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Actes du 27e Chapitre général ACG 418

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INDEX DES ACTES DU CG27

ACTES
du Conseil général
de la Société salésienne
de saint Jean Bosco
ORGANE OFFICIEL D’ANIMATION ET DE COMMUNICATION POUR LA CONGRÉGATION SALÉSIENNE
N. 418
année XCV mai 2014

“Témoins

de la radicalité évangélique”

Travail et tempérance

DOCUMENTS DU CHAPITRE GÉNÉRAL XXVII

DE LA SOCIÉTÉ DE SAINT FRANÇOIS DE SALES

Rome, 22 février - 12 avril 2014

 

 

PRÉSENTATION

Bien chers Confrères,

Le CG27, notre dernier Chapitre Général, s’est conclu le 12 avril 2014. Cette date nous est particulièrement chère car elle nous rappelle le début de l’œuvre de Don Bosco à Turin-Valdocco. C’était en effet le jour de Pâques, 12 avril 1846, que Don Bosco put s’établir en un lieu « tout à lui » pour pouvoir accueillir les jeunes. En rappelant ce jour, dans l’imminence du bicentenaire de sa naissance, nous nous apprêtons, comme Congrégation, à vivre un nouveau commencement, en parcourant le chemin tracé par le Chapitre Général.

Tout Chapitre Général comporte un moment de préparation qui commence avec la publication de la lettre d’indiction du Recteur Majeur, et culmine avec la tenue des Chapitres Provinciaux ; un temps de célébration de ce que l’Assemblée Capitulaire a vécu depuis son commencement jusqu’à sa conclusion; un temps de mise en application qui va depuis la fin de la célébration capitulaire jusqu’au début du Chapitre Général suivant. Avec la publication des Actes du CG27 que je vous présente maintenant, s’ouvre la troisième phase capitulaire: celle de son application.

Les Actes du CG27 comportent trois parties fondamentales : le texte du développement du thème « Témoins de la radicalité évangélique» ; les décisions ; les annexes. Toutes ces parties sont importantes et contribuent à faire comprendre l’événement capitulaire et son esprit. Viennent s’y ajouter ma présentation et l’index analytique concernant le développement du thème. Il ne faut pas oublier que ces Actes trouvent dans la lettre d’indiction du Chapitre, écrite par le Recteur Majeur émérite, le P. Pascual Chávez, des traces qui peuvent aider à une meilleure interprétation de l’événement capitulaire lui-même.

Témoins de la radicalité évangélique

Le thème fondamental du CG27 est « Témoins de la radicalité évangélique. Travail et tempérance ». Je vous présente quelques points saillants concernant ce thème. D’autres aspects importants sont présents dans l’introduction comme, par exemple, l’icône biblique de la vigne et des sarments.

Conversion

Le thème du Chapitre est fascinant et prometteur pour l’avenir de la Congrégation mais astreignant en même temps. Il nous demande d’emprunter le chemin d’une conversion que nous ne pouvons pas programmer; nous pouvons désirer que cette conversion devienne effective mais sa réalisation n’est pas acquise d’avance. La conversion est œuvre de l’Esprit qui transforme la mentalité, le cœur et la vie ; à chacun de nous et à chaque communauté revient la responsabilité de se rendre attentifs et disponibles à ce que l’Esprit nous suggère ; nous devons trouver les conditions qui puissent favoriser la conversion spirituelle, fraternelle et pastorale. La conversion est le point d’arrivée que le CG27 nous indique à tous, une conversion qui est en même temps personnelle et communautaire.

Discernement

Après l’expérience du CG25 et du CG26, nous sommes arrivés à une méthodologie du discernement qui me semble mieux définie. Elle utilise trois expressions nouvelles, plus cohérentes avec l’action de l’Esprit : écoute, lecture et cheminement. Durant le Chapitre, cette méthodologie a été difficile à comprendre, spécialement la partie concernant la lecture; mais, à la fin, il me semble qu’elle a été accueillie et mise en pratique. Cette méthodologie s’inspire de celle qui a été beaucoup mise en pratique dans l’Église d’Amérique Latine et confirmée à la dernière Conférence Générale de l’Épiscopat Latino-américain à Aparecida.1 Si elle est adoptée, cette méthodologie pourra donner de bons fruits pour la vie des confrères, des communautés et des Provinces ; le discernement est la voie que l’Esprit nous indique aujourd’hui pour trouver la volonté de Dieu.

1 Cf. Document d’Aparecida, 19.

Le point de départ nous demande de nous mettre à l’écoute de la vie, des situations, des attentes des personnes. Dieu nous parle à travers la vie, les personnes qu’il met à côté de nous et les événements de l’histoire. L’écoute nous amène à sortir de nous-mêmes, à regarder la réalité et à nous laisser interpeller par elle, à dépasser l’autoréférentialité pour saisir ce qui est nouveau et ce qui est défi dans la vie des jeunes et des familles, de l’Église et de la Congrégation, de la culture et du monde. Il s’agit d’une écoute contemplative qui nous fait non seulement « écouter » la réalité mais qui nous aide à la « voir », à la contempler à la lumière de la Providence de Dieu; c’est une écoute de foi faite en tant que croyants.

La seconde étape est également astreignante : la lecture. Il faut interpréter les faits et les situations pour mieux les comprendre et pour en repérer les causes. Il ne faut pas s’arrêter aux symptômes mais remonter aux racines des situations. Il s’agit d’une lecture croyante de la réalité, qui puise dans l’Évangile et dans le charisme, qui s’approprie des critères provenant de la foi et de la raison, et qui opère ensuite un véritable discernement communautaire. Il peut y avoir parfois un conflit d’interprétation ; il est donc nécessaire d’arriver à une lecture partagée. L’on est invité à juger la réalité selon Jésus-Christ, chemin, vérité et vie.

Le cheminement propose enfin le parcours à suivre en indiquant un point d’arrivée vers lequel s’orienter, les processus qui repèrent certaines situations de départ et les points vers lesquels tendre, certaines étapes qui entendent concrétiser le cheminement pour les prochaines années.

Ces trois temps forment un ensemble inséparable ; ils sont différents mais ils s’entrecroisent. Nous ne devons pas oublier qu’il s’agit du discernement pour connaître la volonté de Dieu et la mettre en pratique. « L’adhésion de foi, joyeuse et confiante en Dieu Père, Fils et Esprit Saint, et l’insertion dans l’Église [et dans la Congrégation], sont des présupposés indispensables pour garantir l’efficacité de cette méthode ».2

2Ibidem, 19.

Vocation et grâce d’unité

Les éléments fondamentaux qui parcourent le document capitulaire sur le témoignage de la radicalité évangélique sont la réalité de la vocation et de la grâce d’unité. Il s’agit de réalités théologiques et théologales à assumer de façon vitale.

Le témoignage de l’Évangile vécu radicalement est un appel de Dieu et non seulement le fait de notre décision. Avec le don de la vie consacrée salésienne, que Dieu a fait à chacun de nous, nous sommes appelés à être témoins de l’Évangile. Le profil du Salésien que nous devons assumer devient donc celui de quelqu’un « appelé à être mystique dans l’Esprit, prophète de la fraternité et serviteur des jeunes ». Le témoignage est avant tout un don vocationnel, et donc un devoir et une responsabilité. D’où l’importance de fonder notre témoignage sur deux points : reconnaître la vocation comme don et remercier en conséquence ; sans ce fondement, le témoignage s’avérera faible.

Le don gratuit de Dieu et notre réponse coopérative s’entrecroisent en un rapport de réciprocité. Voilà la grâce d’unité, voilà le primat de Dieu dans notre vie. Ils sont le don de l’Esprit pour chacun de nous. Dans les réalités où nous nous croisons avec nos propres fragilités personnelles et communautaires, dans les différentes difficultés du contexte culturel et social de la mission, la grâce d’unité est le chemin pour répondre avec générosité et être nous-mêmes : Salésiens consacrés, frères au service des jeunes. Dans l’accueil de ce don, nous rencontrerons un trait caractéristique de notre spiritualité qui est l’union avec Dieu; elle permet l’unification de notre vie : prière et travail, action et contemplation, réflexion et apostolat. Nous y rencontrerons l’extase de l’action. Le témoignage auquel nous sommes appelés ne concerne pas des aspects partiels de notre vie ; s’il veut être authentique, il doit être totalisant.

Travail et tempérance

Vivre la radicalité dans la sequela du Seigneur ne peut pas être imposé, ce n’est pas un commandement mais l’expression de l’amour pour Jésus à qui nous devons être unis de façon vitale ; voilà pourquoi le document capitulaire a choisi l’icône de la vigne et des sarments.

Travail et tempérance constituent la manière salésienne de vivre la radicalité évangélique. Ils sont notre marque distinctive et notre caractéristique. Il s’agit, pour nous, de deux réalités inséparables : « Le travail est la visibilité de la mystique salésienne et l’expression de la passion pour les âmes, alors que la tempérance est la visibilité de l’ascèse salésienne et l’expression du cetera tolle » (ACG 413, p. 45). Il n’y a pas de mystique sans ascèse et vice versa; il n’y a pas de travail sans tempérance et pas de tempérance sans travail ; cela aussi est grâce d’unité.

Le « da mihi animas » s’exprime visiblement dans la vie du Salésien et de la communauté à travers le travail apostolique, inlassable, passionné et sanctifié ; le «cetera tolle » s’exprime dans la tempérance qui est le renoncement, le sacrifice et le prix que nous sommes disposés à payer pour les âmes. Travail et tempérance s’unissent et se résument dans le don total de soi-même à Dieu pour les jeunes. Ils constituent un critère vocationnel de discernement et de formation. Tout cela nous renvoie à ce que dit l’article 18 de nos Constitutions.

Délibérations / Décisions

Les 19 décisions capitulaires concernent les Constitutions, les Règlements Généraux et la vie de la Congrégation. Elles concernent surtout les structures du gouvernement central de la Congrégation mais elles rejaillissent aussi sur la vie des confrères, des communautés et des Provinces. Toutes les décisions doivent donc être étudiées, ne serait-ce que pour les conséquences opérationnelles qu’elles ont à tous les niveaux. À titre d’exemple j’en présente quelques-unes.

La décision qui confie la Famille Salésienne à un Secrétariat central directement dépendant du Recteur Majeur ne comporte pas seulement un changement dans l’organisation et dans l’attribution des tâches, mais aide aussi à réaliser un changement de mentalité dans la manière de comprendre et d’animer la Famille Salésienne de la part de notre Congrégation.3

3 Cf. Décision 4.

Une décision a été approuvée ensuite sur les modalités de l’élection des Conseillers de Secteur. Elle a introduit un critère important dans la désignation d’un confrère pour une tâche particulière : il est nécessaire de connaître au préalable les noms des candidats sur qui exercer le discernement avant le vote et, en même temps, activer un processus

transparent et communautaire pour faire ressortir les candidats. Le même critère pourra également être utilisé pour la nomination des confrères ou des laïcs.4

4 Cf. Décision 9.

Une autre décision demande au Recteur Majeur de constituer une Commission Économique centrale chargée d’étudier les dossiers, servir de conseil et procéder à des contrôles. Cela implique la nécessité d’accompagner l’économie à tous les niveaux de manière collégiale, d’activer des processus transparents dans les décisions, et de s’appuyer sur des compétences professionnelles.5

5 Cf. Décision 15.

Un dernier exemple de décision concerne la responsabilité de rechercher le personnel pour les lieux salésiens, confiée au Recteur Majeur et à son Conseil. Cela requiert une plus grande implication des Provinces appelées à mettre généreusement à disposition des confrères compétents et disponibles pour des services concernant toute la Congrégation; et cela vaut également pour toutes les autres nécessités de la Congrégation.6

6 Cf. Décision 17.

Annexes

La troisième partie des Actes du CG27 présente quelques discours de grand intérêt. Ils ne sont pas proposés avant tout pour la documentation ; ils sont présentés surtout pour l’étude et la réflexion car ils contiennent des éléments importants pour comprendre les choix du Chapitre et constituent la ligne d’interprétation de nos actions.

Avec la publication des Actes du CG27, nous avons maintenant un repère vers lequel regarder ensemble, et qui nous indique ainsi un chemin vers la même direction. L’Assemblée Capitulaire s’est engagée à présenter des textes essentiels. À nous tous maintenant, confrères, communautés et Provinces le devoir d’étudier et d’approfondir ces documents avec ouverture d’esprit et un cœur disponible. C’est seulement en connaissant, en étudiant et en comprenant ce qui nous est donné que nous pourrons marcher ensemble et porter des fruits abondants.

Confions notre parcours post-capitulaire à Notre-Dame Auxiliatrice que nous invoquons comme modèle de radicalité évangélique. Elle est la Femme de l’écoute, la Mère de la communauté nouvelle, la Servante des pauvres. Qu’Elle nous enseigne à être disponibles à l’Esprit ; qu’Elle nous guide sur notre route du renouvellement et de la conversion. Marchons ensemble avec Marie !

Père Àngel Fernández Artime
Recteur Majeur
Rome, 24 mai 2014
Solennité de Notre-Dame Auxiliatrice

 

“TÉMOINS DE LA RADICALITÉ ÉVANGÉLIQUE”

Travail et tempérance

 
INTRODUCTION

1

« La vigne et les sarments » Icône ancienne - Grèce: XV-XVII s

 

La signification de l’icône

Dans l’icône, ce qui attire notre attention, c’est l’entrelacement de branches que décrit le tronc de la vigne. Il se réfère à la métaphore évangélique « Je suis la vigne » et indique la solidité et la force que la personne de Jésus constitue pour ceux qui sont appelés et envoyés par Lui. La figure du Christ forme un tout avec la racine de la vigne : son visage, bon et méditatif, et son double geste de bénédiction, le rapprochent de l’iconographie du Pantocrator. Cependant, dans ce contexte, la « bénédiction » du Seigneur prend une double valeur ecclésiale : elle indique la garde et la protection en même temps qu’une sorte de «mandat ». Celui qui est le Maître garde les siens dans la communion mais pour les envoyer annoncer le Royaume.

Tout d’abord, ce lien solide avec le Seigneur s’épanouit abondamment. C’est l’épanouissement de l’Église ; et les fruits, bien visibles, sont le «collège apostolique ». Ce groupe est le «prototype» de tous les disciples-apôtres : comme le Fils garde en Lui la Parole, ainsi chaque personnage est représenté par la parole qui le désigne dans le NT. Tel est aussi l’épanouissement de la Congrégation et de la Famille Salésienne.

De plus, il est intéressant de noter une certaine ressemblance iconographique entre les Douze et le Maître, une ressemblance qui ne gomme ni les différences ni les traits physionomiques caractéristiques: des jeunes, des gens mûrs et des personnes âgées. La relation d’écoute et d’obéissance au Christ modèle, en effet, la personnalité du disciple sans l’altérer : seul le disciple qui fait siens les «traits» du Maître devient capable d’écrire par sa vie la richesse de l’Évangile.

Enfin, il faut souligner que la relation féconde des disciples avec Jésus ne demeure pas repliée sur elle-même mais donne de l’équilibre à la communauté des hommes : remarquer l’élargissement harmonieux de la vigne ; cette relation devient l’expression du service de la charité que nous sommes appelés à offrir aux jeunes.

Vivre la « radicalité évangélique » est le thème du CG27 convoqué par le Recteur Majeur, le Père Pascual Chávez, comme «conclusion ouverte » d’un parcours qui, à partir des Constitutions rénovées (1984), s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui, dans le but d’assimiler les grandes exigences du Concile Vatican II, à l’écoute de l’Esprit, avec une référence particulière à la vie consacrée.

Les quatre derniers Chapitres Généraux ont centré leur attention sur les destinataires de notre mission (CG23), sur le partage, la communion et la coresponsabilité des Salésiens et des laïcs dans l’unique mission (CG24), sur la communauté (CG25) et sur la spiritualité salésienne (CG26). Le CG27, en continuité avec les précédents, souligne l’enracinement évangélique de notre consécration apostolique.

Les trois noyaux thématiques – « mystiques dans l’Esprit », « prophètes de la fraternité », « serviteurs des jeunes » – sur lesquels nous avons réfléchi et du cheminement desquels nous avons traité pour le prochain sexennat, constituent le seul et triple dynamisme de la « grâce d’unité », don et devoir pour nos communautés et pour chacun d’entre nous.

L’expérience capitulaire a été une invitation continuelle à écouter d’une manière intense et à lire en profondeur notre vie, pour souligner les pistes à parcourir pour notre Congrégation. Le document capitulaire entend en être un reflet, presque une « onde de retour » et une consigne aux communautés locales et provinciales.

La vigne et les sarments

Le livre des Évangiles a accompagné avec humilité et solennité l’expérience capitulaire. Chaque jour, dans la salle de l’assemblée, la Parole du Seigneur a été proclamée dans les différentes langues et solennellement intronisée.

Stimulés par cette écoute quotidienne, nous nous sommes sentis particulièrement interpellés par le texte de l’Évangile sur « la vigne et les sarments » (A 15,1-11), icône du thème et synthèse des travaux capitulaires. Le message central nous incite à être profondément unis, et donc « enracinés », dans l’amour pour Jésus, comme l’a été Don Bosco

qui a vécu son existence dans une profonde unité autour de la personne du Fils de Dieu, portant « beaucoup de fruit ».

Demeurer, aimer, porter du fruit sont donc les trois verbes qui éclairent intensément les noyaux de réflexion du CG27. Jésus demeure avec nous et invite chacun à demeurer en Lui, pour apprendre l’amour fraternel et pour servir avec fruit les jeunes qui nous sont confiés. Dans cet amour fidèle, nous expérimentons continuellement la proximité du Père, grâce à l’écoute de la Parole de Jésus.

C’est dans l’amour, qui se traduit dans le don de soi-même à ses frères, que réside la pleine réalisation de l’existence, soit de chaque personne soit de la communauté. Et l’amour que nous apprenons de Jésus, en demeurant unis à lui comme le sarment à la vigne, est fécond et porte toujours du fruit.

La grâce d’unité

La préparation de la part des communautés, locales et provinciales, et l’expérience capitulaire nous ont aidés à redécouvrir l’identité salésienne selon quatre points de vue rappelés dans la Lettre de Convocation du CG27 : « Vivre dans la grâce d’unité et dans la joie la vocation consacrée salésienne qui est don de Dieu et projet personnel de vie ; faire une forte expérience spirituelle en assumant la manière d’être et d’agir de Jésus obéissant, pauvre et chaste, et devenant des chercheurs de Dieu; construire la fraternité dans nos communautés de vie et d’action ; nous consacrer généreusement à la mission en marchant avec les jeunes pour donner de l’espérance au monde. » (ACG 413, p. 5)

Les trois noyaux thématiques – « mystiques dans l’Esprit, prophètes de la fraternité, serviteurs des jeunes » – ne peuvent pas être considérés en eux-mêmes ou séparément mais contenus dans la « grâce d’unité » : un unique dynamisme d’amour entre le Seigneur qui appelle et le disciple qui répond (cf. C 23). C’est l’unique et multiforme grâce de Dieu qui se répand, en impliquant des personnes, des situations et des ressources, et qui engendre un mouvement de bonté, de beauté et de vérité.

Pour correspondre à la « grâce d’unité », une authentique conversion à la radicalité évangélique, une continuelle transformation de la mentalité et du cœur, une profonde purification sont requises. Voilà le défi à affronter avec audace et courage, le processus à activer pour nous régénérer nous-mêmes, régénérer les communautés éducatives et pastorales et les jeunes.

Jean-Paul II affirmait : « La vie spirituelle doit donc être en première place [...]. De cette option prioritaire, développée dans l’engagement personnel et communautaire, dépendent la fécondité apostolique, la générosité dans l’amour pour les pauvres, ainsi que la capacité de faire naître des vocations dans les nouvelles générations. »1

1 JEAN PAUL II, Vita Consecrata, 93.

Cette référence aux racines, dans la profondeur du cœur, laisse découvrir à ceux qui nous entourent et nous observent les motivations de l’offrande de notre vie à Dieu et aux jeunes, le sens ultime de notre présence dans ce monde. Il s’agit de la réalité la plus vraie et la plus profonde qui oriente notre existence.

Il suffira de contempler Jésus, Maître et Seigneur, pour découvrir en Lui le Fils de Dieu qui, dans l’Incarnation, s’est uni à tout homme.2 Il suffira de regarder Don Bosco pour voir que transparaît en lui « un splendide accord de la nature et de la grâce. [...] dans un projet de vie d’une profonde unité : le service des jeunes. » (C 21)

2 Cf. CONCILE VATICAN II, Gaudium et Spes, 22.

Le Pape François nous l’a également rappelé, lors de l’audience du 31 mars : « J’imagine que durant votre Chapitre [...] vous avez toujours eu à l’esprit Don Bosco et les jeunes ; et Don Bosco avec sa devise: “Da mihi animas, cetera tolle”. Lui qui appuyait ce programme sur deux autres éléments : travail et tempérance. [...] “Le travail et la tempérance, disait Don Bosco, feront fleurir la Congrégation.” Quand on pense à travailler pour le bien des âmes, on surmonte la tentation de la mondanité spirituelle, on ne cherche pas autre chose mais seulement Dieu et son Royaume. Et la tempérance est le sens de la mesure; elle permet de se contenter de ce que l’on a, d’être simple. Que la pauvreté de Don Bosco et de Maman Marguerite inspire à chaque Salésien et à chacune de vos communautés une vie essentielle et sobre, la proximité avec les pauvres, la transparence et la responsabilité dans la gestion des biens. »

Contemplation et action, la pratique des conseils évangéliques, la communauté fraternelle et la mission apostolique sont ainsi ramenées à l’« unique mouvement de charité envers Dieu et envers nos frères. » (C 3) En ce sens, « le travail est la visibilité de la mystique salésienne et il est l’expression de la passion pour les âmes, tandis que la tempérance est la visibilité de l’ascèse salésienne et l’expression du cetera tolle ».3 Pour nous, la sainteté consiste dans la « grâce d’unité », dans l’humanité pleinement réalisée, dans l’harmonie de tout ce qu’il y a en nous et autour de nous de « vrai et noble, juste et pur, digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges... » (Ph 4,8).

3 ACG 413, p.45; cf. C 18.

Un point d’arrivée et un point de départ

Le CG27 a adopté la méthodologie du discernement communautaire scandée en trois temps reliés entre eux de façon cohérente : écoute, lecture, cheminement.

Dans un premier temps, nous nous sommes mis dans une attitude d’écoute pour saisir la situation dans ses aspects multiples et importants : les plus positifs et les plus prometteurs, et les plus critiques qui – d’une certaine manière – nous défient et nous interpellent. Prêter attention aux signes et aux expressions de radicalité évangélique déjà présents dans notre vie et dans le moment historique que nous sommes en train de vivre nous a permis de distinguer les expressions de fidélité et de témoignage de celles d’incohérence et de conformisme.

À partir de l’écoute de la réalité, nous avons cherché à lire, interpréter et éclaircir la situation, les signes et les expressions de vie préalablement relevés, en tentant de remonter aux causes qu’ils produisent et de saisir les défis qu’ils lancent, en allant au-delà de leur aspect superficiel et des apparences. Les clés d’interprétation nous ont été offertes par l’Évangile, par la vie et l’enseignement de l’Église, par l’expérience charismatique de Don Bosco, par les Constitutions et par les appels qui nous arrivent des jeunes. En tenant compte de cette perspective, il a été possible de sonder la racine profonde de notre identité de disciples et d’apôtres.

Le troisième pas, en recueillant les résultats des deux premiers, nous a permis de tracer le chemin à parcourir, consolidant tout ce qui a été relevé de positif, repérant de nouvelles expressions de radicalité évangélique et dépassant des formes d’infidélité, de faiblesse et de risque pour transformer notre vie. Le chemin propose ainsi un point d’arrivée que constitue l’horizon vers lequel s’orienter ; il prévoit certains processus qui le rendent le plus concret possible, exposant une possible situation de départ et le point vers lequel tendre qui se rapproche le plus du point d’arrivée. Les pas, tels qu’ils ont été déterminés, formulés et disposés, entendent donner un caractère concret au cheminement de notre Congrégation pour les prochaines années.

Le fil rouge qui relie ces trois moments est exprimé dans la rédaction définitive en une phrase située au début de chaque section: Comme Don Bosco, en dialogue avec le Seigneur, nous marchons ensemble, poussés par l’Esprit, faisant l’expérience d’une vie fraternelle comme au Valdocco, ouverts à la planification et à la collaboration, « en sortie» vers les périphéries, devenant signes prophétiques au service des jeunes.

À partir de cette « carte », chaque réalité locale et provinciale pourra choisir et établir son propre chemin, adapté au contexte où elle vit et aux indications multiples provenant de l’expérience du CG27, du ressenti de la Congrégation et de l’Église locale et universelle.

Prière à Marie, modèle de radicalité évangélique

À Marie Immaculée et Auxiliatrice, Mère du « oui inconditionnel et radical », nous confions notre acte de foi, notre consentement et notre volonté de communion, notre engagement apostolique parmi les jeunes.

Bénie sois-tu, Marie, Femme de l’Écoute,

car tu as vécu dans la recherche de la volonté de Dieu sur Toi.

Et, quand Son dessein t’a été révélé,

tu as eu le courage de l’accueillir,

abandonnant ton projet de vie

pour faire tien celui du Seigneur.

Mère des croyants,

enseigne-nous à écouter Dieu

et à faire nôtre Sa volonté,

afin qu’Il puisse réaliser son dessein

pour le salut des jeunes !

Bénie sois-tu, Marie, Mère de la communauté nouvelle,

toi qui, au pied de la croix, as accueilli

comme ton fils, le disciple bien-aimé de Jésus,

et toi qui as participé à la naissance de l’Église,

nouveau Corps de ton Fils,

réalité mystique de frères unis par la foi et par l’amour.

Tu as accompagné la vie et la prière des apôtres,

invoquant au Cénacle l’effusion de l’Esprit du Ressuscité.

Mère des frères de ton Fils,

enseigne-nous à former des communautés

qui soient un seul cœur et une seule âme.

Que notre communion, notre esprit fraternel et notre joie

soient un témoignage vivant

de la beauté de la foi et de notre vocation salésienne.

Bénie sois-tu, Marie, Servante des pauvres,

car tu t’es mise en chemin avec empressement

pour servir une mère dans le besoin,

et tu t’es rendue présente à Cana,

partageant les joies et les tristesses

d’un jeune couple de mariés.

Tu ne t’es pas limitée à tes commodités

mais tu as voulu voir les besoins de ces jeunes,

et tu as indiqué ton Fils Jésus

comme le Seigneur qui peut donner à l’humanité

le vin nouveau de la paix et de la joie dans l’Esprit.

Mère des serviteurs, enseigne-nous à sortir de nous-mêmes

pour aller à la rencontre de notre prochain

afin que, tandis que nous répondons à ses besoins,

nous puissions offrir Jésus, le don de Dieu, le don le plus précieux !

Amen.

I. ÉCOUTE
Comme Don Bosco, en dialogue avec le Seigneur

1.   Nous reconnaissons que le moment historique dans lequel nous vivons est un lieu de rencontre avec le Seigneur. Nous désirons, comme individus et comme communautés, donner le primat à Dieu dans notre vie, provoqués par la sainteté salésienne et par la soif d’authenticité des jeunes. Nous sommes davantage conscients que seule la rencontre personnelle avec Dieu – à travers Sa Parole, les Sacrements et le prochain – fait de nous des témoins signifiants et authentiques dans l’Église et dans la société. Le désir de Dieu, que nous sentons présent en nous, est vivant aussi chez les jeunes et les laïcs : nous les trouvons sensibles aux valeurs de la vie exprimée dans la simplicité, dans l’austérité et dans les rapports authentiques entre les personnes. En particulier, les jeunes cherchent des adultes significatifs qui les accompagnent et les fassent mûrir dans leur vie.

2.   Nous œuvrons dans des contextes culturels différents où se manifeste de différentes manières le sens de Dieu. Le désir de mettre Dieu au centre de la vie peut se heurter parfois à des cultures qui pourraient nous amener à avoir peur de parler de Lui pour ne pas offenser, par respect de l’autre, pour nous protéger de l’opinion d’autrui. Quelquefois la rencontre avec l’Évangile ne se produit pas à cause de l’indisponibilité ou de l’indifférence des auditeurs ; d’autrefois à cause de notre indolence ou de notre manque d’audace missionnaire. Parfois nous considérons notre époque seulement comme un problème; notre connaissance de l’histoire et des cultures d’aujourd’hui est partielle et superficielle. En nous adaptant de façon irrationnelle aux demandes et aux besoins de la société, nous passons sous silence notre expérience de Dieu et risquons de ne pas comprendre notre mission spécifique de religieux dans le monde d’aujourd’hui.

3.   Il y a des signes du primat de Dieu dans notre vie : la fidélité au Seigneur à travers le vécu des conseils évangéliques, le service aux jeunes pauvres, le sens d’appartenance à l’Église et à la Congrégation, la connaissance croissante de Don Bosco, de son Système Préventif, le patrimoine simple et riche de la spiritualité du quotidien, caractérisé par l’esprit de famille et par des rapports interpersonnels positifs, la sensibilité pour l’accompagnement et la paternité spirituelle. Mais, en même temps, nous constatons que ce que nous sommes et ce que nous faisons n’apparaît pas toujours enraciné dans la foi, l’espérance et la charité, et n’indique pas clairement que l’initiative part de Dieu et que tout retourne à Lui. Parfois, l’Eucharistie n’est pas perçue ni vécue comme source et soutien de la communion, et l’on néglige trop souvent la prière en commun qui construit et renforce l’esprit fraternel. Ce sont les jeunes et leurs familles, en particulier, qui nous interrogent sur nos racines spirituelles et sur nos motivations vocationnelles, réveillant en nous l’identité de personnes consacrées et notre mission éducative et pastorale.

Nous marchons ensemble, poussés par l’Esprit

4.   Nous sommes reconnaissants à Dieu pour la fidélité de tant de confrères et pour la sainteté reconnue par l’Église à certains membres de la Famille Salésienne. Nous rencontrons chaque jour des adultes et des jeunes, des confrères – jeunes et anciens, en pleine activité ou malades – qui témoignent de la fascination pour la recherche de Dieu, de la radicalité évangélique vécue dans la joie et d’une vive passion pour Don Bosco.

5.   Généralement notre consécration laisse transparaître le sens de Dieu dans l’histoire et dans la vie des hommes, dans les situations de recherche de sens ou de pauvreté, avec la force d’un témoignage qui donne espérance et enthousiasme, propose une humanité réussie, constituant une alternative à la mentalité du monde.4 La pratique de la lectio divina, avec le partage communautaire de la Parole de Dieu, et le projet personnel de vie sont devenus, pour pas mal de confrères, une grande ressource de renouvellement et un antidote efficace contre la tentation de la superficialité spirituelle.

4 Cf. PAPE FRANÇOIS, Evangelii Gaudium, 93-97.

6.   Dans les difficultés et les défis d’aujourd’hui relatifs à l’annonce de l’Évangile, nous sommes encore plus conscients du fait qu’il existe un lien étroit entre charité pastorale et vie spirituelle, comme source de notre fécondité.

7.   Nous observons certains symptômes d’autoréférentialité qui ne nous font pas sortir de nous-mêmes pour nous ouvrir aux exigences de Dieu et aller à la rencontre des autres : l’absence de mise à jour, de référence à un guide spirituel stable et une formation «bricolée ». Ces formes d’autosuffisance nous font souvent oublier que nous sommes des coopérateurs de Dieu et nous empêchent de faire du Christ le point de référence de notre vie.

Faisant l’expérience d’une vie fraternelle, comme au Valdocco

8.   À partir du CG25 se développe l’engagement de vivre d’une manière plus authentique notre vie communautaire, avec une meilleure animation des temps de prière, l’effort d’un plus grand partage et d’un travail apostolique plus qualifié et faisant appel à plus de participation. Les temps de rencontre systématique se sont multipliés dans les communautés, avec une meilleure qualité. Certains choix communautaires permettent de se retrouver en frères pour vivre, réfléchir et travailler ensemble : la journée de la communauté, la proposition de formation annuelle, la lectio divina et le partage spirituel, la réflexion sur l’expérience salésienne, les moments de fête et de détente. Les structures communautaires, les lieux et leur emplacement, le style et le rythme de vie expriment notre vision de la communauté et nous permettent de la vivre.

9.   On note certaines influences négatives de la société même dans nos communautés. Nous risquons de perdre nos modes de penser inspirés de l’Évangile pour adopter les catégories négatives de la culture actuelle. Nous dissimulons, par exemple, derrière le « respect » et la « tolérance », notre indifférence et notre insouciance envers le confrère, ou bien nous rendons publiques d’une manière indue des informations qui nous sont réservées. L’embourgeoisement et l’activisme font percevoir le temps communautaire comme un temps « volé » à la sphère privée ou à la mission.

10.   La vie fraternelle en communauté se ressent particulièrement d’une évaluation pauvre du sens de notre vie consacrée salésienne qui se manifeste à travers le peu de soin apporté à la vocation du Salésien coadjuteur et son apport spécifique à la communauté et à la mission salésienne, et à travers le cléricalisme excessif que manifestent tant de fois nos relations communautaires et pastorales.

