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Directeurs du Bulletin Salésien (Bs), Les mots pour le comprendre

COMMUNICATION - BULLETIN SALÉSIEN DOCUMENTS

 

DIRECTEURS DU BULLETIN SALÉSIEN (BS) - P.Bruno Ferrero

 

 

DIRECTION GÉNÉRALE ŒUVRES DE SON BOSCO

Via della Pisana, 1111 P. 18333 - 00163 ROMA - Tel. 06.656.121 Fax: 06.65612556 - www.sdb.org
Dicastère pour la Communication Sociale: Dicasterocs@gmail.com; Bollettino Salesiano: biesse@sdb.org

 

LE BULLETIN SALÉSIEN

LES MOTS POUR LE COMPRENDRE
Il a 135 ans mais conserve une étonnante vitalité. Le mérite en revient entièrement à son inventeur qui avait une vision stupéfiante et aiguë de l’avenir.
Don Bosco fut un communicateur né. D’une race irrésistible. En communication sociale, il se transformait lui-même, devenant plus moderne que ses idées, il inventait des pédagogies. Il démontrait avoir bien compris la civilisation industrielle dont il était, par principe, ennemi. Et comme tous les grands communicateurs, il attirait et faisait peur à la fois. Cent vingt-quatre ans après sa mort, cet effet continue.
Pour étudier les relations entre Don Bosco et les mass médias, il faut partir de ces éléments : l’ecclésiastique apparemment modéré, et puis le saltimbanque et le prestidigitateur, le prêtre qui rassemble les jeunes en les laissant « chahuter comme ils veulent », qui fonde des écoles et des publications, organise des spectacles.
Et enfin son chef d’œuvre de la communication : la réinvention, à la mesure d’une ville industrielle, de l’Oratoire. Celui-ci est un système qui intègre école et travail, temps libre et religion : « Une machine parfaite où chaque canal de communication, du jeu à la musique, au théâtre et à la presse, est géré en propre sur des bases minimes, et réutilisé et discuté quand la communication arrive de l’extérieur » (Umberto Eco).
Les dernières discussions sur la figure de Don Bosco ont indiqué d’une manière générale combien le fondateur des Salésiens était moderne et ancien, génial et énigmatique. Mieux : combien il apparaît encore tel, paradoxalement, deux siècles après sa naissance.
Il part d’une feuille au nom improbable, le Bibliophile Catholique, pour la changer en Bulletin Salésien. Le mot bulletin, d’après le dictionnaire, signifie : « publication officielle de communications à caractère public ».
Son origine était noble. Elle dérive de « bulle », c’est-à-dire qui portait le sceau avec lequel on contresignait les écrits publics et les documents solennels. Les bulles papales, par exemple. On utilise encore aujourd’hui le mot « bulletin » à des fins très pratiques : bulletin médical, bulletin de guerre.
Il se présente de style pratique, sans fioritures, managérial. Voilà pourquoi il plut à Don Bosco.

 
ÊTRE PRÉSENT

« Ne pouvant pas vous rendre personnellement visite à chacun… » : Ces paroles de la lettre de Don Bosco sur la diffusion des bons livres rappelle les lettre de saint Paul. Elles manifestent surtout quelque chose de fondamental chez Don Bosco et dans son système : y être, être présent, être près de.
Don Bosco était un magicien de la conversation conviviale, de la parole. Même les cardinaux romains s’en sont aperçus en 1858 :
« Un soir, au cours d’une conversation, on ne sait pas trop si c’était avec le Card. Gaude ou le Card. Altieri, et en présence de plusieurs prélats, le Cardinal lui demande :
- Don Bosco, faites-nous un petit prêche comme vous avez l’habitude d’en faire à vos jeunes.
- Mais, interrogea Don Bosco, comment dois-je m’y prendre ? Dois-je le faire en m’adressant à Votre Éminence et à tous ces Révérendissimes ?
- Oui, faites ainsi.
- Mais ne conviendrait-il pas mieux que vous me fassiez le prêche et que moi, je vous écoute ?
- Non, non, ajouta le Cardinal, prêchez donc comme si nous étions vos jeunes. »
Et bien tranquillement, Don Bosco commença : Mes chers enfants, et il continua un bon moment en racontant en piémontais un extrait de l’histoire de l’Église, y introduisant des dialogues pleins de verve, des proverbes et des phrases pleines d’esprit, des remarques, des reproches, des promesses, des interrogations et des exhortations à ses auditeurs, et ainsi de suite. Ces messieurs, un peu pour ce qu’ils comprenaient, un peu pour ce qu’ils ne comprenaient pas, commencèrent à rire de bon cœur jusqu’à ce que le Cardinal, n’en pouvant plus, réussit à l’interrompre en lui disant : « Ça suffit ! ça suffit ! ». Mais en même temps, ils apprirent tous le merveilleux pouvoir de la parole de Don Bosco sur l’esprit des enfants. » (Memorie Biografiche V, 892).

