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Tu aimes tous les êtres ... (Sg 11,24.12,1)

LETTRES DU RECTEUR MAJEUR - ACG 396


ETRENNE 2007

Tu aimes tous les êtres et ne détestes aucune de tes œuvres...
Maître qui aimes la vie
”(Sab 11,24.12,1)

ETRENNE 2007

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Le Congrès Mondial des Coopérateurs Salésiens
Le Séminaire "Europe Terre de Mission"
L'Assemblée de l'Union des Supérieurs Généraux
Les Célébrations en l'honneur de Maman Marguerite

ETRENNE 2007

1. Introduction.

2. Ambiguïté de la culture de la vie.

La valeur de la vie humaine proclamée et défendue, mais aussi agressée et menacée.
Qualité de la vie : un but ambigu.
Croissance de l'agressivité destructrice.
Une culture "anti-vie"

3.Implication de la Famille Salésienne dans la défense de la vie.

4.Le Dieu qui aime la vie.

5.Laissons-nous guider par l'amour de Dieu pour la vie.

6.Don Bosco, quelqu'un qui aime et favorise la vie pour les jeunes, surtout les plus pauvres.

7.Engagement de la Famille Salésienne en faveur de la vie.

7.1 Défendre la valeur de toute vie humaine.
      Considère la vie comme un don.
      Favorise une vision intégrale de la vie.
7.2 Protéger la vie des pauvres.
      Auprès des jeunes à risque : accueil et éducation.
      Auprès des familles en difficulté : accompagnement et aide.
7.3 Eduquer à la valeur de la vie.
      L’L'Oratoire-Centre de Jeunes.
      L’Le volontariat.
7.4 Annoncer Jésus Christ : il est donneur de sens à la vie ; il est source de vie.
7.5 Remercier pour la vie et la célébrer.
7.6 Prendre soin de la création avec amour.

Conclusion: deux textes à partager

offrande au monde
le parapluie jaune

Roma, 1 janvier 2007
Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu


Très chers confrères,

Nous commençons aujourd'hui une nouvelle année, qui s'ouvre devant nous riche d'espérance. Et ce début coïncide avec le jour où nous célébrons la Solennité de la Maternité Divine de Marie et la Journée Mondiale de la Paix. La nouveauté de l'an nouveau nous rappelle que le temps est grâce, occasion favorable de croissance humaine et spirituelle, occasion d'un plus grand engagement pour vivre notre vie comme un don, pour aider les enfants et les jeunes à découvrir la beauté et le sens de la vie, à la défendre et à la faire croître jusqu'à sa plénitude. Avec le psalmiste j'aime dire au Seigneur : "Apprends-nous à compter nos jours, et nous obtiendrons la sagesse du cœur" (Ps 90,12). La paix ne peut être réduite à l'absence de guerre ou de conflits, ni être non plus limitée à des pactes de non-agression, même si parfois, dans certaines parties du monde tant éprouvées par le fléau de la violence, une telle paix est déjà un grand résultat. La paix est la réconciliation totale de l'homme avec lui-même, avec les autres, avec la nature, avec Dieu, et cette paix est possible à condition qu'il y ait la vérité, la justice, le développement, le pardon entre les personnes, les groupes sociaux et les nations. Avec le psalmiste il me plaît de proclamer : "Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent" (Ps 85,11). Eh bien, pour faire en sorte que tout ce merveilleux dessein de salut offert par Dieu se réalise, l'Eglise nous présente Marie dans sa maternité divine. Elle nous accompagnera au cours de cette année 2007 et nous portera, au moyen de la Liturgie, vers la rencontre avec Jésus, en nous invitant à l'accueillir : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le » (Jn 2,5). Jésus, en effet, est venu pour que nous ayons la vie en abondance (cf. Jn 10,10), car Lui-même est la résurrection et la vie (cf. Jn 11,25), Celui qui a révélé le sens plein de l'existence humaine et qui possède les clefs pour ouvrir les portes du passage de la mort à la vie. Je souhaite à tous et à chacun de vous une plénitude de vie dans le Christ, tandis que je vous transmets le programme spirituel et pastoral pour cette année, qui a précisément pour thème "la vie".

