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Don Bosco, Saint ACG 310

LETTRES DU RECTEUR MAJEUR - Don EGIDIO VIGANO'


La lettre de Jean-Paul II aux Jeunes

Introduction. - L'année des jeunes. - Les valeurs de la jeunesse. - La lumière de l'Évangile. - Le difficile défi du futur. - Le projet de vie. - La charité pastorale et les jeunes. - La patrie de notre mission. - L'intercession de Marie.

Chers Confrères,
Je vous écris dans le joyeux climat du récent consistoire où le Saint-Père a élevé un cardinalat pour le service du ministère de Pierre - trois de nos très estimés confrères : son Éminence Rosalia Castillo Lara, archevêque titulaire de Precausa et président de la Commission pontificale pour l'interprétation authentique du code de droit canon ; son Éminence Miguel Obando Bravo, archevêque de Managua au Nicaragua (Amérique centrale) ; et son Éminence Adolphe Stickler, archevêque titulaire de Bolsena, bibliothécaire et archiviste du Saint-Siège.
Si cet événement est tout à l'honneur de la Congrégation, il constitue aussi pour nous une invitation pressante à vivre avec une intensité nouvelle la fidélité à notre charisme dans l'Église.
Nous félicitons nos excellents confrères : nous leur souhaitons beaucoup de sagesse et un grand courage ecclésial pour la part qu'ils prendront à la sollicitude du Pape Jean-Paul II pour l'Église universelle.
Nous assurons chacun d'eux, ainsi que notre quatrième confrère cardinal, son Éminence Raoul Silva Henriquez, archevêque émérite de Santiago du Chili, de notre affection fraternelle et de notre souvenir constant dans la prière.
Tandis que nous remercions le Saint-Père pour ce choix bienveillant, qui indirectement lie notre responsabilité et renforce notre attachement profond et sincère au Siège Apostolique, - héritage spirituel de Don Bosco, - je vous invite à relire attentivement la récente « Lettre » adressée aux jeunes par Jean-Paul II, et à en méditer, individuellement et en communauté, le contenu : ce précieux document nous interpelle.

L'année des jeunes.

L'année 1985 a été déclarée par l'ONU « année internationale de la jeunesse ». L'attention de tous s'est concentrée sur ce choix. Les moyens de communication sociale en font l'objet de leurs réflexions et diffusent des messages d'espérance et des consignes. Dans le monde culturel, de nombreuses publications invitent à une meilleure compréhension de cette période de la vie, et à la découverte de son dynamisme et de son influx puissant dans l'évolution de la société. Les soubresauts, perçus actuellement dans le monde des jeunes, sont le reflet des conditions socioculturelles dans lesquelles ils vivent et manifestent ce qui est en train d'advenir.
L'année 85 ne peut se ramener à une simple fête de la jeunesse ; elle nous invite à revoir la mission spécifique que le Seigneur nous a confiée parmi les jeunes. La lettre du Pape aux jeunes du monde entier nous y engage, ainsi que la lettre de Jean-Paul II aux prêtres à l'occasion du Jeudi saint 1985.
Il faut noter que ces deux lettres ne sont pas isolées dans le magistère du Pape actuel ; on peut déjà compter au moins une trentaine d'allocutions que le Pape a prononcées pour les jeunes au cours de ses voyages apostoliques et beaucoup d'autres, adressées à des groupes de jeunes, dans les circonstances les plus variées.
On peut dire que les deux lettres représentent le sommet d'une constante prédilection et préoccupation pastorale. Elles nous offrent une réflexion approfondie, pleine d'originalité. Elles témoignent non simplement de la sympathie ou de l'intérêt culturel du Pape, mais de sa sensibilité et de sa responsabilité sociale et ecclésiale. C'est l'appel d'un bâtisseur d'avenir, le message prophétique d'un pasteur ; c'est l'intuition, la prédiction d'un précurseur du troisième millénaire chrétien déjà tout proche.
L'Église, qui suit dans l'homme la « route de sa vie quotidienne », attache une importance extraordinaire à la période de la jeunesse dans l'existence de chacun, et à la jeunesse en général dans l'histoire de l'humanité, jusqu'à la considérer non seulement comme la « propriété » des jeunes, mais encore comme « un bien propre à tous ; un bien de l'humanité elle-même ». Les possibilités de l'histoire ne s'épuisent pas avec les générations déjà courbées vers la tombe ; elles se renouvellent à chaque génération pour parcourir de nouvelles étapes jusqu'à l'accomplissement plénier.
Pareille vision des choses est conforme à notre vocation. Le CG20 et le CG21 nous ont orientés dans ce sens et nous ont invités à regarder les jeunes avec espérance et réalisme, sans nous dissimuler les difficultés et sans désespérer des ressources, voyant dans le désarroi des jeunes comme les implorations mêmes de l'humanité : « il importe avant tout - nous dit le CG21 - de prendre appui sur les aspirations profondes et saines des jeunes, portant à maturité leur solidarité explicite ou implicite avec l'Évangile ».
Je dois vous avouer que j'ai vu avec plaisir les deux lettres du Saint-Père signalées et commentées dans plusieurs bulletins provinciaux, ainsi que présentées et exposées aux jeunes par de nombreux confrères.