 
COMMUNIQUER

À la base de l’aventure salésienne se trouve l’instinct communicateur de Don Bosco. Son « sourire futé ». Sa magique perception des hommes : « J’étais encore tout petit que j’étudiais déjà le caractère de mes camarades. Et, fixant tel ou tel en face, je devinais généralement ses intentions. C’est pour cela qu’au milieu des jeunes de mon âge, j’étais très aimé et beaucoup craint. » Depuis qu’il avait dix ans, dit-il lui-même. Il en fut ainsi toute sa vie durant. Et cela dure encore, semble-t-il. Sourire futé, donc, et œil averti.
Il faut ajouter encore un mot : « Ce qui les rassemblait autour de moi et les réjouissait follement, c’étaient les histoires que je leur racontais ». Une parole qui deviendra puissante et capable d’effets pratiques avant qu’elle ne soit dite : « Un jour, un carabinier, me voyant imposer le silence d’un geste de la main à quelque quatre cents jeunes qui s’amusaient et chahutaient dans le pré, s’exclama : " Si ce prêtre était un général, il pourrait combattre contre la plus puissante armée du monde" ».
À l’origine de cette force de parole, décisive chez le communicateur Don Bosco, il y a quelque chose de plus élémentaire que le contenu des mots. Le message vient après : au début, il y a la merveille d’une parole que l’interlocuteur ressent immédiatement comme adressée à lui-même. Les témoignages sur cette magie de la parole personnellement destinée, faisant suite à la magie d’un regard qui connaît, sont innombrables.
« Arrivé au réfectoire, si les commensaux habituels étaient déjà sortis, Don Bosco déjeunait en présence des jeunes qui survenaient et l’entouraient à l’empêcher presque de respirer, assourdi par le bruit qu’ils faisaient, au milieu d’un nuage de poussière et dans une ambiance bien agitée, qu’il aimait beaucoup, cependant, lui qui ne cherchait pas ses aises mais le bien-être de ses enfants » (Memorie Biografiche IV, 189).
Le pape Ratti, celui qui canonisa Don Bosco et qui, en automne 1883, avait été son hôte à la Maison Pinardi, se souvient : « Le voilà qui répond aux questions de tous : et il avait le mot exact pour tout de manière admirable : de fait, cela surprenait d’abord et provoquait une grande admiration ensuite ».
Certains objets sont déjà un message et Don Bosco les transforme en propositions de vie : « Le brave théologien Guala et Don Cafasso me donnaient volontiers des images, des feuillets, des livrets, des médailles, de petites croix pour les offrir aux jeunes. Ils me donnèrent parfois de quoi en habiller quelques-uns qui en avaient davantage besoin, et fournir du pain à d’autres pour plusieurs semaines ».

 
SIMPLICITÉ

Don Bosco communicateur ne s’arrête jamais. Il ne fait pas de théories, il n’a pas d’autre plan que la hantise de l’évangélisation et l’instinct communicateur combinés ensemble.
Don Bosco suivit peut-être une seule règle en passant des moyens de subsistance aux moyens de communication : « Abandonner la langue et le style des classiques, parler en dialecte là où on le peut, ou même en langue italienne, mais dans un langage populaire, populaire, populaire ». Et c’est avec cette règle que naquirent journaux et livres « à mettre entre les mains du petit peuple ». Les « affichettes » intitulées « Souvenirs pour les catholiques ». Le « petit livret » avec le titre « Avis aux catholiques ». Et les « Lectures Catholiques » qui paraissent en 1853 dans le but de produire « des livres du peuple », en « style simple et langage populaire ». Et même ses adversaires lui reconnaîtront le « grand don » de « vous faire comprendre et lire par le peuple ».

