vie de la Congrégation, notamment à travers l'étude des rapports des visites extraordinaires et des consultations pour la nomination de nouveaux provinciaux, à l'occasion des visites avec les Régions, dans les conseils que j'ai donné à certaines conseils provinciaux, dans les relations personnelles et dans la correspondance que j'ai eu avec les provinciaux, les vicaire et les confrères.

Dans la Congrégation, je constate un vif désir et un grand besoin d'assumer comme priorité la vie consacrée salésienne dans toutes ses dimensions. Notre vocation est la vie consacrée ; si nous ne renforçons pas notre identité vocationnelle, tout s'affaiblit. De nombreux confrères ont un vif désir de vivre une authentique vie consacrée ; il y a aussi un grand besoin de vivre la vie consacrée afin d'assurer la vitalité du charisme et de prévenir de nombreuses difficultés. C'est le chemin que nous avons parcouru à la suite du CG 27ème, mais il faut encore le renforcer.

La centralité de l'amour pour le Seigneur Jésus, l'amitié avec lui, l'écoute de sa parole, la prière personnelle et communautaire et le témoignage prophétique à sa suite constituent le premier aspect fondamental de notre vie consacrée qui exerce une fascination irrésistible sur nous et sur ceux qui vivent à nos côtés. Nous sommes appelés à être avec Jésus, à être comme Jésus, à être Jésus. Sans amour pour le Seigneur Jésus, notre vie s'éteint et se flétrit ; l'amour pour Jésus est un feu qui doit être continuellement alimenté. De "tout pour Jésus" vient "Jésus pour tous".

De plus, la fraternité vécue dans la communauté est un autre aspect de notre vocation ; elle a un fort impact sur nos jeunes et nos collaborateurs laïcs dans la mission, sur les familles, sur la famille salésienne, sur l'église locale et sur ceux qui sont dans la Région. La prophétie de la fraternité reste une priorité ; notre vie communautaire est faible. Cela exige que nous ayons une communication authentique entre confrères, que nous construisions des relations de qualité, que nous vivions et travaillions ensemble, que nous surmontions l'individualisme.

Notre mission auprès des jeunes est un autre aspect de notre vocation qui nécessite de profonds changements. Nous avons besoin de plus de passion et de dévouement dans le travail apostolique: le travail infatigable pour les âmes est notre caractéristique ; nous courons le risque de perdre notre dévouement au travail, surtout lorsque les intérêts individuels prévalent. Nous devons passer plus de temps avec les jeunes et ne pas nous préoccuper uniquement de la gestion des œuvres et des institutions. Les jeunes pauvres doivent trouver plus d'attention et d'espace dans les projets provinciaux. La formation et la mission partagée entre les salésiens et les laïcs ont encore des chemins à suivre. L'ouverture aux missions "ad gentes" est une grande initiative à promouvoir. Il ya, en plus, de nouvelles exigeances des jeunes que nous devons prendre en considération: la protection des mineurs, la citoyenneté active et la formation de dirigeants, l'engagement dans la maison  commune, le bénévolat, ... L'e CG28ème constituera sans aucun doute une décision dans cette direction.

Notre vocation consacrée exige la grâce de l'unité ; ces trois aspects mentionnés ci-dessus exigent l'harmonie et l'équilibre dans nos vies. Souvent, nous faisons encore l'expérience de la fragmentation et de la dispersion dans la vie de notre vocation, qui se traduit par une vie personnelle stressée et une vie communautaire superficielle. La salésianité de notre vocation doit également être renforcée, en particulier dans la référence à Don Bosco et à notre identité charismatique dans la vie spirituelle, dans la fraternité et dans la mission.

Je conclus en évoquant trois aspects que j'ai accompagnés au cours de ces six années pour aider  la croissance et la vitalité de notre vie consacrée. Ce sont des conditions nécessaires, mais pas suffisantes, qui ont donné lieu à certains processus encore en cours.

Cohérence quantitative et qualitative des communautés salésiennes. Plusieurs causes expliquent le manque de cohérence des communautés : le vieillissement, la diminution des vocations, l'entretien de toutes les œuvres sans changer le modèle de gestion, le désir d'atteindre les jeunes pauvres, l'émergence de nouvelles priorités dans la mission sans prendre de décisions sur les œuvres existantes. Des mesures ont été prises dans ce sens ; surtout, une nouvelle prise de conscience a été créée, mais le processus doit se poursuivre.

Redessiner la présence salésienne dans la province. Son but est d'assurer la vitalité du charisme dans la province et non la survie des œuvres. Les provinces ont prévu de procéder à un changement. Pour la plupart, ces plans ont établi des temps et des moyens pour assurer la cohérence quantitative et qualitative des communautés salésiennes et la cohérence qualitative des communautés éducatives pastorales ; les tâches de responsabilité à confier aux salésiens et aux laïcs, en particulier dans les domaines administratifs ; les travaux à confier à la gestion laïque sous responsabilité d'inspection ont été indiqués ; des choix ont été faits sur la façon de concrétiser l'attention à la jeunesse pauvre et immigrée ; on a repris l'engagement de la promotion des vocations locales, en prêtant attention à la vocation consacrée salésienne sous ses deux formes ; on a fait des choix pour la qualification des confrères ; on a indiqué des interventions pour favoriser l'esprit missionnaire et pour éveiller des vocations missionnaires ; on a donné des critères pour assurer la continuité de chaque œuvre.

Communautés internationales. Nous vivons aujourd'hui dans une époque de grande mobilité des personnes et des peuples. Les raisons de ce phénomène sont diffèrents : pauvreté, faim, guerre, persécution, désertification, changement climatique, mondialisation et, par conséquent, recherche de la sécurité et de meilleures conditions de vie. Le résultat de la mobilité est un mélange de personnes de chaque nation, culture, ethnie, religion, langue ; cette situation exige de résoudre les problèmes d'adaptation culturelle, de coexistence civile et d'intégration sociale. De nombreux jeunes migrants se retrouvent sans travail et donc sans avenir, exclus de la société, exposés à la criminalité et à la violence. Afin de répondre à leurs besoins, les communautés éducatives pastorales deviennent de plus en plus interculturelles, même avec la présence de volontaires de différents pays; c'est pourquoi les provinces sentent le besoin de créer des communautés internationales. Dans la Congrégation, il y a déjà un échange notable de confrères ; il est nécessaire augmenter la croissance des vocations missionnaires et l'échange temporaire de confrères entre les provinces.