RM Ressources

ACG427 Convocazione del CG28mo

QUELS SALÉSIENS POUR LES JEUNES D’AUJOURD’HUI ?

 

Lettre de convocation du Chapitre Général 28

1. CONVOCATION DU CG28. 1.1. Choix du thème. - 1.2. Autres engagements. - 1.3. Objectif fondamental du thème. - 1.4. Quelques questions que nous pourrons nous poser. - 2. THÈME DU CG28. 2.1. Priorité de la mission salésienne parmi les jeunes d’aujourd’hui. - 2.2. Profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui. - 2.2.1. Avec Don Bosco comme modèle. - 2.2.2. Vocation et formation - a) Formation comme réponse permanente à l’appel de Dieu, - b) Mission et communion, - c) Équipes de formation de qualité - 2.3. Ensemble avec les laïcs dans la mission et dans la formation. - 2.3.1. Réalisations et résistances dans la mission partagée avec les laïcs. - 2.3.2. Réciprocité dans les relations entre Salésiens et laïcs. - 2.3.3. Formation conjointe Salésiens-laïcs. - 2.3.4. Œuvres à gestion partagée ou confiées à des laïcs. - 3. LE « MOMENT FAVORABLE » DU CG28.

Turin, 24 mai 2018

doc   pdf   zip  

Bien chers confrères,

Durant la session plénière du Conseil Général, nous avons réfléchi sur le prochain Chapitre Général dont nous avons déjà communiqué le titre et le parcours de préparation. Immédiatement après, j’ai consacré personnellement du temps pour reprendre le contenu des derniers Chapitres Généraux depuis 1972, avec la tenue du Chapitre Général Spécial (CG 20) qui a marqué un point fixe dans l’histoire du renouveau de notre Congrégation après le Concile Vatican II, jusqu’au dernier Chapitre qui a eu lieu en 2014. Il s’agit donc de quarante-deux années de la vie de l’Église et de la Congrégation au cours desquelles se sont succédé huit Chapitres Généraux.

Nous arrivons maintenant au temps de l’annonce et de la préparation du CG 28 qui sera, sans aucun doute et une fois de plus, « le signe principal de l’unité de la Congrégation dans sa diversité », comme l’affirment nos Constitutions.[1]

Selon la dynamique propre de chaque Chapitre Général, nous nous retrouverons comme confrères salésiens du monde entier face au défi de revoir notre fidélité au Seigneur, à l’Évangile et à Don Bosco, « sensibles aux besoins des temps et des lieux », nous laissant guider par l’Esprit Saint afin de connaître la volonté de Dieu en ce moment de l’histoire.[2]

 

1. CONVOCATION DU CG28

En cette solennité de Marie Auxiliatrice, depuis Turin et avec une joie profonde, je vous fais parvenir cette lettre par laquelle je convoque, selon l’article 150 de nos Constitutions, le CG 28. Il aura pour thème : Quels salésiens pour les jeunes d’aujourd’hui ? Le Chapitre se tiendra au Valdocco (Turin) où nous retournerons, à soixante-deux ans du dernier Chapitre Général qui y a été célébré, dans le même lieu saint salésien où Don Bosco a vécu et fondé notre Congrégation. Ce sera un véritable don que de nous rencontrer avec notre Père Don Bosco et de nous sentir vraiment à la maison, là où, « charismatiquement », nous sommes tous nés comme Salésiens de Don Bosco.

Le Chapitre Général s’ouvrira le dimanche 16 février 2020, avec la célébration solennelle de l’Eucharistie en la Basilique Notre Dame Auxiliatrice ; nous pensons conclure les travaux le 4 avril 2020, veille du Dimanche des Rameaux. Le Chapitre Général durera donc sept semaines.

Comme Régulateur, j’ai nommé le Père Stefano Vanoli qui assume généreusement la responsabilité d’accompagner la préparation et le développement de notre Chapitre Général.

1.1. Choix du thème

Le thème choisi est le fruit d’une réflexion vaste et approfondie du Conseil Général qui a tenu compte des orientations actuelles de l’Église et du Pape François, spécialement des deux Synodes des Évêques sur la Famille et de la préparation de celui qui se tiendra en octobre 2018 sur « Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel ».

Le Conseil Général a aussi relevé certaines questions que la connaissance toujours plus profonde de la Congrégation a permis d’identifier, notamment à partir des Visites d’Ensemble et des Visites Extraordinaires, ainsi que de la vision que chaque Conseiller a pu avoir de la réalité de la Congrégation, et que j’ai moi-même mûrie après étude et les visites que j’ai effectuées jusqu’à présent dans soixante-trois Provinces.

Cette vision de la Congrégation nous a permis de souligner, ainsi que je l’expliquerai plus amplement dans cette lettre, l’urgence de concentrer notre attention sur la personne du Salésien qui, comme homme de Dieu, consacré et apôtre, doit être capable de se mettre pleinement en harmonie avec les adolescents et les jeunes d’aujourd’hui et avec leur monde pour les éduquer et les évangéliser, les préparer à la vie et les accompagner à la rencontre avec le Seigneur. En même temps, nous œuvrons avec la ferme conviction de ne pas avoir seuls la responsabilité de cette mission et de ne pas pouvoir l’exercer sans la collaboration d’autres forces.

Le thème est unique et s’articule selon trois noyaux :

­          Priorité de la mission salésienne parmi les jeunes d’aujourd’hui

­          Profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui

­          Ensemble avec les laïcs dans la mission et dans la formation

1.2. Autres engagements

Au thème proposé, qui sera sans aucun doute une riche opportunité et un temps de grâce et d’espérance pour notre Congrégation, le Chapitre Général devra aborder certains aspects de caractère juridique qui sont importants pour la vie des Provinces, comme, par exemple, l’évaluation du Secrétariat pour la Famille Salésienne constitué lors du précédent Chapitre Général.

Une autre tâche sera l’élection du Recteur Majeur et des membres du Conseil Général pour le sexennat 2020-2026. Les membres du Chapitre Général accompliront ce service en faveur de l’unité et de la fidélité au charisme de Don Bosco ; et les confrères, de toutes les parties du monde salésien, accompagneront certainement de leur prière ce moment si important pour notre Congrégation.

La « Commission technique », nommée aux termes de l’article 112 des Règlements, a déjà travaillé avec le Régulateur pendant la session du Conseil Général et les jours suivants, pour préparer un calendrier des travaux pour les Provinces, afin que tout se passe de la manière la plus convenable possible concernant les échéances et les contributions qui pourront être présentées.

Fort probablement, les réponses des Provinces sur certains aspects de leur vie et sur les éléments juridiques qui s’y rapportent réclameront du CG 28 lui-même une nouvelle vérification, eu égard à certaines structures d’animation et de gouvernement central de la Congrégation et des Régions.

1.3. Objectif fondamental du thème

L’objectif fondamental du thème du CG 28 est d’aider toute la Congrégation à approfondir, autant que possible, quel est et quel devrait être le profil du Salésien capable d’apporter des réponses aux jeunes d’aujourd’hui, à tous les jeunes, spécialement les plus pauvres et les plus désavantagés, les exclus et les rejetés [les « déchets »], les plus fragiles et ceux qui sont privés des droits fondamentaux. Et ce, dans un monde de plus en plus complexe et qui expérimente des changements rapides.