 

LIEN

Le premier numéro « officiel » du Bulletin s’ouvre par une lettre de Don Bosco : « Aux Coopérateurs Salésiens. Dans notre Règlement, Généreux Coopérateurs, il est prescrit un Bulletin mensuel qui serait publié en son temps pour vous informer de ce qui a été fait ou de ce qui est à faire pour atteindre ainsi le but que nous nous sommes proposé. Renforçons à présent notre commun désir afin que chacun puisse participer dans un même esprit et orienter unanimement nos efforts vers un seul et unique but : la gloire de Dieu et le bien de la Société civile.
Pour ce faire, nous jugeons utile de nous servir du Bibliophile, Bulletin qui, depuis quelques années, est imprimé dans notre imprimerie de Turin et qui, à l’avenir, le sera à l’Hospice Saint Vincent de Sampierdarena. Ce Bulletin vous présentera :
1° Les choses que les inscrits ou leurs Directeurs jugent utile de proposer pour le bien commun et particulier des associés ; suivront les normes pratiques pour les Coopérateurs.
2° L’exposé des faits qui sont apparus fructueux aux inscrits et qui peuvent être d’exemples pour les autres. Donc les faits survenus, entendus, lus : pourvu qu’ils aient à voir avec le bien de l’humanité et de la religion ; les nouvelles et les lettres des Missionnaires qui travaillent pour la foi en Asie, en Australie, et spécialement celles des Salésiens dispersés en Amérique du Sud auprès des indigènes, sont pour nous une matière appropriée.
3° Les communications, l’annonce de choses diverses, les actions proposées ; les livres et maximes à propager forment la troisième partie du Bulletin ».
Don Bosco veut que ses amis se sentent encore de la famille, sentent encore l’ambiance « maison » même si maintenant ils sont loin.

 

DESTINATAIRES

Don Bosco n’a jamais exclu personne. C’est pourquoi le Bulletin s’adresse à tous les amis de Don Bosco et à ceux qui, le connaissant, pourraient le devenir.
On peut penser à une série de cercles concentriques qui vont s’élargissant des plus proches aux plus éloignés, avec le plus efficace des moyens de diffusion : le « bouche à oreille ».
Partout Don Bosco fait connaître les initiatives des Salésiens et obtient des aides. Il envoie le BS au plus possible de gens et, là où il y a l’espoir d’une plus grande adhésion, il ajoute le diplôme de Coopérateur Salésien. Le BS envoyé gratuitement pénètre dans la maison des riches aussi bien que dans celle des pauvres. Les riches envoient des dons importants qui permettent d’envoyer le BS également aux pauvres et d’atteindre un tirage respectable en quantité.

 

VISIBILITÉ

« Nous vivons une époque où il faut travailler. Le monde est devenu matériel ; il faut donc travailler et faire connaître le bien que l’on fait. Même si quelqu’un fait des miracles en priant jour et nuit sans bouger de sa cellule, le monde n’y prête pas attention et n’y croit plus. Le monde a besoin de voir et de toucher. Le monde actuel veut voir le clergé travailler, instruire et éduquer la jeunesse pauvre et abandonnée, avec des œuvres de charité. Voilà l’unique moyen de sauver la jeunesse » (Memorie Biografiche XIII, 126-127).
« On peut dire que le BS, les nombreuses circulaires envoyées … détermineront la découverte mondiale de Don Bosco, homme extraordinaire. Jusqu’en 1874, les Salésiens constituaient une Congrégation au niveau régional. Après cette date, particulièrement après 1880, les jeunes recommandés à Don Bosco par des ecclésiastiques et des laïcs se firent plus fréquents et les demandes d’ouverture de maisons se multiplièrent dans différentes villes et nations » (Stella, Don Bosco, 1968).
« Dans l’esprit de notre père, le Bulletin doit être l’instrument très efficace de cette propagande, toujours ardemment voulue par lui pour que s’avère le précepte évangélique : «Videant opera vestra bona» (« …pour qu’en voyant vos bonnes actions, ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. » Mt 5,16). Ne négligeons donc pas ce puissant moyen de propagande, le Bulletin, qui a précisément comme but de mettre en lumière et répandre la connaissance de nos oeuvres, de notre travail, de nos fatigues et même des actes héroïques de nos confrères dans les Missions» (Ricaldone, ACS 87, 1938).