Mais avant de vous présenter mon commentaire de l'Etrenne, je voudrais partager avec vous quelques-uns des événements que j'ai vécus durant ces trois derniers mois, après ma dernière lettre circulaire. Cette période, de septembre à décembre 2006, a été particulièrement intense, car elle m'a vu fortement occupé dans les visites d'animation faites aux quasi-Provinces de l'Angola, de l'Afrique Occidentale Francophone et de Madagascar : toutes les trois célébraient le 25ème anniversaire de l'arrivée des premiers Salésiens. J'ai rendu visite également à la Province du Pérou, que depuis 15 bonnes années aucun Recteur Majeur n'avait visitée, et à celles de la Bolivie et du Chili. Je ne m'attarde pas à raconter les expériences vécues et les impressions recueillies dans ces visites, en premier lieu parce que vous en trouverez la chronique dans ce même numéro des ACG, mais aussi parce que de nos jours, grâce à l'ANS, est effectuée aussitôt la communication de tout ce qui se produit dans la Congrégation. J'ai participé par ailleurs à l'Harambée ["tous pour un" : mot d'une langue africaine pour désigner une activité en commun, en ligne de soilidarité] et à la célébration d'envoi de la 137ème expédition missionnaire, qui cette année encore s'est déroulée à la Basilique Don Bosco de Colle Don Bosco. J'ai présidé la session intermédiaire du Conseil Général, prononcé le discours inaugural de l'année académique de l'UPS, effectué à Arese une intervention lors de la Rencontre sur "Formation Professionnelle et Malaise des Jeunes", à l'occasion des 50 ans de notre présence, présence que nous confia le futur Cardinal Jean-Baptiste Montini, alors Archevêque de Milan, en invitant les Salésiens "à affronter un autre type de jeunes". J'ai prêché en outre la Retraite Spirituelle aux Provinciaux, aux Conseillers provinciaux et aux Directeurs des Provinces de Pologne et de la Circonscription EST. J'ai été présent, le jour de la conclusion, au Congrès Mondial des Salésiens Coopérateurs, je me suis particulièrement intéressé au déroulement du Séminaire "Europe Terre de Mission" et j'ai participé à l'Assemblée générale de l'Union des Supérieurs Généraux et à la célébration pour le 150ème anniversaire de la mort de Maman Marguerite.

Comment pourrais-je faire la synthèse d'une si grande richesse de vécu salésien ? Simplement en louant Dieu pour tant de belles choses que le Seigneur me permet de toucher du doigt. Oui, le Seigneur est vraiment généreux et bon avec nous. Et la première et meilleure réponse est de le louer et de le remercier, d'une manière qui fasse mériter de nouvelles et plus grandes grâces.

Ici je m'attarderai seulement sur les quatre derniers événements indiqués ci-dessus, car je retiens qu'ils ont une plus forte importance sur le plan de toute la Congrégation.

Tout d'abord :

Le Congrès Mondial des Salésiens Coopérateurs

Il s'est déroulé à Rome, au Salesianum, du 9 au 12 novembre 2006. Il s'est révélé comme une belle expérience de réalité salésienne, vécue dans un climat de famille, et cela fut mis en évidence par tous les participants. Il a constitué la dernière étape d'un parcours de près de six ans, commencé avec la proposition de répartir la matière du Règlement de Vie Apostolique en deux parties : la première relative à l'identité du Coopérateur sur le plan de la vocation et de l'apostolat (le "Statut") et la seconde (le "Règlement") concernant les éléments d'application, d'organisation et de flexibilité.

Toute l'Association, animée par la Consulte Mondiale, a fait un travail d'étude et d'approfondissement, visant, au moyen de la collaboration et de l'échange continuel avec la base, au renouvellement du Règlement de Vie Apostolique. Le résultat a été l'élaboration d'un document, divisé en deux parties, mais avec un seul titre : Projet de Vie Apostolique.