La réalité actuelle réclame des Salésiens consacrés-apôtres préparés et prêts à vivre leur vie dans l’esprit et avec le cœur de Don Bosco, dans cette Église et cette société, désireux de partager, de se dépenser et de donner leur vie pour les jeunes du monde d’aujourd’hui avec leurs langages, leurs visions et leurs centres d’intérêt propres. Nous pouvons rencontrer nombre de ces jeunes dans les maisons salésiennes ; mais d’autres, plus nombreux encore, habitent d’autres « terrains de jeu » [cortili] du monde.

Ce qu’affirmait en son temps le CGS, parlant de l’unité de la vocation du Salésien, résonne aujourd’hui comme une prophétie : « La redécouverte de cette unité de notre vocation mettra en pleine lumière notre "identité" salésienne et rendra possible la venue de ce nouveau type de Salésien qu’appellent les signes des temps. »[3]

« Ce nouveau type de Salésien qu’appellent les signes des temps » mettra aussi en évidence ce sur quoi l’on a réfléchi lors du CG 24 (19 février-20 avril 1996) mais qui n’a pas été suffisamment assimilé. Le fait que des centaines de milliers de laïcs font maintenant partie des présences salésiennes dans le monde entier demande au Salésien une nouvelle ouverture d’esprit et de cœur pour le bien de la mission salésienne dans le monde. Ce n’est qu’en partageant la mission que nous pourrons apporter les meilleures réponses sans décevoir les adolescents et les jeunes d’aujourd’hui et de demain qui ont tant besoin de nous.

1.4. Quelques questions que nous pourrons nous poser

Sans doute existe-t-il des confrères qui pensent que, puisque nous avons tous l’Évangile comme règle de vie chrétienne et Don Bosco comme Père et Fondateur de notre Congrégation, et puisque nous professons les mêmes Constitutions, où la mission salésienne est clairement définie, nous n’avons pas à nous demander quel doit être le profil du Salésien que l’Esprit réclame aujourd’hui pour une authentique mission parmi les jeunes et avec eux, dans un monde si nouveau et si changeant. Nous devons cependant reconnaître franchement, comme on le perçoit dans beaucoup de Provinces, que la réalité apparaît beaucoup plus complexe et diversifiée que l’on pense. Cette réalité n’est ni uniforme ni simple. C’est pour cela que nous trouvons des situations opposées entre elles qui nous poussent à avancer dans la direction d’une plus grande radicalité, d’un plus grand courage, d’une plus grande clarté et même d’une plus grande purification, à la lumière de l’Évangile et de la fidélité de notre Congrégation au charisme reçu du Saint Esprit en Don Bosco.

­          Dans cette réalité complexe et diversifiée, une majorité de confrères vivent dans un total dévouement et une totale harmonie avec les jeunes, leur monde et leurs réalités. Il y en a d’autres qui sentent que ce monde des jeunes et les jeunes eux-mêmes ne leur sont plus accessibles.

­          La majeure partie des confrères vivent très clairement et de façon décisive pour les plus pauvres et les plus défavorisés, avec une option marquée pour ceux qui expérimentent chaque jour que leur dignité est foulée aux pieds et violée ; d’autres confrères se réfugient dans des espaces de vie commodes et confortables.

­          La majeure partie des confrères vivent le ministère presbytéral comme Don Bosco qui était prêtre, toujours et partout, pour ses enfants et ses jeunes ; alors que d’autres sont très influencés par une forte tendance au cléricalisme qui fait tant de mal à l’Église elle-même et dont nous ne sommes pas exempts.

­          De nombreux confrères vivent dans un total désintéressement, une totale sobriété, austérité et générosité le service des autres, particulièrement de nos destinataires privilégiés ; mais il y en a d’autres qui perdent le sens de leur identité et de leur liberté de religieux consacrés en s’impliquant dans des dynamiques de recherche du pouvoir, qui est souvent liée à la recherche de l’argent et d’autres intérêts.[4]

­          La majeure partie des confrères, avec une authentique passion et une véritable affection, traduisent dans leur vie de chaque jour ce que déclarait Jean Cagliero : « Frère ou pas frère, moi je reste avec Don Bosco ».[5] D’autres confrères, au contraire, par manque réel du sens de leur identité salésienne, demandent à quitter la Congrégation pour vivre, non pas comme religieux consacrés apôtres, Salésiens de Don Bosco, mais uniquement pour exercer leur ministère presbytéral dans des diocèses où ils avaient pensé pouvoir se trouver bien ou être simplement accueillis.

­          Il se trouve des confrères qui ont compris et vivent la mission partagée avec les laïcs comme un grand don pour la mission. Mais beaucoup d’autres font preuve d’une profonde résistance ou refusent carrément. Ils acceptent volontiers que les laïcs soient nos salariés mais ils refusent de partager au même niveau, côte à côte, la mission et ce qu’elle comporte.

­          La majeure partie des jeunes confrères, durant les étapes de leur formation, rêvent d’engager toutes leurs forces en faveur des jeunes vers qui ils seront envoyés,[6] préparant leur cœur, leur esprit et vivant leur formation intellectuelle en vue de cet objectif. Et puis on voit d’autres confrères qui rêvent, au contraire, de charges, de responsabilités qui leur donneraient une autorité et « une certaine position ».

Notre réalité, faite de contrastes, de lumières et d’ombres, attend de nous la même chose que le Pape François, avec son langage clair et direct, a demandée à toute la Famille Salésienne et que je sens aujourd’hui particulièrement adressée à nous : ne pas décevoir les aspirations profondes des jeunes. Voici ce que dit le Pape : « Que Don Bosco vous aide à ne pas décevoir les aspirations profondes des jeunes : leur besoin de vie, d’ouverture, de joie, de liberté, d’avenir ; leur désir de collaborer à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel, au développement pour tous les peuples, à la protection de la nature et des milieux de vie. À son exemple, vous les aiderez à expérimenter que c’est seulement dans la vie de grâce, c’est-à-dire dans l’amitié avec le Christ, que l’on actualise pleinement les idéaux les plus authentiques. Vous aurez la joie de les accompagner dans leur recherche de synthèse entre foi, culture et vie, dans les moments où se prennent les décisions qui engagent, quand on cherche à interpréter une réalité complexe. »[7]

 

2. THÈME DU CG 28

2.1. Priorité de la mission salésienne parmi les jeunes d’aujourd’hui

La réflexion sur l’histoire de nos Chapitres Généraux est riche et profonde, et chaque Chapitre Général, à la lumière de l’Esprit Saint que nous devons accueillir avec docilité et ouverture du cœur, est comme une invitation adressée à notre liberté aujourd’hui, du moment que nous ne devrions pas, imprudemment et presque témérairement, nous contenter de nos gloires passées. Presque sans nous en apercevoir, nous pouvons opposer de la « résistance à l’Esprit Saint » (cf. Ac 7,51), ou bien « éteindre l’Esprit » (cf. 1Th 5,19) en courant le risque que la mission salésienne qui nous a été confiée puisse être un jour remise à d’autres.[8]

C’est pour cela que, lorsque nous proposons comme thème du Chapitre pour toute la Congrégation de faire une réflexion attentive sur le profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui, nous le faisons dans un besoin urgent d’avancer librement et en toute honnêteté dans la seule manière qui compte vraiment : la fidélité au Seigneur en Don Bosco et la fidélité aux jeunes, dont beaucoup s’attendent à ne pas être abandonnés à leur destin ou laissés comme naufragés parce que nous ne serions pas en mesure de percevoir leurs besoins ou d’entendre leurs appels.