Les valeurs de la jeunesse.

En lisant les diverses allocutions, et cette récente lettre, adressées aux jeunes, on découvre la profondeur de la réflexion du Pape sur la jeunesse. A ses yeux la jeunesse représente un patrimoine de valeurs et de possibilités pour la personne, pour la société et pour l'Église.
La jeunesse est, en tant que telle, un trésor « pour ce qu'elle est » et « pour ce qu'elle donne » ; il y a la richesse de son « être » et la fécondité de son « don ».

- La jeunesse : ce qu'elle « est ».
Elle est, printemps, commencement, offrande de fraîches possibilités, semence d'avenir où le bien est plus fort que le mal. La jeunesse est le visage de l'homme sans rides, le cœur de l'homme sans dissimulations ; c'est l'intelligence en recherche joyeuse de tout ce qui est vrai ; c'est l'esprit ouvert aux grands idéaux qui l'attirent et l'exaltent.
Avec chaque génération qui naît, l'humanité se reprend à espérer. Don Bosco était convaincu que dans une pomme pourrie les pépins sont encore bons et prometteurs. Ce n'est là ni un rêve ni l'élucubration d'une vision idyllique de la condition concrète des jeunes, comme si nous étions éblouis par les yeux innocents et le sourire transparent d'un enfant ; c'est un constat et le résultat d'une réflexion objective : la jeunesse est « cette part la plus délicate et la plus précieuse de la société humaine ». Nous pouvons énumérer les qualités nombreuses que le Pape a coutume de reconnaître aux jeunes dans ses interventions : joie et gaîté, transparence, audace, créativité, idéalisme, enthousiasme, générosité, loyauté, vivacité, sens de la justice, disponibilité au service, refus des moyens termes, mépris des calculs mesquins, répugnance pour toute forme d'hypocrisie, d'intolérance et de despotisme.
Être jeune, c'est pouvoir découvrir, projeter, choisir, programmer, prendre à son compte des décisions fécondes.
Il est vrai que tout cela relève du « possible » et ne se réalise pas nécessairement ; mais il s'agit d'une possibilité objective, surtout si l'on tient compte de ce surplus d'énergie et de vie qui vient de l'Homme nouveau, ressuscité au Baptême.
Le Pape aussi, lorsqu'il se demande « ce que sont les jeunes », regrette amèrement que plusieurs vieillissent avant l'âge et renoncent paresseusement aux valeurs de la jeunesse : la vraie notion « jeune » ne concerne pas seulement le biologique mais aussi le « cœur ». Être jeune signifie - outre goûter le printemps de la vie -, faire l'expérience d'une poussée incessante vers le bien et vers la vérité, ressentir un continuel élan de l'esprit, alimenter de l'intérieur la poursuite d'un idéal, consentir des renoncements pour atteindre un but.
La jeunesse est donc certainement, de sa nature, un bien extraordinaire, non seulement pour toute personne, mais pour l'humanité entière, à qui elle offre, sans relâche, de vraies possibilités de croissance et de renouveau. C'est pourquoi il sera indispensable de lui porter intérêt et sollicitude.