11.   Nous constatons que la prière et l’offrande de leur vie de la part des Salésiens âgés et malades sont un véritable apostolat avec et pour les jeunes ; ces confrères demeurent partie « active » de la communauté qui vit le « Da mihi animas ». Les communautés, en effet, s’engagent à ne pas les exclure de la mission. Nous rencontrons encore des difficultés à accueillir et à prendre soin des confrères qui vivent des situations de fragilité, de troubles, de sénilité et d’infirmités.5

5 Cf. Evangelii Gaudium, 209-210.

12.   Chez les confrères et dans nos communautés, il y a aussi une demande de paternité spirituelle, dans une trame articulée de donner et recevoir, vécue dans un esprit de famille harmonieux. Nous reconnaissons que ces dernières années, surtout durant le temps de la formation initiale, se sont développées des propositions valables de croissance humaine dans le domaine affectif, relationnel et spirituel.

Ouverts à la planification et au partage

13.   Le projet communautaire et le Projet Éducatif et Pastoral Salésien (PEPS) ont été rédigés avec moins de retard que par le passé dans presque toutes les communautés et œuvres salésiennes, même si l’on enregistre encore une connaissance limitée et une faible conscience de la fonction essentielle de la communauté éducative et pastorale (CEP). Nous reconnaissons l’importance de travailler de manière coresponsable, malgré la peine à nous sentir partie active de la CEP et de reconnaître celle-ci comme sujet de la mission. Notre Projet Éducatif et Pastoral se limite parfois à l’organisation des activités, sans une réflexion commune sur les objectifs, sur les priorités, sur les processus et sur l’évaluation des points d’arrivée rejoints. Chez certains confrères, cependant, demeure la difficulté du partage de la mission à travers la tendance à privilégier des champs d’action personnelle.

14.   Ces dernières années, le champ d’intervention des directeurs s’est élargi : en plus de leur charge de guides spirituels de leurs confrères et d’animateurs de la CEP, ils ont été accaparés par des charges de gestion. Les directeurs ne sont donc pas toujours dans les conditions d’honorer leur service, ne bénéficient pas souvent d’une collaboration adéquate de la part des confrères et sont parfois privés d’un accompagnement systématique de formation au niveau provincial.

15.   Nous constatons une plus grande participation active des laïcs, favorisée par le partage de la coresponsabilité dans la Communauté Éducative et Pastorale. Certaines difficultés ont été surmontées quant aux relations entre Salésiens et laïcs, dans un effort unanime en direction d’un unique projet. Là où cette synergie se réalise, grâce à un climat de confiance et à l’esprit de famille, dans le respect des rôles de chacun, le milieu devient un lieu fécond de proposition, même du point de vue des vocations. Dans certains contextes, la formation systématique pour les laïcs demeure faible.

16.   Certains d’entre nous se laissent prendre par des tâches de gestion ou se réfugient dans le confort, déléguant l’assistance et la présence parmi les jeunes aux confrères stagiaires ou aux collaborateurs. De nombreux laïcs, salariés pour des rôles d’animation et pour l’assistance, offrent un service vraiment professionnel et salésien, tandis que d’autres font preuve de carence surtout à cause d’un manque d’engagement de notre part dans les processus de formation.

17.   Ces dernières années encore, nous avons accompagné le développement d’une saine participation active des jeunes, spécialement à l’intérieur du Mouvement Salésien des Jeunes. Cette réalité nous permet d’expérimenter avec joie et satisfaction la vérité revigorante du charisme salésien : évangéliser et éduquer les jeunes avec les jeunes. Nous nous rendons de plus en plus compte que le volontariat aide les jeunes à mûrir intégralement, même dans la dimension vocationnelle et missionnaire.6 Au sein du Volontariat Salésien des Jeunes, un accompagnement spirituel et pédagogique adapté fait parfois défaut, néanmoins, pour qu’il puisse devenir une authentique expérience de rencontre avec le Christ dans les pauvres.

6 Cf. Evangelii Gaudium, 106.

18.   Nous avons pris davantage conscience de l’importance d’accompagner les jeunes vers la connaissance et la rencontre de Jésus. Le Christ et son Évangile sont un droit que nous devons aux jeunes. Forts de cette conviction, nous avons approfondi dans certains contextes l’inséparable rapport entre éducation et évangélisation, et nous avons obtenu des résultats appréciables.

19.   La conscience d’être Famille Salésienne s’est développée grâce aussi à des collaborations positives dans les communautés provinciales et locales, aux « Journées de la Spiritualité Salésienne », à l’« Étrenne » annuelle du Recteur Majeur et à la Charte d’Identité Charismatique. Certaines expériences de travail « ensemble » en faveur des jeunes nous ont fait grandir comme un corps unique et coresponsable à l’intérieur de la Famille Salésienne, prenant davantage conscience d’être un seul mouvement charismatique. De plus, la coresponsabilité dans la mission entre Salésiens, les autres membres de la Famille Salésienne, les laïcs et les jeunes, nous a aidés à améliorer la qualité de notre ministère, à élargir nos horizons et à dilater le cœur de notre mission apostolique.

20.   Un front apostolique urgent, dont nous avons commencé à nous soucier, c’est la pastorale familiale – non seulement dans les contextes paroissiaux et de formation des adultes – à reconsidérer en lien étroit avec la pastorale des jeunes.

21.   La formation initiale demeure parfois déconnectée des processus pastoraux. Une fois terminée la formation spécifique des confrères candidats au presbytérat et des confrères coadjuteurs, se font jour des difficultés et des malaises face à une effective et significative insertion dans la pastorale et dans les dynamiques de la vie communautaire. Toutes les communautés qui accueillent les confrères au terme de leur formation initiale ne sont pas pourvues d’un projet explicite prévoyant des formes adéquates d’insertion dans l’activité éducative et pastorale ordinaire.

En sortie vers les périphéries

22.   La Congrégation s’oriente de façon plus décisive encore vers les jeunes pauvres et à risque, à l’écoute de leurs appels au secours. Parmi les confrères va se développant une sensibilité vers la culture des droits humains, en particulier des mineurs, dans certains choix prophétiques dans les nouvelles frontières et les « périphéries existentielles ».

23.   Elle s’est engagée, en outre, à répéter avec force que l’usage d’une quelconque modalité non respectueuse des jeunes et le recours à toute forme de violence sont tout à fait contraires à la pédagogie salésienne. Dans toutes les Provinces ont été effectués, ou sont en train de l’être, les pas nécessaires pour organiser soit le code éthique comme statut de notre culture pédagogique préventive, soit le protocole de procédure juridique pour faire face à d’éventuels cas d’abus, selon la règlementation canonique et la législation des pays où nous œuvrons.

24.   Nous prenons acte qu’il existe quelquefois entre nous et les jeunes une certaine distance ; avant d’être physique, cette distance est mentale et culturelle. Dans certains contextes, nous considérons les nouvelles générations comme un « problème » et non une « opportunité », un appel du Seigneur, un reflet éloquent des « signes des temps » et un défi qui nous interpelle.

25.   Les nouvelles technologies d’information et de communication et le contexte numérique dans lequel nous vivons constituent un espace culturel, social et pastoral qui permet une expérience de vie. Ils font partie intégrante de la vie quotidienne et ont un impact sur notre manière de sentir, de penser, de vivre et de nous comparer. Ils permettent de maintenir des liens et de cultiver de saines relations entre confrères et jeunes, de réduire les distances géographiques qui empêcheraient autrement une communication immédiate et fréquente. Comme Salésiens, nous sentons que nous ne sommes pas présents dans ce contexte d’une manière significative, comme éducateurs et évangélisateurs.

Devenant signes prophétiques au service des jeunes

26.   Nous avons consenti de gros efforts pour redonner du sens à nos présences et les restructurer de manière à rendre actuelle notre identité charismatique et garantir une fidélité créative au système éducatif de Don Bosco en réponse aux besoins des jeunes de notre temps. Dans certains contextes, cependant, la préférence pour les jeunes les plus pauvres n’est pas suffisamment claire. Le souci de soutenir économiquement les structures traditionnelles limite notre ouverture aux nouvelles pauvretés et aux urgences sociales inédites.

27.   Les gens et les jeunes nous admirent souvent pour la masse de travail que nous abattons pour eux. Toutefois, certains d’entre nous, dépassés par leurs multiples activités, éprouvent un sentiment de fatigue, de tension, d’éparpillement, d’inefficacité et de burnout [usure]. Nous déployons, quelquefois de manière excessive, des efforts exténuants pour la conservation et la survie des œuvres. Quand nous nous occupons des jeunes, il nous arrive de ne viser que leur bien-être social en négligeant de les accompagner dans leur vie spirituelle et dans leur vocation.

28.   La visibilité et la crédibilité de notre vie consacrée ont progressivement diminué. On ne saisit pas toujours en nous le témoignage du primat de Dieu, avec la pratique des vœux, une vie sobre, l’engagement dans le travail, le dévouement pour la mission, la prière personnelle et communautaire fidèlement vécue.

29.   Le multiculturalisme dans nos communautés est une opportunité, un témoignage d’unité pour le monde; il révèle aussi certaines limites de notre charité et dévoile des préjugés qui résistent à la fraternité évangélique. Les communautés internationales et la collaboration à des projets mondiaux contribuent à créer un sens plus grand de l’esprit fraternel et de la solidarité.

30.   Nous reconnaissons que la responsabilité pour le respect de la nature commence à se faire sentir également dans nos communautés. Mais nous ne sommes pas encore suffisamment persuadés de cette priorité dans le choix de notre style de vie sobre et essentielle ainsi que dans l’éducation des jeunes.

II. LECTURE
Comme Don Bosco, en dialogue avec le Seigneur, nous marchons ensemble, poussés par l’Esprit

31.   Plongés dans l’histoire marquée par des attentes et des fragilités, nous avons la certitude que Dieu accompagne l’humanité de ses interventions de salut qui culminent dans la Pâque du Seigneur Jésus : « Sa résurrection n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. »7 À la suite de Jésus, qui se transfigure et enveloppe ses disciples dans la lumière du Thabor,8 et en écoutant les avertissements de Don Bosco dans le « Songe des dix diamants », nous apprécions la grâce de la vocation salésienne, la fécondité des conseils évangéliques, l’esprit fraternel dans la communauté et entre les jeunes. Nous nous tournons vers la Vierge Marie qui, dans le Magnificat, chante les louanges de Dieu qui guide fidèlement son peuple sur les sentiers de l’histoire, opérant merveilles et prodiges en faveur des humbles et des pauvres. Avec Elle, nous découvrons la joie de la foi qui infuse optimisme et espérance.

7 Cf. Evangelii Gaudium, 276.

8 Cf. Vita Consecrata, 14-16.

32.   Comme pour Don Bosco, pour nous aussi, le primat de Dieu est la clé de voûte qui justifie notre existence dans l’Église et dans le monde. Ce primat donne sens à notre vie consacrée, nous fait éviter le risque de nous laisser absorber par les activités, et d’oublier que nous sommes essentiellement « des chercheurs de Dieu» et des témoins de son amour au milieu des jeunes et des plus pauvres. Nous sommes donc appelés à ramener notre cœur, notre esprit et toutes nos énergies au « commencement » et aux « origines » : la joie du moment où Jésus nous a regardés, pour évoquer les significations et les exigences sous-jacentes à notre vocation.9

9 Cf. CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE (CIVCSVA) Réjouissez-vous, 4.

33.   Notre mystique s’exprime comme une humanisation profonde de la vie personnelle et communautaire.10 Elle s’enracine dans le mystère de l’Incarnation : Jésus a fait siens les besoins et les aspirations des gens, et a fait la volonté de son Père dans la construction du Royaume. Don Bosco a vécu et nous a transmis un style original d’union avec Dieu à vivre toujours (cf. C 12, 21, 95) et partout selon le critère oratorien (cf. C 40). Donc le Salésien témoigne de Dieu quand il se dépense pour les jeunes et reste au milieu d’eux en se dévouant profondément « jusqu’à son dernier souffle », vit le « cetera tolle», sait leur raconter sa propre expérience du Seigneur.

10 Cf. Evangelii Gaudium, 87, 92, 266.

34.   L’expérience de la rencontre avec Dieu demande une réponse personnelle qui se développe dans un chemin de foi et une profonde relation avec la Parole de Dieu parce qu’ « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et, par là, son orientation décisive. »11

11 Cf. BENOïT XVI, Deus caritas est, 1.

35.   Aujourd’hui, en plus de constater les changements culturels, nous sommes convaincus de vivre un tournant historique sans précédent peut-être.12 Ce tournant a sensiblement modifié les motivations qui induisent à choisir et à vivre la vie consacrée. Le Pape François nous invite à accueillir le cri des pauvres, à sortir pour saisir les besoins les plus urgents, à vivre la culture de la rencontre et du dialogue13 en évitant l’autoréférentialité et en incarnant une spiritualité missionnaire.

12 Evangelii Gaudium, 52; cf. 61-70.

13 Cf. Evangelii Gaudium, 220.

36.   Les difficultés que nous expérimentons dans notre réponse à l’appel de Dieu, à vivre la suite du Christ avec radicalité, sont dues à une faible conviction dans la fécondité des conseils évangéliques à réaliser la communion en communauté et la mission pour les jeunes. L’accueil du don de la vocation et la responsabilité de notre parcours de formation continue nous aident à modeler la culture sur l’Évangile et à être des hommes de compassion, surtout pour les pauvres.

37.   Appelés à témoigner des réalités du Royaume et à dialoguer avec une pensée qui tend parfois à relativiser et à marginaliser le discours religieux, nous devenons insignifiants quand nous nous dérobons à notre rôle prophétique de proposer une culture inspirée de l’Évangile.

38.   Le danger d’être facilement considérés uniquement comme des « travailleurs sociaux » plutôt que comme des éducateurs et des pasteurs capables de témoigner du primat de Dieu, d’annoncer l’Évangile et d’accompagner spirituellement, exige de notre part de prendre soin de notre vocation. Le défi le plus important consiste à trouver des modèles de créativité pour affirmer l’importance des valeurs spirituelles et la rencontre personnelle avec le Dieu de la vie, de l’amour, de la tendresse et de la compassion. Cela réclame que nous favorisions l’expérience de foi et la rencontre avec Jésus-Christ: les jeunes exigent du concret et de la cohérence à partir de notre style de vie.

Faisant l’expérience d’une vie fraternelle comme au Valdocco, ouverts à la planification et à la collaboration

39.   Nous croyons que la communauté « se présente comme une confession trinitaire riche de sens »14 et notre vivre ensemble est le fruit de l’initiative de Dieu le Père qui nous appelle à être disciples du Christ pour une mission de salut (cf. C 50). Afin de ne pas perdre ce don particulier, offert à nous et à toute l’Église, la visibilité de la dimension fraternelle de notre vie doit être plus consciente, plus directe, efficace et joyeuse (cf. Ps 133,1).

14 Vita Consecrata, 21; cf. 16.

40.   Nous reconnaissons que la vie de communauté est une manière possible de faire l’expérience de Dieu. Vivre la « mystique de la fraternité »15 est un élément essentiel de notre consécration apostolique et un grand secours pour lui être fidèle. Il y a un lien clair avec notre mission et avec le monde des jeunes assoiffés de communication authentique et de relations transparentes. À une époque de désagrégation familiale et sociale, nous offrons une alternative de vie basée sur le respect et la coopération avec l’autre ; en un temps marqué par l’inégalité et l’injustice, nous présentons un témoignage de paix et de réconciliation (C 49). La communauté se révèle elle-même dans la mission commune également. L’unanimité dans l’action apostolique réalise la prophétie de la communauté et ce témoignage favorise l’éclosion de nouvelles vocations.

15 Cf. Evangelii Gaudium, 87, 92.

41.   Nos limites d’incompréhension réciproque, les fermetures sur nous-mêmes et nos fragilités quotidiennes proviennent du manque d’accueil de l’amour et de la grâce répandus dans nos cœurs par l’Esprit du Christ (cf. Rm 5,5). Nous reconnaissons que la communion au corps et au sang de Jésus (cf. 1Co 10,16), dont nous nous alimentons chaque jour, fait de nous « un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32 ; C 50). L’Eucharistie constitue le sommet et la source de notre esprit fraternel, de notre consécration et de notre mission.16 Poussés par la charité du Christ et participant du don de soi de Jésus Bon Pasteur, nous participons à l’expérience spirituelle de Don Bosco et nous nous dépensons comme lui pour le salut des jeunes.

16 Cf. CONCILE VATICAN II, Lumen Gentium, 11.

42.   Les rapports personnels en communauté peuvent devenir formels, fragmentés et peu significatifs à cause de divers facteurs : l’individualisme et la réticence personnelle, une formation qui implique peu, la préoccupation excessive pour son propre travail ou le fait d’être sous-occupé, les relations seulement fonctionnelles, le repliement sur sa vie privée et l’usage pas toujours équilibré des médias personnels. Ces facteurs deviennent un alibi facile pour ne pas affronter l’engagement de la vie communautaire. Les situations conflictuelles ne doivent pas être vécues seulement comme des réalités négatives mais comme des opportunités de maturation : elles doivent être éclairées par l’Évangile, affrontées et résolues avec un plus grand courage, une plus grande compétence humaine et une plus grande miséricorde.17

17 Cf. Mt 5,20-26; Evangelii Gaudium, 226-230.

43.   Une certaine tendance au perfectionnisme et, à l’opposé, à l’immobilisme se trouve à la base du manque de renouvellement communautaire. Il manque la capacité d’être réaliste et, en même temps, de savoir rêver. Nous nous sentons provoqués par le Pape François : « Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités [...] J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale deviennent un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation. »18

18 Evangelii Gaudium, 49. 27.

44.   Notre proposition communautaire entend révéler une « Église en sortie »,19 et réaliser un milieu éducatif ouvert et une communauté éducative et pastorale « extravertie ». La communauté salésienne a le devoir de créer une ambiance fraternelle aussi avec les laïcs coresponsables, en particulier avec les membres de la Famille Salésienne, en dépassant toute forme de cléricalisme et en se dirigeant vers de nouvelles frontières, laissant « les portes toujours ouvertes ».20

19 Cf. Evangelii Gaudium, 20-24,46.

20 Cf. Evangelii Gaudium, 46-47.

45.   Vivre la spiritualité de communion, c’est ce que nous demande aujourd’hui l’Église, intégrant vie communautaire et services dans l’œuvre,21 dans un sentiment renouvelé d’appartenance. Pour construire la communauté, il faut passer de la vie en commun à la communion de vie; de cette manière, chaque confrère instaure des liens profonds et se donne sans réserves, sans sentir le besoin de s’isoler ou de trouver des formes de compensation et de mondanité.22

21 Cf. Novo Millennium Ineunte, 43-45.

22 Cf. Evangelii Gaudium, 93-97.

46.   Dans l’Église, qui est peuple de Dieu en marche et communion de personnes avec différents charismes et rôles, nous partageons avec les laïcs le service de la construction du Royaume de Dieu. Le charisme salésien nous demande d’avoir le souci de tous les membres du noyau animateur de la Communauté Éducative et Pastorale, Salésiens et laïcs, et de promouvoir leur implication et leur coresponsabilité (cf. C 47), pour favoriser une mentalité de projet et une action commune au bénéfice des jeunes, de leurs familles et des adultes des milieux populaires.

47.   Le Système Préventif n’est pas fait seulement pour l’animation pastorale mais régule également, sur le mode salésien, les relations à l’intérieur de la communauté. Il nous inspire d’être prophètes de la fraternité les uns pour les autres, surtout dans des moments douloureux et dans la recherche de relations plus profondes. Nous sommes donc « signes et porteurs de l’amour de Dieu» (C 2) non seulement pour les jeunes mais aussi pour les confrères.

48.   « Maison » et «famille » sont les deux termes fréquemment utilisés par Don Bosco pour décrire l’« esprit du Valdocco » qui doit briller dans nos communautés. En ce sens, nous accueillons l’appel évangélique et charismatique à la compréhension mutuelle et à la coresponsabilité, à la correction fraternelle et à la réconciliation.

49.   La formation, aussi bien initiale que continue, se prévalant de l’apport des sciences humaines, est appelée à marquer les dynamiques relationnelles profondes de la vie affective et de la sexualité qui influent sur les équilibres de la vie communautaire. Dans les processus de formation, il convient d’aborder ces sujets avec plus de compétence, plus fréquemment et dans une réflexion partagée, sans les confiner exclusivement dans la direction spirituelle et dans la pratique du sacrement de la Réconciliation.

50.   La formation, personnellement accueillie, nous aide à purifier nos motivations en nous habituant à vivre avec une intention droite. Elle nous éduque au travail et tempérance avec un engagement apostolique discipliné et désintéressé qui sait tracer les limites nécessaires dans les relations interpersonnelles. Elle nous entraîne à un style de vie sobre qui nous permet d’accomplir le travail manuel et les services ordinaires et humbles en communauté.

51.   Le Directeur est une figure centrale : plus qu’un gestionnaire, il est un père qui réunit les siens dans la communion et dans le service apostolique. À cause de la complexité de nos œuvres, des charges multiples et d’une formation peu adaptée, il n’est pas toujours à même de prendre soin de la vie fraternelle, du discernement et de la coresponsabilité selon le projet de vie de la communauté et le projet éducatif et pastoral. Dans certaines situations, pèse la faiblesse du soutien de la part des confrères.

En sortie vers les périphéries, devenant signes prophétiques au service des jeunes

52.   Les jeunes sont «notre buisson ardent »23 à travers lequel Dieu nous parle. C’est un mystère à respecter, à accueillir ; un mystère où il faut découvrir les traits les plus profonds et devant lequel il faut retirer les sandales de ses pieds pour contempler le dévoilement de Dieu dans l’histoire de tous et de chacun. Cette forte expérience de Dieu nous permet de répondre au cri des jeunes.24

23 Cf. Ex 3,2 sv.; cf. Evangelii Gaudium, 169.

24 Cf. Evangelii Gaudium, 187-193, 211.

53.   Nous nous rendons compte que l’union avec Dieu doit être vécue parmi les jeunes: « Nous croyons que Dieu nous attend au milieu des jeunes pour nous accorder la grâce de la rencontre avec Lui et pour nous disposer à Le servir en eux, reconnaissant leur dignité et les éduquant à la plénitude de la vie. »25 La mission se développe authentiquement quand nous l’accueillons comme venant de Dieu et que nous puisons en Lui la subsistance pour accomplir notre service.

25 CG23, 95.

54.   Nous avons conscience que la force et le partage des motivations de foi, et la recherche quotidienne de l’union avec Dieu enrichissent la réflexion pastorale, confèrent de la créativité à l’annonce de l’Évangile, nous poussent à donner notre vie pour les jeunes. On réalise ainsi le double mouvement propre du Système Préventif : à l’école de l’amour de Dieu « qui nous a aimés le premier» (cf. 1Jn 4,10.19) également à travers les jeunes, nous devenons capables d’« amour prévenant» (C 15).

55.   Nous voulons être une Congrégation de pauvres pour les pauvres. Comme Don Bosco, nous considérons que c’est là notre mode de vivre avec radicalité l’Évangile, de manière à être plus disponibles et prêts à répondre aux exigences des jeunes, opérant dans notre vie un authentique exode vers les plus défavorisés. Les immigrés, les réfugiés et les jeunes chômeurs nous interpellent comme Salésiens dans toutes les parties du monde : ils nous invitent à trouver des formes de collaboration, nous poussent à apporter des réponses concrètes et à avoir une mentalité plus ouverte, plus solidaire et plus courageuse.26

26 Cf. Evangelii Gaudium, 210.

56.   Le généricisme pastoral n’exprime pas le charisme salésien; il est la conséquence d’une planification inadaptée (cf. ACG 334). Il est dû à une adhésion pauvre aux attentes les plus profondes des jeunes, à une valorisation ratée des indications du magistère salésien et à une observance faible des Constitutions.

57.   Notre action éducative et pastorale est en syntonie avec l’Église locale et collabore avec les Institutions du territoire, pour un service plus percutant et plus qualifié en faveur des jeunes et des milieux populaires. La pastorale des jeunes et la proposition pédagogique salésienne ne sont pas notre propriété réservée ou destinées à l’usage exclusif à l’intérieur de la Congrégation, mais un don précieux pour l’Église et la transformation du monde.

58.   Le Système Préventif est pour nous, Salésiens, méthodologie pédagogique, proposition d’évangélisation des jeunes, profonde expérience spirituelle. Il faut s’engager davantage pour sa compréhension et sa pratique renouvelées dans les conditions actuelles de changement. Nous voudrions mettre particulièrement en lumière ce qu’est une « spiritualité à vivre » ; la fécondité de notre travail est fruit d’une intense vie spirituelle vécue avec les jeunes (cf. C 20) et pour leur salut.

59.   L’assistance salésienne est un aspect fondamental de notre spiritualité. Être avec les jeunes et se faire proches d’eux, gagner leur confiance et les accompagner dans l’adhésion de foi, permet de rencontrer Dieu et de l’écouter, de dépenser toutes nos forces « jusqu’au dernier souffle »27 et de témoigner du don de notre vie selon la logique de la croix. En vivant ainsi, nous participons au dynamisme pascal, sûrs que la beauté de la résurrection comble de joie et de paix le don authentique de nous-mêmes.

27 Cf. MB XVIII, p. 258.

60.   Vivre le binôme travail et tempérance remplit la vie du Salésien, nourrit son zèle apostolique et le rend proche des jeunes, du Seigneur et de ses confrères. Le front apostolique doit être proportionné à la consistance qualitative et quantitative de la communauté et de la Communauté Éducative et Pastorale.

61.   Non insistons sur la nécessité d’une formation qui tienne compte d’un entraînement et d’une préparation au service des jeunes également à travers l’étude approfondie, le dialogue culturel et des expériences pastorales significatives, avec le souci d’une continuelle mise à jour selon les orientations de l’Église et de la Congrégation.

62. Le monde digital, « nouvel aréopage des temps modernes »,28 nous interpelle comme éducateurs des jeunes : c’est une «nouvelle cour de récréation », un « nouvel oratoire » qui réclame notre présence et stimule, en outre, de nouvelles formes d’évangélisation et d’éducation. Notre « ère de la connaissance et de l’information » tend cependant à une chosification des rapports humains et à une monopolisation du savoir humain, devenant ainsi « source de nouvelles formes d’un pouvoir très souvent anonyme »,29 que nous devons affronter avec notre engagement pastoral et éducatif.

28 JEAN PAUL II, Redemptoris Missio, 37.

29 Cf. Evangelii Gaudium, 52.

III. CHEMINEMENT
1. POINT D’ARRIVÉE

63. Témoigner de la radicalité évangélique à travers la conversion spirituelle, fraternelle et pastorale continue

1.      en vivant le primat de Dieu dans la contemplation du quotidien et dans la suite du Christ;

2.      en construisant des communautés authentiques dans les relations et dans le travail selon l’esprit de famille ;

3.      en nous mettant de façon plus décidée et significative au service des jeunes les plus pauvres.

2. PROCESSUS ET ÉTAPES À FRANCHIR
Comme Don Bosco, en dialogue avec le Seigneur

64. Pour être MYSTIQUES dans l’Esprit, il est nécessaire de passer :

1.      D’une spiritualité fragmentée à une spiritualité unifiante, fruit de la contemplation de Dieu en Jésus-Christ et dans les jeunes.

2.      De l’attitude de ceux qui se sentent déjà formés à l’écoute humble et permanente de la Parole de Dieu, des confrères et des jeunes.

65. Pour réaliser ces processus, nous nous engageons à :

1. Vivre quotidiennement l’Eucharistie comme source de notre fécondité apostolique et célébrer le Sacrement de la Réconciliation comme reprise fréquente de notre chemin de conversion.

2.      Cultiver la prière personnelle dans le contact quotidien avec la Parole de Dieu en pratiquant quotidiennement la méditation et en soignant la qualité de la prière communautaire, la partageant avec les jeunes et les membres de la CEP.

3.      Caractériser le projet d’animation et de gouvernement à tous les niveaux durant le prochain sexennat, donnant une place centrale à la Parole de Dieu.

Nous marchons ensemble, poussés par l’Esprit

66. Pour être MYSTIQUES dans l’Esprit, il est nécessaire de passer :

1.      D’un témoignage faible des conseils évangéliques à une vie pleinement passionnée à la suite de Jésus, une vie capable de réveiller le monde en lui rappelant les valeurs essentielles de l’existence.

2.      D’un regard pessimiste sur le monde à une vision de foi qui découvre le Dieu de la joie dans les vicissitudes de la vie et dans l’histoire de l’humanité.

67. Pour réaliser ces processus nous nous engageons à :

1.      Vivre avec joie et authenticité la grâce de la consécration en élaborant ou en redéfinissant le projet personnel de vie et le projet communautaire.

2.      Avoir un guide spirituel stable et le rencontrer périodiquement.

3.      Approfondir notre spiritualité par la lecture fréquente des Constitutions et l’étude des Sources Salésiennes.

4.      Prévoir des moments de partage spirituel communautaire à partir de la Parole de Dieu, mettant particulièrement en valeur la lectio divina.

5.      Vérifier et promouvoir, comme communauté et comme confrères individuels, l’harmonie entre travail et prière, entre réflexion et apostolat, à travers des « scrutinia » [vérifications] adéquats.

6.      Veiller à la traduction des Sources Salésiennes dans les différentes langues.

7.      Mettre à jour le manuel « In dialogo con il Signore» [En dialogue avec le Seigneur] et les autres documents pour la prière.

8.      Activer des initiatives de formation pour Salésiens et laïcs, et qualifier au niveau régional un Centre de formation permanente ou mettre en valeur ceux des autres Régions.

Faisant l’expérience de la vie fraternelle comme au Valdocco

68. Pour être PROPHÈTES de la fraternité, il est nécessaire de passer :

1.      De rapports fonctionnels et formels à des relations cordiales, solidaires et de communion profonde.

2.      Des préjugés et des repliements sur soi à la correction fraternelle et à la réconciliation.

69. Pour réaliser ces processus, nous nous engageons à :

1.      Faire place à la pratique du dialogue avec l’autre,30 en activant des dynamiques positives de communication interpersonnelle entre confrères, jeunes, laïcs et membres de la Famille Salésienne, en nous appuyant aussi sur l’apport des sciences humaines.

30 Cf. Evangelii Gaudium, 88.

2.      Vivre des relations fraternelles, de proximité et d’écoute vis-à-vis de nos salariés et collaborateurs, évitant toutes attitudes autoritaires et de contre-témoignage.

3.      Encourager chaque confrère à soutenir, avec le Directeur et son Conseil, la responsabilité de la communauté.

4.      Se préoccuper des besoins des confrères âgés et malades en les impliquant dans la vie et dans la mission communes selon leurs possibilités effectives.

5.        Soutenir tout particulièrement les communautés qui travaillent aux « frontières ».

6.        Assurer la consistance qualitative et quantitative des communautés en envisageant un nouveau découpage, sage et courageux, de nos présences.

7.        Soigner les deux formes complémentaires de la vocation religieuse salésienne en assumant les orientations du CG26 31 et en continuant la réflexion aussi bien sur le volet de la vie consacrée que sur la spécificité des coadjuteurs à propos de la vie fraternelle et de la mission.

31 Cf. CG26, 74-78.

8.        Renforcer les cheminements de maturation humaine et spirituelle et prévoir des parcours de soutien pour les confrères en difficulté.

9.        Assurer des parcours appropriés d’accompagnement pour les sujets impliqués dans d’éventuels cas d’abus.

10.     Vérifier et relancer, dans le programme du prochain sexennat, la proposition pour la formation des Directeurs.32

32 Cf. CG21, 46-57; CG25, 63-65.

11.     Pourvoir, de la part du Recteur Majeur et du Conseil Général, à la mise à jour du manuel du Directeur et du manuel du Provincial.

Ouverts à la planification et à la collaboration

70. Pour être PROPHÈTES de la fraternité, il est nécessaire de passer :

1.        De l’entreprise pastorale individualiste à la disponibilité inconditionnelle pour la mission et le projet communautaire et provincial.

2.        De la considération des jeunes comme simples destinataires et des laïcs comme collaborateurs à la promotion des jeunes comme protagonistes et des laïcs comme coresponsables de l’unique mission.

71. Pour réaliser ces processus, nous nous engageons à :

1.      Croître dans la communion et dans la coresponsabilité en faisant nôtres le Projet Communautaire et le Projet Éducatif et Pastoral, en développant et en rendant visible la « culture salésienne ».33

33 Cf. ACG 413, p. 53.

2.      Créer des synergies avec les autres groupes de la Famille Salésienne qui travaillent pour et avec les jeunes et qui promeuvent leurs droits.34

34 Cf. Charte d’Identité de la Famille Salésienne, 21,41.

3.      Travailler en réseau en se reliant efficacement à l’Église locale, aux autres Familles religieuses, aux Agences éducatives, sociales et gouvernementales.

4.      Structurer des parcours plus adaptés dans la formation initiale, orientés vers l’implication dans la pastorale des jeunes, vers la capacité à lire les problématiques sociales du territoire et à la planification éducative et pastorale.