Comme Don Bosco, et en fidélité à l’Esprit, nous devons nous imposer de donner une priorité absolue à la mission salésienne avec les jeunes d’aujourd’hui pour être, comme il l’a été lui-même, « signes et porteurs de l’amour de Dieu pour les jeunes, spécialement les plus pauvres ».[9] Cette priorité ou prédilection pour les adolescents et les jeunes les plus désavantagés du monde d’aujourd’hui qui, en un certain sens, est différent du monde des décennies passées, conditionne objectivement notre mission. Nous pouvons dire, comme d’autres fois, que ce n’est pas optionnel, ce n’est pas quelque chose que nous pouvons négliger parce que nous ne voulons pas en assumer les exigences. Au contraire, c’est quelque chose d’essentiel et de constitutif de notre identité charismatique.

Actuellement, les trois quarts de la population juvénile mondiale vivent dans des pays frappés par la pauvreté ou en timide voie de développement, spécialement aux périphéries des grandes villes, dans ce que l’on appelle des « cités d’urgence ». Ce sont les victimes du progrès et du développement lui-même qui produit, dans une même dynamique, une inégalité sociale et une pauvreté croissante. Cette situation continue à être un rappel fort pour nous et pour notre Congrégation. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons une mission charismatique originale à offrir, avec la sensibilité même de Don Bosco, à l’Église et au monde, à tous les jeunes, à ces enfants, adolescents et jeunes exclus, marginalisés et rejetés [les « déchets »].

Le nouveau Chapitre Général sera une opportunité pour discerner attentivement et avec courage, pour vérifier si nos présences, nos œuvres et nos activités sont au service des jeunes les plus pauvres,[10] si ce sont eux qui occupent notre cœur et sont au centre de nos préoccupations et de nos centres d’intérêt, si nous concentrons nos énergies et nos efforts en leur faveur.

Un rêve que je porte en moi est de penser avec confiance qu’un jour, dans le monde entier, à entendre prononcer le mot salésiens ou fils de Don Bosco, tous comprennent que l’on parle de nous, personnes consacrées qui, toujours et partout, et en toute situation, choisissent les jeunes, tous les jeunes, les garçons et les filles les plus pauvres, les plus vulnérables et privés de leur dignité parce que ce sont eux qui ont besoin de nous et nous attendent. Qui sont ces jeunes ? D’après les paroles du Pape François, ce sont avant tout les rejetés [les «déchets »], les « restes » : « Nous avons mis en route la culture du "déchet" qui est même promue. Il ne s’agit plus seulement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau… Les exclus ne sont pas des "exploités", mais des déchets, des "restes". »[11]

Et pour nous, Salésiens, ceux qui ont besoin de nous et qui nous attendent sont :

­          les vrais pauvres du monde et les « déchets »,

­          les migrants et les réfugiés mineurs arrivés seuls en des endroits inconnus,

­          les garçons et les filles de la rue dans les différents continents,

­          les mineurs et les jeunes violés chaque jour dans leurs droits humains et dans leur dignité,

­          les jeunes repoussés aux frontières parce qu’ils se retrouvent sans documents et sans opportunités, contraints de faire n’importe quoi pour survivre,

­          les mineurs et les jeunes impliqués dans des réseaux, et esclaves, d’une manière ou d’une autre, de tant de dépendances ou formes actuelles de véritable esclavage et de privation de liberté,

­          les jeunes du monde du travail et de la formation professionnelle et occupationnelle,

­          les jeunes de familles totalement déstructurées et avec de profondes carences humaines et affectives

­          les jeunes, enfin, de toutes les races et de toutes les cultures, qui, en tout état de cause, ne connaissent pas Jésus-Christ.

Le Chapitre devra être en somme un rappel fort à revenir, une fois de plus, aux vrais pauvres du monde, et à continuer à parier fortement sur eux dans les lieux et les présences où nous sommes déjà à l’œuvre.

Le Chapitre sera aussi un appel fort pour nous mettre en harmonie avec tant d’adolescents et de jeunes qui nous demandent de ne pas les laisser seuls, mais de les accompagner : jeunes avec des familles structurées ou déstructurées, qui ont besoin de la présence d’un éducateur et d’un ami pour leur vie et celle de leurs familles.

Cette priorité de la mission parmi les jeunes aujourd’hui doit nous ouvrir les yeux et nous rendre sensibles aux nécessités des adolescents et des jeunes qui, avec leur langage, leur point de vue et leur compréhension appartiennent au monde numérique. D’autres sont sensibles au soin et au respect de l’environnement et de la nature. Il y a des jeunes sensibles à la dimension sociale qui leur permet d’aider et de servir, des jeunes qui désirent une opportunité de volontariat. Et il y a aussi des jeunes qui désirent faire un chemin de foi authentique et profond. Cette priorité même nous permet de comprendre, aujourd’hui plus que jamais, que lorsque les jeunes ont une famille, ce chemin ne peut se faire qu’ensemble. C’est aussi le cri de l’Église et du Pape.

Tout cela, et bien plus encore, frappe aux portes de notre fidélité de Salésiens aujourd’hui et nous demande de réfléchir sur ce qu’il y a à faire, comment le faire et comment nous préparer pour avoir quelque chose d’important et de significatif à dire, à offrir et à partager.

2.2. Profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui

Parler des Salésiens d’aujourd’hui et de demain nous demande à tous de tourner notre regard vers Don Bosco car il est notre modèle. Comme l’écrivait déjà le CG 21, Don Bosco « n’est pas pour nous un simple souvenir du passé, mais une présence charismatique, vivante, active et tendue vers l’avenir. En lui, nous nous comprenons mieux nous-mêmes et nous retrouvons le vrai sens de notre appartenance à la Congrégation ».[12]

2.2.1. Avec Don Bosco comme modèle

En ayant Don Bosco comme modèle, le Salésien découvre :

­          Don Bosco « homme de Dieu », dont la plus merveilleuse caractéristique était l’unité de sa personne, de sa vie et de son travail.[13] Le splendide accord de la grâce et de la nature, merveilleusement manifesté dans sa personne, permet au Salésien de deviner facilement que la foi enrichit toute la vie humaine et que la vie trouve sa plénitude dans la foi. De fait, Don Bosco savait lire la réalité dans laquelle il vivait et dans laquelle il était immergé, avec un regard de foi extraordinaire. Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « homme de foi profonde ».

­          Au centre de sa vie, nous découvrons le « da mihi animas cætera tolle » comme passion apostolique pleine de motivations et de rêves en faveur de ses jeunes. Mais la source de tout cela, ce sont l’Évangile, la personne et le cœur du Christ, Apôtre du Père. Et c’est en Don Bosco que nous pouvons voir comment l’Esprit Saint inspire une certaine « manière salésienne » de découvrir le visage et le cœur de Jésus Bon Pasteur et sa mission, dans un projet de vie fortement unitaire où l’aspect humain et l’aspect divin sont intimement unis vers une unique mission : le salut des jeunes.[14] Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « passion apostolique pour les jeunes ».

­          À l’imitation de Don Bosco, le Salésien découvre la paternité infinie de Dieu et cherche à vivre devant Lui, le Père, avec un cœur rempli de joyeuse gratitude et de confiance. Il sent que sa mission d’éducateur et de pasteur culmine dans le fait d’être le révélateur du Père aux jeunes, et comprend plus à fond Don Bosco dans son union à Dieu et dans son sens extraordinaire de la paternité. Et puisqu’il perçoit que le modèle suprême de Don Bosco est le Christ, le Salésien a l’opportunité de devenir toujours plus conscient que « le monde actuel a un urgent besoin de découvrir ce vrai visage de Dieu et cette vocation "filiale" de tout homme. »[15] Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « fils de Dieu qui sait être et se sent père des jeunes ».