- Que « peut donner » la jeunesse ?
Ici notre réflexion doit se faire réaliste et se pencher sur la jeunesse d'aujourd'hui plongée dans une société qui l'assaille de problèmes cruciaux sur le sens de la vie et de l'histoire. Qu'est-ce que la conscience et le sens éthique, la famille et l'amour, la culture et la paix, le travail et la responsabilité politique, l'écologie, le progrès des sciences, l'utilisation vraiment humaine des techniques, la voie vers la vérité et la libération intégrale de l'homme ? La route des jeunes est encombrée de difficultés et d'obstacles. L'horizon s'emplit pour eux de lourdes responsabilités. Dès lors les vastes domaines de l'éducation doivent associer adultes et jeunes dans un effort commun de croissance, de révision et de renouveau.
Les difficultés que rencontrent les jeunes à faire fructifier ce qu'ils peuvent apporter, proviennent surtout de deux sources : - la diversité et les contradictions dans l'interprétation des valeurs de la part de la société ; - le rythme saccadé et confus des modes idéologiques et des modèles concrets de vie qui de mille façons sont présentés aux jeunes.
C'est un bombardement de messages, d'attitudes, de promesses, d'aspirations, et d'utopies, tandis que manquent le temps et le lieu propices à la réflexion, au jugement, au discernement, à l'assimilation.
Tout cela provoque une douloureuse et inquiétante dispersion des jeunes, non seulement dans les faits, mais dans la mentalité générale qui se défie de tout projet éducatif cohérent et structuré. Il y a dans l'air comme un soupçon permanent qui rechigne à reconnaître un sens définitif à tout projet de vie dégagé du goût du moment et capable de résister à la tentation du plaisir.
Dans pareille situation, la jeunesse, au lieu d'être une semence à faire grandir au bénéfice de tous, peut devenir un bien de consommation pour le profit de quelques-uns, ou une énergie utile à canaliser pour le service de quelque Moloch.
Ce que la jeunesse peut donner devra faire l'objet des soins de tous : des jeunes, des adultes, d'une société qui se voudra éducative.
Les devoirs de l'éducation concernent la formation de la conscience, les valeurs de l'existence, les événements du salut, les problèmes de la société, les exigences de l'amour, les besoins des malheureux, le projet de vie personnel considéré comme une authentique vocation historique.
Ainsi la jeunesse pourra prendre la route de l'espérance et renouveler la personne, l'amour, le mariage, la famille, la paix, le développement, la société et l'Église.
Dans cette entreprise éducative des jeunes, le Pape nous rappelle que la jeunesse est aussi un « héritage » et une « croissance ».
« Un héritage », parce que « l'héritage d'être homme » « l'héritage de la culture », « le cadre d'un peuple ou d'une nation » représentent une participation à une histoire concrète, et un appel à un engagement qui assumera ce patrimoine de valeurs, le confirmera, le maintiendra et le développera. La jeunesse naît au sein d'une histoire, d'un devenir et d'une tâche. La famille, la patrie, le bien commun exigent l'éducation à l'amour social.
« Une croissance », parce que la jeunesse doit porter avec soi « l'intégration progressive de tout ce qui est vrai, bon et beau, jusqu'au moment où elle sera « de l'extérieur » confrontée aux souffrances, à la perte des proches et à toute l'expérience du mal qui sans cesse se fait sentir dans le monde où nous vivons ».
C'est pourquoi elle doit apprendre à accepter la fatigue et l'effort, à surmonter les obstacles et les résistances, à multiplier les rapports avec autrui, à développer son sens critique et à acquérir la capacité du discernement.
Quant à nous, salésiens, la considération des valeurs de la jeunesse nous interpelle vigoureusement, parce que, (éducateurs, nous collaborons avec les jeunes pour développer leurs capacités et leurs aptitudes jusqu'à leur pleine maturité. Toujours et dans tous les cas, nous les aidons à s'ouvrir à la vérité et à se construire une liberté responsable. Nous nous efforçons pour cela de susciter en eux une adhésion profonde aux valeurs authentiques qui les orientent vers le dialogue et le service ».
Et à cette fin, en plus de nous préoccuper de chaque jeune personnellement, nous nous appliquons aussi à créer un « milieu » jeune valable, parce que l'assimilation des valeurs ne résulte pas d'un simple enseignement magistral, mais bien plutôt d'une expérience vécue et partagée. Je le rappelais dans le discours de clôture du CG22 : « Il s'agit de vérifier si nous parvenons à unir la lumière de la foi et une sagesse pédagogique capable de créer des milieux, des expériences, des symboles, des engagements pour la découverte et l'assimilation vitale des grandes valeurs que nous voulons faire croître. Le temps de la jeunesse de la vie s'allonge, la synthèse culturelle dans laquelle il nous appartient d'agir présente des difficultés toujours nouvelles. Etre aujourd'hui « missionnaires des jeunes » est un authentique défi. Le nouvel et stimulant article sur l’« Oratoires » est une invitation à une incessante créativité ».