Dans ce processus on est parti des Centres locaux et des Conseils provinciaux, en demandant les avis et les propositions. La Consulte Mondiale avait préparé une première ébauche officielle remontant déjà à février 2003, en restant le plus possible fidèle à l'excellent texte théologique et charismatique du RVA (1986) et en cherchant à insérer des éléments en faveur d'une plus grande autonomie des structures, d'une sensibilité à l'apostolat des laïcs vivant dans le siècle plus adaptée aux besoins de la mission salésienne dans le monde d'aujourd'hui. La grande richesse de ce processus a été précisément la contribution qu'ont apportée les Coopérateurs Salésiens eux-mêmes, plus que jamais conscients de leur vocation apostolique salésienne spécifique.

En demandant que dans le texte renové du Projet de Vie Apostolique leur nom soit changé et passe de "Coopérateurs Salésiens" à "Salésiens Coopérateurs", les Coopérateurs voulaient exprimer d'une façon claire leur conscience d'être, selon le cœur de Don Bosco, de vrais "salésiens externes", insérés dans le monde.

L'échange continuel des ébauches opéré entre les Coopérateurs Salésiens du monde entier, le Recteur majeur et la Consulte Mondiale, et suivi aussi par la Mère Générale des FMA, a produit comme fruit que le texte proposé en vue du vote "ad experimentum" pour les six années à venir, a été voté presque à l'unanimité des participants de droit au Congrès.

Avec un grand enthousiasme a été accepté également mon désir de transformer "l'Association" en un immense mouvement apostolique salésien regroupant toutes les branches de la Famille Salésienne, afin de présenter plus de visibilité, plus de crédibilité et plus d'efficacité dans la mission en faveur des jeunes d'aujourd'hui, selon le cœur apostolique de Don Bosco.

Les Salésiens de Don Bosco, après 140 ans d'assistance continuelle comme délégués, et les Filles de Marie Auxiliatrice, comme déléguées dans le secteur de leurs œuvres, deviennent conscients de la grande tâche d'accompagner non seulement les amis et les bienfaiteurs de la mission salésienne, mais avant tout et surtout les frères et les sœurs qui constituent une force d'apostolat opéré par des laïcs vivant dans le siècle, une force jaillie du cœur même de Don Bosco.

Le Congrès s'est terminé en deux temps : d'abord dans la Basilique Saint-Pierre avec le renouvellement de la promesse devant la tombe de l'Apôtre et ensuite sur la Place dans l'écoute du message du Pape, dans la ligne de ce qui avait constitué la devise du Congrès : "Nous renouvelons le Règlement, le Règlement nous renouvelle". Tout cela pour indiquer que le Congrès n'était pas tant un point d'arrivée qu'un moment pour un départ de renouveau.

C'est un événement significatif qu'a été :

Le Séminaire "Europe Terre de Mission"

Du 16 au 20 novembre a eu lieu ce Séminaire, organisé par le Dicastère pour la Pastorale des Jeunes et le Dicastère pour les Missions, avec la participation des trois Conseillers Régionaux de l'Europe, des Délégués Provinciaux pour la Pastorale des Jeunes et d'autres représentants de toutes les Provinces des trois Régions européennes. Le Séminaire se voulait dans une ligne de continuité avec la Rencontre des Provinciaux de l'Europe qui eut lieu aux premiers jours de décembre 2004 et avec les autres rencontres européennes mises en place surtout par le Dicastère de la Pastorale des Jeunes. Dès le premier moment, et jusqu'à la fin, j'ai cherché à suivre de très près la rencontre, invitant les Confrères à entreprendre avec courage le grand projet de "redonner une âme à l'Europe", en nous livrant avec parresia [assurance pour parler], confiance, joie, générosité et compétence à l'éducation à la foi et de la foi des jeunes. J'ai voulu proposer comme modèle de la nouvelle évangélisation de l'Europe Saint Paul : enchaîné à Rome dans une petite pièce qui n'avait pas plus de trois mètres carrés, il a témoigné du Christ et annoncé son Evangile avec pleine assurance et sans obstacle (cf. Ac 28,16-31).