­          Être Salésien est notre manière d’être intensément Église. « Un dualisme entre la vie salésienne et la vie de l’Église universelle ou particulière n’est pas pensable. C’est le même Esprit qui anime et unifie l’Église et qui a inspiré notre vocation salésienne. »[16] La fidélité à Don Bosco aujourd’hui nous demande, en tant que Congrégation, d’être attentifs aux signes des temps, attentifs au « cri » des jeunes de qui nous parlons, sans nous perdre dans ce qui pourrait défigurer notre identité charismatique. Pour cela, comme le disent nos Constitutions, dès la première rédaction par Don Bosco en 1875, nous devons avoir dans le cœur la passion d’être évangélisateurs des jeunes, spécialement les plus pauvres, de prendre un soin particulier des vocations apostoliques, d’être éducateurs de la foi dans les milieux populaires, spécialement au moyen de la communication sociale, et d’annoncer l’Évangile aux peuples qui ne le connaissent pas encore,[17] vu que la passion du « da mihi animas » ne connaît pas de frontières. Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « identité charismatique dans la communion ecclésiale ».

­          Déclarer Don Bosco comme notre modèle et affirmer notre fidélité au charisme signifie aussi pour nous le retour au véritable esprit du Don Bosco de l’Oratoire,[18] non pas pour faire ce que lui a fait, mais certainement pour imiter comment lui l’a fait, en découvrant un Don Bosco toujours souple sous différents aspects mais fortement lié à sa mission en faveur des jeunes. Comprenons bien que nous ne prenons pas l’Oratoire comme référence pour nous limiter à une activité concrète parmi toutes celles que Don Bosco lui-même a réalisées. Nous entendons, au contraire, saisir cet esprit qui l’a poussé et l’a guidé à chaque instant : sa force, sa passion éducative et sa créativité, son dynamisme et sa souplesse non exempte de toute la clarté et la fermeté dont il a fait preuve, et qui représente pour nous aujourd’hui un enseignement magistral de fidélité dynamique à sa vocation apostolique spécifique. On nous présente donc Don Bosco comme un véritable modèle de docilité au charisme originel ; docilité à l’appel et à la mission qui lui fut confiée avec une ouverture à la réalité, à son temps et aux différentes demandes. Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « apôtre des jeunes, toujours fidèle, toujours souple et créatif ».

-  Avoir Don Bosco comme modèle signifie pour le Salésien d’aujourd’hui avoir l’esprit et le cœur pleins des valeurs de l’esprit salésien et de la spiritualité qui nous distingue et nous caractérise. Dans cet esprit salésien, la charité est le moyen et la méthode fondamentale de son apostolat : l’amabilité et la familiarité inlassables sont les noms salésiens de la charité vécue parmi les jeunes. La sympathie, la capacité de faire le premier pas, la reconnaissance de chaque personne, l’optimisme et la joie, l’esprit de famille… doivent être les éléments distinctifs et spécifiques de notre ADN salésien. Voilà pourquoi, dire aujourd’hui « salésien » devrait pouvoir signifier « toujours éducateur, toujours ami ».

-                           

2.2.2. Vocation et formation

Dire vocation et formation est toujours une manière de répondre à la question : « Quel Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui ? ». Le profil du Salésien émergera indubitablement du travail du Chapitre ; et cette certitude est source d’une grande espérance.

Pour aider à la réflexion future, j’indique trois éléments à prendre en considération :

a)      Le Salésien doit vivre en étant conscient que sa vocation est un appel à une vocation consacrée à laquelle il doit répondre jour après jour.

b)      La mission se réalise ensemble et la formation doit nous aider à la vivre ainsi.

c)      Pour répondre d’une manière juste aux exigences de la formation et de la mission aujourd’hui, nous avons sûrement besoin d’investir en équipes de formation de qualité, capables d’aider à la formation des Salésiens pour qu’ils soient d’authentiques éducateurs et apôtres des jeunes d’aujourd’hui.

a) Formation comme réponse permanente à l’appel de Dieu

 

La formation, comprise et vécue dans la foi, porte chaque Salésien, avec ses confrères, à répondre à Dieu qui est Celui qui prend l’initiative et l’appelle à suivre le Christ de près. C’est Dieu qui nous consacre et nous envoie aux jeunes, comme nous l’exprimons dans notre profession religieuse.[19] La vocation n’est pas quelque chose d’abstrait. C’est Dieu qui appelle toujours en un moment particulier de l’histoire, en un contexte familial, social, religieux, culturel et économique déterminé. C’est un appel d’amour et de grâce que nous recevons avec gratitude et humilité, non comme un droit ou une récompense. Le jeune Salésien, fils de son époque, doit répondre à cet appel spécifique de Dieu ; et le devoir de la formation est de l’aider sur le chemin de la maturation et de l’abandon complet de soi-même à Dieu à la suite du Christ.

Dans tous les cas, ce parcours de maturation ne peut se réaliser en dehors de la réalité du monde actuel, dans sa diversité et, peut-être, dans sa complexité. L’ensemble des besoins et des aspirations du temps[20] marque fortement une vocation.

Don Bosco possédait une grande sensibilité qui lui permettait de savoir lire et interpréter la réalité et les exigences de son temps. C’est avec cette sensibilité qu’il a donné vie à la Congrégation Salésienne et surmonté les difficultés. Les premiers Salésiens ont été formés dans cet esprit et l’on peut dire qu’aujourd’hui, il est urgent d’assumer cette caractéristique également dans le domaine de la formation.

Dans nos sociétés actuelles, avec les changements très rapides et profonds, le Salésien devra être capable de rester ouvert à ces changements, dépassant la résistance naturelle que l’on éprouve face aux nouveautés, à l’inconnu. Il devra s’habituer à chercher des solutions nouvelles, quand ce sera nécessaire, sans se réfugier dans le « on a toujours fait comme ça ». Il devra être prêt à apprendre la nouveauté et à l’affronter, prêt au dialogue sans fermeture, disponible pour distinguer ce qui est permanent de ce qui est changeable, et enfin capable de vivre comme religieux dans ces contextes.

Il n’est pas étrange de penser, comme la Congrégation l’a déjà dit en différentes occasions, que les structures de la formation doivent s’adapter aux besoins des temps, des lieux et des personnes ; qu’elles doivent être plurielles, décentralisées, souples et fonctionnelles. Le jeune Salésien devra se former au contact de la réalité du milieu où il vit : les familles, les jeunes du même âge, la vraie vie salésienne avec ses activités apostoliques. Il se formera, comme le font de nombreuses personnes, dans l’effort, le sacrifice, la sobriété, l’austérité, loin de n’importe quel status de privilège ou d’élite. Tout cela devrait toujours nous faire réfléchir avec souplesse sur la formation du Salésien dans le monde d’aujourd’hui pour les jeunes d’aujourd’hui.

La formation doit certainement nous amener à assimiler les traits typiques de la personnalité salésienne avec un style de vie spirituelle [21] centré sur Dieu Père et le Christ Sauveur, basé sur une foi concrète qui puisse aider le Salésien à lire la présence de Dieu dans le quotidien, dans l’histoire et les événements humains. L’esprit sera celui de la charité inspirée de la douceur de saint François de Sales, comme l’a voulu Don Bosco. Avec Don Bosco comme modèle, le Salésien devra se distinguer par une espérance qui soit source d’optimisme et de joie même dans les difficultés. Il s’appuiera sur une sincère piété eucharistique et mariale.