La lumière de l'Évangile.

Le Pape dialogue avec les jeunes, avec l'intuition d'un vrai prophète. Il ne se perd pas en manœuvres bienveillantes pour une approche plus facile, il interpelle les jeunes avec la clarté et l'absolu de l'Évangile ; il le fait avec prédilection et sympathie mais aussi avec une extrême loyauté vis-à-vis des contenus les plus exigeants.
C'est là une leçon pour tous : avoir la franchise et la pédagogie de présenter aux jeunes la Parole de Jésus. Nous l'avons expérimenté lors de l'étrenne des Béatitudes : les jeunes se mettent volontiers à l'unisson du Christ et ils s'ouvrent ardemment aux grands idéaux de l'Évangile.
« Chers amis - disait le Pape à la jeunesse de Lima - le manifeste évangélique des Béatitudes est tout simplement un programme fascinant (pour vous les jeunes). C'est bien sûr un idéal élevé et exigeant. Mais, à cause de cela même, c'est en définitive un programme de vie fait à la mesure des jeunes. Moi, pèlerin de l'évangélisation, je ressens le devoir de proclamer ce soir devant vous que c'est seulement dans le Christ que se trouve la réponse aux inquiétudes les plus profondes de votre cœur, et la satisfaction plénière de toutes vos aspirations : ce n'est que dans l'Évangile des Béatitudes que vous trouverez le sens de la vie et toute la lumière sur la dignité et le mystère de l'homme » !
En effet, la Parole de Jésus manifeste une particulière affinité avec les valeurs de la jeunesse, à cause de sa nouveauté, de son authenticité, de sa force de libération et de régénération ; elle a la mystérieuse capacité de susciter l'éveil et l'élan de l'enthousiasme et d'assurer le rythme constant du progrès dans le bien, malgré les faiblesses et les fléchissements.
De plus, la Parole de Jésus est intiment liée aux grands événements du salut, au mystère pascal.
C'est Lui alors, avec sa parole et toute sa réalité, qui se présente comme la suprême nouveauté et la jeunesse permanente de toute l'histoire : dans les siècles passés et les siècles à venir, il n'y aura jamais rien de plus nouveau et de plus jeune que le Christ ressuscité ; il est l'alpha et l'oméga, le premier début et la dernière fin, la valeur maximale, absolue et toujours actuelle qui fait éclater le devenir humain. Il apporte avec lui la joie de la renaissance ; il est le printemps de chaque génération, le ferment de chaque renouveau, la clarté et l'audace de toute réforme. Le mystère du Christ, transparent dans la dimension eschatologique de son Église, est un perpétuel message de jeunesse.
Ainsi s'explique l'affinité de l'Évangile et de la jeunesse.
Il nous faudra donc, à l'instar du Pape, réécouter constamment avec les jeunes la Parole de Jésus.
Au centre de la « Lettre » que nous relisons se trouve la rencontre de Jésus avec un jeune, telle que nous la donne l'évangile de Marc. Elle a été choisie et située là, comme un modèle de dialogue actuel avec les jeunes. « Ainsi parle le Christ avec un jeune, avec un garçon ou une fille : il entre en dialogue dans les endroits du monde les plus divers, dans les différentes nations, les différentes races et cultures. Dans ce dialogue, chacun de vous est un de ses interlocuteurs potentiels ».
La rencontre devient conversation, dialogue à propos de la « vie éternelle » : demande et réponse, confiance et invitation.
Les questions les plus brûlantes de l'existence trouvent leur réponse dans le dialogue avec le Christ ; l'attirance de l'Évangile non seulement résiste aux attaques frontales d'une mentalité positiviste qui établit des techniques et des programmations athées, mais elle renaît toujours avec une intensité nouvelle, même si, çà et là, percent des accents de subjectivisme.
Notre CGS nous le rappelait avec justesse et sur un ton exigeant : « Pour le salésien une jeunesse sans Christ et un Christ qui ne trouve pas sa place parmi les jeunes, ce n'est pas seulement une grave inquiétude, c'est un défi et une impulsion à se renouveler, à chercher des voies nouvelles, à tout oser pourvu que soit efficacement annoncé le salut de Dieu et que les jeunes soient aidés à être eux-mêmes, à vivre authentiquement leur expérience humaine et chrétienne, trouvant dans l'amitié du Rédempteur le ferment animateur de leur complète formation ».
La personne et la parole de Jésus ne laissent jamais les jeunes indifférents, au contraire elles les attirent, les interpellent, les fascinent, les bouleversent : Jésus les regarde et les aime ; peut-être un jour le quitteront-ils, mais jamais plus ils ne pourront oublier son visage.
« Les jeunes, précisément parce qu'ils n'acceptent que des personnalités fortes et cohérentes, s'ouvrent plus volontiers à une catéchèse qui présente le Christ comme l'Amour ouvert à tous, réalisant la libération de l'homme dans le don total de soi et le sacrifice. Ils s'interrogent en profondeur sur le sens de la vie et de la souffrance ; et sous l'aiguillon des expériences pas toujours positives de l'amitié, de l'amour, du travail, ils cherchent Dieu « pour l'atteindre comme à tâtons et le trouver » (Ac 17, 27).
« Pour eux le Christ peut devenir l'unique réponse, irrésistiblement attirante ».