Le Séminaire s'est déroulé avec grande responsabilité de la part de tous dans l'analyse de la situation si bigarrée dans les différentes zones de l'ouest à l'est et du nord au sud du continent, comme dans le partage des expériences déjà accomplies dans les diverses Provinces. Il était important de partager tout cela et d'en faire un patrimoine commun : nous étions conscients de ne pas partir de zéro, mais d'avoir au contraire derrière nous une expérience reconnue et de pouvoir mettre à profit les diverses occasions que nous offre l'histoire, tout en étudiant comment affronter les défis que nous présente cette Europe d'aujourd'hui ; il nous faut pour cela attacher de l'importance et prêter attention à tous les éléments qui sont à même de favoriser une véritable action d'évangélisation. Nous sommes conscients qu'aujourd'hui plus que jamais notre tâche est de donner la priorité à la première annonce de l'Evangile et à présenter la personne du Christ. Cela requiert un nouveau type d'évangélisateur, ayant la même passion apostolique du "Da mihi animas…" que Don Bosco. Le document de conclusion, accompagné de ma lettre aux Provinciaux et à tous les confrères d'Europe, présente très bien tout ce qui a été fait pendant le Séminaire et tout ce qu'on a voulu prendre comme engagement. J'en reste satisfait et il me plairait de voir également les autres Régions promouvoir une semblable expérience, car l'Europe n'a pas l'exclusivité de la priorité de l'évangélisation.

Ensuite s'est déroulée :

L'Assemblée de l'Union des Supérieurs Généraux

Du 22 au 24 novembre, encore une fois au Salesianum, s'est déroulée l'Assemblée de l'USG, avec le thème "Ensemble pour le Royaume". Le premier jour j'ai vu, en plus de celle des Supérieurs d'Ordres et de Congrégations de religieux hommes, la participation active d'un groupe nombreux de Supérieures Générales. On a vécu cette journée dans l'esprit du Congrès International de la Vie Consacrée qui a eu lieu à Rome en novembre 2004. Le thème, mais aussi la présence simultanée de membres de l'USG et de l'UISG, ont été une invitation à traduire de façon concrète la spiritualité de la communion, à étudier les expériences de collaboration entre l'Union des Supérieurs Généraux et l'Union Internationale des Supérieures Générales, entre des Congrégations proches par le charisme ou la mission, le tout visant à une collaboration de plus en plus grande et significative. Il n'a pas été question d'élaborer des stratégies de survivance devant le phénomène du vieillissement ou du manque des vocations, comme celui qui est en train de se produire dans une partie du monde occidental, mais d'acquérir davantage le sens de l'Eglise et de nous laisser guider par l'Esprit Saint vers une plus grande signification de la Vie Religieuse dans le monde d'aujourd'hui, unis par la mission du Christ elle-même. Ce n'est pas une question purement liée à la fonction à remplir, mais une question théologique dans le sens que l'Esprit, qui crée la diversité et la richesse des charismes, appelle à l'unité pour la construction du Corps du Christ. Nous, en tant que Salésiens, nous avons fait beaucoup de chemin dans la collaboration avec les laïcs, auxquels depuis des années sont confiés des rôles de responsabilité, spécialement dans le domaine de l'école. Nous sommes en train de grandir en communion au service de la mission en tant que Famille Salésienne. Quelques Provinces, dans les missions, dans l'éducation, dans les maisons d'accueil ont des relations institutionnalisées avec des groupes de la FS ou d'autres institutions religieuses. Ce qu'on est en train de promouvoir aujourd'hui à l'intérieur de la Vie Consacrée, c'est la "collaboration entre égaux" avec d'autres Instituts religieux, des diocèses, des organisations de laïcs. Dans ces cas on établit des conventions, qui sont faites non pas entre des personnes en particulier, mais entre des institutions et qui visent à une action commune au niveau de la planification, au partage des décisions et à une vérification effectuée ensemble. Tout cela trouve déjà une concrétisation, par exemple, dans tout ce qu'on est en train de faire pour affronter le défi du VIH/SIDA en Afrique, pour contrecarrer le trafic d'êtres humains, pour avoir une représentation qui ait du poids et du sens auprès de l'ONU. Evidemment pour entreprendre ce type d'engagements l'enthousiasme ne suffit pas, si l'on veut assurer de la continuité et du résultat. De telles interventions exigent des conventions qui doivent bien définir le projet, les objectifs, les processus pour la prise de décisions, les financements, le personnel, les stratégies pour affronter les situations conflictuelles. Nous sommes bien placés pour connaître les résistances et les difficultés qui existent pour collaborer à l'intérieur même de la Congrégation, de la Région ou de la Province. Il n'est donc pas difficile d'imaginer combien peuvent être plus grands les défis au niveau intercongrégationnel. A mon avis le point le plus important est celui de croître dans la culture de la communion et dans la conscience que la mission pour laquelle nous travaillons est la mission du Christ.