Comme fils de Don Bosco, le Salésien se distinguera par une maturité humaine qui doit caractériser nos relations empreintes de jovialité, de sincérité, de compréhension, de capacité d’amitié et d’affection vraie et mûre. Tout cela, enrichi par un style de relations fraternelles et éducatives typiques de l’esprit de famille qui est notre marque.

Naturellement, on ne peut pas parcourir ce chemin sans des médiations diverses et variées. Au début du chemin, on doit rencontrer les premiers accompagnateurs. En pensant au Salésien d’aujourd’hui, un véritable discernement et un véritable accompagnement [22] sont nécessaires et de plus en plus urgents. Est certainement important le rôle de la communauté des laïcs, de la communauté éducative et pastorale, et des confrères de la Province. Mais, avant tout et spécialement durant les premières années, l’efficacité de tout le renouveau de la formation dépendra, dans une large mesure, du climat que nous avons décrit, d’un véritable discernement, d’un accompagnement constant et de la capacité des formateurs. Ceux-ci doivent être pleinement conscients que la formation des confrères sera influencée par leur manière de penser et d’agir. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de déterminer la manière d’obtenir les meilleures équipes de formateurs, des équipes stables, non improvisées, préparées pour ce service ; des formateurs avec des personnalités différentes et complémentaires, certes, mais très solides dans leur être salésien.

Nous savons bien – et c’est sans aucun doute un grand défi dans toute la Congrégation – que la formation doit être le résultat de l’action de tous les confrères, des communautés de formation, mais aussi des communautés de vie de chaque Province. Toutes ces communautés doivent se sentir d’une certaine manière communautés de formation qui, à travers la vie quotidienne même, communiquent aux jeunes confrères les valeurs authentiques de la vocation salésienne et la joie de les vivre comme telles.

Penser le profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui et en même temps penser à sa formation nous mettra face à quelques défis déjà connus[23] et à des situations et convictions que nous devrons corriger :

­          Une formation entendue comme une succession d’étapes qui se concluent avec la profession perpétuelle ou avec l’ordination presbytérale, sans la certitude d’avoir accompli un parcours personnel et profond d’identification à sa vocation.

­          La formation entendue surtout et principalement comme acquisition de connaissances académiques de nature philosophique, théologique, pédagogique et psychologique.

­          La vocation salésienne confondue parfois avec un projet individuel qui relativise les conseils évangéliques et oublie l’importance qu’a pour nous la fraternité évangélique qui devrait être le trait distinctif de chaque communauté dans les Provinces.

­          La pauvreté que nous relevons chez les « formateurs » qui ne sont pas toujours en mesure de transmettre de façon évidente les valeurs de la vie consacrée et ministérielle, et qui ne savent pas comment accompagner ou guider le processus de discernement.

­          Un certain manque de joie et de vie dans les communautés apostoliques où l’on trouve une insuffisance de dialogue, d’affection fraternelle et de partage de son expérience personnelle quotidienne de Dieu.

b) Mission et communion

Nous observons avec un sens de responsabilité et avec préoccupation qu’il manque souvent une direction et un objectif dans les processus de formation. On pense facilement la formation comme une étape de la vie salésienne qui se termine avec la fin des études. À cela s’ajoute l’idée erronée qu’en obtenant un diplôme, une licence, l’on a atteint les objectifs de la formation. Nous devons humblement reconnaître que dans la Congrégation, il n’y a pas toujours la conscience claire – avec les conséquences pratiques qui s’ensuivent – d’être formés pour et dans une mission, et d’être formés par et dans une communauté : soit la communauté religieuse salésienne, soit la communauté éducative et pastorale.

Au contraire, lorsqu’on entend la formation comme réponse permanente, pour toute la vie, à Dieu qui nous appelle à être serviteurs des jeunes et prophètes de fraternité, la direction et le but deviennent alors clairs dans tous les processus de formation ; dès lors, la mission et la vie en commun comportent cette direction claire et ce but.

Voici quelques indicateurs qui soulignent le risque que la formation s’éloigne de la mission et de la valeur de la vie fraternelle, et donc de la vraie formation du profil salésien pour les jeunes d’aujourd’hui :

­          Tendance à identifier « mission » et « travail », oubliant que notre mission dans l’Église est d’être signes et porteurs de l’amour de Dieu aux jeunes, pour les rapprocher du Christ, en allant bien au-delà des services sociaux que nous pourrions fournir.

­          Des confrères qui ne considèrent pas l’accompagnement des jeunes et le discernement vocationnel comme partie intégrante de la pastorale des jeunes.

­          Des propositions pour la formation de nos jeunes confrères qui accordent une importance secondaire ou quasi inexistante aux expériences pastorales parmi les jeunes, spécialement les plus pauvres. Cela est très loin de la pensée de Don Bosco qui considérait que le Salésien ne devait pas être formé hors de la vie réelle, pas même durant le noviciat.

­          Des programmes de formation où manque la réflexion sur les expériences pastorales des confrères en formation, et où manque l’accompagnement dans leur ministère pastoral.

­          Des programmes de formation où les professeurs ne sont vus que comme enseignants et non comme formateurs ; cela nous dit la nécessité d’avoir de vrais formateurs et non seulement des enseignants.

­          Des situations où le stage pratique est réduit simplement à un temps de travail dans une communauté locale mais qui ne représente pas pour le Salésien en formation initiale une phase importante où l’expérience vécue est accompagnée et évaluée, et où l’on peut compter sur l’aide et sur le témoignage de toute la communauté.

­          Des communautés de formation qui vivent en marge ou qui sont indifférentes aux défis missionnaires, énormes et cruciaux, de l’Église de la Congrégation.

c) Équipes de formation de qualité[24]

La formation du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui requiert des équipes de formation consistantes en termes de qualité et de quantité, dans l’harmonie et l’unité. « Qualité » signifie que les formateurs doivent « vivre les valeurs de la vocation salésienne » pour pouvoir accompagner la vie des jeunes candidats et des Salésiens. La « qualité » exige des éducateurs qui vivent leur vocation salésienne consacrée avec joie et qui sachent transmettre cette même joie et ce même bonheur ; des formateurs qui aient appris l’art de discerner la voix de l’Esprit dans la vie quotidienne et qui sachent reconnaître la présence de Dieu dans la vie des jeunes. Des formateurs authentiques et honnêtes, même s’ils ne sont pas parfaits, avec une bonne dose de patience et de respect. La « qualité » requiert des formateurs qui sachent accompagner le vécu : l’expérience de la vie communautaire, la prière, l’apostolat, l’expérience des conseils évangéliques. La « qualité » requiert aussi des formateurs qui sachent travailler en équipe, avec le Directeur ou la personne chargée de la phase formative spécifique.

Lorsque nous parlons de formateurs, nous pensons également à la présence des laïcs, hommes et femmes, et à la présence des familles dans les processus de formation. Lorsque ces personnes appartiennent à la Famille Salésienne, ou ont bénéficié d’une formation salésienne, elles deviennent des ressources précieuses pour la formation des jeunes confrères.

Bien entendu, comme dans les thèmes précédents, nous devons avoir la lucidité nécessaire pour percevoir les points faibles auxquels nous nous heurtons, l’humilité suffisante pour les reconnaître et la volonté de la Congrégation de prendre des mesures pour y porter remède.

Voici quelques situations problématiques et à risque que nous rencontrons :

­          La réalité fréquente d’œuvres complexes, avec peu de confrères disponibles pour la formation initiale et des équipes de formation numériquement faibles.