Le difficile défi du futur.

Jean-Paul II affirme avec décision que « l'Église regarde les jeunes, et même que l'Église, d'une manière toute spéciale, se regarde elle-même dans les jeunes »
Le Pape veut signifier par là que la mission de l'Église, « sacrement universel du salut », engagée sur la voie de la réconciliation, de l'œcuménisme, du développement et de la paix, est particulièrement confiée aux jeunes ; n'a-t-il pas dit, en effet, que « la paix et les jeunes marchent ensemble » !
Les thèmes comme la pénitence, la solidarité, l'engagement apostolique, la justice sociale, sont des centres d'intérêt pour la formation des jeunes. L'éducation que nous donnons a parfois été accusée de former des personnes uniquement soucieuses de leur avenir personnel, alors qu'elle devrait former des gens décidés à transformer la société là où sévissent des structures qui humilient et oppriment l'homme dans sa dignité de personne, et briment les droits des peuples. Une préparation adéquate à la responsabilité politique, à la participation sociale et à un engagement ecclésial constitue un aspect indispensable de l'éducation des jeunes. Ils ont besoin de compétence et le conscience professionnelles, de sens des responsabilités civiles, d'options définitives dans le domaine de la foi.
Mais la situation du monde est complexe, difficile, pleine d'inégalités et tellement obérée de menaces terribles ! « Nous sommes tous conscients, dit le Pape, que semblent s'annoncer, à l'horizon de l'existence des milliards de personnes qui forment la famille humaine en cette fin du second millénaire après le Christ, la possibilité de calamités et de catastrophes d'une ampleur vraiment apocalyptique ».
Mais un tel monde peut-il être changé ? Les jeunes réussiront-ils à le transformer ? Sauront-ils le faire ?
Le Pape ne vacille pas devant ces questions si angoissantes, il stimule chez tous la confiance et la constance : « Le Christ répond comme il répondait déjà aux jeunes de la première génération de l'Église avec les paroles de l'Apôtre : « Je vous écris, jeunes gens, parce que vous avez vaincu le Mauvais. Je vous écris, enfants, parce que vous connaissez le Père. Je vous écris, jeunes gens, parce que vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous ».
Il faut donc se fier à la force de la résurrection du Seigneur et à la puissance de l'Esprit-Saint. La vie est un « combat », non un « combat contre l'homme, au nom de quelque idéologie coupée des racines même de l'Évangile », mais un combat contre le mal, contre toute injustice, contre toute fausseté et tout mensonge, contre tout péché.
Toutefois il est indispensable que la Parole de Dieu demeure dans les jeunes. Alors ils seront « forts » ; ils pourront atteindre « les mécanismes cachés du mal et ses racines, et réussir progressivement à changer le monde, à le transformer, à le rendre plus humain, plus fraternel, et à en faire davantage le monde de Dieu ».

Le projet de vie.