 

IMAGE

« Il est bon que, entrant dans les perspectives modernes que Don Bosco avait effectivement anticipées, on arrive à percevoir dans le BS ce type spécial de publication que les grandes organisations adoptent pour offrir à l’opinion publique une image positive d’elles-mêmes. On en recueillera les fruits » (Ricceri, ACS 287,1977).
La responsabilité du BS d’être la « carte de visite » de la Congrégation englobe aussi bien ses contenus que son style et son graphisme. Il s’agit de présenter une Congrégation dynamique et vivante, même à travers une opération de marketing.
Offrir l’image d’un mouvement salésien, éducatif et religieux, avec une méthodologie particulière.
« On fera place à l’activité salésienne dans le monde, surtout aux oeuvres qui offrent un service aux jeunes dans des structures d’avant-garde et dans des actions de rattrapage. Étant en plus une Congrégation missionnaire, il faudra que les missionnaires eux-mêmes se transforment en « correspondants » : ce qui n’est pas porté à la connaissance « n’existe pas » (Cf. Viganò, ACG 336, 1991, cité au n. 2.)
INFORMATION
Dans la première ébauche du Règlement des Coopérateurs, « Chaque mois, avec un Bulletin ou un feuillet imprimé, on fournira aux inscrits une information sur les choses proposées, faites ou que l’on se propose de faire » (Memorie Biografiche XI, 538).
Selon l’intuition de Don Bosco, le BS n’est pas une simple chronique d’événements, mais divulgue l’esprit de la Congrégation, à travers le récit de faits et d’œuvres, plus qu’à travers une diffusion d’idées démontrées de manière spéculative. Il offre une lecture de la réalité contemporaine du point de vue salésien et accueille les provocations du monde des jeunes et du monde ecclésial en vue d’un projet éducatif et pastoral plus global.
« Le BS avait comme objectif de maintenir entre les membres de la pieuse union la plus grande identité possible de pensée et d’harmonie d’action dans un but commun » (Memorie Biografiche XIII, 603).
« Il est bon que l’on arrive à percevoir dans le BS une sorte de "house organ" » (Ricceri, ACS 287, 1977). « La place que Don Bosco voulut y donner répond à la préoccupation d’unir les Salésiens à travers l’information sur les oeuvres et les activités que la Congrégation développe dans le monde. Succès et insuccès, initiatives et besoins, le BS, dans la pensée de Don Bosco, porte à notre connaissance toute la vie de la Congrégation dans sa manière d’alterner joies et souffrances, réussites et épreuves. On comprend alors combien la lecture du BS sert à favoriser la charité fraternelle des Salésiens et l’on se rend compte quel lien d’unité on élimine dans la Congrégation quand le BS n’est pas lu ou s’il est réduit à un périodique d’intérêt purement local » (Ricceri, ACS 258, 1969).

 
BRAND

La marque d’une société ou d’une entreprise doit être sauvée coûte que coûte. Le crédit de confiance que la brand « Don Bosco » et la brand « Salésien » ont aujourd’hui dans le monde entier est notre plus grande richesse.

 

FIDÉLITÉ

La fidélité / loyauté est, entre toutes, la qualité le moins à la mode. Il n’y a pas de recherches sur ce sujet. Il existe, au contraire, de très nombreuses recherches et interventions sur la « fidélité à une marque », un phénomène qui symbolise notre temps.
La fidélité à une marque est un phénomène qui consiste pour un consommateur à avoir tendance à utiliser toujours la même marque d’un produit. Le mot « fidélité » est pleinement justifié parce qu’avec un produit, il y a souvent une relation émotive. Nous connaissons tous des personnes qui s’émeuvent en parlant de leur appareil photographique, qui s’illuminent quand on mentionne la marque de leur voiture ou qui s’enthousiasment pour un costume de marque. Une marque condense un ensemble de souvenirs et d’expériences, une façon d’être, un style ; et elle est beaucoup plus importante que la qualité du produit.
Non seulement. Une marque a la propriété magique de renfermer en soi des facultés et des pouvoirs que chacun de nous voudrait avoir : achète ces chaussures et tes pieds prendront des ailes ; acquiers cette liqueur et tu feras vite partie de l’aristocratie ; adopte ce parfum et tu seras beau comme un dieu. Il est facile de comprendre que celui qui doit vendre un produit cherchera par tous les moyens à s’assurer notre fidélité et donc il est prêt à promettre n’importe quoi pour se l’assurer. C’est à lui que le consommateur doit continuer à donner ses sous et non à ses concurrents. Et le lien avec le consommateur se renforce davantage dans la mesure où il dure plus longtemps. On commence très tôt : la fidélité à une marque est habilement suscitée dès l’enfance afin qu’elle puisse rester une constante dans les années suivantes.
La fidélité à une marque est tout autre chose qu’un phénomène superficiel. Je suis convaincu qu’elle se base sur notre besoin désespéré d’avoir confiance en quelqu’un ou en quelque chose, d’aimer et d’être aimé, d’être assuré de stabilité, de protection, d’appartenance et de sens. Nous avons un grand besoin d’être fidèles / loyaux.
Mais pourquoi ce grand besoin de fidélité ? La réponse est simple : parce que la continuité et la stabilité des relations sont devenues choses rares. Nous vivons dans l’Ère de la Distraction, qui est aussi l’Ère de l’Interruption, où nous sommes continuellement invités à penser à autre chose que ce à quoi nous étions en train de penser. La fidélité est tout à fait le contraire. C’est un « rester avec ». C’est ne pas perdre le fil du discours, ne pas se laisser distraire.