­          Des confrères préparés pour être professeurs de philosophie ou de théologie dans les premières étapes de la formation mais non préparés pour la formation et l’accompagnement spirituel.

­          La présence de confrères formateurs dans les maisons de formation incapables de dialoguer avec les jeunes Salésiens.

­          Des formateurs qui ne montrent pas avoir de la passion pour Dieu et pour les jeunes.

­          La difficulté d’un modèle « vertical » de formation qui ne touche pas le cœur, les motivations, les comportements et les convictions.

­          La réalité pauvre de formateurs avec peu d’expérience pastorale et d’une pastorale provinciale beaucoup plus en lien avec des activités qu’avec des processus.

­          Dans certaines Provinces, pays et cultures, on maintient dans les maisons de formation une séparation nette entre les confrères : formateurs d’un côté et confrères en formation de l’autre, avec une grande distance entre eux ; cela est très éloigné de l’esprit de famille que Don Bosco voulait et du climat de l’Oratoire qu’il aimait tant et dont il prenait soin personnellement.

2.3. Ensemble avec les laïcs dans la mission et dans la formation

Après de nombreuses années de partage de la mission avec les laïcs dans les communautés éducatives et pastorales, la Congrégation sent le besoin de faire une évaluation du parcours accompli, des résultats obtenus et des résistances rencontrées. La mission partagée avec les laïcs se manifeste clairement, surtout depuis le CG 24 et après, comme un véritable parcours de redécouverte de l’identité charismatique, et aujourd’hui comme la seule manière pour accomplir la mission salésienne dans ce monde complexe et dans la diversité des contextes de nos présences.

Un autre élément de réflexion est constitué par le sujet même de la mission, qui ne peut plus être limité à la personne du Salésien et à la seule communauté religieuse comme noyau animateur. Aujourd’hui, la mission doit être considérée comme intégrée à la fois par les Salésiens et les laïcs qui s’engagent ensemble, de ce fait, aussi dans la formation.

2.3.1. Réalisations et résistances dans la mission partagée avec les laïcs[25]

Dans le parcours que la Congrégation a effectué, ces dernières années, la réalité se présente très diversifiée. Il y a des pays et des Provinces où a été réalisée une grande partie du parcours ouvert par le CG 24 et par tout le magistère précédent et suivant de la Congrégation. Les résultats sont nombreux et attestent que le discernement des différents Chapitres Généraux ainsi que les orientations indiquées par la Congrégation ne sont pas seulement possibles mais, en certaines parties du monde, ils représentent l’unique solution permettant d’assurer le charisme de Don Bosco en faveur des jeunes qui ont besoin de nous. Nous avons beaucoup appris, nous avons recueilli beaucoup de fruits et la Congrégation doit faire voir les résultats obtenus pour le bien de la mission.

Toutefois, concernant le cheminement des communautés éducatives et pastorales, il faut reconnaître qu’en certains endroits du monde et en certaines Provinces, se font jour des résistances au partage de la mission avec les laïcs, et encore plus de résistances concernant la formation commune en vue de la mission commune en faveur des jeunes. Cela indique clairement que le parcours entrepris, la rapidité et les mesures adoptées sont différents et variés, au point qu’il faut considérer ce thème comme prioritaire lorsqu’on parle de « Salésiens et laïcs ensemble ».

Il existe des modèles pastoraux très divers liés à la mission, qui favorisent la confusion et parfois une appréciation erronée des états de vie du chrétien, et une valorisation erronée de la personne consacrée et du laïc au sein d’une vision chrétienne correcte et synergique.

On maintient des modèles de gestion erronés et équivoques qui, dans certains cas, nous font considérer comme « patrons et propriétaires », « chefs » qui montrent volontiers leur « pouvoir » ; il y a aussi d’autres modèles pastoraux qui sont « charismatiquement » corrects et où nous sommes des « guides », des compagnons et des formateurs dans le système éducatif et pastoral salésien. Nous nous sentons parfois encouragés à traduire ce modèle dans la réalité ; tandis que dans d’autres cas, il semble que l’on éprouve une fatigue qui nous fait passer de la synergie de la communion à une « séparation des pouvoirs » privée de force et privée d’une vision éducative et pastorale.

Il s’agit quelquefois de résistances profondes qui frappent directement le modèle d’ « Église communion » proposé par le Concile Vatican II, modèle que l’Église essaie de promouvoir dans la compréhension d’elle-même, Église dont, naturellement, nous faisons partie.

Les résistances profondes exigent de notre part, comme nous entendons le faire au CG 28, que nous nous arrêtions pour nous interroger et établir un diagnostic courageux des succès obtenus et des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne salésienne. Ce diagnostic est nécessaire car les situations de résistance ne sont pas toujours déclarées ou perçues et finissent par être considérées comme quelque chose de normal, un « status quo » immuable.

2.3.2. Réciprocité dans les relations entre Salésiens et laïcs[26]

Dans les relations entre Salésiens et laïcs, entrent en jeu des éléments communs comme le sens d’appartenance à la même communauté éducative et pastorale, le partage du charisme de Don Bosco, la même foi chrétienne dans de nombreux cas, la confiance dans l’efficacité de la pratique du Système Préventif. Plus les éléments communs entre Salésiens et laïcs sont nombreux, plus solides sont la relation et la convergence pastorale et éducative qui, non seulement se révèlent plus faciles mais encore plus riches.

Nous sommes conscients des différences existant entre Salésiens et laïcs : différence de vocation, différence d’état de vie, etc. Ces différences offrent un apport spécifique propre et sont une richesse ; elles peuvent et doivent contribuer beaucoup plus à construire l’harmonie qu’à introduire la séparation ou la division. Parmi les laïcs eux-mêmes des présences salésiennes dans le monde, nous rencontrons d’importantes différences : des croyants chrétiens ou appartenant à d’autres religions, ou des gens religieusement indifférents, des membres de la Famille Salésienne, des laïcs vraiment coresponsables dans la mission et d’autres qui ne se sentent que « simples » employés, des jeunes baignant dans le charisme et des jeunes lointains ou indifférents au sein de la même œuvre, des bénévoles et des intervenants salariés, des familles proches et lointaines…

Reconnaître cette grande diversité et les nombreuses différences est le point de départ pour imaginer, rêver et construire un itinéraire commun dans nos communautés éducatives et pastorales, avec la plus grande participation et la plus large contribution possibles, en valorisant particulièrement et positivement l’apport qui nous vient aussi de la condition spécifique d’hommes et de femmes ; il est sûr que la présence éducative de la femme et sa contribution doivent bénéficier d’une plus grande reconnaissance.[27]

On doit souligner un autre élément essentiel de la relation entre Salésiens et laïcs dans le partage de la mission. C’est la réciprocité. La réciprocité aide à dépasser les distances, l’asymétrie qui dérive des différentes fonctions et du sentiment de supériorité qui se manifeste parfois. Cette réciprocité doit se construire sans effacer les différences : le Salésien doit toujours conserver sa propre identité consacrée et ne pas « agir en laïc » et vice versa. La réciprocité aide à vivre des relations fraternelles et amicales, riches d’humanité et de maturité, respectueuses des personnes sans « trahir » l’unicité et la singularité de chacune d’elles.