5.      Intégrer dans le Projet Éducatif et Pastoral – provincial et local – la pastorale familiale, en prévoyant la formation et l’implication des laïcs comme animateurs.35

35 Cf. CG26, 99, 102, 104.

6.      Organiser une pastorale salésienne organique et intégrale dans les communautés provinciales et locales selon le « Cadre de Référence de la Pastorale Salésienne des Jeunes » et la planification coordonnée des Conseillers de Secteur et des Conseillers Régionaux.

7.      Assurer l’attention à la pastorale de la famille et à la formation des laïcs à tous les niveaux, et favoriser, de la part des Secteurs de la mission salésienne et de la formation, la coordination des réflexions et des interventions.

En sortie vers les périphéries

72. Pour être SERVITEURS des jeunes, il est nécessaire de passer :

1.      De la distance par rapport aux jeunes à la présence active et enthousiaste au milieu d’eux avec la passion du Bon Pasteur.

2.      D’une pastorale de conservation à une pastorale « en sortie » qui part des besoins profonds des jeunes les plus pauvres considérés dans leur milieu familial et social.

73. Pour réaliser ces processus, nous nous engageons à :

1.      Promouvoir dans les Provinces une profonde évaluation sur la signifiance et la présence parmi les plus pauvres dans nos œuvres, selon les critères donnés par les Chapitres Généraux et par les Recteurs Majeurs, en vue d’une « conversion pastorale structurelle » et d’une plus grande finalisation vers les nouvelles pauvretés (cf. R 1).

2.      Faire nôtre, avec les laïcs, le « Cadre de Référence de la Pastorale des Jeunes », en activant des processus de renouvellement, en valorisant les forces du volontariat existantes et en prenant en considération les nouvelles frontières existentielles et géographiques des jeunes les plus pauvres.

3.      Promouvoir et défendre les droits humains et ceux des jeunes mineurs à travers l’approche innovante du Système Préventif, en prêtant une particulière attention aux jeunes mineurs et au commerce sexuel, à la dépendance des drogues et à toutes les formes d’exploitation, au chômage et à la migration des jeunes ainsi qu’au trafic d’êtres humains.

4.      Favoriser dans nos milieux un climat de respect de la dignité des jeunes mineurs en nous engageant à créer les conditions qui permettent de prévenir toutes formes d’abus et de violence, en suivant de la part de chaque Province les orientations et les directives du Recteur Majeur et du Conseil Général.

5.      Éduquer les jeunes à la justice et à la légalité, à la dimension sociopolitique de l’évangélisation et de la charité, en les accompagnant à être des acteurs de transformation sociale dans une logique de service du bien commun.

6.      Sensibiliser les communautés et les jeunes au respect de la nature, en éduquant à la responsabilité écologique moyennant des activités concrètes de sauvegarde de l’environnement et du développement soutenable.

Devenant signes prophétiques au service des jeunes

74. Pour être SERVITEURS des jeunes, il est nécessaire de passer :

1.      D’une vie marquée par l’embourgeoisement à une communauté missionnaire et prophétique qui vit le partage avec les jeunes et les pauvres.

2.      D’une pastorale d’événements et d’activités à une pastorale organique et intégrale, capable d’accompagner les processus de maturation vocationnelle, en syntonie avec les nouvelles perspectives ecclésiales et salésiennes.

75. Pour réaliser ces processus, nous nous engageons à :

1.      Développer la culture vocationnelle et le soin des vocations à la vie consacrée salésienne, en cultivant l’art de l’accompagnement et en préparant Salésiens et laïcs à devenir des guides spirituels des jeunes.

2.      Vivre le binôme « travail et tempérance » en ayant le souci d’un style de vie visiblement pauvre, en évitant le gaspillage et en nous rendant disponibles pour les services domestiques et communautaires.

3.      Pratiquer une solidarité en actes avec ceux qui se trouvent dans le besoin, avec les pauvres et entre maisons salésiennes.

4.      Entrer de façon significative et éducative dans le monde du numérique particulièrement habité par les jeunes, en assurant une formation professionnelle et éthique adéquate des confrères et collaborateurs, en mettant en pratique le « Système Salésien de Communication Sociale ».

5.      Favoriser la création de communautés internationales, même au prix de la redistribution globale des confrères et la promotion des projets missionnaires de la Congrégation.

6.   Activer des procédés, y compris à travers des audits, qui garantissent la transparence et le professionnalisme dans la gestion des biens et des œuvres.

7.   Opérer une vérification attentive de la Maison Générale et des autres structures immobilières de la Congrégation afin qu’elles soient un signe clair et crédible de radicalité évangélique.

DÉLIBÉRATION ET DÉCISIONS DU CG27

Sur la base de la vérification concernant les structures du gouvernement central de la Congrégation, vérification faite par le Recteur Majeur et le Conseil Général à la demande du CG 26 n° 118, et sur la base des propositions parvenues des Chapitres Provinciaux, de confrères individuels, ainsi que de l’Assemblée Capitulaire elle-même, après examen par la Commission Juridique et par l’Assemblée, le Chapitre Général a approuvé les délibérations suivantes. Certaines d’entre elles concernent des articles des Constitutions et des Règlements Généraux ; d’autres sont des orientations opérationnelles pour le gouvernement de la Congrégation.

1. DURÉE DU MANDAT DU RECTEUR MAJEUR ET DES MEMBRES DU CONSEIL GÉNÉRAL

76. Le Chapitre Général 27,

se référant aux articles 128 et 142 des Constitutions qui fixent une durée de 6 ans pour le mandat du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général,

considérant que 6 ans sont une période convenable pour gouverner et animer la Congrégation,

confirme la durée de 6 ans pour le mandat du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général, comme prévu par les articles 128 et 142 des Constitutions.

2. RÉÉLIGIBILITÉ DU RECTEUR MAJEUR ET DES MEMBRES DU CONSEIL GÉNÉRAL

77. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 128 des Constitutions qui prévoit que le Recteur Majeur peut être élu seulement pour un second sexennat consécutif, et se référant à l’article 142 des Constitutions qui prévoit que le Vicaire du Recteur Majeur, les Conseillers de secteur et les Conseillers Régionaux peuvent être élus seulement pour un second sexennat consécutif dans la même charge,

considérant que l’actuelle formulation des articles 128 et 142 laisse l’Assemblée Capitulaire libre de :

– confirmer ou non pour un second sexennat dans la même charge le Recteur Majeur, le Vicaire du Recteur Majeur, les Conseillers de secteur, les Conseillers Régionaux;

– valoriser l’expérience acquise, pour une éventuelle autre charge dans le Conseil Général,

A.     confirme la possibilité d’élire le Recteur Majeur uniquement pour un second sexennat consécutif, comme prévu par l’article 128 des Constitutions ;

B.     confirme la possibilité d’élire le Vicaire du Recteur Majeur, les Conseillers de secteur, les Conseillers Régionaux uniquement pour un second sexennat consécutif dans la même charge, comme prévu par l’article 142 des Constitutions.

3. COMPOSITION DU CONSEIL GÉNÉRAL

78. Le Chapitre Général 27,

se référant aux articles 130, 131, 133 des Constitutions concernant les tâches et la composition du Conseil Général,

considérant que la structure actuelle du Conseil Général composé du Vicaire, des Conseillers chargés de secteurs particuliers et des Conseillers Régionaux chargés de groupes de Provinces permet d’avoir une vision globale de la Congrégation, propre au Recteur Majeur, au Vicaire et aux Conseillers chargés de secteurs particuliers, avec la vision approfondie des groupes de Provinces, propre aux Conseillers Régionaux,

confirme la structure actuelle du Conseil Général prévue par l’article 133 §1 des Constitutions.

4. LE VICAIRE DU RECTEUR MAJEUR

79. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 134 §3 des Constitutions, qui attribue au Vicaire du Recteur Majeur la tâche d’animer la Famille Salésienne,

considérant la requête faite par le Chapitre Général 26 de procéder à une évaluation de l’attribution de cette tâche à la fin du sexennat,1

retenant qu’il est préférable de confier l’animation de la Famille Salésienne à un Secrétariat Central dépendant directement du Recteur Majeur, aux termes de l’article 108 des Règlements Généraux, pour les motifs suivants :

a)      une forte impulsion a été donnée, ces dernières années, à la Famille Salésienne qui s’est développée en nombre et a pris une plus grande conscience charismatique, à travers la réception de la Charte d’Identité de la Famille Salésienne et de l’Étrenne du Recteur Majeur, dans sa visibilité mondiale et provinciale ;

b)      l’unique référence charismatique de l’ensemble de la Famille Salésienne est le Recteur Majeur en tant que successeur de Don Bosco ;

c)      un Secrétariat central institué par le Chapitre Général et dépendant du Recteur Majeur peut mieux assurer ce lien d’une manière stable, avec une plus grande disponibilité et une plus grande continuité dans le temps de la part des personnes appelées à composer ce Secrétariat;

1 Cf. CG26, 116.

d) les tâches confiées au Vicaire du Recteur Majeur par l’article 134 des Constitutions sont potentiellement très étendues, comme sont multiples et ponctuelles celles décrites par le Vade-mecum pour la vie et l’action du Conseil Général; et ces tâches réclament un engagement très lourd,

A.     supprime le § 3 de l’article 134 des Constitutions, qui attribue au Vicaire du Recteur Majeur la tâche d’animer la Famille Salésienne;

B.     institue un Secrétariat Central pour la Famille Salésienne dépendant directement du Recteur Majeur, aux termes de l’article 108 des Règlements, avec les tâches suivantes :

– animer la Congrégation dans le secteur de la Famille Salésienne et assurer l’interaction avec les autres secteurs de la Congrégation au niveau mondial;

– promouvoir, aux termes de l’article 5 des Constitutions, la communion des différents groupes, en respectant leur spécificité et leur autonomie ;

– orienter et accompagner les Provinces afin que sur leur territoire se développent, selon leurs statuts respectifs, l’Association des Salésiens Coopérateurs, le mouvement des Anciens Élèves, l’ADMA.

5. NOMBRE ET DOMAINES DE COMPÉTENCE DES CONSEILLERS DE SECTEUR

80. Le Chapitre Général 27,

se référant aux articles 133, 136 et 138 des Constitutions,

confirme que les Conseillers chargés de secteurs particuliers sont: le Conseiller pour la formation, le Conseiller pour la pastorale des jeunes, le Conseiller pour la communication sociale, le Conseiller pour les missions et l’Économe général, comme indiqué à l’article 132 §2 des Constitutions

6. TÂCHES DU CONSEILLER RÉGIONAL

81. Le Chapitre Général 27,

se référant aux articles 140 et 154 des Constitutions, concernant respectivement les tâches du Conseiller Régional et les groupes de Provinces (ou Régions),

considérant que les tâches confiées par les Constitutions aux Conseillers Régionaux sont adaptées aux exigences actuelles de la Congrégation, et vu que, sans constituer un niveau intermédiaire de gouvernement, elles permettent de :

– promouvoir l’unité de la Congrégation et la souplesse des processus d’animation dans la diversité des contextes ;

– maintenir vivant le lien entre le Recteur Majeur et le Conseil Général, d’une part; les Provinces, les communautés locales et les confrères individuels, d’autre part;

– avoir à l’intérieur du Conseil Général une vision réelle et mise à jour des différentes zones d’animation de la Congrégation, cette connaissance s’avérant décisive pour l’animation et le gouvernement;

– tenir compte, spécialement au cours de la Visite Extraordinaire, d’un trait fondamental de notre charisme, qui est l’attention aux confrères et l’écoute,

confirme les tâches confiées aux Conseillers Régionaux par l’article 142 des Constitutions.

7. MODALITÉS DE L’ÉLECTION DU RECTEUR MAJEUR

82. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126,127 et 128 des Règlements Généraux, concernant les modalités de l’élection du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général,

considérant que le processus de discernement, guidé et coordonné par la personne du facilitateur, extérieur à la Congrégation, permet de créer un climat positif de recherche de la volonté de Dieu,

confirme les modalités de l’élection du Recteur Majeur indiquées à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126 et 127 des Règlements Généraux.

8. MODALITÉS DE L’ÉLECTION DU VICAIRE DU RECTEUR MAJEUR

83. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126,127 et 128 des Règlements Généraux, concernant les modalités de l’élection du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général,

considérant que

– les modalités actuelles donnent pleine et exclusive responsabilité au Chapitre Général qui détient dans la Société l’autorité suprême et l’exerce en termes de Droit (C 147) ;

– l’élection directe par l’Assemblée souligne mieux le rôle institutionnel du Vicaire du Recteur Majeur,

confirme les modalités de l’élection du Vicaire du Recteur Majeur indiquées à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126 et 127 des Règlements Généraux.

9. MODALITÉS DE L’ÉLECTION DES CONSEILLERS DE SECTEUR

84. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126,127 et 128 des Règlements Généraux concernant les modalités de l’élection du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général,

considérant que, durant la phase de discernement pour l’élection des Conseillers de secteur, il faut:

– signaler les candidats les plus capables et les plus compétents ;

– permettre la coresponsabilité et la participation de la part de toutes les Régions « au choix des responsables du gouvernement» (C 123) au niveau mondial;

– impliquer les membres du Chapitre, réunis par Régions, dans un processus de discernement dans le dialogue et dans la recherche commune;

– faire mûrir des convergences sur certains candidats,

décide que l’élection des Conseillers de secteur soit précédée d’un discernement par les confrères capitulaires répartis en Régions, sur le profil du candidat. Ce processus de discernement se termine en proposant à l’Assemblée un candidat de sa propre Région et un autre en dehors de la Région, ésignés par vote secret. Est modifié en ce sens l’article 127 des Règlements Généraux.

10. MODALITÉS DE L’ÉLECTION DES CONSEILLERS RÉGIONAUX

85. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 141 des Constitutions et aux articles 126,127 et 128 des Règlements Généraux concernant les moda‑

lités de l’élection du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général,

considérant que la formulation de l’article 128 des Règlements Généraux, modifiée par le Chapitre Général 26,2 permet à l’Assemblée Capitulaire de connaître avec plus de clarté l’orientation prédominante des confrères de la Région,

2 Cf. CG26, 119.

confirme les modalités de l’élection des Conseillers Régionaux indiquées à l’article 128 des Règlements Généraux.

11. COORDINATION AU SEIN DU CONSEIL GÉNÉRAL

86. Le Chapitre Général 27,

vu les articles 133 des Constitutions et 107 des Règlements Généraux,

vu la délibération du Chapitre Général 26 (n° 117),

considérant l’issue de la consultation des Provinces, avec les motivations et suggestions exprimées, ainsi que le débat en Assemblée avant l’élection des membres du Conseil Général, où est apparue de manière évidente la nécessité d’une plus grande coordination de l’action des Conseillers chargés de secteurs particuliers entre eux, et avec les Conseillers Régionaux,

considérant que

a) la composition du Conseil Général, établie par l’article 133 des Constitutions, entend favoriser simultanément une action à dimension mondiale dans des secteurs particuliers et une action de proximité au niveau des Provinces en des secteurs géographiques déterminés (les Régions ou groupes de Provinces) ;

b) cette articulation, pour être efficace, demande synergie et coordination pour éviter la dispersion et la fragmentation des interventions,

décide de modifier comme suit l’article 107 des Règlements Généraux :

« L’animation de la mission salésienne au niveau mondial demande que soit déterminés des objectifs communs et des synergies entre les Conseillers chargés de secteurs particuliers, et la coordination des interventions avec les Conseillers Régionaux, moyennant des rencontres systématiques de programmation et d’évaluation.

Les Conseillers Généraux chargés de secteurs particuliers, pour s’acquitter des tâches qui leur sont confiées, s’entourent de Bureaux techniques et de Commissions.

L’institution, la composition et les modalités de fonctionnement de ces structures sont de la compétence du Recteur Majeur avec l’accord de son Conseil. »

12. CONFIGURATION DES RÉGIONS D’EUROPE ET MOYEN-ORIENT

87. Le Chapitre Général 27,

vu les résultats de la consultation de toutes les Provinces d’Europe et du Moyen-Orient,

considérant l’avis du Conseil Général,

considérant que la configuration interne aux trois Régions a changé de manière significative après les dernières restructurations de la France-Belgique Sud (2008), de l’Italie (2008) et de l’Espagne (2014),

compte tenu de la diminution du nombre des confrères dans toute l’Europe et du réajustement effectif des œuvres dans différentes Provinces,

considérant que le « Projet Europe », lancé par le Chapitre Général 26,3 entend promouvoir et renforcer les synergies entre les différentes Provinces, en vue aussi de redonner vie au charisme,

considérant qu’à l’intérieur des Régions, on pourra établir plusieurs Conférences Provinciales (C 155) pour garantir une liaison plus étroite,

considérant que, restant sauve l’importance de la Visite Extraordinaire pour la connaissance des confrères et des réalités de chaque Province, l’on peut adopter d’autres modalités du déroulement des visites (par exemple avec un Visiteur Extraordinaire qui ne soit pas toujours le Conseiller Régional) de manière à favoriser le service d’animation du Conseiller Régional comme expression de communion et de coordination,

en remplacement des Région Europe-Nord, Europe-Ouest, Italie et Moyen-Orient, institue les deux groupes de Provinces suivants :

– Région MÉDITERRANÉE constituée par la Circonscription Italie Centrale, la Circonscription Piémont et Vallée d’Aoste, par les Provinces Italie Lombardo-Émilienne, Italie Méridionale, Italie Nord-est, Italie Sicile, Moyen-Orient, Portugal, Espagne Barcelone, Espagne Bilbao, Espagne León, Espagne Madrid, Espagne Séville, Espagne Valence.

– Région EUROPE CENTRE-NORD constituée par les Provinces d’Autriche, Belgique-Nord, Croatie, France-Belgique Sud, Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande, Pologne Cracovie, Pologne Piùa, Pologne Varsovie, Pologne Wrocùaw, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie et Circonscription de l’Ukraine.

3 Cf. CG26, 108-111.

13. VISITE EXTRAORDINAIRE

88. Le Chapitre Général 27,

se référant à l’article 104 des Règlements Généraux,

considérant l’avis positif des Provinces consultées et les motivations fournies,

considérant l’avis du Conseil Général et les motivations fournies,

décide que la Visite Extraordinaire sera une modalité valable pour animer fraternellement les Provinces, les communautés locales et les confrères individuels, en plus d’être un outil juridique de gouvernement, prévu par le CIC [Code de Droit Canonique].

Il décide aussi que :

a)    se référant au nombre de Provinces d’une Région, aux langues parlées, au nombre global des confrères, pour permettre au Conseiller Régional d’accomplir les autres tâches qui lui sont confiées par les Constitutions et les Règlements Généraux, le Recteur Majeur, selon ce qui est prévu à l’article 104 des Règlements Généraux, pourra confier la charge d’accomplir la Visite Extraordinaire, en plus du Conseiller Régional, à un autre membre du Conseil Général ou à un ou plusieurs confrères désignés par lui, en lien avec le Conseiller Régional ;

b)    chaque Région doit avoir un Bureau d’études et de documentation pour soutenir l’action du Conseiller Régional en vue également de la Visite Extraordinaire ;

c)    sont indispensables l’écoute personnelle de chaque confrère durant la Visite Extraordinaire et la rencontre avec les organismes de participation ainsi que des laïcs en postes de responsabilité ;

d)    la préparation de la Visite Extraordinaire, l’accompagnement ultérieur et la rencontre périodique du Provincial et du Conseil Provincial sont des éléments fondamentaux pour permettre le soutien fraternel, l’unité avec le Recteur Majeur et l’assimilation des orientations des Chapitres Généraux.

En conséquence,

il confirme les modalités de la Visite Extraordinaire prévue par l’article 104 des Règlements Généraux.

14. VISITE D’ENSEMBLE

89. Le Chapitre Général 27,

considérant l’usage qui prévoit, à mi-sexennat du gouvernement du Recteur Majeur et du Conseil Général, une ou plusieurs « Visites d’Ensemble » dans chaque Région,

considérant aussi qu’elle est un outil d’animation utile qui permet, selon des modalités flexibles,

– une plus grande connaissance des Régions,

– le partage de problématiques communes et des orientations de la Congrégation,

– la communion avec le Recteur Majeur et le Conseil Général, – l’écoute directe des Conseillers Provinciaux,

– l’évaluation de la mise en pratique des décisions du Chapitre Général précédent,

confirme la validité de la « Visite d’Ensemble » comme outil d’animation de la Congrégation, selon des modalités flexibles qui permettent l’écoute directe et le partage.

15. COMMISSION ÉCONOMIQUE

90. Le Chapitre Général 27,

vu le rapport de l’Économe Général à l’Assemblée Capitulaire,

considérant la nécessité de donner une forme stable au niveau mondial à ce qui est prévu à l’article 185 des Règlements Généraux,

demande au Recteur Majeur et au Conseil Général d’instituer une « Commission Économique » composée de membres non résidents, de Salésiens et de professionnels non salésiens pour collaborer de façon stable avec l’Économe Général.

La Commission Économique aura pour tâches de :

a)   analyser les budgets prévisionnels et les bilans des Provinces et des Vice-provinces de la Congrégation ;

b)   présenter un rapport annuel au Conseil Général sur la situation économique et financière des Provinces et des Vice-provinces ;

c)   étudier le montant du patrimoine mobilier de la Direction Générale dans le respect des critères éthiques et de gestion responsable et prudente des ressources ;

d)   réviser les structures immobilières de la Direction Générale, de leur destination, des coûts de leur entretien ordinaire et extraordinaire ;

e)   réviser les budgets prévisionnels et les bilans de la Direction Générale, suggérer les améliorations selon les critères de pauvreté, de fonctionnalité, de transparence et informer les Provinces et les Vice-provinces de l’utilisation des ressources ;

f)    proposer des formes de solidarité ;

g)   examiner la situation des Provinces et des Vice-provinces en difficultés économiques et suggérer les interventions nécessaires ;

h)   examiner, chaque année, le fonctionnement économique de l’Université Pontificale Salésienne et de la Vice-province de l’UPS en vue de pouvoir leur venir en aide ;

i)    vérifier chaque année les Conventions en cours avec la Circonscription Spéciale du Piémont et de la Vallée d’Aoste (ICP) pour les lieux salésiens les plus importants (Maison Mère du Valdocco, Colle Don Bosco) ;

j)      offrir une consultation sur des exigences particulières de l’Économat Général ou sur des problématiques indiquées par le Recteur Majeur et le Conseil Général;

k)    élaborer avec l’Économe Général les programmes des cours de formation des Économes Provinciaux.

16. REPRÉSENTATION AU CHAPITRE GÉNÉRAL

91. Le Chapitre Général 27,

vu l’article 114 des Règlements Généraux sur la participation au Chapitre Général,

vu l’article 123 des Constitutions qui établit le principe de la participation des confrères au choix des responsables du gouvernement et à l’élaboration de leurs décisions, « selon les modalités qui conviennent le mieux » (C 123),

considérant que:

1.   de par sa nature, le Chapitre Général doit être composé de manière à être représentatif de l’ensemble de la Société, sur la base de ce qui est établi à l’article 151 des Constitutions où sont énumérés d’abord les membres a ex officio » [ès qualités] ou de droit, puis les délégués élus parmi les profès perpétuels dans les différentes circonscriptions de la Congrégation;

2.   pour assurer la prédominance du nombre des Capitulaires élus par rapport au nombre des membres participants de droit au Chapitre Général, la procédure de l’élection des délégués a été codifiée selon le critère quantitatif ;

3.   les unifications progressives des Provinces advenues en nombre très élevé dans la Congrégation et la présence des Provinces aux effectifs réduits de confrères rendent nécessaire une révision des critères de l’élection des délégués au Chapitre Général, en vue d’une représentativité équitable eu égard au nombre de confrères présents dans la Province,

modifie comme suit l’article 114 des Règlements Généraux:

Les Provinces comptant moins de deux cents profès et les Vice-provinces enverront au Chapitre Général un délégué élu par leurs Chapitres respectifs. De plus, les Provinces enverront un autre délégué tous les deux cents profès ou fraction de deux cents. Les autres circonscriptions juridiques éventuelles, dont il est fait mention à l’article 156 des Constitutions, seront représentées conformément à ce qui a été défini dans leur décret d’érection.

17. PERSONNEL POUR LES LIEUX SALÉSIENS

92. Le Chapitre Général 27,

vu la requête présentée par le Chapitre Provincial de la Circonscription Spéciale du Piémont et de la Vallée d’Aoste (ICP),

vu la ligne d’action n°1 du Chapitre Général 26 qui engageait le Recteur Majeur avec son Conseil à mettre en place « une équipe internationale de confrères pour l’animation des lieux d’origine du charisme salésien » (CG 26,12),

considérant l’importance historique et charismatique des lieux salésiens qui sont le patrimoine de toute la Congrégation, à conserver, promouvoir et mettre en valeur,

considérant la nécessité d’un projet qui valorise pleinement les lieux des origines salésiennes, en clef de pastorale et de vocations, pour les jeunes et la Famille Salésienne, spécialement en prévision du bicentenaire de la naissance de Don Bosco,

décide que la désignation du personnel salésien des communautés de Turin Valdocco « Marie Auxiliatrice » et du Colle Don Bosco soit de la compétence du Recteur Majeur et de son Conseil, dans un projet global engageant le Conseil Général, le Provincial et le Conseil Provincial ICP, et la solidarité de toutes les Provinces.

18. ACTES DU CONSEIL GÉNÉRAL, PORTAIL WWW.SDB.ORG, AGENCE INFO SALÉSIENNE

93. Le Chapitre Général 27,

considérant le résultat de la consultation des Provinces, considérant l’avis du Conseil Général,

considérant que :

– les Actes du Conseil Général sont plus qu’un bulletin officiel d’information du Recteur Majeur et du Conseil Général,

– le portail Web www.sdb.org permet la connaissance et la diffusion d’une grande richesse de contenus,

– l’Agence INFO Salésienne (ANS) s’est affermie comme un outil nécessaire d’information interne et externe à la Congrégation,

confirme la validité des Actes du Conseil Général, du portail Web www.sdb.org, de l’Agence INFO Salésienne (ANS), comme des outils d’information et de formation.

19. PROJET D’ANIMATION ET DE GOUVERNEMENT DU RECTEUR MAJEUR ET DU CONSEIL GÉNÉRAL

94. Le Chapitre Général 27,

considérant le résultat de la consultation des Provinces, considérant l’avis du Conseil Général,

considérant que :

– le Projet d’animation et de gouvernement du sexennat du Recteur Majeur et du Conseil Général est un outil permettant d’indiquer les grandes lignes du projet de l’animation et du gouvernement mondial, à partir des orientations du Chapitre Général,

– ce Projet permet, au sein du Conseil Général, de déterminer les objectifs, de créer des synergies et de coordonner les interventions quant à la manière et aux moments où elles doivent être réalisées,

– le dialogue avec les Régions et les Consultes mondiales des secteurs particuliers, avant de rédiger le Projet, favorise l’implication et permet de saisir les attentes et les sensibilités,

– un texte essentiel, opérationnel et modifiable en cours de route, avec un rythme temporel clair des interventions, favorise la communication et l’harmonisation avec les programmations des Provinces et des Conférences Provinciales,

confirme la validité du Projet d’animation et de gouvernement du sexennat rédigé par le Recteur Majeur et par le Conseil Général, pour actualiser les orientations du Chapitre Général et répondre aux besoins de la Congrégation.

ANNEXES

ANNEXE 1
DISCOURS DU RECTEUR MAJEUR PÈRE PASCUAL CHÁVEZ VILLANUEVA À L’OUVERTURE DU CG27

«Menez donc votre vie dans le Christ Jésus, le Seigneur, tel que vous l’avez reçu. Soyez enracinés, édifiés en lui, restez fermes dans la foi, comme on vous l’a enseigné ; soyez débordants d’action de grâce. » (Col 2,6-7)

1. Un mot d’accueil et de bienvenue

Éminence Révérendissime

Card. João Braz de Aviz

Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique

Éminences Révérendissimes

Card. Tarcisio Bertone Card. Riccardo Ezzati Card. Raffaele Farina Card. Oscar Rodríguez Maradiaga

Card. Joseph Zen

Excellentissime Mgr Gino Reali,

Évêque de Porto et Santa Rufina

Excellentissime Mgr Francesco Brugnaro, Archevêque de Camerino - Ancien Élève salésien Excellentissimes Archevêques et Évêques Salésiens

Très Révérende Mère Yvonne Reungoat

Supérieure Générale de l’Institut des Filles de Marie Auxiliatrice

Bien chers Responsables des différents Groupes de la Famille Salésienne

Très Révérend Père David Glenday,

Secrétaire Général de l’Union des Supérieurs Généraux

Au nom de tous les Capitulaires, je vous remercie beaucoup d’avoir accueilli l’invitation à vous joindre à nous pour partager la joie et la prière, en ce jour de l’Ouverture du 27ème Chapitre Général de la Société de Saint François de Sales. Nous apprécions votre présence comme un signe de proximité fraternelle et comptons sur votre sympathie et vos prières pour le succès de cette Assemblée. Merci à tous.

Chers Confrères Capitulaires, Provinciaux et Supérieurs des Vice-provinces, Délégués Provinciaux, Observateurs Invités, venus du monde entier prendre part à ces Assises importantes de notre chère Congrégation.

2. Guidés par l’Esprit

Le dimanche 10 novembre 2013, dernier jour de ma visite à la Province de Calcutta, j’ai eu la grâce de visiter, une fois de plus, la Maison Mère des Sœurs de la Charité de Mère Teresa. Si, la première fois, j’avais été accueilli par Mère Nirmala, cette fois-ci, ce fut Mère Prema à m’accueillir et à m’accompagner pour prier devant le lit sur lequel a expiré Mère Teresa, dans la même pièce où elle a vécu jusqu’au moment de vivre sa Pâque. Notre prière a ensuite continué devant sa tombe, dans la chapelle de la Maison Mère.

J’avoue qu’à ce moment-là, j’ai senti une inspiration profonde, semblable à celle vécue devant la châsse de Padre Pio, en juillet dernier, à propos de ce que représente pour nous la « radicalité évangélique ». Les saints, notamment Padre Pio et Mère Teresa, comme Don Bosco, témoignent de la manière de vivre radicalement l’Évangile.

2.1. Dans le sillage de la « radicalité évangélique »

À ce moment-là, dans ces lieux saints, j’ai prié pour toute la Congrégation et pour le succès spirituel et pastoral de notre Chapitre Général. J’espère vraiment que cette expérience particulière de prière et de réflexion pourra nous conduire au Christ, à sa grammaire qui est son Évangile, à sa logique qui est celle de la croix.

Je tiens à rappeler ici que ce qui nous préoccupe, ce n’est pas l’avenir de la Congrégation comme s’il s’agissait d’une question de survie, mais plutôt notre capacité de prophétie, c’est-à-dire notre identité charismatique, notre passion apostolique qui est la véritable importance sociale et ecclésiale, selon le critère donné par Jésus lui-même: « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13,35)

Identité charismatique et passion apostolique sont accordées par une « radicalité évangélique » qui n’est rien d’autre que la contemplation du Christ sous une forme qui nous permet de devenir, peu à peu, son image fidèle. La conformation au Christ, d’autre part, consiste à faire nôtre sa façon d’être et d’agir, obéissant, pauvre et chaste, plein de compassion pour les plus pauvres, en les aimant et en aimant la pauvreté, faisant de celle-ci une vraie béatitude, de manière à la vivre avec joie, humilité et simplicité.

2.2. À l’écoute du Seigneur

Voilà l’importance de ces Assises qui nous sont offertes comme un kairos, un temps fort de grâce dans l’histoire de la Congrégation, et donc dans l’histoire du salut, en tant que la Congrégation participe de la communion et de la mission de l’Église tant que le Seigneur le voudra.

Dans la vie de l’Église

Il me semble juste de me reporter ici au modèle fascinant et charismatique qu’a introduit dans l’Église le Pape François. Par ses gestes, ses attitudes et ses interventions, il est déjà en train de la renouveler en profondeur, cherchant à éclairer les esprits, à réchauffer les cœurs et à fortifier la volonté de tous avec la lumière et la force de l’Évangile, pour faire de nous tous des témoins courageux, « des disciples missionnaires du Christ » envoyés dans le monde, sans crainte, pour servir les plus pauvres et les marginalisés, et transformer ainsi cette société. Je ne pense pas que, comme Congrégation, nous puissions rester indifférents ou désintéressés; à travers le Pape François, j’en suis convaincu, l’Esprit est en train de parler aux Églises et nous propose une véritable « conversion personnelle et pastorale ».

J’aimerais souligner, tout d’abord, ses attitudes et ses gestes. Ce ne sont pas simplement des nouvelles pour les journalistes chroniqueurs qui accordent une grande importance à tout ce qu’il fait et à la manière dont il le fait. Ces attitudes et ces gestes transmettent déjà sa vision de l’Église, du Magistère et sa manière personnelle de gouverner.

En effet, dès son premier discours aux Cardinaux électeurs, le Pape François a proposé un modèle d’Église en harmonie avec les grands choix de Vatican II – même s’il n’en parle pas beaucoup – ; naturellement en harmonie avec la nouvelle évangélisation – même s’il ne le souligne pas explicitement – ; sous l’influence de la pastorale latino-américaine, de Medellín – avec l’option pour les pauvres – à Aparecida – avec le choix d’une Église composée de disciples missionnaires du Christ, pleinement insérés dans la réalité quotidienne.