 

MISSION

Le 17 septembre 1885, Don Bosco parla du BS au Conseil de sa Congrégation, comme d’un « très puissant moyen pour arriver à mes fins ».
Au troisième Chapitre Général de la Congrégation, en 1883, Don Bosco avait déjà affirmé : « Peu nous importe, à nous, de recevoir cent lires de plus ou de moins, mais plutôt de proclamer la gloire de Dieu. C’est pourquoi, si les Gouvernements ne nous opposent pas d’obstacles, le BS deviendra une puissance, non pas par lui-même, mais par les personnes qu’il rassemblera ».
Don Viganò déclarait aux Directeurs des Bulletins : « Le BS est la revue d’un charisme, et non pas une simple chronique de faits superficiels ; il informe, communique, fait percevoir la vitalité du mouvement salésien, en considérant les problèmes de la réalité, pour collaborer avec une opportunité intelligente à une nouvelle évangélisation ».
Le CG 22 (1984), dans l’édition définitive des Constitutions, a encore retouché l’article des Règlements, devenu l’actuel article 41, qui dit ceci : « Le BS, fondé par Don Bosco, diffuse la connaissance de l’esprit salésien et de l’action salésienne, spécialement missionnaire et éducative. Il s’intéresse aux problèmes des jeunes, encourage la collaboration et cherche à susciter des vocations. Il est en outre un instrument de formation et un lien d’unité pour les différents groupes de la Famille salésienne. Il est rédigé en diverses éditions et langues, conformément aux directives du Recteur Majeur et de son Conseil. »

 

IMPLICATION

Don Bosco a eu le charisme d’impliquer une masse de collaborateurs. Parmi eux, les jeunes eux-mêmes occupent une place particulière. Il a eu des rangs de volontaires dans ses maisons : hommes et femmes, jeunes et adultes, ecclésiastiques et laïcs. Il s’est créé aussi des coopérateurs. Pour eux, il a voulu une association typique et originale.
Il a captivé les autres, les entraînant à ne pas s’enfermer sur eux-mêmes et les ouvrant à la mission éducative et évangélisatrice en faveur des autres.
Il a lancé les missions, en en faisant une épopée, faisant ressentir à tous la joie et l’enthousiasme de pouvoir et de savoir donner.
Pour Don Bosco, il ne s’agissait pas seulement de faire connaître de bonnes œuvres, de faire de la publicité pour le bien afin que les gens, devenus matérialistes, puissent se rendre compte qu’il y en avait qui faisaient le bien, mais il s’agissait de répandre les idées qui soutenaient et motivaient le bien qui se faisait, de faire tout cela pacifiquement, pour chercher à « conquérir l’affection des personnes envers nos institutions ».
On peut dire à juste titre que Don Bosco, dans sa vision positive des personnes, des réalités et de l’histoire, avait eu l’intuition que le bien réalisé et connu était en mesure de réveiller les bons sentiments et même de réveiller le désir de s’impliquer concrètement.
C’est la conviction exprimée par Don Ricceri dans sa circulaire à l’occasion du premier centenaire du BS : « La connaissance positive de la réalité salésienne dans le monde peut susciter – chez des personnes honnêtes, ayant des sentiments chrétiens, et soucieuses de l’avenir de la jeunesse – un désir de connaître davantage la réalité salésienne très engagée en ce domaine, et de s’associer à nous. C’est dans un mouvement spontané et progressif que se produit le passage du fait de faire siennes des valeurs salésiennes au fait de se former dans une mentalité proprement salésienne. Et leur désir d’appartenance mûrit en parallèle.