Cette réciprocité est un fait et donne les meilleurs fruits lorsque l’on évite de tomber dans certaines tentations. Du côté des Salésiens, prévaut en certaines occasions la mentalité « patronale » plutôt que celle du service rendu à tous. Nous sommes tous serviteurs de la même mission dans l’Église et dans le monde ; et notre regard commun doit toujours être orienté vers nos jeunes, spécialement les plus défavorisés. Lorsque l’on a une vision juste des choses et que l’on a bien assimilé le charisme, il apparaît évident que les laïcs ne sont pas nos serviteurs ni nos simples « employés », même si pour la majeure partie d’entre eux, excepté les bénévoles, le rapport est toujours réglé par un contrat de travail. Mais on peut faire beaucoup plus.

Nous devons faire très attention à cette tentation ainsi qu’au danger de « cléricaliser » les laïcs. Le cléricalisme, loin de donner de l’élan aux différentes propositions et contributions, éteint peu à peu le feu prophétique dont l’Église est appelée à témoigner dans le cœur du peuple. Il est opportun de reconnaître dans ce mal une vision restrictive et partiale ou déformée et une non-acceptation consciente de l’ecclésiologie de communion qui exige de reconnaître une égale dignité à toutes les vocations.

Dans le même temps, la forte tentation expérimentée par certains laïcs est de vouloir obtenir le contrôle et la domination qu’ils reprochent aux Salésiens eux-mêmes de vouloir. Ce peut être une manière de dire, consciente ou inconsciente : « Le temps est arrivé pour nous ! Maintenant, nous pouvons commander et détenir le "pouvoir". ». Tout cela ne peut mener à rien de bon car c’est trahir tout à la fois et le charisme et la coresponsabilité en faveur de nos destinataires.

L’unique voie possible sera celle de l’identité charismatique qui doit toujours être garantie et assurée et celle du leadership partagé qui dépend autant de la capacité des personnes et des circonstances que de la formation, pour développer un système d’accompagnement entre Salésiens et laïcs, et un système de contrôle et de suivi de la gestion des œuvres, des différentes fonctions et de l’économie elle-même.

2.3.3. Formation conjointe Salésiens-laïcs[28]

À partir du CG 23, il a été demandé à chaque Province de réaliser le « Projet Laïcs ». Le CG 24 a demandé l’élaboration d’un programme de formation Salésiens-laïcs[29] avec des contenus, une définition des fonctions, des interventions des Provinciaux et des différentes structures de l’animation provinciale.

Dans les vingt-cinq dernières années, de nombreuses Provinces ont élaboré différents plans pour la formation spécifique des laïcs (et quelquefois pour Salésiens et laïcs ensemble), selon leur besoins pour la mission. La formation des laïcs insérés pour la première fois dans l’œuvre salésienne (enseignants, éducateurs, maîtres, personnel de service, travailleurs sociaux, etc.) a été perçue comme un authentique défi. Dans certains cas, devant la complexité de certaines présences salésiennes, a été développée une formation systématique pour les personnes devant accomplir un service de direction et de coordination : directeurs laïcs, coordinateurs de pastorale, administrateurs, etc.

On a fait remarquer, dans différentes Rencontres interprovinciales ou durant certaines Visites d’Ensemble que de grandes différences existent en ce domaine en termes de qualité et de déroulement. Les différences en ont été imputées au manque d’un « référent central » au service de toute la Congrégation, à qui pourraient se référer les Provinces. Dans les derniers Chapitres Généraux, cette question n’a pas été abordée d’une manière décisive quoique le problème ait été soulevé à plusieurs reprises. Le prochain Chapitre Général offrira la possibilité de dire un mot à ce sujet ou de prendre des décisions s’il le croit opportun.

Sur la base du modèle de la communion missionnaire de l’Église, enrichie par la diversité des charismes et d’une plus grande connaissance de ces derniers, nous acceptons le principe fondamental d’avoir besoin les uns des autres, échangeant les dons de chaque vocation spécifique, soit laïque soit consacrée. Un enrichissement réciproque demande à tous l’humilité d’apprendre, l’esprit d’écoute et la disponibilité d’une plus grande qualification et d’un chemin formatif de qualité dans le partage du charisme salésien et dans la pratique du Système Préventif, soit dans les maisons salésiennes soit dans les familles elles-mêmes, parce que leur influence positive transcende de nombreuses frontières qui sont plus théoriques que réelles.

2.3.4. Œuvres à gestion partagée ou confiées à des laïcs - [30]

Le CG 24 aborde ce thème en se reportant à quelques « situations nouvelles » et en proposant quelques orientations et critères.[31] Mais comme il advient habituellement, la vie nous a peut-être conduits, ces vingt-deux dernières années, sur des chemins qu’on n’aurait même pas imaginés à ce moment-là.

La réalité existante est très variée :

­          Pour ce qui concerne les secteurs desservis : il s’agit d’écoles, d’œuvres sociales, d’oratoires-patronages, etc.

­          Pour ce qui concerne la collaboration des Salésiens dans les œuvres à gestion laïque : certaines bénéficient d’un Salésien présent chaque jour ; dans d’autres, le Salésien est présent quelques heures par semaine ; dans d’autres encore, c’est le Délégué Provincial qui se rend présent quelques fois par an.

­          Pour ce qui concerne le fonctionnement : des œuvres ont mis en place la communauté éducative et pastorale avec son Conseil propre ; d’autres ont un Conseil de l’œuvre formé de laïcs seulement, et d’autres ont un Conseil de l’œuvre formée de laïcs avec la présence d’un Salésien.

­          Pour ce qui concerne le lien avec le projet provincial : des œuvres ont une communauté salésienne de référence ; d’autres ne font référence qu’au Provincial et à son Conseil ; d’autres sont regroupées sur le critère de la proximité territoriale, avec un Salésien référent.

­          Pour ce qui concerne le modèle de gestion : il y a des œuvres à gestion laïque qui en répondent directement au Provincial et à son Conseil ; d’autres ont leur status particulier et unique, et d’autres encore font partie d’un groupe d’œuvres régies par un statut particulier pour ce groupe de maisons.

­          Pour ce qui concerne le modèle d’accompagnement des œuvres : certaines reçoivent la visite provinciale du Provincial lui-même. D’autres reçoivent la visite du Délégué du Provincial, en la personne du Vicaire du Provincial, du Coordinateur Provincial des écoles ou d’une autre personne désignée à cet effet. D’autres œuvres n’ont pas de visites provinciales, et l’accompagnement et le contrôle ne sont exercés qu’à travers la gestion économique et financière effectuée par l’Économe Provincial, et à travers une évaluation de l’animation pastorale de la part du Délégué Provincial pour la Pastorale des Jeunes.

En considérant le service prêté et la présence des Salésiens dans les œuvres confiées aux laïcs, il existe différentes visions et certaines tendances :

­          Curieusement, dans certaines Provinces, on pense qu’une fois la gestion laïque d’une œuvre établie, les Salésiens consacrés ne doivent plus y mettre les pieds ; cela revient à dire que leur présence n’est plus nécessaire.

­          Dans d’autres Provinces, les Salésiens n’interviennent que pour l’animation liturgique et l’accompagnement des jeunes.

­          Dans d’autres encore, le Salésien est membre de la communauté éducative et pastorale.

Dans cette mosaïque variée, comme on peut le voir, les Provinces ont essayé de mettre en pratique ce qui est indiqué par le CG 24, retenant ce qu’elles ont considéré opportun selon les situations locales, les urgences, les besoins et les contextes. Tout semble indiquer que l’on doive harmoniser la réflexion et la pratique afin que dans le futur, le profil du Salésien pour les jeunes d’aujourd’hui et la mission partagée par les Salésiens et les laïcs puissent assurer la seule chose qui compte : être une réponse vivante et digne, charismatique et fidèle au service des jeunes d’aujourd’hui. Cela nécessite de notre part une vision, une capacité de réflexion et de décision car, dans le cas contraire, les urgences de la vie nous entraîneront sur des sentiers non réfléchis.