La première chose à signaler chez le Pape François est, précisément, le regard attentif qu’il pose sur la réalité concrète, mais avec une sensibilité pastorale exquise, essayant de contempler Dieu en tout et de tout regarder avec les yeux de Dieu. De cette façon, nous découvrons la nécessité du salut pour cette société justement et le besoin urgent de mettre en route des processus de transformation adaptés pour la rendre plus humaine et plus fraternelle, plus conforme au dessein de Dieu. Il essaie de faire tout cela en maintenant et en construisant l’unité, sans durcir les dynamiques sociales.

Telle est l’Église que le Pape François se sent appelé à construire dans la fidélité à Jésus et à son Évangile : une Église au service de ce monde. Il s’agit d’une Église libre de la mondanité spirituelle qui mène à la vanité, à l’arrogance, à l’orgueil, tous éléments qui constituent une véritable idolâtrie. Il veut une Église libre du narcissisme théologique, de la tentation de se figer dans son cadre institutionnel, du risque de l’autoréférentialité, de l’embourgeoisement, de la fermeture sur elle-même, du cléricalisme.

Il s’agit toujours d’une Église qui soit vraiment le corps du Verbe fait chair et, comme Lui, incarnée dans cette réalité, attentive aux pauvres et aux souffrants ; une Église qui ne peut être réduite à une petite chapelle, car elle est appelée à devenir la maison pour toute l’humanité ; une Église qui soit toujours en chemin vers les laissés pour compte, à qui elle manifeste sa préférence sans abandonner les autres ; une Église qui se sente bien aux frontières et aux marges de la société.

Cela ne signifie pas que l’Église doive faire de tous les hommes et femmes du monde ses enfants, ni cela ne signifie que nous devions pousser tout le monde à entrer en elle. L’Église du Pape François veut s’offrir comme un lieu ouvert où tous puissent se retrouver et se rencontrer en elle, car chez elle, il y a place pour le dialogue, la diversité, l’accueil. Nous ne devons pas forcer le monde à entrer dans l’Église, c’est plutôt l’Église qui doit accueillir le monde tel qu’il est, c’est-à-dire comme un lieu de salut.

Le rêve du Pape actuel est une Église qui sorte dans les rues pour évangéliser, toucher le cœur des gens; une Église prête à servir, qui vise à atteindre non seulement les périphéries géographiques, mais aussi celles de l’existence où nos frères et sœurs ont parfois du mal à vivre ; une Église pauvre qui favorise les pauvres et leur donne la parole, une Église qui voit dans les personnes âgées, les malades ou les jeunes handicapés les «plaies du Christ» ; une Église qui s’engage à dépasser la terrible culture de l’indifférence dans laquelle nous vivons et qui mène à la violence ceux qui se sentent de plus en plus déçus, exploités et marginalisés ; une Église qui accorde l’attention et l’importance qui se doivent aux femmes, à la fois dans la société et au sein de ses propres institutions.

On peut retrouver beaucoup de ces éléments dans les chroniques ou reportages de journaux quotidiens, hebdomadaires ou revues religieuses, comme si c’étaient de simples anecdotes ou curiosités. Mais il n’en est pas ainsi. Tout ce que le Saint-Père nous propose dans une forme simple et quotidienne, ce sont des éléments d’un Magistère riche de nouveauté évangélique ! On a là une conception nouvelle de l’Église ! Une nouvelle façon de penser le gouvernement même de l’Église ! Il y a beaucoup à apprendre!

S’adressant encore aux Évêques du Brésil, le Pape leur disait que l´Église semble avoir oublié qu´il n´y a rien de plus haut que Jérusalem, de plus fort que la faiblesse de la croix, de plus convaincant que la bonté, que l´amour, que le rythme rapide des pèlerins ; la marche de l’Église, en effet, n’est pas un marathon mais un pèlerinage. Il faut donc adapter son pas à celui du peuple avec qui l’on doit cheminer, pour trouver le temps d´être avec ceux qui marchent, en les accompagnant avec patience, capacité d´écoute et compréhension de situations tellement différentes. Il ne faut pas voyager en vitesse, et ne rien voir de ce qui nous entoure !

S´adressant, à Rio de Janeiro, aux responsables de la politique et de la culture, le Pape a voulu souligner l´importance de la culture de la rencontre pour promouvoir une société qui réussisse à donner sa place à tout le monde, sans exclure personne, sans faire des hommes un matériau que l’on peut mettre au rebut. Il s´agit de donner vie à une culture de la rencontre apte à éliminer la marginalisation sociale des jeunes à qui la possibilité d’un travail et d’un avenir est trop souvent refusée.

Et, surtout, en s’adressant aux jeunes, le Pape les invitait à investir leur vie et leurs énergies dans la construction de l’Église et de la nouvelle société, dans des causes positives qui valent la peine d´être vécues, d´une manière particulière Jésus Christ et le service des pauvres, sans se laisser voler l’espérance et la joie, et sans céder aux promesses de paradis et de bonheur à bon marché.

Parfois l’Église n’a aucune vitalité, aucun charme, aucune visibilité et aucune crédibilité pour continuer à attirer à elle les hommes et les femmes de notre temps, en particulier les nouvelles générations. En moins d’un an de pontificat, le Pape François s’est présenté comme un vent nouveau de l’Esprit qui est en train de dépoussiérer l’Église, en train de faire fondre la bureaucratie, en train de rendre l’Église plus pauvre et plus simple et, surtout, en train de la pousser à sortir sur les routes du monde pour évangéliser. Il a fait sentir que l’Église est une Mère pleine de tendresse et d’amour, pleine de douceur, d’humilité, de patience. Et il l’a enseigné avec ses gestes, ses attitudes et ses choix personnels, avec son mode de relation au monde.

Tout cela représente un excellent exemple et un puissant stimulant pour nous, chers Capitulaires ! Si nous voulons amener les jeunes à rencontrer le mystère de Dieu, ce doit être à travers de grandes expériences d’amour qui ouvrent le cœur et qui ne se contentent pas de transmettre seulement des idées ou des connaissances sur Lui. Et cela, nous devrons le mettre en œuvre avec nos pauvres moyens. En effet, comme le Pape François l’a dit aux évêques brésiliens, l’Église, n’est pas un «transatlantique », mais une petite barque, une simple barque de pêcheurs. Cela signifie que Dieu se manifeste à travers des moyens pauvres. La réussite ne peut pas s´appuyer sur les simples forces humaines mais sur le pouvoir créateur de Dieu. Et tout cela, bien sûr, est également valable pour nous.

Sur le chemin de la Congrégation

Il me semble important de reconnaître, de comprendre et d’assumer ce merveilleux temps de l’Église que nous vivons. Sans prétentions excessives, je dirais que le chemin que nous sommes en train de vivre, comme Congrégation et comme Famille Salésienne, en préparation au Bicentenaire de la naissance de notre bien-aimé Père et Fondateur Don Bosco, s’inscrit précisément dans cette ligne. Comme Capitulaires, nous sommes conscients, j’en suis sûr, que cet événement nous invite, tous et chacun, à la plus grande responsabilité, pour pouvoir écouter la voix du Seigneur, à discerner sa volonté et à l’assumer comme projet de vie. C’est seulement ainsi que nous serons capables de lire la réalité de la jeunesse d’aujourd’hui et de l’aborder comme Don Bosco l’a fait hier.

Je voudrais donc vous inviter à mettre au centre de notre Assemblée, dès cette célébration d’ouverture du CG, la Parole de Dieu, afin que ce soit Lui à nous dire et à nous faire comprendre ce que le Christ veut de la Congrégation aujourd’hui. Nous savons ce qu’Il a demandé à Don Bosco et la façon dont celui-ci a donné toute sa vie «pour la Gloire de Dieu et le salut des âmes », pour réaliser le «rêve» de Dieu et nous le confier pour le poursuivre, le répandre et le consolider.

Aujourd’hui beaucoup de gens ne croient même pas au Christ parce que son visage est masqué ou carrément occulté par des institutions religieuses qui manquent de transparence. Au cours de ces douze dernières années, nous avons beaucoup souffert en raison de nombreux événements désagréables dans lesquels ont été impliqués des confrères et des Provinces. Je suis sûr, cependant, qu’avec l’aide de Dieu, tout ce mal pourra être pleinement surmonté et que cette douloureuse expérience amènera la Congrégation à retrouver sa splendeur et sa crédibilité précisément là où elles ont manqué. En tout cas, pour que cela soit possible, il est nécessaire d’aborder les problèmes avec humilité et courage.

Faisons maintenant un pas en avant en nous posant la question de savoir quelle est, en ce moment, la volonté de Dieu à notre égard en tant qu’Institution. Je suis convaincu que, comme pour l’Église, pour notre Congrégation aussi, son identité, son unité et sa vitalité sont le summum desideratum [le plus grand désir] de la part du Christ qui veut que ses disciples soient « sel de la terre », « lumière du monde », « ville construite sur une montagne » (cf. Mt 5,13-16).

Défis à affronter

Dieu merci, la Congrégation n’a pas subi de divisions jusqu’à maintenant, et a été très aimée et bénie par le Seigneur. Dieu merci, elle s’est considérablement développée au cours de ces cent cinquante dernières années, en multipliant ses présences dans le monde entier. Aujourd’hui, cependant, de nouveaux et puissants défis pointent à l’horizon. À mon avis, et avec l’expérience de ces douze années de gouvernement, ceux auxquels nous devons accorder une attention particulière, sont au nombre de trois:

La vie de communauté

Avant de mourir, dans la lettre de convocation du CG 25, le P. Vecchi pensait que la vie de communauté n’était pas seulement le thème à étudier mais, plutôt, l’élément du tournant et du renouvellement de la vie de la Congrégation. Il était convaincu que si nous avions été en mesure de créer des communautés à la fois riches, humainement captivantes et animées d’un grand souffle spirituel, capables de nous pousser à nouveau au milieu des jeunes comme leurs compagnons de route, la Congrégation se serait profondément renouvelée.

La vie en commun ne trouve pas une plus grande assurance uniquement dans sa consistance quantitative – ce qui n’est pas indifférent – mais se fonde surtout sur sa capacité ou non à créer des relations interpersonnelles profondes. Le grand défi est justement de passer de la vie de communauté à la communion de vie. La vie communautaire risque parfois de dégénérer en une sorte de communautarisme : en effet, se trouver réunis dans le même environnement, unis dans les temps de prière et sur les lieux de travail, ne signifie pas nécessairement partager ce que l’on ressent, ce que l’on pense et ce que l’on veut, ce qui nous rend vraiment compagnons de route ; vivre ensemble ne signifie pas que l’on partage automatiquement un projet charismatique, une mission apostolique.

Au Conseil Général, nous avons pris la peine de renouveler les communautés, recherchant des Supérieurs, des Provinciaux et des Directeurs capables d’être réellement l’âme de leurs communautés (provinciales ou locales), et qui fussent avant tout des personnes ayant une triple dimension.

Tout d’abord, une dimension charismatique dans le sens où le Supérieur doit être le point de référence en ce qui concerne l’identité salésienne. Son exercice de l’autorité, pratiqué à travers une présence paternelle et bienveillante au milieu de ses confrères, favorise la création d’une «culture salésienne»: les mots du soir, le choix des lectures, le type de récollections et retraites que l’on pratique, l’accompagnement spirituel offert aux confrères.

Un deuxième aspect, pour le Directeur ou le Provincial, est de représenter une particulière dimension d’esprit fraternel. Nous devons choisir et former des Supérieurs dotés d’une véritable paternité spirituelle, qui aient la capacité de créer une ambiance fraternelle, un authentique esprit de famille, qui soient toujours prêts à recevoir et accompagner les confrères.

Et en troisième lieu, une dimension pastorale. Nous souhaitons avoir des Supérieurs capables d’être vraiment l’âme et le cœur du projet pastoral, surtout en un moment comme celui-ci, où il y a un grand partage de la mission et des postes importants occupés avec les laïcs.

Pour réussir en cela, il est nécessaire de se dévouer totalement, corps et âme. Il n’est pas possible d’exercer à temps partiel les tâches qui nous sont confiées, et encore moins celles qui sont liées à l’exercice de l’autorité.

Les jeunes

Lorsque nous entendons le Pape François déclarer que «nous ne pouvons pas garder les portes fermées, que nous devons ouvrir les portes, les maintenir ouvertes, sortir dans la rue » ; un Pape qui préfère « une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie sur les chemins » à une Église qui meurt d’asphyxie, je me sens conforté dans une conviction profonde que j’exprime depuis un certain temps : si nous n’allons pas à la rencontre des jeunes – en particulier de ceux qui ne viennent pas à nous – si nous nous contentons des milliers de jeunes qui fréquentent nos œuvres et, qu’avec tout cela, nous pensions connaître et servir les jeunes, nous nous trompons lourdement. Le grand défi actuel, en fait, est de savoir comment rejoindre les jeunes les plus éloignés et les plus en difficulté ; comment pénétrer vraiment leur monde, comment comprendre leur culture, leur langage, leurs besoins, leurs attentes. En restant enfermés dans nos œuvres, nous risquons de penser que nous sommes pastoralement vivants, alors que nous sommes en train de mourir d’asphyxie. Les jeunes, avant tout ceux qui ne nous recherchent pas et errent sans boussole dans la vie, sont notre patrie, notre mission.

Personnellement, je vous dirais que l’un des grands dons que le Seigneur m’ait fait, a été d’être appelé à vivre parmi les jeunes, à aimer les jeunes. Je vous l’avoue! Je ne peux pas comprendre ma vie, mon ministère, sans penser aux jeunes ! Pour moi, ils n’ont jamais été un passe-temps, une phase de l’histoire de la vie salésienne, comme lorsque j’étais stagiaire ; je dirais même plus, c’est là, pendant le stage, que j’ai commencé à réaliser que c’était pour eux que le Seigneur m’appelait à donner ma vie.

Les jeunes sont devenus un énorme défi pour nous. En même temps, nous courons un risque majeur: être guettés par la tentation de devenir des administrateurs d’œuvres, en cessant d’être des pasteurs-éducateurs des jeunes. Nous pouvons être poussés à cela par l’âge ou une culture éducative salésienne erronée, ou même par une manière limitée de comprendre la mission, souvent identifiée à la gestion d’œuvres. Si nous ne réussissons pas à revenir au milieu des jeunes et à travailler non seulement pour eux, mais avec eux, nous ne réussirons pas vraiment à les connaître, à les comprendre et surtout – plus tragique encore – à les aimer. « Il suffit que vous soyez jeunes pour que je vous aime beaucoup ». Ce cri de Don Bosco ne peut pas être étouffé. Il doit être constamment transmis par toute notre vie.

Lorsque le Pape dit que le pasteur doit avoir l’odeur de ses brebis, il nous rappelle notre expérience salésienne, celle que nous avons tous connue quand nous étions parmi les enfants, jouant avec eux et transpirant avec eux. C’est une expression fort éloquente, mais surtout en accord avec ce qu’a vécu Don Bosco et avec ce que nous avons connu, pour beaucoup d’entre nous. Dans la lettre de convocation du CG précédent, j’avais écrit que les jeunes étaient très sensibles à trois valeurs particulières – la liberté, la vie et le bonheur – qui peuvent parfois être mal comprises et conduire à des déviations dangereuses. Aujourd’hui, je ne parlerais plus des défis propres aux jeunes ; je suis plutôt arrivé à la conviction que pour nous, le défi, ce sont les jeunes eux-mêmes, leur monde, leur culture.

Vocation et formation

Le troisième défi que la Congrégation est appelée à affronter concerne la «vocation et formation» des Salésiens. Je considère cette question d’une importance vitale. J’ai voulu en faire le thème de la dernière lettre de mon rectorat car je considère tout à fait stratégique la problématique de la vocation et de la formation!

Malheureusement, très nombreux sont les confrères, et pas seulement les jeunes, qui vivent la vie salésienne comme s’il s’agissait d’un volontariat. On commence quand et où l’on veut ; on l’interprète, on la vit et on l’abandonne parce que et comme on le veut. On ne pense pas à un dessein de salut, à un vouloir de Dieu qui m’implique de manière à me faire voir qu’il vaut la peine de le vivre et d’en faire une réalité, en prêtant la main – ma propre vie – à Dieu. Sans cette perspective de foi, avec une motivation purement sociale, on vit sa vocation comme un service libre et temporel, dans une forme arbitraire, sans aucune référence à un projet définitif.

Lors de la dernière visite effectuée à la Province de Calcutta, j’ai eu l’occasion de rencontrer les Supérieurs religieux de cette région. En parlant avec eux, je leur ai rapporté un fait qui m’avait frappé lors du Symposium sur la Vie Consacrée, organisé par l’USG et l’UISG [Union des Supérieur(e)s Généraux/rales], qui s’est tenu à Rome. À cette occasion, une théologienne, représentante de l’Asie du Sud, avait mis en évidence un problème rencontré dans son pays. Elle disait que «les gens, quand ils veulent résoudre leurs problèmes sociaux personnels, viennent généralement vers nous ; mais quand ils recherchent des expériences spirituelles, ils vont chercher ailleurs ». Dans la même circonstance, dialoguant avec la Supérieure Générale des Sœurs de la Charité, fondées par Mère Teresa, elle m’a confirmé qu’en effet, c’était tout à fait ça. Ce qui est en train de tuer le sens le plus profond de la vie consacrée, c’est le fait qu’elle est connue et appréciée uniquement pour le travail social accompli par de nombreuses congrégations. Il se trouve donc que les personnes consacrées sont considérées comme des prestataires de services sociaux et rien de plus. Cette vision déformée est souvent l’une des causes de la diminution des vocations.

Ce double constat m’a profondément marqué. Je pense que ce qui continue d’être un grand défi pour nous tous, c’est la grâce d’unité qui harmonise notre donation à Dieu et notre service des frères. En vivant comme Don Bosco, nous devrions réaliser en nous « un splendide accord de la nature et de la grâce », en vivant notre être de consacrés à Dieu et, en même temps, donnés sans relâche à nos destinataires (cf. la présentation de Don Bosco dans l’article 21 des Constitutions).

Dans ma dernière circulaire, j’ai entendu, en outre, mettre au point le fait que notre vocation est avant tout un appel gratuit de Dieu et qu’elle doit être accueillie dans le cadre d’une culture de l’engagement à la formation permanente. C’est déjà inquiétant que beaucoup de ceux qui frappent à nos portes pour entrer dans la Congrégation ne proviennent pas de nos œuvres et ne bénéficient donc pas d’un convenable terreau salésien et familial. Pour de nombreux confrères, le charisme n’a pas été assimilé, presque par osmose, depuis

la préadolescence, comme il arrivait, de fait, parmi nous, dans le passé. De nombreux confrères, en revanche, ont eu bien souvent des expériences qui ne les ont pas favorisés dans leur choix de la vie salésienne. À cela, il faut ajouter le fait que ceux qui sont chargés de la sélection vocationnelle ne choisissent pas toujours des personnes à la psychologie proactive, des personnes capables d’initiative, capables de prendre des décisions courageuses et de régler leur vie en conformité avec ces décisions.

En matière de formation, nous avons aujourd’hui à répondre à la triple problématique qui émerge de la fragilité psychologique, de l’inconsistance vocationnelle et d’un certain relativisme éthique. Dans notre récente rencontre des Supérieurs Généraux, le Pape François a souligné l’importance de la sélection qui doit être soignée et responsable. Il faut, a-t-il dit, ne pas accepter des personnes mentalement malades ou moralement corrompues. Les gens qui pensent avant tout à eux-mêmes et n’acceptent pas d’être un don de Dieu pour les autres ne servent pas à notre cause.

Nous autres, Salésiens, avons souvent été formés principalement à créer un climat communautaire, à guider et animer des groupes de jeunes, mais nous n’avons pas toujours été préparés à accompagner des personnes dans leur itinéraire personnel, humain et spirituel. Parfois, dans nos milieux éducatifs, mais aussi dans les maisons de formation, nous accueillons des enfants et des jeunes ayant des antécédents au plan familial, social, religieux, salésien très différents ; et, avec peu de sagesse dans notre mode de formation, nous les regroupons ensemble, ignorant tout de ce qu’ils ont vécu précédemment, et les mettons ainsi tout simplement dans la situation de reproduire les mêmes choses. Évidemment, tout cela n’est pas former intérieurement une personne, mais plutôt la conformer à un environnement, à des situations et à des règles externes. En fait, il est clair que, si Dieu m’appelle, c’est non seulement avec mon tempérament, mais avec mon histoire, mes sensibilités, mes qualités et un parcours de vie désormais effectué. Former nos jeunes et nos confrères, en tenant compte de tout cela, est beaucoup plus contraignant, beaucoup plus difficile. Je répète donc que le problème central est la formation, et pour mettre en œuvre une formation adéquate, nous avons besoin de nouveaux formateurs capables de comprendre, de motiver, de corriger, d’accompagner, d’enthousiasmer. Se pose donc également la question de la préparation de nouveaux formateurs et du recyclage de tous ceux qui exercent déjà cette tâche.

Tâches du Chapitre

Par conséquent, dans ce Chapitre qui représente un moment extraordinaire pour une préparation spirituelle et charismatique à la célébration du Bicentenaire de la naissance de Don Bosco, la Congrégation est appelée à connaître toujours plus en profondeur son Fondateur et Père, à assumer avec conviction son expérience pédagogique, son Système Préventif, et à faire sienne sa spiritualité marquée par la charité éducative et pastorale. La Congrégation est appelée, au cours de ce Chapitre, à se renouveler de manière telle qu’elle retrouve la fraîcheur de ses origines, le zèle missionnaire de son adolescence, le dynamisme de sa jeunesse, la sainteté de sa maturité.

Nous devons redécouvrir la fécondité spirituelle en devenant saints tout en vivant le don précieux de notre vocation salésienne ; la fécondité pastorale dans l’accomplissement de la mission salésienne en faveur des jeunes et la fécondité vocationnelle quand nous aidons les jeunes à comprendre la vie comme une vocation, à découvrir la beauté de l’« être pour les autres », à risquer leur vie pour les causes qui valent la peine d’être servies. En les accompagnant avec le même amour que celui de Don Bosco, en marchant avec eux, nous voulons les aider à mûrir des projets de vie réelle.

L’unité de la Congrégation ne signifie cependant pas uniformité. Les Salésiens sont, en effet, appelés à incarner et à inculturer le charisme de Don Bosco dans des contextes très différents du point de vue social, économique, politique, culturel et religieux. Il est donc clair que le Chapitre doit ouvrir la porte à une discussion qui tienne compte de tous ces éléments. Chacun est libre d’exprimer sa pensée sur le rôle de la Congrégation aujourd’hui et eu égard aux défis les plus urgents. En même temps, toutes les propositions doivent respecter la ligne et l’esprit de l’Évangile, dans la fidélité à ce que nous indiquent les Constitutions qui sont notre manière salésienne de lire et de vouloir vivre l’Évangile, et conformément à ce qui constitue une saine tradition de la Congrégation, fruit de son histoire.

Certes, les lois et les traditions, qui sont purement accidentelles, peuvent être changées, mais tout changement ne signifie pas progrès. Nous devons discerner si certains changements aident vraiment à réaffirmer l’identité, à renforcer l’unité, à promouvoir la vitalité, la sainteté de la Congrégation. Il faut sûrement éviter toute modification qui n’ait pas comme critères ces processus positifs.

Tout cela ne sera possible que si nous permettons à l’Esprit Saint de continuer d’animer et de renouveler nos vies, de donner de l’élan à notre mission, de rendre fécondes nos présences. Il transcende toute analyse sociologique ou prévision historique. Il dépasse les scandales, les politiques internes, les arrivismes et les problèmes sociaux pouvant masquer le visage du Christ qui, au contraire, doit briller à travers les nuages épais de la complexité d’aujourd’hui.

2.3. En relisant le charisme aujourd’hui

Au cours de l’Assemblée de l’Union des Supérieurs Généraux de novembre 2011, on a entrepris l’analyse de la vie consacrée en Europe, et l’on a identifié une situation alarmante due à différents facteurs. Parmi eux, le vieillissement du personnel, le faible flux ou un flux nul des vocations, le déséquilibre entre le personnel disponible et les œuvres à gérer. Le cadre, tout en étant inquiétant, ne doit cependant pas être considéré comme désespéré. En effet, de nouveaux projets et champs de mission sont toujours possibles.

Un fait a été mis en évidence : la plupart des Instituts de Vie Religieuse apostolique ont été fondés à la suite de la Révolution française, dans une société et pour une société où tout était désagrégé du point de vue spirituel et moral. Il convient, toutefois, que les religieux clarifient les objectifs de fond de leur présence dans le monde d’aujourd’hui1 par rapport aux éléments fondateurs qui ont caractérisé leur naissance.

1 Cf. E. BIANCHI, Testimoni, Numéro 14 de 2011.

Urgence de connaître les origines

L’invitation des Supérieurs Généraux à considérer les origines n’était pas motivée par la nostalgie du passé, mais par la nécessité de savoir comment les fondateurs et les Instituts religieux avaient fait face aux défis sociaux et aux besoins apostoliques de leur temps, et comment ils y avaient répondu. Dans le même temps, ils entendaient se demander comment on pouvait répondre aujourd’hui – dans une fidélité renouvelée au charisme d’origine – aux défis de la mission, de l’éducation et de l’évangélisation, dans un climat spirituel et culturel très proche (pour le moment en Europe, mais avec une tendance constante à se répandre dans le monde entier) de celui de l’époque. En fait, les deux époques (celle de nos Saints Fondateurs du XIXème siècle et la nôtre) semblent avoir un caractère similaire en tant qu’elles ont donné lieu à des «tournants d’époque».

L’invitation des Supérieurs Généraux semble appropriée et nécessaire: il faut aller aux racines de la naissance de nombreuses congrégations. Elles sont nées à un moment historique précis, comme réponse de l’Esprit aux exigences précises de la société et de l’Église. C’est à nous, aujourd’hui, que revient la tâche de nous interroger pour voir comment nous pouvons répondre, en ce moment historique, aux besoins actuels des jeunes et aux exigences de la société et de l’Église sans nous réduire, cependant, à être de simples prestataires de services sociaux. Et cela, nous devons le faire « en enquêtant de nouveau » sur le charisme des origines afin de saisir son actualité et sa capacité à répondre à ces demandes.

Pendant ce triennium de préparation au Bicentenaire de la naissance de Don Bosco, mais déjà au Chapitre précédent avec son appel à «revenir à Don Bosco », nous nous sommes demandé comment, lui, avait agi en son temps. Il a fondé la Congrégation en une période où se dessinait déjà un climat de déchristianisation. Cependant, il a su trouver des stratégies, des modalités et une particulière proposition de formation pour répondre aux besoins des adolescents et des jeunes qui désertaient les campagnes pour se rendre à Turin, sans logis, sans formation professionnelle, sans points de repère, exposés à l’exploitation et à la délinquance.

Comme d’autres fondateurs de son époque, Don Bosco a profondément perçu l’urgence et la nécessité de former les consciences, en premier lieu celles des personnes et des institutions centrales de la société. D’où l’attention au monde des jeunes (l’école et autres milieux de jeunes), à la famille (lieu de convergence de nombreux facteurs vitaux), à la catéchèse (pour une formation chrétienne non superficielle), à la prédication (pour une annonce en actes de la Parole de Dieu). Ce sont tous des secteurs d’apostolat qu’il nous a laissés en héritage : des domaines dans lesquels nous devons nous engager avec professionnalisme et passion apostolique.

Aujourd’hui comme alors, le défi est le même: ramener dans la vie morale, sociale, culturelle, politique, grâce à l’éducation, les valeurs de l’Évangile, certes pas pour recréer une nouvelle « chrétienté » ni même pour récupérer des espaces ou privilèges perdus, mais pour contribuer à la formation d’une culture individuelle et collective qui sache mettre au premier plan les besoins réels de la personne humaine.

Signification historique et ecclésiale de Don Bosco

À mon avis, la contribution originale de Don Bosco doit cependant être recherchée, avant même que dans les très nombreuses «œuvres» et dans certains éléments méthodologiques relativement originaux – comme le fameux « Système Préventif de Don Bosco » :

– Dans la perception intellectuelle et émotive qu’il a eue de la portée universelle, théologique et sociale du problème de la jeunesse «abandonnée», c’est-à-dire de l’énorme masse de la jeunesse dont on ne s’occupait pas, ou dont on s’occupait mal, avec des solutions non adaptées.

– Dans l’intuition de la présence, à Turin d’abord – en Italie et dans le monde ensuite – d’une forte sensibilité, sur le plan civil et «politique», au problème de l’éducation de la jeunesse et de sa compréhension de la part d’intellectuels attentifs à la situation sociale, d’ecclésiastiques ouverts à de nouvelles réponses et, en général, d’une large couche de l’opinion publique.

– Dans l’idée de lancer à grande échelle des interventions appropriées, dans le monde catholique et dans la société civile, comme une nécessité fondamentale pour la vie de l’Église et pour la survie même de l’ordre social.

– Et dans la capacité de communiquer son projet en impliquant de grands groupes de collaborateurs, de bienfaiteurs et d’admirateurs.

Ni homme politique, ni sociologue, ni syndicaliste avant la lettre, mais simplement prêtre-éducateur, Don Bosco est parti de l’idée que l’éducation pouvait beaucoup, dans n’importe quelle situation, si elle était menée avec le maximum de bonne volonté, d’engagement et de capacité d’adaptation. Il a travaillé à changer les consciences, à les former à l’honnêteté humaine, à la loyauté civique et politique et, dans cette perspective, à « changer » la société moyennant l’éducation.

Il a transformé les valeurs fortes en lesquelles il croyait – et qu’il a défendues contre tous – en faits sociaux et en gestes concrets, sans se réfugier dans la dimension spirituelle ou dans un contexte ecclésial entendu comme un espace exempt des problèmes du monde et de la vie. Au contraire, fort de sa vocation de prêtre-éducateur, il a cultivé un style de vie quotidien qui n’était pas dépourvu d’horizons, mais bien une incarnation de la valeur et de l’idéal. Il ne voulait pas que la vie fût une niche protectrice et un refus de la confrontation ouverte, mais plutôt le fait de se mesurer sincèrement à une réalité plus large et diversifiée. Ses choix n’étaient pas le signe d’un rejet de toute tension, du sacrifice exigeant, du risque, de la lutte. Il eut pour lui et pour les Salésiens la liberté et la fierté de l’autonomie. Il ne voulut pas lier le sort de son œuvre au changement imprévisible des régimes politiques. La gloire de Dieu et le salut des âmes étaient son seul projet.

3. Le Chapitre Général

J’ai voulu mettre au début de ce discours d’ouverture une citation de la lettre aux Colossiens, parce qu’il me semble qu’elle exprime très bien ce que nous sommes appelés à faire dans ce Chapitre Général.

En effet, à travers une parénèse-exhortation sincère, Paul nous dit que nous devons vivre dans le Christ, en restant fidèles à l’Évangile contre toute fausse théorie. Si l’exhortation à «mener notre vie dans le Christ Jésus, le Seigneur» est un appel à une vie correspondant à la vocation que nous avons reçue, l’expression « enracinés, édifiés en lui, fermes dans la foi », qui utilise des images prises dans la nature (« racine ») et dans la construction («édification»), veut réaffirmer la nécessité absolue du lien intime avec le Christ. Le terme de la comparaison « comme on vous l’a enseigné », en parallèle avec « tel que vous l’avez reçu» exprime, en fait, le lien avec ce qui est essentiel et éternel, et ne dépendant pas des sensibilités culturelles.

S’il est vrai que tout Chapitre Général est un événement qui dépasse largement le seul accomplissement formel de ce qui est prescrit par les Constitutions, à plus forte raison, je le pense du CG27. Il sera un événement de Pentecôte, qui aura le Saint-Esprit comme principal protagoniste.

Pour cette raison, il se déroulera entre mémoire et prophétie, entre reconnaissance fidèle aux origines et ouverture inconditionnelle à la nouveauté de Dieu. Et nous serons tous des sujets actifs, avec nos responsabilités et nos attentes, riches d’expérience, prêts à l’écoute, au discernement, à l’accueil de la volonté de Dieu sur la Congrégation.

De ce point de vue, le CG27 pointe sur quelque chose de nouveau et d’inédit. L’urgence de la radicalité évangélique nous pousse. Nous sommes appelés à revenir à l’essentiel, à être une Congrégation pauvre pour les pauvres, et à retrouver l’inspiration dans la passion apostolique même de Don Bosco. Nous sommes invités à puiser aux sources vives du charisme et, en même temps, à nous ouvrir avec audace et créativité à de nouvelles façons de l’exprimer aujourd’hui.

Pour nous, c’est comme découvrir de nouvelles facettes du même diamant – notre charisme – qui nous permettent de mieux répondre aux situations des jeunes, de comprendre et servir leurs nouvelles pauvretés, d’offrir de nouvelles opportunités pour leur développement humain et leur éducation, pour leur chemin de foi et leur plénitude de vie.

3.1. Attitudes de participation

Comment vivre alors l’expérience capitulaire de manière constructive ? Quel genre d’engagement chaque Capitulaire doit-il assumer ? Avec quelles attitudes participer au Chapitre Général ?