Dans le dernier jour de l'Assemblée j'ai été élu Président de l'USG. J'ai considéré cette élection comme une expression de confiance envers la Congrégation Salésienne, plus qu'envers ma personne. Pour ma part je chercherai à faire de mon mieux, avec le Vice-Président et le Conseil Exécutif qui a été mis à mes côtés. L'objectif premier est d'accompagner et de guider la Vie Consacrée aujourd'hui sur le chemin qu'elle est en train de parcourir, de manière que dans l'Eglise elle puisse répondre aux attentes de Dieu et aux besoins de l'humanité. Je suis convaincu que la Vie Consacrée représente une vraie thérapie pour notre société, à condition cependant qu'elle soit un signe visible et crédible de la présence et de l'amour de Dieu ("mystique"), qu'elle porte à un jugement critique vis-à-vis de tout ce qui attente à la personne humaine, entendue selon le dessein de Dieu ("prophétie"), et qu'elle soit solidaire avec l'humanité, spécialement celle qui le plus endure la pauvreté, la misère, l'exclusion ou la mise à l'écart ("diaconie ; service"). Il semble qu'aujourd'hui plus que jamais ce que l'on demande soit d'écouter l'Esprit et de se laisser guider par Lui.

Je veux enfin vous indiquer :

Les Célébrations en l'honneur de Maman Marguerite

Un événement qui a suscité un très grand enthousiasme, en donnant lieu à de multiples et très belles initiatives, telle a été la fête du 150ème anniversaire de la mort de Maman Marguerite. Dans une lettre que je leur ai écrite, j'adressais aux Provinciaux l'invitation à me faire savoir comment ils entendaient célébrer dans leurs Provinces cette date spéciale. Je remercie tous ceux qui ont répondu, en m'envoyant les programmes au moyen desquels ils ont honoré la maman de Don Bosco. J'ai un beau dossier qui atteste les activités et les célébrations réalisées au cours de l'année 2006. Nous sommes arrivés ainsi au 25 novembre, remplis de joie en raison du don merveilleux que le Seigneur nous a fait par l'intermédiaire de la Congrégation pour les Causes des Saints : par Décret du 23 octobre, elle a reconnu l'héroïcité de la vie et des vertus de Maman Marguerite, ainsi que la valeur de la réputation de sainteté retenue à son sujet dans l'opinion publique, et l'a déclarée Vénérable. Je sais gré d'une façon particulière au Saint-Père qui a accueilli positivement notre demande d'arriver, munis de cette reconnaissance, à la date du 25 novembre, dans le respect toutefois des étapes normales du procès. Je ne vous cache pas que j'ai vécu la lecture et la remise officielle du Décret avec une immense émotion. A présent, tandis que nous prions pour que le Seigneur hâte le jour de la béatification et celui de la canonisation de Maman Marguerite, ce qui importe est avant tout de continuer à promouvoir la vocation à la sainteté dans notre Famille Salésienne. Quel que soit notre projet personnel de vie, nous devons assumer tout ce qu'il y a de quotidien dans notre existence et d'habituel dans notre travail comme un chemin de sanctification, conscients que cette sanctification ne consiste pas à faire des choses extraordinaires, mais à faire d'une manière extraordinaire les choses ordinaires. D'autre part, je vous invite à promouvoir "l'Association Maman Marguerite" dans toutes les Provinces, de manière que les parents de personnes consacrées s'emploient à accompagner la vocation de leurs enfants et à les soutenir de la prière afin qu'ils soient fidèles, spécialement dans les moments d'épreuve. Etant donné que l'Association existe déjà en beaucoup d'endroits, ce serait peut-être le moment de penser à une appartenance officielle à la Famille salésienne.