Selon une grande probabilité, le CG 28 dira une parole sur ce thème également, en vue des décisions à prendre, spécialement là où les données nous disent que dans certaines Provinces de la Congrégation, les œuvres à gestion laïque atteignent presque la moitié des présences ayant une communauté salésienne. L’autre parcours important, que l’on peut certainement développer ultérieurement puisqu’il n’en est qu’à ses débuts, est la mission partagée avec un Groupe de la Famille Salésienne (parmi les 31 Groupes qui la composent), ou la remise complète de ces présences à ces Groupes qui en assurent l’identité charismatique et le service de l’Église locale et de la société.

 

3. LE « MOMENT FAVORABLE » DU CHAPITRE GÉNÉRAL 28

Chers confrères, je peux vous assurer que le Conseil Général et moi-même d’une manière toute spéciale, mettons une grande espérance en ce Chapitre Général qui sera certainement la poursuite du parcours significatif que notre Congrégation a entrepris au cours des derniers Chapitres Généraux, suite à l’engagement de renouveau de la vie consacrée voulue par le Concile Vatican II.[32]

Le CG 28 pourra être un Chapitre où, plutôt que centrer son attention sur un thème de la vie ecclésiale ou religieuse qui ne nous paraîtrait pas suffisamment approfondi, nous serons appelés à discerner avec réalisme, courage et détermination, l’orientation du chemin à parcourir en ce XXIème siècle, en un moment très spécial de renouveau et de purification dans l’Église.

Nous sommes appelés à :

1.      Donner effectivement dans nos choix la priorité et la place centrale à la mission salésienne en faveur des adolescents et des jeunes les plus pauvres et les plus défavorisés, de ceux qui, puisqu’ils ne peuvent faire entendre leur voix, ont besoin de notre voix et de nos options en leur faveur. Donner aussi priorité à l’accompagnement de tant de milliers d’adolescents et de jeunes de la zone numérique qui évoluent dans « un autre univers » auquel nous ne pouvons pas rester étrangers, et qui nous demandent une présence affective et efficace et un accompagnement, pour eux et peut-être pour leurs familles aussi.

2.      Continuer tous à nous former, et surtout à accompagner la formation des jeunes Salésiens d’aujourd’hui et de demain, afin que le désir de leurs cœurs soit d’être « d’autres Don Bosco aujourd’hui », passionnés comme lui pour le Christ, pour cette humanité bien des fois souffrante et ses jeunes. Des Salésiens en processus permanent de fidélité, attentifs à repérer et à éradiquer les tentations de la superficialité, de la banalité, de l’ostentation, du cléricalisme, du pouvoir et de la recherche des commodités. Car les jeunes d’aujourd’hui, qui sont ceux qui nous sauvent de tout cela, ont surtout besoin du Salésien éducateur-pasteur, ami, frère et père qui, simplement parce qu’il vit rempli de Dieu, donne sa vie sans se rechercher soi-même.

3.      Progresser à « pas de géant » en exploitant tout le potentiel apostolique que nous détenons, Salésiens et laïcs, dans la mission partagée. Diagnostiquer avec audace ce qui ne nous a pas permis, jusqu’à aujourd’hui, de développer pleinement la vision prophétique qu’a eue notre Congrégation, et qui sera décisive dans le futur pour la croissance de la mission, de la force pastorale de la Congrégation et de la qualité de la vie consacrée de chaque Salésien, comme consacrés « plus libres de » et « plus libres pour », comme ce fut le cas pour le Seigneur Jésus.

Je suis convaincu que dans leur grande majorité, les confrères ont un fort désir d’une plus grande authenticité humaine, d’une grande profondeur spirituelle et d’une cohérence vocationnelle plus radicale. Demandons à l’Esprit Saint que le Chapitre Général 28 soit une opportunité pour effectuer ce pas, en nous demandant à nous-mêmes : Quels salésiens pour les jeunes d’aujourd’hui ?

Je conclus cette lettre de convocation du Chapitre Général en vous invitant à invoquer le Seigneur par l’intercession de Marie, sa Mère,[33] qui est la Mère de l’Église et de notre Famille, la Mère autour de qui Don Bosco a voulu construire ses communautés et ses œuvres comme de vraies familles.

Seigneur Jésus-Christ,

Tu as donné à Don Bosco

comme Mère, Maîtresse de vie et Auxiliatrice

ta très Sainte Mère elle-même,

et par son intermédiaire tu lui as indiqué

son champ de mission,

en lui inspirant de fonder notre Société.

Continue à regarder avec bienveillance

cette Famille qui est la tienne,

et fais que nous sentions toujours vives parmi nous

la présence et l’œuvre de Marie,

« Mère de l’Église et Auxiliatrice des Chrétiens ».

Confiants en Elle et guidés par Elle,

nous te demandons de faire de nous parmi les jeunes

les témoins de ton amour inépuisable. Amen

Ángel Fernández Artime

Recteur Majeur

 

[1] C 146.

[2] Ibid.

[3] CGS (Chapitre Général Spécial, 10 juin 1971-5 janvier 1972), 127.

[4] EG, 55 et 57.

[5] MB VI, 335.

[6] Cf. C 24.

[7] Pape François, Comme Don Bosco avec les jeunes et pour les jeunes. Lettre du Pape François au Recteur Majeur des Salésiens, LEV, Cité du Vatican, 24 juin 2015. [Cf. ACG 421, pp. 105-110 dans l’édition en langue française].

[8] Cf. CGS, 18.

[9] C 2.

[10] R 1.

[11] EG, 53.

[12] CG21 (31 octobre 1977-12 février 1978), 163.

[13] Cf. CGS, 83 §1.

[14] Cf. C 26.

[15] CGS, 90.

[16] Projet de Vie des Salésiens de Don Bosco. Guide de lecture des Constituions Salésiennes, Editrice S.D.B., Rome 1986, p. 120.

[17] Cf. C 6.

[18] Cf. C 40.

[19] Cf. C 24.

[20] Cf. GS, 4-10.

[21] Cf. C 11, 12 ; CGS, 667 ; CG 25, 191 ; CG 27, 67§3.

[22] Cf. Synode des ÉvÊques, Les Jeunes, la Foi et le Discernement Vocationnel, Elle Di Ci, Leumann (TO) 2017, 39-52.

[23] Cf. CG 21, 47.

[24] Il est intéressant de connaître ce que disent les formateurs salésiens dans la très récente étude réalisée après une vaste enquête auprès des formateurs et des jeunes confrères en formation de toute la Congrégation : M. Bay, Giovani, salesiani e accompagnamento. Risultati di una ricerca internazionale, LAS, Roma 2018, 377-420.

[25] Cf. CG 24, 19-21, 30-31, 36.

[26] Cf. CG 24, 106,117.

[27] Cf. CG 24, 25, 33, 74, 166, 177-179.

[28] Cf. CG 24, 43, 55, 101, 103, 138, 140.

[29] Cf. CG 24, 145.

[30] Cf. CG 24, 39, 44-47, 180-182.

[31] Cf. CG 24, 180-182.

[32] Cf. ACG 394 (2006), 28-31.

[33] Projet de Vie des Salésiens de Don Bosco, op. cit., 135.