La conscience d’être convoqués par Dieu réveille en nous l’esprit de prophétie qui implique notre sens de la dépendance vis-à-vis de Lui et l’acceptation profonde de la mission qu’Il nous confie. Cela nous oblige à laisser la direction à l’Esprit Saint, afin que ce soit Lui qui nous fasse connaître la volonté de Dieu, ce qui est bon et qui Lui plaît. À nous, il est demandé une écoute continue, humble, obéissante, dans une attitude de discernement et de réflexion sur la vie de la Congrégation et sur notre charisme qui est un grand don de Dieu pour l’Église et pour les jeunes.

Le CG27 nous propose une pleine participation de nos personnes. Nous sommes tous appelés à vivre cet événement avec responsabilité, à en saisir l’importance vitale et à renouveler chaque jour l’intérêt et la disponibilité pour le cheminement que l’Esprit nous amène à faire.

Ce discernement à la lumière de ce que l’Esprit voudra nous révéler, nécessite de la part de l’Assemblée et de chacun des Capitulaires en particulier une réflexion sérieuse, une prière sereine et profonde, sa contribution personnelle, la conscience de sa propre adhésion, l’écoute de Dieu et de soi-même.

Je suis sûr que les journées vécues aux Becchi et à Turin, ainsi que les Exercices spirituels et les deux journées de présentation de la Congrégation à travers le rapport des Secteurs et des Régions ont contribué à créer ce climat spirituel.

L’Esprit agit, envoie son souffle de vie et répand ses flammes de feu là où se trouve une communauté réunie au nom du Christ et unie dans l’amour. C’est la communion des cœurs qui nous rassemble autour d’un même projet apostolique – celui de Don Bosco – et rend possible l’unité dans la pluralité des contextes, des cultures et des langues.

C’est l’Esprit qui nous fait entendre la voix de Dieu dans l’histoire. Et aujourd’hui, la situation du monde et de l’Église nous demande de marcher avec le Dieu de l’histoire. La vocation chrétienne, en général, et la vocation religieuse, en particulier, est marquée par la dimension prophétique qui nous amène à être des « sentinelles » du monde et des « capteurs de l’histoire », capables de lire les signes des temps et de lancer de nouveaux signes et dynamismes capables de transformer l’histoire ; et cela concerne notre identité, notre crédibilité et notre visibilité.

L’ouverture aux questions, aux provocations, aux stimuli et aux défis de l’homme moderne – dans notre cas ceux des jeunes – nous libère de toute forme de sclérose, de manque de vitalité, de décrochage, d’embourgeoisement, et nous fait marcher « au pas de Dieu ». C’est seulement ainsi que nous pourrons surmonter les risques, nullement imaginaires, de la « mondanité spirituelle», de l’autoréférentialité et du narcissisme théologique, stigmatisés par le Pape François depuis le début de son pontificat.

Un élément typique de Don Bosco et de la Congrégation a toujours été la sensibilité historique et aujourd’hui, plus que jamais, nous ne pouvons pas la négliger. Elle nous rendra attentifs aux besoins de l’Église et du monde. Elle nous fera « aller » « et « sortir » à la recherche des jeunes. Cela devra se traduire par un document capitulaire essentiel, courageux, capable d’enflammer le cœur des confrères. Voilà pourquoi il est important de lire les « signes des temps» dont j’ai voulu indiquer certains dans ACG 413, dans la lettre de convocation du CG27.

Il n’y a pas d’autre manière pour devenir «témoins de la radicalité évangélique » que d’être fondés sur le Christ. C’est la seule garantie sûre de construire sur le roc. Parmi les nombreuses tentatives pour renouveler la Vie Consacrée, dans les cinquante dernières années, on a parlé de « refondation ». Eh bien, nous avertit saint Paul, « que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ. » (1Co 3,10b-11)

L’explication est très simple : notre communauté et notre vie ne peuvent pas être construites sur une fondation autre que le Christ, et on ne peut pas non plus construire avec un mauvais matériau. De nombreuses expériences viennent renforcer le soupçon que, parfois, ici et là, on ait voulu construire une maison sur le sable et non sur le roc. Est vouée à l’échec toute tentative visant à refonder la vie consacrée sans qu’elle ne nous ramène à Jésus-Christ, fondement de notre vie, et ne nous rende plus fidèles à Don Bosco, notre fondateur.

Si nous voulons retrouver l’enthousiasme des origines et être une présence de Dieu dans l’Église et dans le monde, nous devons éviter la tentation de nous conformer à la mentalité sécularisée, hédoniste et consumériste de ce monde, et nous laisser guider par l’Esprit qui a suscité la Vie Consacrée comme forme privilégiée pour suivre et imiter le Christ.

3.2. Le thème

Le thème choisi pour le CG27 concerne le témoignage de la radicalité évangélique qui trouve dans la devise «travail et tempérance» (cf. C 18) une explicitation du programme de vie de Don Bosco « Da mihi animas, cetera tolle ». Ce thème vise à nous aider à approfondir notre identité charismatique, nous faisant prendre conscience de notre vocation à vivre dans la fidélité au projet apostolique de Don Bosco.

Le sujet est vaste. Pour cette raison, nous avons voulu attirer l’attention du CG 27 sur quatre secteurs thématiques : vivre dans la grâce d’unité et dans la joie notre vocation consacrée salésienne qui est don de Dieu et projet personnel de vie ; faire une expérience spirituelle forte, en assumant la manière d’être et d’agir de Jésus obéissant, pauvre et chaste, et en devenant des chercheurs de Dieu; construire la fraternité dans nos communautés de vie et d’action ; nous consacrer généreusement à la mission, en marchant avec les jeunes pour donner de l’espérance au monde.

Être «témoins de la radicalité évangélique» est un appel adressé à toute la Congrégation, qui trouve sa traduction salésienne dans le binôme «travail et tempérance ». Dans la première partie du rêve bien connu des « dix diamants », le Salésien nous est présenté « sicut esse debet » [tel qu’il doit être], caractérisé par une solide physionomie théologique – foi, espérance et charité – tonifiée par le travail et la tempérance, et caractérisée par une vie consacrée au Seigneur, qui trouve un appui dans le jeûne et la prière.

Dans la seconde partie du rêve est présentée une sorte d’avertissement de ce qui pourrait arriver si notre vie personnelle, communautaire, institutionnelle n’était pas à la hauteur du don de la vocation reçue. L’image du personnage, usée et laide, ne pourrait être plus éloquente. Voilà pourquoi nous sommes allés aux Becchi et au Valdocco : non pas par une envie de nostalgie mais pour alimenter en nous la flamme de l’enthousiasme et l’engagement de fidélité des premiers Salésiens.

Le thème de la radicalité évangélique peut être correctement illustré en prenant en considération une perspective sémantique et étymologique. En effet, le mot « radicalité » se rattache à « racine », à « enracinement ». Pour mieux comprendre les choses, nous pouvons nous servir de l’image de la plante et de la graine. Voyons quelles sont les caractéristiques et la valeur des racines:

– La stabilité et la solidité de la plante nous disent qu’un arbre sans racines se dessèche ou tombe. En ce sens, l’image est analogue – non égale – à celle d’une construction sans fondations.

– La vitalité, puisque les substances qui nourrissent une plante viennent principalement des racines – mais non seulement, bien évidemment – car il y a aussi l’air, le soleil, etc.

– Le caractère d’« enfouissement », c’est-à-dire que la place naturelle des racines est dans le sol, elles sont « cachées ».

En ce sens, le titre de notre thème, « témoins de la radicalité évangélique », exprime en lui-même un paradoxe intéressant. D’une part, en effet, le mot « témoins » nous parle de manifestation publique, et donc de visibilité, de « sacramentalité », alors que, paradoxalement, le terme « radicalité » fait précisément allusion à ce qui ne se voit pas, à ce qui est caché, « enseveli ».

Je crois que souvent, quand on parle de radicalité, on entend partir déjà du concept sémantique du mot, en insistant sur le sens d’inconditionnalité, de fidélité absolue, de choix sans compromis, de la volonté d’être «tout d’une pièce », etc., oubliant le sens étymologique le plus précis.

Parfois, il y a aussi une tendance à identifier la radicalité à la perfection ou à la recherche de la perfection, mais ce n’est pas cela: d’une petite plante et, à plus forte raison, d’une graine à peine semée dans le sol, on ne doit pas s’attendre à obtenir des fruits mais plutôt qu’elle développe des racines, bonnes et profondes. À celui qui veut entrer dans la vie salésienne, ou dans la vie religieuse en général, on ne peut pas demander qu’il soit « saint » (malheureusement, parfois pas même après de nombreuses années de vie consacrée), mais qu’il soit radical dans ses choix de vie.

Je crois que cela comporte des implications pour la formation, en premier lieu pour l’étape de la formation initiale, à propos de laquelle je mettrais l’accent sur deux aspects dans cette ligne sémantique de la notion de radicalité. Le premier est la profondeur (typique de la racine) de vie, en invitant les jeunes Confrères à ramer à contre-courant, car ils sont insérés dans une culture qui met plus l’accent sur la superficialité que sur la capacité de saisir en profondeur ce qui est vrai, juste, valable et noble pour la vie d’un homme, et encore plus d’un religieux. Le deuxième aspect concerne une vertu bien oubliée de nos jours, peut-être parce qu’elle a souvent été mal comprise : l’humilité. Nous savons que la racine de ce mot vient de «humus» [le sol]... Humus et racines sont inséparables. L’humilité n’est rien d’autre que la «vie cachée en Christ », à partir de laquelle, et seulement à partir de laquelle, peut s’épanouir la fécondité (les fruits !) spirituelle, apostolique et vocationnelle.

La radicalité, pour nous tous, est donc un retour fécond au Christ, à l’Évangile, à la fidélité du disciple (la « sequela ») et elle est aussi un retour à la spécificité de notre charisme. Aller aux racines de la naissance de la Congrégation signifie remercier Dieu pour Don Bosco, sa maturation spirituelle et son parcours apostolique ; nous interroger sur l’appel que Dieu nous lance dans l’instant présent et répondre en ce moment historique précis, avec fidélité et générosité, aux besoins des jeunes et aux exigences de la société et de l’Église.

3.3. Objectif et fruits

Le CG27 entend aider chaque confrère et chaque communauté à vivre dans la fidélité au projet apostolique de Don Bosco. Le CG27 souhaite donc, en continuité avec le CG26, renforcer notre identité charismatique. Cet objectif est présenté dans les premiers articles des Constitutions : Salésiens, nous sommes, en fait, appelés à «réaliser, dans une forme spécifique de vie religieuse, le projet apostolique de notre Fondateur» (C 2) ; en outre, dans notre forme particulière de vie, « La mission apostolique, la communauté fraternelle et la pratique des conseils évangéliques sont les éléments inséparables de notre vie consacrée, vécus dans un unique mouvement de charité envers Dieu et envers nos frères. » (C 3)

Comme fruits du CG27, nous nous appliquons à rendre notre vie salésienne encore plus authentique et donc visible, crédible et féconde. Cela est possible si elle se fonde profondément et de manière vitale en Dieu, si elle s’enracine, avec courage et conviction, dans le Christ et dans son Évangile. La conséquence logique est le renforcement de son identité. Pour la même raison, au cours du dernier sexennat, nous nous sommes engagés à revenir à Don Bosco, réveillant le cœur de chaque confrère avec la passion du « Da mihi animas, cetera tolle ».

Vivre avec fidélité le projet apostolique de Don Bosco, c’est-à-dire vivre notre identité charismatique, nous rendra plus authentiques ; de l’identité vécue naîtront ensuite une visibilité plus claire, une crédibilité plus convaincante et une fécondité vocationnelle renouvelée. La visibilité n’est pas principalement le souci de l’image de marque, mais le beau témoignage de notre vocation. Si nous témoignons avec joie, générosité et fidélité du projet apostolique de Don Bosco, à savoir la vocation consacrée salésienne, alors notre vie deviendra attrayante, fascinante, particulièrement pour les jeunes ; et nous aurons alors partout une nouvelle fécondité vocationnelle.

4. CONCLUSION

Bien chers Confrères Capitulaires, le 25 mars 2008, j’ai été réélu Recteur Majeur par le CG26 et, les jours suivants, ont été élus le Vicaire et les autres Conseillers de Secteur et de Région, avec la tâche d’animer et de gouverner la Congrégation pour les six années 2008-2014. Pendant ces six années, nous avons essayé de vivre avec intensité cette tâche en y engageant nos plus grandes énergies.

Grâce à Dieu, durant ces six dernières années, nous n’avons eu à déplorer la mort d’aucun membre du Conseil Général et moi-même, passé le moment le plus critique de ma maladie, j’ai bénéficié de la grâce et de la bénédiction du Seigneur qui m’a donné la santé nécessaire, l’énergie, l’enthousiasme et la sérénité pour exercer, jusqu’au terme prévu, le mandat qui m’a été confié.

Cependant, les situations n’ont pas manqué qui nous ont conduits à des changements nécessaires dans la composition du Conseil. Tout d’abord, un sérieux problème cardiaque a obligé le P. Štefan Turanskÿ à renoncer à son poste de Régional de la Région Europe Nord, le 21 juillet 2010. Pour le remplacer, avec le consentement du Conseil Général, j’ai nommé, six jours plus tard, le 27 juillet 2010, le P. Marek Chrzan, alors Provincial de la Province de Cracovie.

À peine 6 mois plus tard, le 26 janvier 2011, l’Économe Général, M. Claudio Marangio, a abandonné sa charge pour entreprendre une période de discernement, accompagné par moi-même, période qui s’est conclue, le 10 octobre 2011, par l’indult de quitter la Congrégation Salésienne, avec dispense des vœux et obligations de la profession religieuse. Une fois de plus, avec le consentement du Conseil Général, le 25 janvier 2011, j’ai nommé M. Jean Paul Muller, alors Directeur de la Procure de Bonn, comme nouvel Économe Général. Dans les deux cas, nous avons fait le choix de ceux qui avaient déjà été identifiés comme candidats pour ces postes, au CG26.

En remerciant chacun des Conseillers pour leur proximité et leur collaboration fidèle, généreuse et qualifiée dans les différents rôles qui leur ont été assignés, il est temps maintenant de redonner la parole à l’Assemblée Capitulaire qui représente la plus haute expression de l’autorité dans la vie de la Congrégation. À vous tous, donc, chers Confrères, la parole mais aussi l’invitation à ouvrir vos cœurs à l’Esprit, le grand Maître Intérieur qui nous guide toujours vers la vérité et la plénitude de la vie.

Je conclus en confiant cet événement de Pentecôte de notre Congrégation à Notre-Dame, Marie Immaculée et Auxiliatrice. Elle a toujours été présente dans notre histoire et ne nous fera pas manquer sa présence et son aide en ces heures que nous allons vivre. Comme au Cénacle, Marie, l’experte de l’Esprit, nous enseignera à nous laisser guider par Lui «pour discerner quelle est la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait.» (Rm 12,2b).

Rome, 3 mars 2014

 

ANNEXE 2
INTERVENTION DU CARD. JOÀO BRAZ DE AVIZ PRÉFET DE LA CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE
Le témoignage de la radicalité évangélique dans la vie consacrée

Avec Son Exc. Mgr José Carballo et les membres du Dicastère, je salue personnellement et très cordialement les Cardinaux et Évêques Salésiens, le Recteur Majeur, le P. Pascual Châvez, la Mère Yvonne Reungoat, Supérieure Générale des Filles de Marie Auxiliatrice, et tous les Salésiens Capitulaires.

Introduction

Dans la lettre de convocation de ce 27ème Chapitre Général, le Recteur Majeur, le P. Pascual Châvez, s’est demandé: «Quel type de vie consacrée est nécessaire et significatif pour le monde d’aujourd’hui ? ». Et de continuer: « La réponse ne peut être que celle d’une vie religieuse menée par des mystiques, des prophètes, des serviteurs, avec une radicalité évangélique aussi bien personnelle que communautaire, et donc une vie riche d’humanité et de spiritualité, source d’espérance pour l’humanité. Notre Congrégation aussi est appelée aujourd’hui à emprunter cette route ».1 Cela me semble la traduction actuelle du programme de vie de Don Bosco: « Da mihi animas, cætera tolle» (cf. C 4).

1 P. CHÁVEZ, Lettre d’indiction du Chapitre Général XXMII, 8 avril 2012, ACG 413, édition française p.42-43

Les trois adjectifs «mystique, prophétique, servante », il les a expliqués ainsi à un autre endroit de la lettre : « centrer notre vie sur Dieu, l’unique Absolu, qui nous appelle et nous invite à suivre son Fils en remettant notre vie par amour entre ses mains ; vivre la prophétie de la communion et de la fraternité ; redécouvrir la mission parmi les jeunes comme le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu qui continue à nous parler. »2

2 Ibidem, p. 11

Parmi les nombreux aspects où nous sommes appelés à exprimer notre témoignage radical de l’Évangile, et que le P. Chávez a synthétisés dans les trois manières rappelées ci-dessus, j’en mets ici simplement un en relief, qui me semble très décisif dans le contexte ecclésial et social d’aujourd’hui, afin que notre vie de consacrés soit authentique et devienne vraiment un témoignage crédible de notre choix de Dieu et de la validité de l’Évangile même pour notre temps: vivre la prophétie de la communion et de la fraternité. C’est d’ici que peut dériver un nouvel élan pour retrouver la beauté de notre choix de vie au service de l’Évangile, et un nouveau stimulant dans l’actualisation de la mission qui – particulièrement pour vous Salésiens – est d’apporter aux jeunes l’amour de Dieu, comme le disent, dès le début, vos Constitutions (cf. C 2).

Suivre le Christ ensemble

Pour vous aussi, Salésiens, comme pour tous les consacrés, les éléments fondamentaux de votre identité sont le choix de Dieu exprimé dans la pratique des conseils évangéliques, la vie fraternelle en communauté et la mission, comme le résume bien le n° 3 de vos Constitutions : «La mission apostolique, la communauté fraternelle et la pratique des conseils évangéliques sont les éléments inséparables de notre vie consacrée, vécus dans un unique mouvement de charité envers Dieu et envers nos frères. »

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire d’autres fois, il me semble qu’un élément nouveau pour les personnes consacrées, qui apparaît nécessaire dans la culture actuelle, c’est le passage de la sequela Christi individuelle, toujours nécessaire, à la sequela Christi communautaire. Quelqu’un, paraphrasant l’image de sainte Thérèse d’Avila, a écrit qu’aujourd’hui nous devons nous engager à construire, outre le «château intérieur », c’est-à-dire le rapport personnel avec Dieu, également le « château extérieur » : aller vers Dieu avec ses frères et sœurs. Certes, cela ne vaut pas seulement pour les personnes consacrées mais pour tous les baptisés dans l’Église, pour tous les chrétiens. Mais pour nous, consacrés, cela devrait valoir d’une manière spéciale. L’Église, en effet, nous confie précisément comme tâche spécifique de donner ni plus ni moins l’exemple aux autres chrétiens, de la manière dont on peut vivre le choix radical de Dieu et de l’Évangile, non pas tout seuls, mais en communion: communion avec Dieu et communion entre nous.

Dans le document Religieux et promotion humaine de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, les religieux ont été définis comme des « experts de communion ». On peut y lire, au n° 24 :

«Les religieux, communauté ecclésiale, sont donc appelés à être dans l’Église, et dans le monde, des “experts de communion”, témoins et artisans de ce “projet de communion” qui se trouve au sommet de l’histoire de l’homme selon Dieu. Par-dessus tout, par la profession des conseils évangéliques, qui libère de toute entrave la ferveur de la charité, ils deviennent communautairement signe prophétique de la communion intime avec Dieu aimé souverainement. En outre, par l’expérience quotidienne d’une communauté de vie, de prière et d’apostolat, composantes essentielles et distinctives de leur forme de vie consacrée, ils se font “signe de communion fraternelle”. Ils témoignent, en effet, dans un monde souvent si profondément divisé, et devant tous leurs frères dans la foi, de la capacité d’une mise en commun des biens, de l’affection fraternelle, du projet de vie et d’activité, conséquence de leur accueil de l’invitation à suivre plus librement et de plus près le Christ Seigneur, envoyé par le Père afin que, premier-né parmi de nombreux frères, il institue dans le don de son Esprit, une nouvelle communion fraternelle. »3

3 CONGRÉGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACRÉE ET LES SOCIÉTÉS DE VIE APOSTOLIQUE (CIVCSVA), Religieux et promotion humaine, 25 avril 1978, n° 24.

Un nouveau paradigme : la spiritualité de communion

Nous nous trouvons aujourd’hui à un moment nouveau de l’histoire de l’humanité et de la vie de l’Église, marqué par des phénomènes comme la sécularisation, la globalisation, le fait de se réfugier dans la sphère privée, et d’autres encore, qui tendent à conduire l’humanité à faire de nouveaux choix pour le sens de la vie. Le nouveau millénaire où nous vivons actuellement comporte aussi pour l’Église la nécessité de prendre conscience de ce changement et d’actualiser les valeurs évangéliques en ce moment nouveau pour ouvrir des horizons de vie et d’espérance pour l’humanité.

La proposition la plus significative, pour nous autres chrétiens, me semble celle de 2001, faite par le bienheureux Pape Jean-Paul II qui, en introduisant l’Église dans le nouveau millénaire, a indiqué la promotion d’une spiritualité de communion comme nouveau paradigme pour la vie de l’Église et comme principe éducatif partout où l’on forme l’homme et le chrétien, où l’on éduque les ministres de l’autel, les personnes consacrées, les agents de la pastorale, où l’on construit les familles et les communautés.4

4 Cf. JEAN PAUL II, Lettre Apostolique Novo millennio ineunte [Au seuil du Nouveau Millénaire], 6 janvier 2001, n° 43.

On ne peut pas comprendre, ni traduire en actes, les rapports entre personnes consacrées et toutes les autres vocations dans l’Église, comme communion, mission et service, sans être conscients et décidés à faire sien ce principe vital de la spiritualité de communion. C’est la note théologique et ecclésiologique indispensable du moment présent qui dit ce que l’Esprit Saint demande aujourd’hui à l’Église pour donner une nouvelle impulsion à sa mission évangélisatrice. «Faire de l’Église la maison et l’école de la communion: tel est le grand défi qui se présente à nous dans le millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aussi aux attentes profondes du monde. »

La spiritualité de la communion proposée par le bienheureux Jean Paul II ne se réduit certainement pas à un fait intimiste. Après nous avoir rappelé comment sa source se trouve dans la vie même du Dieu Trinité, certaines conséquences très concrètes en sont répertoriées, qui ont affaire directement avec la vie de nos communautés de personnes consacrées: «Une spiritualité de la communion consiste avant tout en un regard du cœur porté sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière doit aussi être perçue sur le visage des frères qui sont à nos côtés. Une spiritualité de la communion, cela veut dire, en outre, la capacité d’être attentif, dans l’unité profonde du Corps mystique, à son frère dans la foi, le considérant donc comme “l’un des nôtres”, pour savoir partager ses joies et ses souffrances, pour deviner ses désirs et répondre à ses besoins, pour lui offrir une amitié vraie et profonde. Une spiritualité de la communion, c’est aussi la capacité de voir surtout ce qu’il y a de positif dans l’autre, pour l’accueillir et le valoriser comme un don de Dieu: un “don pour moi”, et pas seulement pour le frère qui l’a directement reçu. Une spiritualité de la communion, c’est enfin savoir “donner une place” à son frère, en portant “les fardeaux les uns des autres” (Ga 6,2) et en repoussant les tentations égoïstes qui continuellement nous tendent des pièges et qui provoquent compétition, carriérisme, défiance, jalousies. Ne nous faisons pas d’illusions: sans ce cheminement spirituel, les moyens extérieurs de la communion serviraient à bien peu de chose. Ils deviendraient des façades sans âme, des masques de communion plus que ses expressions et ses chemins de croissance. »5

5 Ibidem, n° 43.

Si toute l’Église doit vivre ce qu’indique le bienheureux Jean Paul II, les personnes consacrées en sont comme les « spécialistes », car là est l’essence de leur choix de vie : l’union avec Dieu et l’union entre eux dans la vie fraternelle. C’est pourquoi «l’Église confie aux communautés de vie consacrée le devoir particulier de développer la spiritualité de la communion d’abord à l’intérieur d’elles-mêmes, puis dans la communauté ecclésiale et au-delà de ses limites ».6 On peut bien comprendre que même le vivre ensemble en communauté, comme c’est le propre des personnes consacrées, même si ce vivre ensemble est bien structuré, selon les plus beaux programmes, s’il n’est pas informé en profondeur de cet esprit de la communion, on le réduit à un simple fait sociologique. Pour le dire avec les mots du P. Chávez : « Une communauté sans communion, où manque tout ce que celle-ci comporte d’accueil, d’appréciation et d’estime, d’aide réciproque et d’amour, se réduit à un groupe où se juxtaposent les personnes, alors qu’en fait elles sont laissées dans l’isolement.»7 Et cela peut arriver même là où, au contraire, devrait apparaître, bien en évidence, l’« esprit de famille» qui fait partie de votre charisme, selon l’expression chère à Don Bosco.

6 JEAN PAUL II, Exhortation Apostolique post-synodale Vita consecrata, 25 mars 1996, n° 51.

7 Lettre du Recteur Majeur, cit. p. 37.

 « Sur la terre comme au ciel » : le modèle, c’est la Trinité

Parmi les multiples images qui peuvent décrire l’Église (et Lumen Gentium en énumère brièvement quelques-unes: bergerie, troupeau, champ de Dieu, maison, famille, temple, épouse, corps, toutes images prises de la Sainte Écriture), le Concile a donné la préférence à celle de peuple de Dieu (LG y a consacré un chapitre entier, le 2ème). Ce peuple a pour chef le Christ, pour loi le nouveau commandement de l’amour à la mesure du sien, et il est «pour tout l’ensemble du genre humain le germe le plus sûr d’unité, d’espérance et de salut. » (LG 9) La source et le modèle de la communion entre ceux qui forment cet unique peuple, c’est la Trinité, tant et si bien que l’on peut définir l’Église « un peuple qui tire son unité de l’unité du Père et du Fils et de l’Esprit Saint » (LG 4), selon la célèbre expression de saint Cyprien. Il en découle que la tâche de l’Église dans l’histoire est d’aider les hommes à vivre la communion avec Dieu et entre eux, communion que Jésus a déjà définitivement réalisée par sa mort et sa résurrection, mais qui doit maintenant informer progressivement la vie des croyants et, ensuite, celle de tous les hommes, pour que se traduise en actes ce « sur la terre comme au ciel » que nous demandons chaque jour dans la prière du Pater, afin que « tous soient un » (Jn 17,20).

Comme un émigré, quand il quitte sa patrie pour aller dans un pays lointain, emporte avec lui les habitudes, la langue, la façon de vivre de sa terre d’origine, ainsi Jésus – divin émigré –, en venant sur terre, a apporté parmi nous la façon de vivre de sa patrie d’origine, la Trinité. Non seulement il nous l’a fait connaître mais il nous a enseigné à vivre entre nous de la même manière. J’aime interpréter ainsi ce verset du « Notre Père », « que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel » : aide-nous à vivre ici sur la terre comme on vit au ciel, en vivant en actes entre nous la même dynamique de relations qui se vivent au sein de la Trinité.

Partie vive de l’Église, la vie consacrée participe à un titre spécial de l’unique communion ecclésiale et l’exprime de manière significative et caractéristique, en se proposant pour cela comme lieu privilégié d’expérience et de témoignage de la vie de la Trinité. « Toute forme de communauté dans l’Église puise, en fait, la profondeur de son être dans la communion trinitaire, à travers la communication que la Trinité fait d’elle-même et du mystère de sa propre unité (...). La dimension trinitaire, en effet, embrasse la vie consacrée dans toutes ses dimensions de consécration, de communion, de mission. »8 Au-delà de la variété des inspirations et des formes où elle s’est historiquement exprimée, la vie consacrée a toujours été consciente de devoir se référer non seulement à l’exemple de communion indiquée par les Actes des Apôtres dans la première communauté chrétienne de Jérusalem, où tous avaient « un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32), mais se référer plus radicalement encore à son modèle original, au prototype de communion des trois Personnes Divines de la Trinité.

8 F. CIARDI, Koinonia. Itinerario teologico-spirituale della comunità religiosa, Città Nuova, Roma 1992, pp. 206-207.

Certes, cette référence normative à la communion trinitaire n’a pas toujours été explicite chez les fondateurs et les fondatrices. Mais dans différentes Règles et dans les écrits de plusieurs d’entre eux, il est possible de retrouver cette inspiration de fond. Saint Vincent de Paul, par exemple, l’exprime avec une extrême précision quand il écrit aux Filles de la Charité qu’il a fondées: « De même que Dieu est Un en lui-même, et qu’en Lui il y a trois personnes, sans que le Père soit plus grand que le Fils ni le Fils plus grand que l’Esprit Saint, ainsi faut-il que les Filles de la Charité, qui doivent être l’image de la Très Sainte Trinité – bien qu’elles soient nombreuses – soient cependant un seul cœur et une seule âme. (...) Ainsi ferez-vous de cette Compagnie une reproduction de la Très Sainte Trinité. Votre Compagnie représentera alors l’unité de la Très Sainte Trinité. »9

9 Cit. in F. CIARDI, Esperti di comunione. Pretesa e realtà della vita religiosa, San Paolo, Cinisello B. (Milano) 1999, p. 113.

Il est bon de constater que vos Constitutions aussi contiennent une référence explicite à ce très haut modèle normatif de notre vie qu’est l’unité des trois Personnes de la Trinité. De fait, en expliquant la valeur du vivre et travailler ensemble, il y est dit: «nous nous réunissons en communautés, où nous nous aimons au point de tout partager en esprit de famille, et où nous construisons la communion des personnes. La communauté reflète en elle le mystère de la Trinité; nous y trouvons une réponse aux aspirations profondes du cœur et devenons pour les jeunes des signes d’amour et d’unité. » (C 49) Voilà donc comment la vie communautaire, vécue sur le modèle d’amour de la Trinité, devient la source de la joie et de l’autoréalisation de chacun, et nous rend capables d’accomplir en actes la mission apostolique en faveur des jeunes.

Il faut préciser que la vie de communion avec cette empreinte trinitaire, qui constitue l’identité et la mission de l’Église d’abord et de la vie consacrée ensuite, est avant tout un don; s’il en était autrement, ce serait une prétention surhumaine et resterait un idéal impossible à atteindre. Pour l’Exhortation Apostolique post- synodale Christifideles laici, au n° 31, le don de la communion ecclésiale est «reflet dans le temps de l’éternelle et ineffable communion d’amour du Dieu Unique et Trinitaire. » En tant que don, il est comparé à un talent qui «exige d’être transformé en une vie de communion croissante. » À son tour, « la communion engendre la communion »10 et s’élargit comme en cercles concentriques à l’intérieur de l’Église, avec les chrétiens d’autres confessions, avec les fidèles d’autres religions et avec toute l’humanité. C’est ce qui rend crédible le témoignage des chrétiens et l’Église elle-même: « Ainsi la vie de communion ecclésiale devient un signe pour le monde et une force d’attraction qui conduit à croire au Christ: “Comme toi, Père, Tu es en moi et moi en Toi, qu’eux aussi soient en nous un seul être, afin que le monde croie que Tu m’as envoyé” (Jn 17, 21). »11

10 JEAN PAUL II, Exhortation Apostolique post-synodale Christifideles laici, 30 décembre 1988, n° 32.

11 Ibidem, n° 31.

En l’appliquant à la communauté religieuse, Vita consecrata l’exprime ainsi : elle est « un espace humain habité par la Trinité, qui prolonge ainsi dans l’histoire les dons de communion propres aux trois Personnes Divines. »12 Et parce que les personnes consacrées sont rendues participantes, comme du reste tous les baptisés, de la vie trinitaire – ils y sont même introduits – elles peuvent ensuite devenir des témoins crédibles et prophétiques de cette vie trinitaire dans l’Église, dans le monde, même parmi les jeunes.

12 Vita consecrata, n° 41.

Le troisième commandement de l’amour : « Aimez-vous les uns les autres »

L’engagement à vivre en communauté des rapports fraternels sur le modèle de la communion trinitaire est rendu possible parce que le même amour qui lie les trois Personnes dans la Trinité a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint (cf. Rm 5,5). Mettant en pratique le commandement nouveau que nous a laissé le Christ: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés» (Jn 13,34-35 ; 15,12-13. 17), nous vivons cet amour réciproque qui est participation et signe de la communion qui existe entre les Personnes Divines de la Trinité. De fait, cet amour, à la mesure de l’amour vécu par le Christ (qui est la mesure de la Croix), avant d’être le fruit de notre bonne volonté, est la conséquence de l’amour divin lui-même qui opère en nous. C’est Dieu, en fait, qui nous a aimés le premier et a guéri, avec la rédemption, notre capacité à l’aimer et à aimer nos proches.