 

GLOBALISATION

Un charisme n’a ni frontières ni limites linguistiques. Il est simplement « humain ». Ce qu’écrivait Don Raineri apparaît ainsi dans toute sa vérité : « Le BS doit être considéré comme une œuvre salésienne fondée par Don Bosco et qui, dans le cours du temps, s’est multipliée, comme l’oratoire, les missions. Son but est de rendre présent le charisme salésien et de le diffuser le plus possible, non pas par "salésianisme" mais parce que la "salésianité" est un don de l’Esprit Saint à toute l’Église ».
Le document final du CG 24 déclare : « Don Bosco conçut le BS comme un instrument de liaison, d’animation, de formation et d’implication de nombreux laïcs qui regardent son œuvre avec sympathie. Aujourd’hui le BS, qui sort en de nombreuses éditions dans différentes parties du monde, représente un moyen de communication précieux pour un plus grand partage de l’esprit salésien et une implication plus à jour dans la mission éducative et évangélisatrice du Mouvement Salésien et de la Famille Salésienne ».
Dans une exploitation saine, l’ensemble est plus important que les parties.

 

ENTHOUSIASME

La couleur du Bulletin est l’enthousiasme. Cela veut dire transmettre, à travers la tonalité générale de la revue, la conviction de participer à une grande entreprise voulue par Dieu. C’est la méta communication qui transparaît dans le choix de chaque élément de la publication.

 

LES 4P

Les 4P indiquent les quatre variables du marketing mix : Produit, Prix, Positionnement, Promotion.
Le Produit n’est pas constitué seulement par le produit en soi, mais par tout le halo, l’auréole qui l’accompagne. Le BS peut être l’ouvre-piste de beaucoup d’autres initiatives.
Le prix et la promotion du BS adoptent la formule la plus politiquement incorrecte qui existe : la gratuité, et tous destinataires. C’est la même technique moderne que les opuscules publicitaires des centres commerciaux et des call center (centres d’appel).
Je cite une source non salésienne pour exprimer une certitude de Don Bosco : « Le cas est typique de ce saint homme que fut Bartolo Longo dont le nom restera lié à jamais au sanctuaire de Notre Dame de Pompéi. Venu trouver Don Bosco – on ne sait trop si ce fut en 1884 ou 1885 –, il l’interrogea sur son secret pour conquérir le monde.
“Voici mon secret, répondit Don Bosco : j’envoie le BS à ceux qui le veulent et à ceux qui ne le veulent pas ”. Ce fut une révélation pour son interlocuteur qui n’avait pas encore intégré la puissance de la presse ; mais de retour à Pompéi, il améliora son imprimerie, accrut le nombre de machines et multiplia le nombre d’exemplaires de son périodique intitulé Le Rosaire et la Vierge de Pompéi. De quatre mille en 1884, il porta le nombre d’exemplaires à soixante-douze mille. C’est pour ce motif que Don Bosco est considéré là-bas comme celui qui "marqua le passage vers la seconde étape du périodique de Pompéi" ».
Le Positionnement est le plus délicat : il s’agit de l’identification du produit parmi tant d’autres. Cela signifie que le « client » doit être attiré par des valeurs dont est porteur ce produit. C’est l’intériorisation du message. C’est exactement ce que voulait Don Bosco.

 

UN PRODUIT «POPULAIRE»

L’ABC du chroniqueur (et de l’évangéliste Marc) pour un produit authentiquement « populaire » : Soin, Brièveté, Clarté.

Accuratezza (Soin)

  • Contrôle des sources
  • Langage

Brevità (Brièveté)

  • Pas de répétitions
  • Pas de superflu
  • Pas de rhétorique

Chiarezza (Clarté)

  • Parler le langage des lecteurs
  • Une idée par période
  • À chaque période, une réalisation

 

SWOT

La matrice SWOT (de Strengths, Weakness, Opportunities, Threats) est un système pratique de monitorage. Le critère sur lequel il se fonde permet de considérer en même temps des variables internes et des facteurs externes pour exploiter les points forts de l’entreprise, limiter les points faibles, garantir la maximalisation des opportunités et minimiser les risques.

 

 

          FACTEURS
            INTERNES

FACTEURS
EXTERNES

 

FORCES (S)

 

FAIBLESSES (W)

 

OPPORTUNITÉS (O)

 

 

MENACES (T)

 

STRATÉGIE SO

Générer des stratégies qui utilisent les points forts pour tirer avantage des opportunités.

 

STRATÉGIE WO

Générer des stratégies qui utilisent les points forts pour tirer avantage des opportunités à travers le dépassement des faiblesses.

 

STRATÉGIE ST

Générer des stratégies qui utilisent les points forts pour éviter les menaces.

 

STRATÉGIE WT

Générer des stratégies qui minimisent les faiblesses et évitent les menaces.