ETRENNE 2007

Encore une petite réflexion avant de passer au commentaire de l'Etrenne. Elle concerne l'impact que l'Etrenne est en train d'avoir dans tout le monde salésien, dans le sens que de plus en plus elle est en train de se transformer en un véritable programme spirituel et pastoral. Cela réclame une attention particulière, pour éviter d'avancer sur la base de programmes de courte échéance, qui pourraient compromettre le projet (PEPS) des diverses œuvres et celui des différentes Provinces. On devrait plutôt, d'une part, rappeler que l'Etrenne est pour toute la Famille salésienne et que les Salésiens n'en ont pas l'exclusivité, et, d'autre part, chercher - au moins dans notre cas - à relier l'Etrenne aux grands choix du PEPS, justement pour tirer profit de ce qu'elle apporte de stimulant, restant toujours au service de la réalisation du projet éducatif et pastoral envisagé dans son organisation d'ensemble.

 

1. Introduction

L'Etrenne de l'an dernier a suscité dans la Famille Salésienne un grand enthousiasme et fait naître une multitude d'initiatives. Avec l'Etrenne de cette année je voudrais donner une continuité aux parcours commencés et en même temps ouvrir de nouveaux horizons.

Au cours de l'année 2006, que nous avions dédiée à l'engagement pour la famille, nous avons vécu le grand événement ecclésial de la Vème Rencontre Mondiale des Familles, dans laquelle a été réaffirmée la valeur de l'amour humain et de la vie humaine, dont la famille constitue le milieu privilégié. Les paroles du Pape, adressées à des centaines de milliers de participants, parmi lesquels se trouvaient de nombreux membres de la Famille Salésienne, donnent de l'espérance et nous engagent à continuer notre chemin pour la défense de la vie et le renouveau de la famille, berceau de la vie et de l'amour.

Pendant cette même période, cependant, nous avons vécu des événements dramatiques, dans lesquels nous avons connu une fois encore le mépris envers la vie humaine : les guerres en Iraq et au Moyen-Orient, la violence terroriste, l'inexorable progression de l'émigration, les abus commis sur des enfants et des femmes et l'exploitation de ces personnes, les lois qui approuvent l'expérimentation sur les cellules embryonnaires, etc..

Tout cela fait voir que le grand don de la vie se trouve de nos jours menacé, comme l'affirmait le vénéré Pape Jean-Paul II en s'adressant aux jeunes de la VIIIème Journée mondiale de la Jeunesse : «  Les menaces contre la vie ne faiblissent pas avec le temps. Au contraire, elles prennent des dimensions énormes. Ce ne sont pas seulement des menaces venues de l'extérieur, des forces de la nature ou des "Caïn" qui assassinent des "Abel" ; non, ce sont des menaces programmées de manière scientifique et systématique. Le vingtième siècle aura été une époque d'attaques massives contre la vie, une interminable série de guerres et un massacre permanent de vies humaines innocentes. Les faux prophètes et les faux maîtres ont connu le plus grand succès possible ». [1]

Devant cette réalité nous ne pouvons pas rester indifférents, surtout comme membres de la Famille Salésienne, animée par l'esprit de l'humanisme de St François de Sales, que Don Bosco a vécu et nous a transmis comme un précieux héritage d'éducation. C'est un humanisme qui nous fait mettre en valeur, défendre et développer tout le positif présent dans la vie des personnes, dans les choses et dans l'histoire, croire dans la force du bien et nous engager à le promouvoir plutôt qu'à nous lamenter du mal, aimer la vie et toutes les valeurs humaines que l'on rencontre en elle. [2]

Nous devons nous sentir interpellés par Dieu qui aime la vie. Si la vie humaine jaillit de l'Esprit même de Dieu, si elle est souffle divin, si nous avons été créés à son image et ressemblance, nécessairement au-dessus de notre existence flotte l'amour divin. Dieu aime tous les êtres. Il ne peut rien haïr de ce qu'il a créé avec amour.

Contre ce que peuvent penser ceux qui vivent avec l'obscure conviction que Dieu constitue une menace pour l'être humain et une présence oppressante, qu'il convient d'éliminer pour vivre et jouir plus pleinement de l'existence, nous voulons proclamer notre foi en Dieu considéré comme le meilleur ami de l'homme et le plus sûr défenseur de sa vie.

C'est ainsi qu'il s'est manifesté tout au long de l'histoire d'Isra