Comme l’explique bien le document La vie fraternelle en communauté: « La communauté religieuse, avant d’être une construction humaine, est un don de l’Esprit. C’est grâce à l’amour de Dieu répandu dans les cœurs par l’Esprit que la communauté religieuse prend naissance et c’est grâce à lui qu’elle se construit comme une vraie famille réunie au nom du Seigneur. On ne peut donc comprendre la communauté religieuse sans partir de cette réalité qu’elle est un don d’En-Haut, sans partir de son mystère, de son enracinement dans le cœur même de la Trinité sainte et sanctifiante ».13

13 CIVCSVA, La vie fraternelle en communauté, 2 février 1994, n° 8.

Du don de la communion trinitaire jaillit naturellement le devoir de la réponse personnelle (la relation avec Dieu) et de la construction quotidienne d’un véritable esprit fraternel. Cette double dimension de communion personnelle avec Dieu et de communion entre les membres «est l’élément de base qui constitue l’unité de la famille religieuse ».14 Si, de la part de Dieu, le don de la communion est total dès le début, de notre part il doit être saisi et reconquis chaque jour, le long d’un itinéraire qui réclame l’engagement de tous et qui peut connaître des ralentissements et de la fatigue. La réalisation d’une vie communautaire fraternelle, en effet, est une tâche qui exige renoncement à soi-même, acceptation des limites de ses frères, en somme un cheminement ascétique courageux et persévérant.

14 CIVCSVA, Éléments essentiels de l’enseignement de l’Église sur la vie religieuse, 31 mai 1983, n° 18.

Il se peut que ce discours apparaisse un peu dur à certains. On ne peut le comprendre et l’accueillir qu’à partir de la logique de la Croix, du don total de soi-même par amour pour Dieu et ses frères : «Aimez-vous comme moi je vous ai aimés ». Je lis encore un passage de La vie fraternelle en communauté : « Il faut admettre que ce discours fait problème aujourd’hui auprès des jeunes comme auprès des adultes. Souvent les jeunes proviennent d’une culture qui valorise à l’excès la subjectivité et la recherche de la réalisation personnelle; et il arrive que les adultes, ou bien sont encore ancrés en des structures du passé ou bien vivent un certain désenchantement (...). Il est bon de préparer les frères et les sœurs, dès leurs débuts, à être constructeurs et pas seulement consommateurs de la communauté, à être responsables de la croissance de l’autre, ouverts et disponibles pour recevoir le don de l’autre, capables d’aider et d’être aidés, de remplacer et d’être remplacés. Une communauté qui vit la fraternité et le partage exerce un attrait naturel sur les jeunes, mais, par la suite, la persévérance dans les conditions de la vie concrète peut leur devenir un pesant fardeau ».15

15 CIVCSVA, La vie fraternelle en communauté, nn° 23-24.

Je comprends en ce sens la fameuse phrase du jeune Jésuite saint Jean Berchmans (1599-1621) : «Vita communis mea maxima pœnitentia» [la vie commune est ma plus grande pénitence]. Peut-être cette phrase a-t-elle été interprétée tant de fois dans un sens seulement négatif, mettant en évidence la difficulté que comporte le vivre ensemble en communauté. En réalité, cette phrase signifie beaucoup plus. Pour ceux qui sont appelés par Dieu à suivre le Christ avec d’autres frères ou sœurs dans une communauté religieuse, il n’est pas nécessaire de rechercher d’autres pénitences ou d’autres formes d’ascèse pour se sanctifier. Les exigences quotidiennes de l’amour envers le frère, envers la sœur, avec toutes les nuances que la charité évangélique demande, sont le «terrain» où exercer notre vertu, notre espace caractéristique pour nous sanctifier ensemble. Cela comporte sûrement un aspect d’ascèse, de renoncement au vieil homme, mais c’est aussi notre grande opportunité pour rencontrer et aimer Dieu dans le visage concret du frère, de la sœur, qui vit à nos côtés. Alors l’ascèse que réclame aussi la vie fraternelle n’est pas une fin en elle-même mais elle fleurit en une nouvelle expérience de l’amour de Dieu: c’est « la “mystique” de vivre ensemble » à laquelle fait allusion également le Pape François, qui fait de notre vie « un saint pèlerinage ».16

16 PAPE FRANÇOIS, Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, 24 novembre 2013, n° 87.

De l’idéal à la vie concrète

Un don très précieux, par conséquent, que celui de la communion trinitaire de laquelle nous participons ; mais aussi une grande responsabilité que celle de mettre à profit le don reçu et de montrer effectivement que la vie divine en chacun des membres conduit à dépasser les différences et les obstacles que comporte tout vivre ensemble humain. Ne nous faisons pas d’illusions : sans perdre de vue le modèle humano-divin dont nous entendons nous inspirer, nous savons que nous devons tenir compte, chaque jour, des limites humaines et de la racine du péché et de l’égoïsme toujours présente en nous. Nous sommes très différents les uns des autres, avec des tempéraments, des goûts, des histoires qui nous distinguent, et cela rend astreignante la vie fraternelle.

Nous savons que même la première communauté de Jérusalem, qui nous est décrite idéalement dans ce que l’on appelle les « sommaires » des Actes (cf. Ac 2, 42-47 ; 4,32-35 ; 5,12-16) et que la vie religieuse a toujours considérée comme son paradigme,17 ne manquait ni de difficultés ni de problèmes. Jésus lui-même, tout en connaissant la fragilité humaine, avant de mourir, avait demandé au Père, comme don spécial d’En-Haut, l’unité des apôtres et de tous les croyants: «Père Saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un (...). Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un (...). Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un » (Jn 17,11.20-21.23).

Il est intéressant de noter, en parcourant les lettres des apôtres adressées aux premières communautés, dans quels et combien de domaines pratiques s’applique concrètement le commandement nouveau de Jésus de l’amour réciproque. Dans leur ensemble, ces indications se présentent comme un véritable « précis » de la vie fraternelle en communauté :

– « soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres » (Rm 12,10) ;

– « ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes » (Ph 2,3) ;

– « soyez bien d’accord les uns avec les autres » (Rm 12,16) ;

– « accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis » (Rm 15,7) ;

– « [soyez] capables aussi de vous reprendre les uns les autres » (Rm 15,14) ;

17 Cf. CONCILE VATICAN II, Perfectae Caritatis, 15.

– « [pour ce repas], attendez-vous les uns les autres » (1Co 11,33) ;

– «mettez-vous, par amour, au service les uns des autres» (Ga 5,13) ; – « réconfortez-vous mutuellement » (1Th 5,11) ;

– « supportez-vous les uns les autres avec amour» (Ep 4,2) ;

– « soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres » (Ep 4,32) ;

– « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres » (Ph 2,4) ;

– « Par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres » (Ep 5,21) ; – «priez les uns pour les autres» (Jc 5,16) ;

– « les uns envers les autres, prenez l’humilité comme tenue de service » (1P 5,5) ;

– « d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres » (1P 1,22) ; – « Faites tout sans récriminer et sans discuter » (Ph 2,14).

J’ai également trouvé un très bel écho de ces indications pratiques dans un texte de votre fondateur Don Bosco : « En premier lieu, pratiquons la charité entre nous Salésiens, supportons les défauts des autres, supportons-nous mutuellement. Efforçons-nous de faire le bien, de mettre en pratique toutes les règles, de nous aimer, de nous estimer comme des frères. Prions afin que nous puissions tous former un seul cœur et une seule âme pour aimer et servir le Seigneur. »18

18 Memorie Biografiche di San Giovanni Bosco, IX, p. 356.

L’amour réciproque entre frères dans la communauté religieuse assure en même temps l’unité entre ses membres sans malmener les différences et les dons de chacun. Dans la Trinité, nous avons l’unité parfaite grâce à l’amour divin qui y circule ; mais, en même temps, les Trois Personnes ne se confondent pas et œuvrent de manière distincte l’une de l’autre : ainsi dans la communauté, l’amour mutuel renforce la fraternité et la communion, en garantissant à chacun la liberté selon le dessein de Dieu sur lui. Cette dynamique d’unité et de distinction, sur le modèle des relations entre les Trois Personnes, est aussi le fruit du respect réciproque et de l’engagement commun à réaliser la fraternité. Pour que la communauté puisse favoriser en même temps la réalisation humaine et spirituelle de chacun de ses membres et rejoindre les buts apostoliques communs, « il est nécessaire de chercher le juste équilibre, qui n’est pas toujours facile à trouver, entre le respect de la personne et le bien commun, entre les exigences et les besoins de chacun et ceux de la communauté, entre les charismes personnels et le projet apostolique communautaire. (...) La communauté religieuse est le lieu où se fait chaque jour le patient passage du “je” au “nous” : de ma tâche à la tâche confiée à la communauté, de la recherche de “mes intérêts” à celles des “intérêts du Christ”. La communauté religieuse devient alors le lieu où l’on apprend chaque jour à faire sienne cette mentalité renouvelée, qui permet de vivre la communion fraternelle en profitant de la richesse des dons de chacun, et fait converger ces dons vers la fraternité et la commune responsabilité du projet apostolique. »19

19 La vie fraternelle en communauté, n° 39.

La présence du Ressuscité

Le fruit le plus important de ce style de vie communautaire empreinte de la communion trinitaire et guidée par la logique de la croix, c’est la présence stable et expérimentable du Christ ressuscité, selon sa promesse : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18,20 ; cf. PC 15 a). Être ensemble « en son nom » signifie : dans son amour, dans l’accomplissement de sa volonté, résumée dans le commandement que lui-même a défini comme « sien » et « nouveau ». Lui-même se rend alors présent, d’une manière mystique mais réelle ; et l’on peut faire l’expérience de cette présence, on peut presque la toucher, spécialement grâce aux dons de Pâques que le Ressuscité au milieu de nous ne manquera pas de nous faire expérimenter : la paix, la joie d’être ensemble, la lumière, l’« esprit de famille » (selon une expression chère à Don Bosco), l’ardeur apostolique.

«Dans la vie de communauté, on doit pouvoir en quelque sorte saisir que la communion fraternelle, avant d’être un moyen pour une mission déterminée, est un lieu théologal où l’on peut faire l’expérience de la présence mystique du Seigneur ressuscité »,20 selon la promesse de Mt 18,20. Vos Constitutions font également référence à ce verset de l’Évangile : «La profession des conseils nous aide à vivre la communion avec nos frères de la communauté religieuse, comme à l’intérieur d’une famille qui jouit de la présence du Seigneur» (C 61). Dans le Christ, sont présents en même temps le Père et l’Esprit : voilà pourquoi la communauté, unie par le lien de l’amour réciproque, jouit de la présence du Dieu-Trinité et en devient signe et témoignage.

20 Vita consecrata, n° 42c.

L’« esprit de famille », dont parlent votre Fondateur ainsi que vos Constitutions, est ce climat de joie et de liberté où tous les membres de la communauté se sentent à l’aise, jouissent de la présence des autres, se sentent accueillis et compris, trouvent valorisés leurs dons personnels et excusées leurs inévitables faiblesses. Alors, « oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! » (cf. Ps 132) ; et le fruit le plus visible en est la joie, comme l’a également rappelé le Pape François, en octobre dernier, en s’adressant aux Clarisses d’Assise : «Prendre soin de l’amitié entre vous, de la vie de famille, de l’amour entre vous. Il ne faut donc pas que le monastère devienne un purgatoire, mais qu’il soit une famille. Les problèmes existent, il y en aura encore ; mais, comme on fait dans une famille, il faut chercher la solution avec amour ; il ne faut pas détruire la famille pour résoudre les problèmes ; ne pas entrer en compétition. Prendre soin de la vie de communauté, car quand la vie de communauté est une vie de famille, c’est précisément l’Esprit Saint qui est au milieu de la communauté. [...] Vivre ensuite la vie de communauté toujours avec un cœur grand. Passer sur certaines choses, ne pas se vanter, tout supporter, sourire avec le cœur. Et le signe d’une telle vie de communauté est la joie. »21

21 PAPE FRANÇOIS, Pour une clôture d’une grande humanité, Assise, 4 octobre 2013, in: L’Osservatore Romano, dimanche 6 octobre, p. 6.

Le Christ ressuscité, présent dans la communauté unie en son amour, saura fasciner encore aujourd’hui de nombreux jeunes; Il saura les appeler à s’unir à la famille religieuse salésienne, pour continuer à témoigner de l’amour de Dieu aux jeunes du monde entier.

Rome, 3 mars 2014

 

ANNEXE 3
DISCOURS D’HOMMAGE DU RECTEUR MAJEUR AU SAINT PÈRE, AU DÉBUT DE L’AUDIENCE PONTIFICALE

Cher Pape François, Très Cher Père,

Nous sommes vraiment très heureux d’être ici avec vous. Merci pour ce temps de rencontre. C’est pour nous un don précieux et une occasion unique qui nous permet de vous dire les sentiments qui remplissent notre cœur. Nous vous aimons, Père ! Nous apprécions votre courage et votre témoignage. Nous constatons avec joie votre grand amour pour le Seigneur Jésus, pour l’Église, et votre désir de renouvellement profond de toute la communauté chrétienne que vous présidez dans le service et dans la charité.

Nous avons bien en mémoire que, pour Don Bosco, l’amour envers le Pape signifiait l’amour pour l’Église et l’amour pour la Mission. Et cette rencontre d’aujourd’hui n’aurait aucun sens si elle n’était pas en même temps accompagnée du désir de vous exprimer, Cher Père, la volonté de renouveler notre engagement charismatique et missionnaire en faveur de l’Église et du monde, avec une attention particulière pour les jeunes, surtout les plus pauvres et les plus abandonnés. Nous accueillons donc votre invitation à ouvrir les portes de nos maisons et de notre cœur pour être des annonciateurs de la joie de l’Évangile, croyant fortement en un Dieu qui aime l’homme et désire son salut. Selon les mots de « Gaudium et Spes », nous voulons partager les joies et les peines du monde d’aujourd’hui, et des jeunes qui l’habitent, en nous impliquant pleinement dans la construction du Royaume de Dieu.

Au cours de ce Chapitre Général, qui a comme thème: être « témoins de la radicalité évangélique », nous nous sommes sentis en profonde harmonie avec votre Exhortation Apostolique «Evangelii Gaudium ». Ce texte a éclairé et guidé notre réflexion.

Il nous a fourni l’occasion de réfléchir profondément sur notre identité charismatique salésienne en tenant compte, en même temps, de la nécessité d’interpréter d’une manière actuelle tout ce que Don Bosco a vécu et nous a transmis. Nous avons déterminé un chemin de renouvellement où nous nous engageons

à vivre la dimension mystique de personnes consacrées qui entendent donner le primat absolu à Dieu, Seigneur de notre vie. Poussés par l’Esprit de Jésus, nous voulons donc être « des chercheurs et des témoins de Dieu », en accompagnant avec joie les jeunes sur un chemin de croissance humaine et chrétienne.

Nous nous sommes proposé de renouveler le témoignage prophétique de notre vie fraternelle. Dans un monde souvent déchiré par des situations conflictuelles à tous les niveaux, il nous semble que notre vie religieuse a comme l’un de ses principaux devoirs de témoigner de la joie d’une communion entre frères qui se sentent tous disciples du Seigneur. C’est une fraternité qui englobe notre vie quotidienne, notre travail, notre prière, et qui devient elle-même annonciatrice d’une vie qui s’exprime en des relations nouvelles inspirées par la parole de l’Évangile et capables d’attirer les jeunes vers l’expérience précieuse d’une vie donnée aux autres selon le charisme de Don Bosco.

Dans notre mission, nous désirons réaffirmer notre désir d’être serviteurs des jeunes, à travers une proposition éducative inspirée des valeurs évangéliques et avec un engagement généreux pour la transformation du monde. Nous désirons confirmer le critère du choix de Don Bosco : celui d’une disponibilité préférentielle pour les jeunes les plus pauvres, les populations les plus défavorisées et des périphéries, dans les contextes missionnaires traditionnels et dans les contextes des sociétés les plus sécularisées.

Nous voulons accueillir, Cher Pape François, votre parole et vos recommandations pour un choix, en Église, des grandes lignes qui nous guideront au cours du prochain sexennat.

Je saisis l’occasion pour vous remercier, avec toute la Famille Salésienne, d’avoir accepté de venir à Turin à l’occasion du second centenaire de la naissance de Don Bosco. Avec notre affection filiale, nous vous assurons de notre prière, confiant votre mission à la Vierge Auxiliatrice, Mère de l’Église, et nous demandons votre paternelle bénédiction.

Rome, 31 mars 2014

 

ANNEXE 4
DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE FRANÇOIS, AU COURS DE L’AUDIENCE AUX CAPITULAIRES, LE 31 MARS 2014

Chers frères,

Soyez les bienvenus ! Je remercie le P. Ángel pour ses paroles. À lui et au nouveau Conseil Général, je souhaite de savoir servir en guidant, accompagnant et soutenant la Congrégation Salésienne dans son cheminement. Que l’Esprit Saint vous aide à saisir les attentes et les défis de notre temps, spécialement des jeunes, et à les interpréter à la lumière de l’Évangile et de votre charisme.

J’imagine que durant votre Chapitre – qui avait comme thème « Témoins de la radicalité évangélique» – vous avez toujours eu à l’esprit Don Bosco et les jeunes ; et Don Bosco avec sa devise : « Da mihi animas, cetera tolle ». Lui qui appuyait ce programme sur deux autres éléments: travail et tempérance. Je me souviens qu’au collège, il était interdit de faire la sieste !... Tempérance oblige ! Aux Salésiens et à nous ! « Le travail et la tempérance, disait Don Bosco, feront fleurir la Congrégation. » Quand on pense à travailler pour le bien des âmes, on surmonte la tentation de la mondanité spirituelle, on ne cherche pas autre chose mais seulement Dieu et son Royaume. Et la tempérance est le sens de la mesure ; elle permet de se contenter de ce que l’on a, d’être simple. Que la pauvreté de Don Bosco et de Maman Marguerite inspire à chaque Salésien et à chacune de vos communautés une vie essentielle et sobre, la proximité avec les pauvres, la transparence et la responsabilité dans la gestion des biens.

1. L’évangélisation des jeunes est la mission que l’Esprit Saint vous a confiée dans l’Église. Elle est étroitement associée à leur éducation : le chemin de foi se raccroche au chemin de la croissance, et l’Évangile enrichit aussi la maturation humaine. Il faut préparer les jeunes à travailler dans la société selon l’esprit de l’Évangile, comme artisans de justice et de paix, et à être acteurs dans l’Église. Pour cela, vous vous appuyez sur les nécessaires approfondissements et mises à jour pédagogiques et culturels, pour répondre à l’actuelle urgence éducative. Que l’expérience de Don Bosco et son «Système

Préventif» vous soutiennent toujours dans votre engagement à vivre avec les jeunes. Que votre présence au milieu d’eux se distingue par la tendresse que Don Bosco a appelée « amorevolezza » [bonté affectueuse], expérimentant aussi les nouveaux langages, mais en sachant bien que le langage du cœur est le langage fondamental pour approcher les jeunes et devenir leurs amis.

La dimension vocationnelle est ici fondamentale. La vocation à la vie consacrée est parfois confondue avec un choix de volontariat, et cette vision déformée ne fait pas du bien aux Instituts [religieux]. L’année 2015, dédiée à la Vie Consacrée, sera une occasion favorable pour en présenter aux jeunes la beauté. Il faut éviter dans tous les cas des visions partielles, pour ne pas susciter des réponses vocationnelles fragiles et soutenues par des motivations faibles. Les vocations apostoliques sont ordinairement le fruit d’une bonne pastorale des jeunes. Le soin des vocations réclame des attentions particulières : avant tout la prière, ensuite des activités appropriées, des parcours personnalisés, le courage de la proposition, l’accompagnement, l’implication des familles. La géographie vocationnelle a changé et est en train de changer ; cela signifie de nouvelles exigences pour la formation, l’accompagnement et le discernement.

2. En travaillant avec les jeunes, vous rencontrez le monde de l’exclusion
des jeunes. Et c’est terrible ! Aujourd’hui il est terrible de penser qu’il y a plus de 75 millions de jeunes sans travail, ici, en Occident. Nous pensons à la grande réalité du chômage, avec tant de conséquences négatives. Nous pensons aux dépendances, qui sont malheureusement multiples, mais proviennent d’une racine commune : le manque d’amour vrai. Aller à la rencontre des jeunes marginalisés demande du courage, de la maturité et une profonde vie de prière. Et pour ce travail, il faut réserver les meilleurs ! Les meilleurs ! Le risque existe de se laisser prendre par l’enthousiasme et d’envoyer à ces frontières des personnes de bonne volonté mais non adaptées. Sont donc nécessaires un discernement attentif et un accompagnement constant. Le critère est celui-ci : les meilleurs doivent être envoyés là, aux frontières. « J’ai besoin de celui-ci, direz-vous, pour le nommer supérieur là, ou pour faire des études de théologie... ». Mais si vous avez la mission d’évangéliser les frontières, envoyez-le là ! Oui, les meilleurs !

3. Grâce à Dieu, vous ne vivez pas et vous ne travaillez pas comme des
individus isolés mais comme communautés: remerciez-en Dieu! La communauté soutient tout l’apostolat. Les communautés religieuses sont parfois traversées par des tensions, avec le risque de l’individualisme et de la dispersion alors qu’il y a besoin de communication profonde et de relations authentiques.

La force humanisante de l’Évangile est témoignée par la fraternité vécue en communauté, faite d’accueil, de respect, d’aide réciproque, de compréhension, de courtoisie, de pardon et de joie. L’esprit de famille que Don Bosco vous a laissé aide beaucoup en ce sens, favorise la persévérance et crée un attrait pour la vie consacrée.

Chers frères, le Bicentenaire de la naissance de Don Bosco est désormais tout proche. Ce sera un moment propice pour proposer à nouveau le charisme de votre Fondateur. La Vierge Auxiliatrice n’a jamais fait manquer son aide dans la vie de la Congrégation et ne la lui fera certainement pas manquer à l’avenir. Que sa maternelle intercession vous obtienne de Dieu les fruits espérés et attendus. Je vous bénis et je prie pour vous et, s’il vous plaît, priez aussi pour moi! Merci!

Rome 31 mars 2014

 

ANNEXE 5
MESSAGE DU CHAPITRE GÉNÉRAL XXVII AUX CONFRÈRES SALÉSIENS

Chers Confrères,

Nous tous, qui avons participé au CG27, convoqués à Rome au nom du Seigneur, assistés par la force de l’Esprit, nous voulons partager avec vous l’extraordinaire expérience vécue durant ces derniers mois. Pour chacun d’entre nous, le Chapitre a été un événement de grâce dont nous voulons témoigner, en retournant chez nous. Nous voulons vous dire, en reprenant nos engagements et notre labeur: « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête » (Ps 125, 3).

Au commencement fut le Valdocco

Nous avons commencé notre parcours en Terre Sainte Salésienne, lieu d’Évangile et de miracles quotidiens. Nous y sommes allés comme celui qui remonte un fleuve à la recherche de la source. Nous étions assoiffés, et l’eau fraîche des origines a étanché notre soif ; l’histoire de notre père est une invitation toujours nouvelle. Dans sa vie et sa proposition, nous avons cherché l’inspiration pour faire revivre aujourd’hui le même charisme. Redécouvrir Don Bosco nous a permis de plonger dans les racines de notre vocation évangélique et trouver de nouvelles raisons pour vivre radicalement, comme il l’a fait, le don de soi pour le Royaume en faveur des jeunes les plus pauvres. À la lumière de son expérience, nous nous sommes mis en chemin, nous aussi, sous le regard de Marie Auxiliatrice, avec l’assurance de sa présence maternelle.

Dieu nous donna un Père

De retour à Rome, nous avons commencé nos travaux avec des réflexions et délibérations d’envergure. Le ton fraternel et la recherche commune nous ont vite permis de tisser des relations cordiales et sincères entre nous, ce qui nous a aidés à découvrir la richesse de l’interculturalité et la prophétie de la fraternité, vécues à titre personnel déjà pendant les journées capitulaires.

Nous nous sommes sentis en communion avec les communautés qui, en des pays en conflit, vivent des moments dramatiques de leur histoire : la Syrie, le Venezuela, la République Centrafricaine ou le Soudan ont été très présents dans nos prières. Le rappel de ces situations nous a rapprochés de la réalité douloureuse de tant de peuples, et a fait revivre en nous le témoignage de nombreux confrères qui vivent avec radicalité l’Évangile en des situations d’une grande complexité, et qui nous stimulent à nous donner davantage.

Et Dieu nous donna un père. Tout en exprimant notre gratitude pour le ministère lumineux et fécond du Père Pascual Chávez Villanueva, nous ressentons que l’élection du Père Àngel Fernández Artime comme Recteur Majeur et Xème Successeur de Don Bosco a été un don de la Providence pour nous tous, pour la Famille Salésienne tout entière et pour les jeunes. Son sourire ouvert et sincère, sa simplicité, sa grande humanité et sa relation spontanée avec chacun des confrères nous ont fait voir tout de suite en lui le visage du Père qui nous avait été promis : « Il sera élu un Recteur Majeur qui prendra soin de vous et de votre salut éternel. Écoutez-le, aimez-le, obéissez-lui, priez pour lui... » (Don Bosco). Merci, Père Àngel, pour ton cœur de bon pasteur et pour ta générosité.

Le Pape François nous captiva

Un moment particulièrement intense a été la rencontre avec le Pape François. Il nous a accueillis et il a béni, en nous, chacun de vous et des jeunes que le Seigneur nous confie. Sa parole, précise et incisive, a touché notre cœur. Dans l’esprit de Evangelii Gaudium, il nous a rappelé que nous devons être, comme Don Bosco, des hommes d’Évangile, qui vivent avec simplicité et générosité la vie quotidienne dans un style sobre et détaché. Il nous a rappelé que notre Père Don Bosco nous a appris à aimer les jeunes avec l’amorevolezza qui rend présente la tendresse de Dieu pour ses enfants les plus faibles. Il nous a demandé avec insistance d’aller vers les périphéries où les jeunes vivent et où ils expriment de façon plus virulente leurs pauvretés. Il nous a priés de ne ménager aucun effort pour destiner les personnes les plus capables (« les meilleurs ! ») à ceux, parmi les plus pauvres, qui vivent sans perspectives et sans avenir. Oui, François a vraiment enflammé notre cœur salésien. Son étreinte a été une expression d’affection sincère pour les enfants de Don Bosco. Et l’enthousiasme que nous avons éprouvé en lui serrant la main a renouvelé notre adhésion filiale au Successeur de Pierre, comme Don Bosco l’avait toujours voulu de la part de ses Salésiens. Le message du Saint-Père restera dans notre cœur; il demeure un programme pour nous tous.

À contre-courant et dans l’espérance

Le thème de notre Chapitre Général, la radicalité évangélique, a suscité une réflexion profonde qui nous a stimulés à la conversion. Nous avons approfondi, à partir de la Parole et avec la richesse d’expériences diverses, et dans la recherche commune, l’appel que Dieu nous lance aujourd’hui à être Mystiques dans l’Esprit, Prophètes de la Fraternité et Serviteurs des Jeunes. Nous sommes convaincus que ce que nous avons vécu au cours de ces semaines est déjà un prélude au chemin que nous voulons parcourir avec vous tous et avec les communautés éducatives et pastorales. Nous avons rêvé de l’avenir et nous nous efforcerons d’en faire une réalité.

Unis à la Vigne et en tant que sarments nouveaux (cf. A 15,1-11), nous, les Salésiens, rêvons d’une vie consacrée qui, vécue à partir d’attitudes profondément évangéliques, soit capable de dialoguer avec la culture et d’interpeller la réalité sociale dans laquelle nous vivons. Nous aspirons, pour nos communautés, à un style de vie simple, marqué par la joie de l’Évangile et la passion pour le Royaume. Nous voulons vivre comme des hommes marqués par une forte expérience de Dieu et ayant aussi les pieds sur terre, capables de rendre compte de l’espérance que nous portons dans le cœur, avec une existence totalement donnée, authentique, intègre ; engagés à aller à la recherche des jeunes les plus abandonnés dans les périphéries et les déserts où ils se trouvent.

Vivre à contre-courant aujourd’hui nous rend signifiants. Lorsque tout autour de nous grandit l’individualisme, la fraternité est une alternative crédible. Nous relevons le défi de bâtir des communautés où l’on apprenne à passer du «moi» au «nous», faisant toujours prévaloir le bien du confrère. Nous devons savoir ouvrir des espaces d’accueil et de dialogue qui puissent aider à panser les plaies à travers des relations matures et qui régénèrent. Il y a nécessité d’un engagement décidé pour humaniser la vie commune afin de dépasser la solitude et faire abonder la miséricorde. Dans notre monde, l’option pour le pardon et la paix rend crédible notre manière de vivre, et plus évangélique notre annonce.

Dé-centrés

Conscients du nouveau moment ecclésial que nous vivons, nous sommes convaincus que notre vie consacrée devient un cri contre l’égoïsme et l’autoréférentialité : il s’agit de sortir à la rencontre des besoins des autres avec l’attitude de compassion de Jésus et à partir de la réalité de notre vie pauvre et solidaire. Notre cloître est le monde des jeunes en difficulté ; notre prière, ce sont nos mains tendues et notre engagement pour rendre la dignité à ceux qui sont davantage exclus. Pour cela, nous ne pouvons pas ménager nos énergies ; nous n’avons plus de temps «pour nos affaires » ou pour nous enfermer dans nos intérêts personnels. Nous avons devant nous un exode qui nous fera atteindre une autre terre, mille fois promise : celle des plus abandonnés et des plus démunis. C’est là que nous trouverons, comme Salésiens, notre Thabor.

François nous a invités à nous situer aux frontières, aux marges, dans les périphéries du monde, dans les déserts existentiels où beaucoup sont comme des brebis sans berger et n’ont rien à manger (cf. Mt 9,36). Ici se trouve la clé d’interprétation que le Pape nous présente pour nous dé-centrer: chercher d’autres horizons qui nous offrent des points de vue différents et nous aident à lire la réalité au-delà de nous-mêmes. Voilà le nouveau défi pour la vie religieuse aujourd’hui : penser et vivre « dé-centrés » de notre manière de regarder la réalité, trop sûrs de nous-mêmes, installés en des œuvres garanties, engagés dans un travail structuré et satisfaisant. Quand nous pensons au renouvellement de notre Congrégation, n’aurions-nous pas ici un critère de signifiance qui pourrait nous aider à donner un nouvel élan à nos vieilles structures ? Il n’est pas facile de se « dé-centrer », mais il est urgent de le faire si nous voulons rester fidèles à l’appel de Dieu.

Chers Confrères,

ces jours-ci, nous avons ressenti le souffle de l’Esprit qui «fait toutes choses nouvelles» (Ap 21,5). Il est temps de rendre opérationnelles les lignes du cheminement que notre Chapitre Général nous propose. Nous voulons, poussés par sa force et éclairés de sa lumière, «prendre le large» (Lc 5, 4), aller dans des eaux plus profondes, dans notre vie consacrée et dans notre mission au milieu des jeunes et des couches populaires. Nous éprouvons l’urgence d’annoncer avec audace l’Évangile libérateur de Jésus-Christ, Bonne Nouvelle pour les petits et les pauvres. Et si, en voyant le don que nous faisons de notre propre vie et notre joie, quelqu’un demande: «Pourquoi le faites-vous ? », nous répondrons en toute liberté que Dieu remplit notre existence et que son amour débordant nous interpelle et crie en nous pour que les jeunes « aient la vie et l’aient en abondance» (Jn 10,10).

Rome, le 12 avril 2014

 

ANNEXE 6
DISCOURS DU DU RECTEUR MAJEUR PÈRE ÁNGEL FERNÁNDEZ ARTIME À LA CLÔTURE DU CG27
LE CG27:
UNE OPPORTUNITÉ POUR ÊTRE DAVANTAGE À DIEU,DAVANTAGE AUX CONFRÈRES, DAVANTAGE AUX JEUNES

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » (Jn 15,5.8)

Chers Confrères,

Avec mon intervention et les salutations finales que nous échangerons les uns avec les autres, nous concluons notre 27ème Chapitre Général, un vrai moment de Grâce et de Présence de l’Esprit.

Je pense que nous avons réalisé ce que disent nos Constitutions. Cela a été un moment particulièrement important, un « signe principal de l’unité de la Congrégation dans sa diversité » (C 146), où, dans une rencontre vraiment fraternelle, nous nous sommes livrés « à une réflexion commune en vue de [nous] maintenir fidèles à l’Évangile et au charisme de [notre] Fondateur, et sensibles aux besoins des temps et des lieux. » (cf. C 146)

Dans ces simples pages que j’adresse aux Confrères Capitulaires et à tous les Confrères de la Congrégation, je voudrais présenter quelques points qui me paraissent les plus importants et qui peuvent accompagner la réflexion et l’assimilation de ce qui est central: ce que le Chapitre Général offre à toute la Congrégation comme fruit de son travail, de sa réflexion et de la vie partagée durant son déroulement.

1. Bref rappel des différentes étapes du CG27

Les sept semaines que nous avons vécues en Chapitre Général se sont distinguées par les différents moments qui leur ont donné un caractère particulier et nous ont aidés à faire un chemin plus approfondi :

Nous avons commencé notre Chapitre à Turin et ses environs par un Pèlerinage personnel et communautaire à « notre lieu de naissance : les Becchi ». Avec une grande perspicacité, le Recteur Majeur, P. Pascual Chávez, a proposé de commencer notre cheminement avec cette image qui nous a tellement plu: tous, de par notre condition de Salésiens, nous sommes nés aux Becchi. Ce fut donc un retour à notre lieu de naissance, et non seulement de celle de Don Bosco. Notre cœur salésien s’est alors senti pris, sans aucun doute, par cette atmosphère historique et spirituelle. Des lieux comme les Becchi (Colle Don Bosco), Valdocco (Chapelle Pinardi, Saint François de Sales et Basilique Notre-Dame Auxiliatrice...), Valsalice, Sanctuaire de la Consolata et Saint Jean l’Évangéliste... ont été des lieux qui nous ont fortement interpellés, dans un beau climat de méditation, de prière et de fraternité. Nous commencions à nous connaître davantage et mieux, et à poser les bases de quelque chose de très spécial dans notre CG27: une forte expérience de communion et d’esprit fraternel quoique dans la diversité et l’universalité de notre Congrégation. Pour beaucoup d’entre nous, nous ne venions pas à notre « lieu de naissance » pour la première fois, y étant déjà venus dans le passé, mais cette occasion avait un poids singulier: c’était l’hic et nunc [le lieu et le temps] du Chapitre Général. D’autres confrères visitaient pour la première fois «Les Becchi » et « nos lieux saints » comme expérience spirituelle et charismatique à revivre, comme espace et occasion pour être davantage unis et « conquis » par la fascination que Don Bosco exerce sur tous et, très spécialement, sur nous autres, ses fils. Pour tous, sans aucun doute, ce furent des jours qui ont touché profondément notre cœur car Les Becchi et le Valdocco ne laissent jamais indifférents ceux qui ont un cœur salésien.

Arrivés à Rome, nous avons consacré quelques journées à la présentation et à la connaissance de l’état de la Congrégation, avec le rapport du Recteur Majeur et la présentation des différents Secteurs et Régions. Ensuite, la remise du livre qui fait état de la Congrégation concluait ce laps de temps bien soigné où nous avons eu la présentation des données, des statistiques et de l’évaluation du programme du sexennat, avec les objectifs atteints et les carences que l’on percevait à présent. Cela a été sûrement d’un grand secours de connaître et d’approfondir ce rapport pour prendre conscience de la réalité de notre Congrégation, avec ses lumières et ses ombres, et avec la certitude que nous sommes tous la Congrégation et que tous, nous lui donnons vie et lumière ou la limitons avec nos manques. Le rapport nous a vraiment permis de mettre au point avec une plus grande précision les approches ultérieures du thème qui nous attendait comme noyau du CG 27.

Je ne pense pas exagérer en disant que pendant les journées de la Retraite Spirituelle, dès le premier instant, un climat particulier nous a enveloppés.

Plusieurs fois, nous avons manifesté, ces jours-là et dans les semaines suivantes, la conviction que nous étions en train de vivre de nombreux moments en clé de Foi, d’Espérance et de présence de l’Esprit. En ce sens, nous avons vécu les Exercices Spirituels centrés sur l’interprétation de ce que nous disait la Parole de Dieu, dans un silence authentique, de nombreux temps de prière personnels et communautaires, des célébrations eucharistiques bien soignées et une célébration de la Réconciliation où nous nous sommes sentis joyeusement impliqués. Et tout cela – encadré par la réflexion qui nous invitait, à partir de l’Évangile, à l’authenticité – nous a préparés à ce que nous allions ensuite vivre et sur quoi nous allions travailler les jours suivants.

J’ai la sensation qu’en nous, au niveau personnel et communautaire, se soit réalisé un vécu spirituel et un vécu de foi qui exprimait le meilleur de nous-mêmes. Lorsqu’on expérimente l’abandon à l’amour de Dieu, amour qui guérit toujours de lui-même les blessures, l’Esprit fait en sorte que chaque personne se dispose à donner le meilleur d’elle-même qu’elle porte en soi. Et je pense que voilà l’attitude vitale avec laquelle nous avons commencé les travaux capitulaires proprement dits.

Les trois premières semaines des travaux capitulaires ont été caractérisées par une immersion dans les travaux qui nous a permis de prendre contact avec le défi proposé dans la lettre de convocation du Recteur Majeur: être Témoins de la radicalité évangélique comme Mystiques dans l’Esprit, Prophètes de la fraternité et Serviteurs des jeunes. Le travail dans les Commissions et leur premier apport en assemblée nous ont donné la sensation d’avoir beaucoup de lumières mais aussi des ombres dont nous ne voudrions pas qu’elles nous empêchent d’être en réalité ce pour quoi nous avons été rêvés, ce beau choix que nous avons fait de notre vie religieuse consacrée comme disciples du Seigneur dans le style de Don Bosco.

En ces premiers moments, j’ai presque ressenti une espèce de nostalgie : pouvoir regarder la réalité de chaque communauté, de chaque présence salésienne, de chaque Province et de toute la Congrégation, vraiment comme un corps vivant et authentique, et donc un corps qui éprouve de la peine quand l’un ou l’autre n’arrive pas à être à la hauteur voulue, ou quand font défaut les comportements adéquats à ceux qui aiment vraiment les jeunes et se soucient de leur vie, qui donnent la Vie et offrent leur propre vie. On percevait le désir de voler plus haut avec véracité, authenticité, radicalité, et l’on sentait que parfois on ne réussit même pas à se soulever de terre.

Le Recteur Majeur, P. Pascual Chávez, nous a invités à avoir une perspective, avec un réalisme plein d’espérance et avec courage quand il s’agit d’affronter des défis comme Congrégation. Par la suite, les réflexions, les dialogues et les interventions en salle se sont déroulés en majeure partie en syntonie avec ce climat.

J’ajoute aussi autre chose. Le fruit de notre Chapitre ne peut pas consister seulement dans la recherche de la nouveauté. La force de ce CG 27 passe en premier lieu à travers la conversion personnelle et la transformation de l’esprit et de la mentalité de tous les participants. Elle passe à travers notre capacité d’enthousiasmer nos confrères et de leur communiquer la « Bonne Nouvelle » de ce que nous avons vu et entendu, de ce que nous avons rêvé et partagé, de l’esprit fraternel que nous avons vécu durant ces semaines. Et tout cela en espérant être capables de générer la vie et de susciter le désir d’affronter dans nos Provinces, avec un vrai courage, ces temps nouveaux de notre Congrégation et de notre vie : des temps nouveaux d’évangélisation et de passion pour les jeunes.

Aidés dans notre discernement d’une manière particulière par le P. José Cristo Rey García Paredes, nous avons commencé la semaine qui nous a conduits à l’élection du nouveau Recteur Majeur et du Conseil Général. Beaucoup de ce qui a déjà été exprimé par rapport au Pèlerinage sur les lieux saints salésiens et à la Retraite spirituelle a trouvé sa réalisation concrète durant cette semaine. Chacun de nous l’a vécue avec sa sensibilité propre et des résonances très personnelles ; mais j’oserais dire que la majeure partie d’entre nous, nous sentons qu’elle a été une semaine de recherche du mieux du point de vue de la foi : une recherche en conscience, dans la liberté et la véracité. Je pense ne pas être le seul à dire que la méthodologie qui a été approuvée pour l’élection des Conseillers de Secteur a été un succès. Il se peut aussi qu’un approfondissement ultérieur, dans le prochain Chapitre Général, nous permettra de perfectionner un peu plus la méthode et – pourquoi pas ? – également le discernement pour l’élection du Recteur Majeur, de son Vicaire et des Conseillers Régionaux.

La semaine a donc été marquée par une profonde expérience de recherche, dans la vérité qui vient de l’Esprit, et aussi par de sincères remerciements à ceux qui acceptaient leur nouvelle responsabilité, et encore plus envers les

Confrères qui terminaient leurs six ans, ou plus, de service, à commencer par le Recteur Majeur, le P. Pascual Chávez, son Vicaire, le P. Adriano Bregolin, et les autres membres du Conseil Général. Ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes durant ces dernières années, avec un dévouement inlassable pour le bien de la Congrégation et de la Mission. Des applaudissements nourris – comme au dernier mot du soir du Recteur Majeur, le P. Pascual Chávez – ont clairement exprimé ces chaleureux remerciements.

Le lundi 31 mars, nous avons reçu un cadeau attendu. L’audience avec le Pape François a sûrement comblé toutes les attentes. Le Pape nous a fascinés par sa proximité et sa simplicité, dont on parle tant, par sa spontanéité aussi et pour la décision – très applaudie – de saluer personnellement chacun des membres de notre Assemblée Capitulaire, avec la présentation de chaque confrère par le P. Pascual Chávez, étant moi-même, à ses côtés, témoin de ce moment particulier.

De plus, nous avons emporté avec nous un message du Pape François qui ne peut se réduire pour nous à une simple anecdote. Au contraire, il n’en sera pas ainsi puisque ce message fait partie de nos conclusions capitulaires, de mon discours final ainsi que de la programmation et des décisions qui reviennent au Recteur Majeur avec son Conseil, et aux Capitulaires dans leurs Provinces, lorsqu’ils y retourneront.

Le Pape a souligné différentes choses très importantes: j’en énumère simplement quelques-unes ici ; d’autres seront développées par la suite :

– « Il faut préparer les jeunes à travailler dans la société selon l’esprit de l’Évangile, comme artisans de justice et de paix, et à être acteurs dans l’Église. »

– «Ayez toujours à l’esprit Don Bosco et les jeunes ; et Don Bosco avec sa devise : “ Da mihi animas, cetera tolle “ ; lui qui appuyait son programme sur deux autres éléments: travail et tempérance. »

– « Que la pauvreté de Don Bosco et de Maman Marguerite inspire à chaque Salésien et à chacune de vos communautés une vie essentielle et sobre, la proximité avec les pauvres, la transparence et la responsabilité dans la gestion des biens. »

– «Aller à la rencontre des jeunes marginalisés demande du courage, de la maturité et une profonde vie de prière. Et pour ce travail, il faut réserver les meilleurs ! Les meilleurs ! »

– « Grâce à Dieu, vous ne vivez pas et vous ne travaillez pas comme des

individus isolés mais comme communautés: remerciez-en Dieu! »

– « Les vocations apostoliques sont ordinairement le fruit d’une bonne pastorale des jeunes. Le soin des vocations réclame des attentions particulières... »

2. Clés de lecture pour la réflexion sur le CG 27
2.1. Comme Don Bosco, impliqués dans la trame de Dieu

«Par la profession religieuse, nous nous offrons nous-mêmes à Dieu pour marcher à la suite du Christ et travailler avec Lui à la construction du Royaume. » (C 3). Dans notre document capitulaire, nous reconnaissons que, dans la mesure où l’époque où nous vivons ne facilite pas une ouverture à la transcendance, nous désirons, au plan personnel et au plan communautaire, donner le primat à Dieu dans notre vie, stimulés par la sainteté salésienne et par la soif d’authenticité des jeunes. Voilà à quoi nous invitait le Pape lorsqu’au début de son mot d’accueil, il nous disait: «Quand on pense à travailler pour le bien des âmes, on surmonte la tentation de la mondanité spirituelle, on ne cherche pas autre chose mais seulement Dieu et son Royaume. » Cela a été la grande certitude et la passion de Don Bosco qui s’est vu totalement impliqué dans la «Trame de Dieu» ; s’abandonnant à Dieu, il fonçait même jusqu’à la témérité.

C’est dans cette dimension transcendante, dans ce fait de nous assurer que toute notre vie se trouve dans la trame de Dieu et qu’Il a le primat dans nos vies, c’est dans cette assurance que nous trouvons notre force quand elle devient réalité ; et c’est aussi le lieu où nous découvrons notre fragilité.

Nous sommes appelés à ramener notre cœur, notre esprit et toutes nos énergies au « commencement » et aux «origines », à notre premier amour, celui avec lequel nous avons expérimenté la joie de nous sentir regardés par le Seigneur Jésus et qui nous a fait répondre « oui ». Le primat de Dieu, nous voulons le vivre dans la contemplation quotidienne de la vie ordinaire, à la suite du Christ.

Comme suggéré précédemment, c’est ici que doit advenir notre plus grande conversion. Nous rencontrons sûrement beaucoup de confrères exemplaires de ce point de vue ; mais si plusieurs Recteurs Majeurs (pour ne parler que des derniers : les PP. Viganò, Vecchi et Pascual Chávez) nous ont avertis de cette fragilité, cela signifie qu’il s’agit de quelque chose que nous devons considérer avec un grand sérieux. Le CG27 nous invite à inverser cette tendance.

Il serait vraiment inquiétant que quelqu’un en arrive à penser que « la fragilité que nous constatons en vivant le primat de Dieu dans notre vie » soit un élément propre de notre ADN salésien. Il n’en est pas ainsi ! Cela n’a pas été le cas chez Don Bosco qui, au contraire, a vécu radicalement impliqué dans la trame de Dieu. Donc pour nous c’est – ni plus ni moins ! – le point central de notre conversion, celui qui nous portera à une plus grande radicalité pour le Royaume.

2.2. Une fraternité qui soit irrésistiblement prophétique

« La mission apostolique, la communauté fraternelle et la pratique des conseils évangéliques sont les éléments inséparables de notre vie consacrée » (C 3).

En divers moments de l’Assemblée Capitulaire, nous avons manifesté notre conviction que la fraternité vécue comme communauté est une des manières de faire l’expérience de Dieu, de vivre la mystique de la fraternité, dans un monde où parfois les rapports humains sont détruits. « La force humanisante de l’Évangile est témoignée par la fraternité vécue en communauté, faite d’accueil, de respect, d’aide réciproque, de compréhension, de courtoisie, de pardon et de joie », nous a dit le Pape François.

Voilà une autre clé avec laquelle lire non seulement le document capitulaire mais surtout notre vie et la révision que nous en faisons et que nous voulons continuer à faire. Les jeunes ont besoin que nous soyons vraiment des frères. Des frères qui, avec la simplicité et l’esprit de famille typiques de Don Bosco, vivent une fraternité authentique qui, tout en n’étant pas exempte des difficultés quotidiennes, grandit et se purifie dans la foi pour arriver à être ainsi « contre-culturelle » et attrayante, comme le propose l’Évangile.

Dans la prophétie d’une vraie fraternité vécue dans la simplicité quotidienne, nous avons une grande occasion de renouvellement et de croissance.

Cela supposera, plus souvent qu’on ne pense, un changement de mentalité. Avec une certaine fréquence, sous toutes les latitudes où œuvre notre Congrégation, nous courons un certain danger de sacrifier la communauté, la fraternité et parfois même la communion, au travail, à l’activité ou simplement à l’activisme. C’est pourquoi nos Constitutions, avec une pédagogie préventive, affirmeut que les trois éléments de la consécration sont inséparables. Quand l’un de ces éléments est faible ou inconsistant, nous ne pouvons pas parler de consécration dans le charisme de Don Bosco ; ce sera peut-être une autre réalité mais elle ne sera pas salésienne.

2.3. Une radicalité salésienne: Travail et tempérance

« Le travail et la tempérance feront fleurir la congrégation » (C 18). Un binôme que nous connaissons bien et que le P. Viganò, dans ses réflexions sur la Grâce d’Unité, définissait comme «inséparable ». «Les deux armes avec lesquelles nous réussirons à vaincre tout et tout le monde, a écrit Don Bosco » (cité en ACG 413, p. 43). Le Pape s’est également référé à ce binôme durant l’audience, en nous encourageant à cet engagement: « La tempérance est le sens de la mesure ; elle permet de se contenter de ce que l’on a, d’être simple. Que la pauvreté de Don Bosco et de Maman Marguerite inspire à chaque Salésien et à chacune de vos communautés une vie essentielle et sobre, la proximité avec les pauvres, la transparence et la responsabilité dans la gestion des biens. »

Dans la réflexion capitulaire, nous avons donné différentes indications à ce sujet. L’enseignement que nous a laissé le P. Pascual Chávez sur ce binôme apparaît très clairement dans la Convocation pour le CG27 ; et nous pouvons également le lire chez le P. Vecchi et le P. Viganò. Nous ne manquons pas d’éclairage à ce sujet. Je crois que le défi passe à travers la vie et même s’il est vrai que dans de très nombreuses parties de la Congrégation, nous avons des présences qui donnent la priorité aux derniers, aux plus pauvres, aux exclus, il est également certain que la splendeur de ce témoignage est total si notre mode de vie est caractérisé par la sobriété, l’austérité ainsi que par la pauvreté. Indubitablement, la confrontation avec cette réalité que nous avons professée passe par la conscience personnelle de chacun, mais nous devons nous aider communautairement durant ce sexennat. Nous sommes invités à faire en sorte que le témoignage de pauvreté et de sobriété soit plus évident là où il ne l’est pas. Quels que soient le mouvement, le développement, le tournant que l’on donnera en ce sens dans les différentes Provinces, ce sera un signe d’authenticité et de concret de la radicalité évangélique que nous nous proposons.

2.4. Serviteurs des jeunes, et patrons de rien ni de personne

« Notre vocation est marquée par un don spécial de Dieu, la prédilection pour les jeunes: “Il suffit que vous soyez jeunes, pour que je vous aime beaucoup”. Cet amour, expression de la charité pastorale, donne son sens à toute notre vie. » (C 14)

Avec Don Bosco, nous suivons le Seigneur Jésus qui a placé au centre un enfant lorsqu’on lui a demandé qui était le plus grand dans le Royaume. Nous, Salésiens de Don Bosco, engendrés comme lui aux Becchi et nés au Valdocco,

nous avons offert notre vie au Père pour être consacrés par Lui afin de vivre pour les jeunes. Comme nous l’avons dit dans le document capitulaire, les jeunes sont «notre buisson ardent» (cf. Ex 3,2ss). À travers eux, Dieu nous parle et nous attend en eux. Ils sont la raison qui nous a rendus capables de répondre oui à l’appel du Seigneur; ils sont notre raison d’être. En tant que Salésiens-Éducateurs-Pasteurs des jeunes, comment pourrions-nous rester à mi-chemin ? Comment pourrions-nous nous consacrer à eux seulement à temps partiel, comme s’il s’agissait d’un jour ouvrable ? Mieux, comment pourrions-nous rester tranquilles quand dans notre quartier, notre région, notre ville, il y a des jeunes frappés par la pauvreté, la solitude, la violence familiale, l’agressivité qui les domine... ? Nous sommes appelés à leur prêter la voix qui leur fait défaut dans ces circonstances de la vie, appelés que nous sommes à leur offrir notre amitié, notre aide, notre accueil, notre présence d’adultes qui leur veut du bien, et qui ne recherche que leur bonheur «maintenant et dans l’éternité ». Être les amis, les frères, les éducateurs et les pères qui veulent seulement que les jeunes soient acteurs et maîtres de leur propre vie... Et à ce point de vue, il est seulement possible d’être serviteurs et jamais patrons, « autorité »...

3. Vers où orienter nos options futures après le CG27 ?

On comprendra facilement que dans une intervention comme celle-ci, je ne puisse prétendre suggérer toutes les options que nous pourrions mettre en application après le Chapitre. Tout ce que nous y avons vécu, les réflexions que nous avons partagées en profondeur et l’étude que nous avons faite de l’état de la Congrégation nous permettent d’entrevoir quelques cheminements que je considère inaliénables et prioritaires. Les Provinces feront certainement quelques autres options adaptées à leur contexte particulier, toujours dans le cadre du CG27.

Je dresse seulement une liste des options qui me semblent prioritaires et universelles. Ensuite, le Conseil Général, dans sa programmation habituelle, et les Provinces dans leur propre programmation, pourront tracer l’itinéraire adéquat à suivre dans l’ensemble du monde salésien.

3.1. Connaissance, étude et assimilation du CG27

Dans les premières interventions en salle, ainsi que dans les réunions de Commission, s’est fait jour la préoccupation d’arriver à un document final qui ne

soit pas destiné à « être parqué » dans une bibliothèque, sans incidence sur le renouvellement. Pour conjurer cette crainte, je pense que le premier pas doit être l’engagement de nous tous à penser les manières et la méthode spirituelle – quelque chose de différent des simples stratégies – qui puissent favoriser la connaissance de ce que le CG27 offre à toute la Congrégation. Je vous invite ensuite à chercher la manière appropriée d’arriver à l’assimilation personnelle et communautaire du document, et même à la conversion (si l’Esprit nous l’accorde). Seule cette assimilation et cette conversion seront génératrices de vie nouvelle.

Je crois que ce serait une erreur de penser qu’en permettant la connaissance du CG 27 aux confrères au cours d’une récollection ou d’une rencontre de fin de semaine, l’objectif serait atteint. C’est pour cela que je propose que nous consacrions au moins ces trois premières années à lire ce document, y réfléchir, le méditer et en faire l’objet de nos programmations locales et provinciales, et des différents plans d’animation et de gouvernement des Provinces; de le vérifier ensuite lors du prochain Chapitre Provincial (dit « Chapitre Provincial Intermédiaire ») et voir les fruits qu’il est en train de produire.

3.2. Profondeur de la vie intérieure : Témoins du Dieu de la vie

Ainsi que je l’ai dit précédemment, je crois que nous devons reconnaître que dans la Congrégation, en général, la profondeur de la vie intérieure n’est pas notre point fort. Je refuse, vous disais-je, de penser qu’il s’agit d’un élément appartenant à notre ADN salésien car Don Bosco n’a pas été ainsi et encore moins ne l’a-t-il pas voulu ainsi. En reconnaissant cette faiblesse (abondamment exprimée par les Recteurs Majeurs précédents, ainsi que par certains Chapitres Généraux) et avec l’aide de l’Esprit, nous devons trouver la force d’inverser cette tendance. Nous avons besoin d’une authentique conversion à la radicalité évangélique qui touche l’esprit et le cœur. Quand le Pape Jean-Paul II, en parlant de la Vie Consacrée, nous demande que la vie spirituelle soit « à la première place », il ne nous invite pas à un spiritualisme étrange mais plutôt à cette profondeur de vie qui nous rend en même temps fraternels et généreux dans le don de nous-mêmes aux autres, à la mission – et en particulier aux plus pauvres – rendant ainsi vraiment attractif notre choix de vie.

Cette profondeur de vie, cette authenticité, cette radicalité évangélique, ce chemin de sanctification « constitue le don le plus précieux que nous puissions offrir aux jeunes. » (C 25) C’est un fait que Don Bosco ne s’explique pas, dans sa prédilection radicale pour les jeunes, sans Jésus-Christ. « Dans la suite du Christ se trouve la fontaine, la source de son originalité et de sa vitalité. C’est un don initial d’En-haut, le premier “charisme” de Don Bosco » (E. Viganò, ACG 290, p. 16).

C’est pour cela que je me permets de suggérer que chaque communauté puisse « se dire à elle-même», d’une manière concrète et comme fruit du CG 27, ce qu’elle pense et ce qu’elle propose afin que l’on puisse remarquer qu’elle «met Dieu à la première place », dans son être de communauté salésienne convoquée par le Seigneur, qui non seulement se réunit mais vit en Son nom.

3.3. En prenant soin de nous, de nos confrères, de nos communautés

« C’est pourquoi nous nous réunissons en communautés, où nous nous aimons au point de tout partager en esprit de famille, et où nous construisons la communion des personnes. » (C 49)

Pour nous, Salésiens, la vie communautaire, la « communion de la vie en commun », n’est pas seulement une affaire de circonstance, une manière de s’organiser, un moyen pour être plus efficaces dans l’action. Pour nous, l’authentique fraternité qui se vit dans la communion des personnes est essentielle, constitutive ; c’est l’un des trois éléments inséparables dont parle l’article 3, déjà cité, de nos Constitutions.

Et à cause de la force du témoignage que possède la fraternité évangélique, je vous invite tous à prendre vraiment conscience que nous devons prendre soin de nous-mêmes, pour nous bien porter et être vocationnellement en forme. Et nous devons prendre soin de nos confrères en communauté avec une attitude vraie « d’accueil, de respect, d’aide réciproque, de compréhension, de courtoisie, de pardon et de joie » (cf. audience avec le Pape). Vivre un véritable amour fraternel qui, en définitive, accepte et intègre la différence et combat la solitude et l’isolement ; pour cela, nous devons prendre soin de nos communautés dans les Provinces.

Je l’ai fait comprendre dans les pages précédentes. Souvent nous sacrifions au travail la vie communautaire ainsi que les espaces et les moments communautaires. À la fin, cette réalité nous fait payer un prix trop élevé, terriblement douloureux. Je demande donc à chaque Province de faire une réelle étude et un réel effort pratique pour prendre soin de nos communautés, les consolider, en garantir la solidité en qualité et en nombre de confrères, même s’il faut enlever la communauté religieuse de certaines présences, et progresser dans de nouvelles manières d’être “signe”, en « redessinant » les maisons et les Provinces, comme on se le demande, ces dernières années, dans différentes Visites d’Ensemble dans les Régions. Certes, nous devons vaincre de grandes résistances qui naissent des attachements, des années vécues dans une maison, de la pression de la Communauté Éducative elle-même, du quartier ou des Associations civiles, et jusqu’à certains Gouvernements locaux et régionaux... Mais les difficultés prévisibles ne peuvent empêcher ni notre lucidité ni notre capacité d’agir avec une prudente liberté.

3.4. Il suffit que vous soyez jeunes pour que je vous aime beaucoup

Au CG 26, nous lisons que revenir aux jeunes signifie «être sur la cour de récréation» et nous savons qu’être sur la cour, cela va au-delà de l’espace physique. Cela signifie être avec les jeunes et parmi eux, les rencontrer dans notre et leur vie quotidienne, connaître leur monde, faire en sorte qu’ils soient protagonistes, les accompagner en réveillant leur sens de Dieu et en les encourageant à vivre leur existence comme l’a vécue le Seigneur Jésus.

Lorsque nous contemplons Don Bosco, d’après ce que nous racontent ceux qui l’ont étudié de plus près et selon la fascination qu’il provoque lui-même, nous demeurons frappés par la force de sa passion vocationnelle pour les jeunes. Le P. Ricceri, dans une de ses lettres, écrit un passage qui me semble précieux, quand il dit : « La prédilection pastorale pour les enfants et les jeunes se manifestait chez Don Bosco comme une espèce de “passion” ou, mieux, comme sa “super vocation” à laquelle il se consacra en surmontant tous les obstacles et en abandonnant tout ce qui, même bon, en empêchait de quelque façon la réalisation. » (ACG 284, 1976, p. 31).

Et la prédilection pour les jeunes arrive à être la plus grande option de fond de sa vie, et c’est la mission de la Congrégation. Nous pourrions trouver beaucoup de choses déjà écrites et pensées sur cette réalité de Don Bosco ainsi que tout ce qui a été dit dans nos Chapitres Généraux. Le dernier d’entre eux, le CG26, indique différentes lignes d’action pour ce «retour aux jeunes ».

De ce «retour aux jeunes », nous n’avons pas parlé en tant qu’Assemblée Capitulaire ; je ne saurais donc dire dans quelle mesure cela est devenu une réalité au cours du dernier sexennat ; mais il s’agit de quelque chose qui sera toujours d’actualité. J’ose donc demander à chaque Province et aux communautés locales que, en réponse au plan d’animation et de gouvernement de chaque Province, là où un confrère a la force et la passion éducative et évangélisatrice, une vocation authentique à vivre pour les jeunes et au milieu d’eux, quel que soit son âge, l’on fasse tout ce qui est possible pour le libérer de toutes autres tâches et lui permettre ainsi de faire ce que nous devrions savoir faire le mieux par vocation : être des éducateurs-pasteurs des jeunes. Je vous invite à concrétiser et à traduire en décision de gouvernement ce que nous connaissons bien comme fruit d’un patrimoine-héritage salésien.

3.5. Pour nous comme pour Don Bosco: notre priorité sont les jeunes les plus pauvres, les derniers, les exclus

Le P. Vecchi écrit dans une de ses lettres: «Les jeunes pauvres ont été et sont encore un don pour les Salésiens. Revenir à eux nous fera retrouver la caractéristique centrale de notre spiritualité et de notre pratique pédagogique : la relation d’amitié qui crée la correspondance et le désir de grandir» (ACG 359, p. 24). Évidemment, personne ne peut dire que le P. Vecchi défend la pauvreté ; mais il prend acte que, malheureusement, la pauvreté existe et qu’il y a des jeunes pauvres ; si nous sommes avec eux et au milieu d’eux, ce sont eux, les premiers, qui nous font du bien, qui nous évangélisent et nous aident à vivre vraiment l’Évangile avec le charisme de Don Bosco. J’ose dire que ce sont les jeunes pauvres qui nous sauveront.

Notre être Serviteurs des jeunes passe – comme nous l’avons dit dans notre Chapitre Général – à travers l’abandon de nos sécurités, non seulement de vie mais aussi d’action pastorale, pour cheminer vers une pastorale « en montée » qui part des besoins profonds des jeunes et spécialement des plus pauvres. « En travaillant avec les jeunes, vous rencontrez le monde de l’exclusion des jeunes. Et c’est terrible ! » (Pape François, au cours de l’audience).

C’est pourquoi j’ose demander qu’avec le « courage, la maturité et une vie de prière intense» qui nous envoient vers les jeunes les plus exclus, nous reconsidérions dans chaque Province les lieux où nous devons rester, où nous devons aller et d’où nous pouvons nous en aller... Avec leur clameur et leurs cris de douleur, les jeunes les plus défavorisés nous interpellent. À leur manière, ils nous appellent. Cela demande des espaces de réflexion dans chaque Province pendant la durée de ce sexennat afin que, à la lumière du CG27 et de notre choix d’être Serviteurs des jeunes... vers les périphéries, nous arrivions à des décisions de gouvernement provincial, toujours en dialogue avec les Confrères afin qu’ils mettent en pratique ce que je demande, avec courage, maturité et un profond regard de Foi. N’ayons pas peur d’être prophètes en ce domaine.

3.6. Évangélisateurs des jeunes, compagnons de route, courageux pour leur proposer des défis à relever

L’article 6 de nos Constitutions contient en substance toute la richesse de la mission qui nous a été confiée à travers notre charisme : «Fidèles aux tâches que Don Bosco nous a transmises, nous sommes évangélisateurs des jeunes, spécialement des plus pauvres; nous prenons un soin particulier des vocations apostoliques; nous sommes des éducateurs de la foi dans les milieux populaires, surtout par le moyen de la communication sociale; nous annonçons l’Évangile aux peuples qui ne le connaissent pas. » C’est – et cela continuera à être – notre grand défi car même dans les cas les plus réussis, nous pouvons toujours faire plus, on ne fera jamais assez et nous devrons constater assez fréquemment que nous nous sommes arrêtés à mi-chemin.

Don Bosco est notre grand modèle dans ce « savoir-faire » avec un cœur salésien dans l’éducation et l’évangélisation des jeunes. Ses jeunes étaient convaincus que Don Bosco les aimait et voulait leur bien, en cette vie comme dans l’éternité. Pour cela, ils acceptaient sa proposition de connaître le Seigneur et d’être ses amis. Comme éducateurs, nous devons savoir être avec le jeune et l’accompagner dans sa réalité et sa situation concrète, dans son processus personnel de maturation. Comme évangélisateurs, notre objectif est d’accompagner les jeunes pour qu’ils puissent rencontrer librement le Seigneur Jésus.

Pour cela, chers Confrères, même dans la brièveté de ces lignes, je ne peux pas négliger de souligner ce point comme essentiel: nous sommes des évangélisateurs des jeunes et, comme Congrégation, comme Communautés provinciales et locales concrètes, nous devons vivre et grandir dans une véritable prédilection pastorale pour les jeunes. Il sera très difficile d’y parvenir si nous n’accordons pas la priorité et l’urgence à l’annonce du Seigneur Jésus aux jeunes et si, en même temps, nous ne sommes pas capables de les accompagner dans leur vie concrète. Ce devrait être un point fort pour nous : accompagner chaque jeune dans la situation qui est la sienne, mais c’est souvent une tâche que nous laissons à d’autres ou que nous disons ne pas savoir accomplir. Dans cet accompagnement, il est d’une vitale importance d’implanter la culture vocationnelle dont on nous a tant parlé. Nous n’avons pas encore réussi. D’habitude, elle nous fait peur ou nous la disqualifions avec l’« autojustification» selon laquelle nous ne croyons pas devoir utiliser de «canne à pêche ». Si nous le pensons vraiment et «vendons ce discours », nous tuons quelque chose qui est bien à nous, de notre charisme : la capacité d’accompagner chaque adolescent, chaque jeune dans sa recherche personnelle, dans ses défis, dans ses questions sur la vie, dans ses choix de vie. Ce qui est fascinant dans notre vocation salésienne, nous le laissons de côté ou en d’autres mains... ou à personne. C’est pour cela que je demande à chaque Province de destiner les confrères les plus capables pour la pastorale vocationnelle des jeunes, avec de vraies propositions d’évangélisation, développant des itinéraires systématiques d’éducation à la Foi, en privilégiant l’attention à la personne et son accompagnement personnel, proposant aux jeunes des défis courageux dans le discernement de leur projet de vie, également avec des propositions courageuses pour chaque type de vocations dans l’Église, même la vocation salésienne sous ses diverses formes et en impliquant toute la communauté.

Espérons que n’arrive pas ce que constatait le CG23 – une des visions les plus brillantes de notre magistère capitulaire sur l’éducation des jeunes à la foi – quand il dit que dans ce cheminement auquel je fais référence, peut arriver le moment de l’abandon, «non seulement à cause des difficultés que présente la foi mais par manque d’attention de la part des éducateurs, plus préoccupés des choses que d’accompagner fraternellement le dialogue entre le jeune et Dieu. » (CG23, 137)

3.7. Avec les laïcs dans l’urgence de la mission partagée

Dans notre réflexion capitulaire, nous avons constaté une plus grande participation active des laïcs, favorisée par la coresponsabilité et la mission partagée dans la communauté éducative et pastorale. Il y a déjà dix-huit ans, au CG 24 – pour ne pas remonter à un magistère plus ancien – on demandait au Recteur Majeur et à son Conseil de faire connaître des initiatives et des expériences de collaboration entre SDB et laïcs (CG 24,127) et l’on reconnaissait, dans la réflexion capitulaire que « le chemin d’implication mène à la communion dans l’esprit, et l’itinéraire de la coresponsabilité conduit à partager la mission salésienne. Communion et participation, implication et coresponsabilité sont les deux faces de la même médaille. » (CG 24,22)

Nous avons fait des progrès dans notre manière de voir la mission partagée. Le P. Pascual Chávez nous a démontré plusieurs fois, comme fruit de sa réflexion sur ce thème, qu’avec le regard et la vision théologique et ecclésiologique actuelle, on ne peut concevoir la mission salésienne sans les laïcs parce que leur apport également est vital pour notre charisme.

Pour ma part, j’ajoute ceci, chers Confrères : la mission partagée entre SDB et laïcs n’est plus optionnelle – si par hasard certains le pensaient encore – et ce, parce que la mission salésienne dans le monde actuel nous le réclame avec insistance. Il est vrai que dans la Congrégation, nous allons à des «vitesses» différentes selon les Provinces, mais la mission partagée entre laïcs et SDB, la réflexion sur cette mission, le processus de conversion de la part de nos confrères SDB dans ce domaine sont inaliénables. J’ose donc demander que pour chaque Province, durant le premier triennium après le CG27, la concrétisation du Projet et du programme de la mission partagée entre SDB et laïcs devienne réalité – si ce n’est déjà fait. Ou bien que l’on étudie la réalité provinciale ainsi que le projet et le programme concret à mettre en pratique durant les années qui nous mèneront au prochain Chapitre Général.

3.8. Mission « Ad Gentes », Projet Europe et Bicentenaire

Je ne développe pas ces thèmes. Je note seulement qu’il ne s’agit pas d’un oubli mais, au contraire, de trois réalités qui ont déjà occupé une place appropriée dans la programmation du sexennat. Les deux derniers, Projet Europe et Bicentenaire, ont déjà leur propre développement que nous devons continuer à prendre en charge. Quant à l’Action Missionnaire de la Congrégation (« Mission ad Gentes »), elle bénéficiera d’une particulière attention, toujours dans le cadre de la coordination entre tous les secteurs de la Mission qui embrasse la pastorale des jeunes, spécialement pour les plus pauvres, l’éducation des classes populaires, avec un soin attentif à la communication sociale, et l’annonce de l’Évangile aux peuples qui ne le connaissent pas encore – Mission ad Gentes – (cf. C 6).

3.9. Un merci du fond du cœur

Je ne peux pas terminer mon discours sans faire référence au Recteur Majeur précédent et à son Conseil. Dix-huit ans ont passé depuis la dernière fois qu’un Recteur Majeur succède à son prédécesseur.

Du fond du cœur, merci, très cher P. Pascual, IXème Successeur de Don Bosco, qui as été notre Recteur Majeur, ces douze dernières années, donnant vie, donnant ta vie, en étant père, en guidant notre Congrégation avec habileté et assurance, comme un bon capitaine qui sait trouver la route malgré le brouillard et la tombée de la nuit à chaque coucher du soleil. Merci d’avoir été Père pour toute la Famille Salésienne, Successeur de Don Bosco pour les jeunes de toutes les parties du monde. Merci pour ton magistère riche et solide, merci pour avoir conduit à bon port le bateau de toute la Congrégation pendant cette longue traversée des douze dernières années. Que le Seigneur te bénisse et que Don Bosco récompense tout ton dévouement en son nom!

Je suis tout à fait certain que mes paroles en tant que Recteur Majeur sont celles de toute l’Assemblée Capitulaire du CG 27, de tous les Confrères de la Congrégation, de toute la Famille Salésienne et de tant de Jeunes du monde entier qui voudraient prendre la parole en ce moment.

Et un merci très vif et plein d’affection également à ton Vicaire et à tous les membres du Conseil Général qui, pendant six ou douze ans, ont pris soin avec zèle de chacune des parties (soit les Secteurs d’animation, soit les Régions du monde) que leur a confiée la Congrégation. Au nom de tous les Confrères, de la Famille Salésienne et des Jeunes un grand merci pour votre grande générosité et votre grand dévouement.

Je conclus en invoquant notre Mère, notre Auxiliatrice que, dans la prière préparée pour ce document capitulaire par le P. Pascual, nous invoquons comme Notre-Dame de l’Écoute, Mère de la communauté nouvelle et Servante des pauvres. Que par son intercession, Elle nous obtienne le don de l’Esprit pour avoir un cœur qui appartienne davantage à Dieu, avec les confrères, pour les jeunes et entre eux.

Que Don Bosco nous guide et nous accompagne pour traduire dans la vie ce que nous avons vécu, pensé et rêvé en ce CG 27. Qu’avec un cœur semblable au sien, il fasse de nous de vrais chercheurs de Dieu (Mystiques), des frères capables d’aimer ceux que Dieu met sur le chemin de notre vie (Prophètes de la Fraternité), et vrais serviteurs des jeunes avec le cœur du Bon Pasteur.

Rome, 12 avril 2014

LISTE DES PARTICIPANTS AU CHAPITRE GÉNÉRAL 27

 

Conseil Général
1   P CHÁVEZ VILLANUEVA Pascual Recteur Majeur, Président
2   P BREGOLIN Adriano Vicaire du Recteur Majeurore
3   P CEREDA Francesco Conseiller pour la Formation, Régulateur
4   P ATTARD Fabio Conseiller pour la Pastorale des Jeunes
5   P KLEMENT Václav Conseiller pour les Missions
6   P GONZÁLEZ Plascencia Filiberto Conseiller pour la Communication Sociale
7   L MULLER Jean Paul Économe Général
8   P BASAÑES Guillermo Conseiller Régional  Africa e Madagascar
9   P CHRZAN Marek Conseiller Régional Europa Nord
10 P FRISOLI Pier Fausto Conseiller Régional  Italia e Medio Oriente 
11 P KANAGA Maria Arokiam Conseiller Régional Asia Sud
12 P NÚÑEZ MORENO José Miguel Conseiller Régional  Europa Ovest
13 P ORTIZ G. Esteban Conseiller Régional Interamericana
14 P VITALI Natale Conseiller Régional America Cono Sud
15 P WONG Andrew Conseiller Régional Asia Est e Oceania
16 P STEMPEL Marian Secrétaire Général
17 P MARACCANI Francesco Procurateur Général
Région salésienne: AFRIQUE ET MADAGASCAR
18 P GEBREMESKEL Estifanos Sup. V-prov. Afrique Éthiopie-Érythrée
19 P TAKELE Seleshi Délégué Afrique Éthiopie-Érythrée
20 P NGOY Jean-Claude Provincial Afrique Centrale
21 P MAKOLA MWAWOKA Dieudonné Délégué Afrique Centrale
22 P ROLANDI Giovanni Provincial Afrique Est
23 P ASIRA LIPUKU Simon Délégué Afrique Est
24 P DUFOUR François Sup. V-prov. Visit. Afrique Méridionale
25  L MHARA Marko Délégué Afrique Méridionale
26 P GARCĺA PEÑA Faustino Provincial. Afrique Occ. Francophone
27  L CORDERO Hernán Délégué Afrique Occ. Francophone
28 P CRISAFULLI Jorge Provincial Afrique Occ. Anglophone
29 P OCHE Anthony Délégué Afrique Occ. Anglophone
30 P SWERTVAGHER Camiel Sup. V-prov. Afrique Grands Lacs
31 P NGOBOKA Pierre Célestin Délégué Afrique Grands Lacs
32 P RODRĺGUEZ MARTIN Filiberto Sup. V-prov.. Angola
33 P SEQUEIRA GUTIÉRREZ Victor Luis Délégué Angola
34 P JIMÉNEZ CASTRO Manuel Sup. V-prov. Afrique Tropicale Équatoriale
35 P NGUEMA Miguel Ángel Délégué Afrique Tropicale Équatoriale
36 P CIOLLI Claudio Sup. V-prov.. Madagascar
37 P BIZIMANA Innocent Délégué Madagascar
38 P CHAQUISSE Américo Sup. V-prov.. Mozambique
39 P SARMENTO Adolfo de Jesus Délégué Mozambique
40 P CHALISSERY George Sup. V-prov.. Zambie-Malawi-Namibie-Zimbabwe
41 P MBANDAMA Michael Kazembe Délégué Zambie-Malawi-Namibie-Zimbabwe
Région salésienne: AMÉRIQUE-CÔNE SUD
42 P CAYO Manuel Provincial Argentine Nord
43 P ROMERO Héctor Délégué Argentine Nord
44 P FERNÁNDEZ ARTIME Ángel Provincial Argentine Sud
45  L VERA Hugo Carlos Délégué Argentine Sud
46 P MARÇAL Márcio Délégué Brésil Belo Horizonte
47 P SHINOHARA Lauro Provincial Brésil Campo Grande
48 P FIGUEIRÓ Tiago Délégué Brésil Campo Grande
49 P ALVES DE LIMA Francisco Provincial Brésil Manaus
50 P RIBEIRO Antonio de Assis Délégué Brésil Manaus
51 P FISTAROL Orestes Provincial Brésil Porto Alegre
52 P DA SILVA Gilson Marcos Délégué Brésil Porto Alegre
53 P VANZETTA Diego Provincial Brésil Recife
54 P RODRIGUES João Carlos Délégué Brésil Recife
55 P CASTILHO Edson Provincial Brésil São Paulo
56 P SIBIONI Roque Luiz Délégué Brésil São Paulo
57 P LORENZELLI Alberto Riccardo Provincial Chili
58 P ALBORNOZ David Délégué Chili
59 P LEDESMA Néstor Provincial Paraguay
60 P ZÁRATE LÓPEZ Nilo Damián Délégué Paraguay
61 P CASTELL Néstor Provincial Uruguay
62 P COSTA Daniel Délégué Uruguay
Région salésienne: ASIE EST-OCÉANIE
63 P CHAMBERS Greg Provincial Australie
64 P GRAHAM Bernard Délégué Australie
65 P FEDRIGOTTI Lanfranco Provincial Chine
66 P FUNG Ting Wa Andrew Délégué Chine
67 P CRUZ Eligio Provincial Philippines Nord
68 P GARCES Alexander Délégué Philippines Nord
69 P MILITANTE George Provincial Philippines Sud
70 P GERONIMO Honesto Délégué Philippines Sud
71 P CIPRIANI  Aldo Provincial Japon
72 P YAMANOUCHI  Mario Michiaki Délégué Japon
73 P GUTERRES João Paulino Sup. V-prov. Indonésie-Timor Est
74 P SOERJONOTO Yohannes Boedi Délégué Indonésie-Timor Est
75 P NAM Stephanus (Sanghun) Provincial Corée
76 P YANG Stefano Délégué Corée
77 P VALLENCE Maurice Sup. V-prov.. Myanmar
78 P SOE NAING Mariano Délégué Myanmar
79 P PRASERT SOMNGAM Paul Provincial Thaïlande
80 P SUPHOT RIUNGAM Dominic Savio Délégué Thaïlande
81 P TRAN Hoa Hung Giuseppe Provincial Vietnam
82 P NGUYEN Thinh Phuoc Giuseppe Délégué Vietnam
83 P NGUYEN Ngoc Vinh Giuseppe Délégué Vietnam
Région salésienne: ASIE SUD
84 P D’SOUZA Godfrey Provincial Inde Bombay
85 P FERNANDES Ajoy Délégué Inde Bombay
86 P ELLICHERAIL Thomas Provincial Inde Calcutta
87 P PUYKUNNEL Shaji Joseph Délégué Inde Calcutta
88 P GURIA Nestor Provincial Inde Dimapur
89 P CHITTILAPPILLY Varghese Délégué Inde Dimapur
90 P VATTATHARA Thomas Provincial Inde Guwahati
91 P ALMEIDA Joseph Délégué Inde Guwahati
92 P RAMINEDI Balaraju Provincial Inde Hyderabad
93 P THATHIREDDY Vijaya Bhaskar Délégué Inde Hyderabad
94 P ANCHUKANDAM Thomas Provincial Inde Bangalore
95 P KOONAN Thomas Délégué Inde Bangalore
96 P VETTOM Jose Délégué Inde Bangalore
97 P RAPHAEL Jayapalan Provincial Inde Madras
98 P SWAMIKANNU Stanislaus Délégué Inde Madras
99 P ANTONYRAJ Chinnappan Délégué Inde Madras
100 P PEEDIKAYIL Michael Provincial Inde New Delhi
101 P PARAPPULLY Jose Délégué Inde New Delhi
102 P FIGUEIREDO Ian Provincial Inde Panjim
103 P RODRIGUES Avil Délégué Inde Panjim
104 P MALIEKAL George Provincial Inde Silchar
105 P LENDAKADAVIL Anthony Délégué Inde Silchar
106 P JOHNSON Albert Provincial Inde Tiruchy
107 P JOSEPH Antony Délégué Inde Tiruchy
108 P KAHANAWITALIYANAGE Nihal Sup. V-prov.. Sri Lanka
109 P SAJEEWAKA Paul Délégué Sri Lanka
Région salésienne: EUROPE NORD
110 P OSANGER Rudolfo Provincial Autriche
111 P KETTNER Siegfried Délégué Autriche
112 P TIPS Mark Provincial Belgique Nord
113 P WAMBEKE Wilfried Délégué Belgique Nord
114 P VACULĺK Petr Provincial République Tchèque
115 P CVRKAL Petr Délégué République Tchèque
116 P ORKIĆ Pejo Provincial Croatie
117 P STOJIĆ Anto Délégué Croatie
118 P COYLE Martin Provincial Grande Bretagne
119 P GARDNER James Robert Délégué Grande Bretagne
120 P GRÜNNER Josef Provincial Allemagne
121 P GESING Reinhard Délégué Allemagne
122 P VON HATZFELD Hatto Délégué Allemagne
123 P CASEY Michael Provincial Irlande
124 P FINNEGAN John Christopher Délégué Irlande
125 P WUKEK Andrzej Provincial Pologne Varsovie
126 P KULAK Wojciech Délégué Pologne Varsovie
127 P YASHEUSKI Aliaksandr Délégué Pologne Varsovie
128 P CHMIELEWSKI Marek Provincial Pologne Pila
129 P KABAK Vladimir Délégué Pologne Pila
130 P KLAWIKOWSKI Zenon Délégué Pologne Pila
131 P LEJA Alfred Provincial Pologne Wroclaw
132 P LOREK Piotr Délégué Pologne Wroclaw
133 P BARTOCHA Dariusz Provincial Pologne Cracovie
134 P KIJOWSKI Tomaz Délégué Pologne Cracovie
135 P MANĺK Karol Privincial Slovaquie
136 P IŽOLD Jozef Délégué Slovaquie
137 P POTOČNIK Janez Provincial Slovénie
138 P MARŠIČ Franc Délégué Slovénie
139 P PISTELLATO Onorino Sup. Circ. Ukraine
140 P VITÁLIS Gábor Suppléant Hongrie
141 P DEPAULA Flavio Délégué Hongrie
Région salésienne: EUROPE OUEST
142 P FEDERSPIEL Daniel Provincial France-Belgique Sud
143 P ROBIN Olivier Délégué France-Belgique Sud
144 P PEREIRA Artur Provincial Portugal
145 P MORAIS Tarcízio Délégué Portugal
146 P ASURMENDI Angel Provincial Espagne Barcelone
147 P CODINA Joan Délégué Espagne Barcelone
148 P URRA MENDĺA Félix Provincial Espagne Bilbao
149 P VILLOTA José Luis Délégué Espagne Bilbao
150 P RODRĺGUEZ PACHECO José Provincial Espagne León
151 P BLANCO ALONSO José Maria Délégué Espagne León
152 P ONRUBIA Luis Provincial Espagne Madrid
153 P VALIENTE Javier Délégué Espagne Madrid
154 P GARCĺA SANCHEZ Fernando Délégué Espagne Madrid
155 P RUIZ MILLÁN Francisco Provincial Espagne Séville
156 P PÉREZ Juan Carlos Délégué Espagne Séville
157 P SANCHO GRAU Juan Bosco Provincial Espagne Valence
158 P SOLER Rosendo Délégué Espagne Valence
Région salésienne: INTERAMÉRIQUE
159 P PICHARDO Victor Provincial Antilles
160 P SANTIAGO Hiram Délégué Antilles
161 P LÓPEZ ROMERO Cristóbal Provincial Bolivie
162 P APARICIO BARRENECHEA Juan F. Délégué Bolivie
163 P HERNÁNDEZ Alejandro Provincial Centre Amérique
164 P SANTOS René Délégué Centre Amérique
165 P MORALES Jaime Provincial Colombie Bogotá
166 P GRAJALES Wilfredo Délégué Colombie Bogotá
167 P GÓMEZ RUA John Jairo Provincial Colombie Medellín
168 P BEJARANO Rafael Délégué Colombie Medellín
169 P FARFÁN Marcelo Provincial Équateur
170 P GARCĺA ITURRALDE Robert Germán Délégué Équateur
171 P SYLVAIN Ducange Sup. V-prov. Haïti
172 P MÉSIDOR Jean-Paul Délégué Haïti
173 P MURGUĺA VILLALOBOS Salvador Cl. Provincial Mexique Guadalajara
174 P OROZCO Hugo Délégué Mexique Guadalajara
175 P HERNÁNDEZ PALETA Gabino Provincial Mexique Mexico
176 P OCAMPO URIBE Ignacio Délégué Mexique Mexico
177 P DAL BEN Santo Provincial Pérou
178 P PACHAS José Antonio Délégué Pérou
179 P DUNNE Thomas Provincial États-Unis Est
180 P PACE Michael Délégué États-Unis Est
181 P PLOCH Timothy Provincial États-Unis Ouest
182 L VU Alphonse Délégué États-Unis Ouest
183 P STEFANI Luciano Provincial Venezuela
184 P MÉNDEZ Francisco Délégué Venezuela
Région salésienne: ITALIE ET MOYEN ORIENT
185 P MANCINI Leonardo Sup. Circ. Italie Centrale
186 P BERTO Gino Délégué  Italie Centrale
187 P COLAMEO Roberto Délégué Italie Centrale
188 P MARCOCCIO Francesco Délégué. Italie Centrale
189 P MARTOGLIO Stefano Sup. Circ. Italie Piémont et Val d’Aoste
190 P BESSO Cristian Délégué Italie Piémont et Val d’Aoste
191 P STASI Enrico Délégué Italie Piémont et Val d’Aoste
192 L MANZO Piercarlo Délégué Italie Piémont et Val d’Aoste
193 P CACIOLI Claudio Provincial Italie Lombardie-Émilie
194 P CUCCHI Daniele Délégué Italie Lombardie-Émilie
195 P VANOLI Stefano Délégué  Italie Lombardie-Émilie
196 P CRISTIANI Pasquale Provincial Italie Méridionale
197 P BELLINO Fabio Délégué Italie Méridionale
198 P DAL MOLIN Roberto Provincial Italie Nord Est
199 P BIFFI Igino Délégué Italie Nord Est
200 L PETTENON Giampietro Délégué Italie Nord Est
201 P RUTA Giuseppe Provincial Italie Sicile
202 P MAZZEO Marcello Délégué Italie Sicile
203 P EL RA’I Munir Provincial Moyen Orient/td>
204 P CAPUTA Giovanni Délégué Moyen Orient
Université Pontificale Salésienne
205 P D’SOUZA Joaquim Sup. V-prov.. UPS
206 P NANNI Carlo Délégué UPS
Maison Générale et Communauté du Vatican
207 P LÓPEZ Horacio Adrián Délégué RMG
Observateurs invités
208 L KURIAS Cyriac Invité Inde New Delhi
209 L CALLO Raymond Invité Philippines Nord
210 L BEHÚN Rastislav Invité Slovaquie
211 L PIÑUELA Matías Invité Espagne León
212 P BAQUERO Peter Invité Philippines Nord
213 P POOBALARAYEN Ferrington Invité Afrique Est
214 P KARIKUNNEL Michael Invité Afrique Occ. Anglophone
215 P OBERMÜLLER Petrus Invité Autriche
216 P DERETTI Asidio Invité Brésil Porto Alegre
217 P DOS SANTOS Gildásio Invité Brésil Campo Grande
218 P BICOMONG Paul Invité Philippines Nord
219 P GOMES Nirmol Invité Inde Calcutta
220 P CAUCAMÁN Honorio Invité Argentine Sud
 
INDEX ANALYTIQUE DU THÈME CAPITULAIRE

Accompagnement des jeunes

– Accompagnement pour leur maturation 1, 73.5
– Accompagnement spirituel 17, 18, 27, 38, 59, 75.1
– Accompagnement vocationnel 74.2, 75.1

Authenticité

– Authenticité, besoin des jeunes 1, 17, 40
– Authenticité, à témoigner dans la vie salésienne 1, 8, 55, 59, 63.2, 67.1

Collaboration et collaborateurs

– Salésiens ouverts à la collaboration 19, 29, 55, 57, 71.3
– Collaborateurs des Salésiens 16, 69.2, 70.2, 75.4

Compréhension

– Compréhension réciproque 41, 48

Communication relationnelle

– Communication interpersonnelle 25, 40, 69.1

Communion

– Communion en communauté 3, 36, 41, 45, 46, 51, 68.1, 71.1

Communauté éducative et pastorale

– Rôle proactif des Salésiens envers la CEP 13, 14, 15, 44, 46, 60, 65.2

Communauté salésienne

– Consistance 60, 69.6
– Communauté en relation avec Dieu 1, 5, 33, 39, 40
– Communauté et vie fraternelle 8, 9, 10, 11, 12, 31, 36, 40, 42, 45, 47, 48, 49, 50, 63.2, 67.5, 69.3, 69.6
– Communauté et mission 11, 21, 40, 43, 44, 60, 63.2, 69.5, 74.1
– Communautés internationales 29, 75.5

Contexte numérique / digital

– Le monde numérique / digital nous interpelle 25, 42, 62, 75.4

Conversion

– Conversion spirituelle, fraternelle et pastorale 63, 65.1, 73.1

Coresponsabilité

– Coresponsabilité dans la communauté salésienne 48, 51, 69.3, 71.1
– Coresponsabilité avec la CEP et la Famille Salésienne 13, 15, 19, 44, 46, 51, 70.2, 71.1

Correction fraternelle

– Accueil de la correction fraternelle 48, 68.2

Culture salésienne

– Promotion de la culture salésienne 67.3, 67.6, 71.1

Dialogue

– Ouverture au dialogue 35, 37, 61, 69.1 Dieu
– Recherche de Dieu 1, 2, 4, 32
– Rencontre avec Dieu 1, 2, 17, 18, 34, 38, 53, 59, 66.2
– Expérience de Dieu 2, 33, 40, 41, 52, 64.1
– Primat de Dieu 1, 2, 3, 7, 28, 32, 38, 63.1
– Union avec Dieu 33, 53, 54
– Dieu Père 33, 39
– Dieu Esprit 41, 64, 66

Directeur

– Le besoin ressenti de sa paternité spirituelle 12, 14, 51
– Avoir soin du directeur 69.3, 69.10, 69.11

Distance d’avec les jeunes

– Distance d’avec les jeunes 24, 72.1

Don Bosco

– Suivre Don Bosco 3, 4, 31, 32, 33, 41, 48, 55

Droits

– La promotion et la défense des droits humains et des mineurs 22, 71.2, 73.3

Écologie

– Éduquer les communautés et les jeunes au respect de la nature 30, 73.6

Écoute

– Écouter Dieu dans les jeunes et les pauvres 22, 35, 52, 59, 64.2
– Écouter Don Bosco 31
– Écouter collaborateurs et salariés 69.2

Éducation des jeunes

– Notre vie consacrée doit transparaître dans notre travail d’éducation 3, 18, 38, 44, 53
– Nouveaux champs d’éducation des jeunes 25, 30, 62, 73.5, 73.6, 75.4

Embourgeoisement

– Recherche d’une vie aisée 9, 16, 45, 74.1

Esprit de famille

– Communautés authentiques selon l’esprit de famille 3, 12, 15, 48, 63.2

Eucharistie

– Eucharistie, source et soutien de la vie consacrée 3, 41, 65.1

Évangélisation des jeunes

– Le défi de l’évangélisation des jeunes 2, 17, 18, 27, 37, 47, 54, 58
– Nouveaux champs de l’évangélisation des jeunes 25, 62, 73.5

Famille Salésienne

– Travailler avec d’autres groupes de la Famille Salésienne 19, 44, 69.1, 71.2

Fidélité

– Dieu est fidèle 31
– Notre fidélité 3, 4, 26, 28, 40

Foi

– Vivre de foi 3, 31, 34, 66.2
– Favoriser la croissance dans la foi 38, 54, 59

Formation des Salésiens

– Formation initiale 21, 49, 71.4
– Formation permanente 7, 8, 36, 42, 49, 64.2, 67.8
– Formation affective, interpersonnelle et spirituelle 12, 49, 50, 69.8
– Formation pastorale 21, 50, 61, 71.4, 71.5, 75.4
– Formation des directeurs 51, 69.10,

Fraternité

– Moyens pour construire la fraternité 3, 10, 29, 31, 41, 47, 51, 68.2, 69.7
– Fraternité avec les collaborateurs 44, 69.2
– Témoignage de la fraternité 39, 40, 63, 68, 68.2

Gestion des biens et des œuvres

– Absorption par les tâches de gestion 14, 16, 27
– Transparence et professionnalisme dans la gestion 75.6

Grâce d’unité

– Rencontrer Dieu dans les jeunes 1, 53, 64.1, 64.2
– Le spirituel et l’humain 6, 27, 32, 33, 67.5
– L’évangélisation et l’éducation 17, 18, 25, 38, 58
– Consécration, fraternité et mission 36, 40, 41, 63

Guide spirituel

– Nécessité d’un guide spirituel stable 7, 67.2

Individualisme

– Préoccupation excessive pour son travail 13, 42, 70.1

Jésus-Christ

– Amour pour Jésus 32, 41, 64.1, 66.1, 72.1
– Appel de Jésus 24, 32, 33, 39, 66.1
– Rencontre avec Jésus 1, 18, 31, 34, 38, 60, 64.1

Joie

– La joie qui vient de notre foi 31, 66.2
– La joie qui vient de notre vocation et de notre mission 4, 17, 32, 39, 59, 67.1

Laïcs

– Sensibilité aux valeurs 1
– Formation des laïcs 15, 16, 20, 67.8, 71.5, 71.7, 73.2
– Coresponsabilité des laïcs 15, 19, 44, 46, 69.1, 70.2, 71.5
– Contribution des laïcs 15, 16, 71.5 75.1

Lectio divina

– Contact profitable avec la Parole de Dieu 5, 8, 67.4

Marie

– Marie aide à redécouvrir la joie de la foi 31

Méditation

– Pratique quotidienne 65.2

Mission salésienne et dimension missionnaire

– Expérience de Dieu et mission salésienne 2, 3, 41, 53
– Fraternité et mission salésienne 11, 39, 40, 69.4, 69.7, 70.1
– Vie consacrée et mission salésienne 9, 10, 28, 36,
– Coresponsabilité dans la mission salésienne 13, 19, 70.2, 71.7
– Dimension missionnaire 2, 17, 35, 43, 74.1, 75.5

Monde

– Le monde en attente de témoignage 5, 29, 40, 66.1, 66.2

Mouvement Salésien des Jeunes (MSJ)

– La maturation des jeunes à travers le MSJ 17

Mystique

– À la base de tout, la relation avec Dieu 33, 40, 64, 66

Ouverture à la culture

– Ouverture aux dynamiques culturelles du monde 2, 5, 35, 37, 43, 62, 71.4

Parole de Dieu

– Contact avec la Parole de Dieu 5, 34, 52, 64.2, 65.2, 65.3, 67.4

Partage

– Partage spirituel 5, 8, 54, 65.2, 67.4
– Partage de la mission 13, 46
– Partage avec les laïcs et les jeunes 15, 46, 65.2, 74.1

Participation active des jeunes

– Jeunes protagonistes 17, 70.2, 73.5

Passion

– Passion pour Jésus-Christ 66.1, 72.1
– Passion pour Don Bosco 4

Pastorale

– Difficultés dans la pastorale 21, 56, 70.1
– Pastorale dynamique / proactive 71.6, 72.2, 74.2

Pastorale des jeunes

– Pastorale des jeunes, don pour l’Église et pour le monde 20, 57
– Renouvellement de la pastorale des jeunes 71.4, 71.6, 73.2

Pastorale familiale

– Soin des familles 3, 20, 46, 71.5, 71.7

Périphéries et jeunes

– Service des jeunes pauvres 3, 5, 6, 17, 22, 26, 31, 32, 35, 36, 63.3, 74.1, 75.3
– Nouvelles frontières et «périphéries existentielles » 22, 26, 35, 43, 44, 55, 63.3, 69.5, 72.2, 73.1, 73.2, 73.3

Planification

– Planification pastorale et salésienne 56, 71.4, 71.6
– Projet personnel de vie 5, 67.1
– Projet communautaire 13, 67.1, 70.1, 71.1
– Projet provincial 70.1, 71.5
– Projet éducatif et pastoral (PEPS) 13, 51, 71.1, 71.5

Présence parmi les jeunes

– Être avec les jeunes 16, 24, 59, 62, 72.1

Prière

– La prière, un véritable apostolat 11
– La prière personnelle 28, 65.2, 67.5
– La prière communautaire 3, 8, 28, 65.2 67.5
– Livre de prières à mettre à jour 67.7

Protection des mineurs

– Respect de la dignité des mineurs 23, 73.4
– Accompagnement des sujets impliqués dans des cas d’abus 69.9

Radicalité évangélique

– Témoignage de la radicalité évangélique 4, 36, 55, 63, 75.7

Rapports et Relations

– Rapports superficiels à surmonter 10, 42, 62, 68.1
– Rapports fraternels 1, 3, 12, 15, 25, 40, 45, 47, 68.1, 69.2
– La formation favorise des relations interpersonnelles 12, 49, 50, 69

Réconciliation

– La réconciliation pour être prophètes de la fraternité 40, 48, 68.2
– Sacrement de la Réconciliation 49, 65.1

Réflexion

– Réflexion pastorale 13, 54, 67.5, 71.7
– Réflexion sur la vocation et la vie salésienne 8, 69.7

Restructuration

– Restructuration des présences 26, 69.6

Salésien coadjuteur

– Soin de la vocation du Salésien coadjuteur 10, 69.7

Sequela de Jésus

– Sequela de Jésus dans la vie consacrée 33, 36, 63.1, 66.1

Serviteurs des jeunes

– Service de Dieu parmi les jeunes 53
– Service des jeunes pauvres 3, 63.3
– Prière et sacrifice, service des jeunes 11
– Formation, préparation pour le service des jeunes 61
– Service ensemble 57

Soin des confrères

– Soin des confrères en situations difficiles 9, 11, 47, 69.4

Sortir

– Aller à la rencontre des besoins 7, 35, 43, 44, 72.2

Spiritualité

– Spiritualité du quotidien 3
– Spiritualité missionnaire 35, 45, 64.1
– Spiritualité salésienne 19, 58, 59, 67.3

Système Préventif

– Nécessité d’une compréhension et d’une pratique rénovées du SP 3, 16, 26, 47, 54, 58, 59, 73.3
– Système Préventif, une spiritualité 54, 58, 59

Témoignage

– Témoins de Dieu 1, 3, 4, 5, 28, 32, 33, 37, 38, 39
– Témoins d’unité 40
– Témoins de radicalité évangélique 59, 63, 66.1

Tempérance

– Vie sobre et essentielle 30

Travail

– Travail peu significatif 27, 28, 38, 42
– Travail fécond 8, 50, 58, 63.2, 67.5
– Travail ensemble 8, 13, 19, 71.2, 71.3

Travail et tempérance

– Vivre le binôme travail et tempérance 50, 60, 75.2

Valdocco

– Vie fraternelle comme au Valdocco 48, 68

Vie consacrée

– Dieu, clé de voûte de la vie consacrée 5, 31, 32, 41, 67.1
– Esprit fraternel et vie consacrée 40, 69.7
– Identité de la vie consacrée 3, 10, 31, 69.7
– Vocations à la vie consacrée 35, 75.1

Vie spirituelle

– Travail et vie spirituelle 6, 58
– Accompagnement de la vie spirituelle des jeunes 27

Vocation

– Vocation salésienne 3, 10, 31, 32, 36, 38, 69.7
– Soin des vocations 15, 17, 27, 40, 74.2, 75.1

Volontariat

– Valoriser le volontariat 17, 73.2