Le thème de la vocation est au centre de la lettre du Pape. Il est aussi au centre de la conversation de Jésus et du jeune homme, telle que nous la donne l'évangéliste : tout tend, comme par degrés, vers le « Suis-moi », Cette invitation fait le lien entre les diverses suggestions : vocation à la vie, au témoignage chrétien, à un engagement ecclésial spécifique.
Dans les desseins de Dieu le temps de la jeunesse comporte le projet de vie, la vocation ; celle-ci ouvre une perspective tout à fait personnelle. L'éventail des vocations se déploie largement, mais la vocation sacerdotale et la vocation religieuse méritent une considération particulière.
Le motif premier en est, bien plus que le manque d'ouvriers dans la vigne du Seigneur, le degré de maturité de la foi du jeune homme ou de la jeune fille, et la joie ressentie lorsqu'ils vouent leur propre vie et l'insèrent dans le plan d'amour du Dieu Créateur et Rédempteur, en se mettant à sa disposition pour réaliser son grand dessein : « Je voudrais vous confier, à vous tous, les jeunes, qui êtes les destinataires de la présente lettre, cette tâche merveilleuse qui consiste à découvrir, devant Dieu, la vocation pour la vie de chacun d'entre vous. Et c'est un travail passionnant. C'est une tâche personnelle fascinante. En accomplissant cette tâche, vous développez et vous faites croître votre humanité tandis que votre jeune personnalité acquiert peu à peu sa maturité. Vous vous enracinez en ce qu'est chacun et chacune d'entre vous, pour devenir ce qu'il doit devenir : pour soi, pour les hommes, pour Dieu ».
Il serait bon que les éducateurs considèrent le problème de la vocation sous l'angle de la croissance du sujet, même s'il ne faut pas oublier les besoins urgents de la moisson à engranger et la nécessité de nombreux ouvriers.
A propos de l'urgence d'une meilleure pastorale des vocations, beaucoup de commentaires sont possibles. Dans la Congrégation, d'heureuses interventions ont souligné les différents aspects du discernement, de la pédagogie et de l'accompagnement des vocations. Elles rejoignent celles plus autorisées du second Congrès mondial des vocations, réalisé sous la responsabilité du Saint-Siège, avec le concours des Conférences épiscopales et la collaboration des divers organismes et congrégations religieuses.
Plutôt que de répéter ces excellents textes, ainsi que les messages annuels pour la journée des vocations, je me permettrai de vous transmettre quelques-unes des observations recueillies lors de mes nombreuses rencontres fraternelles dans diverses régions.
La première observation va de soi : c'est la conviction que seule la vie engendre la vie ! « De même qu'un terrain prouve la richesse de son humus et toute sa vitalité par la luxuriance des moissons qu'il porte, ainsi une société révèle sa vigueur et sa maturité à travers ses floraisons de vocations ».
Il ne fait aucun doute qu'un jeune est invité à discerner sa vocation grâce à ce qu'il expérimente et constate, plutôt qu'à travers tout ce qu'on peut lui dire. Les Constitutions, à l'article 16, nous indiquent cette voie. Il y est question de la fécondité de notre esprit de famille : « Pareil témoignage suscite chez les jeunes le désir de connaître et de suivre la vocation salésienne ».
L'éveil des vocations est plus proche de la « génération » que du recrutement. Notre témoignage « constitue le don le plus précieux que nous puissions offrir aux jeunes », La densité chrétienne d'un milieu est la vraie terre des semailles.
Citons le document final du second Congrès international des vocations (1982) : « La pastorale des jeunes et la pastorale des vocations sont complémentaires. La pastorale spécifique des vocations trouve son espace vital dans la pastorale des jeunes. La pastorale des jeunes devient complète et efficace quand elle s'ouvre à la dimension vocationnelle ».
« La pastorale des vocations, en effet, n'est pas un secteur de la pastorale des jeunes, mais sa perspective même, parce que la pastorale est foncièrement vocationnelle. Ou bien la pastorale des jeunes, en progressant, aboutit à la proposition vocationnelle, ou bien la pastorale des vocations exige une pastorale des jeunes comme cheminement et contexte appropriés ».
Mais il faut ajouter aussitôt une autre observation indispensable : une saine pédagogie pastorale exige l'intelligence et le courage de la proposition des vocations (il coraggio della « proposta » !). Non seulement un simple exposé devant un groupe, mais une proposition individuelle à chacune des personnes dans l'intimité d'un dialogue de discernement spirituel.
« N'ayez pas peur de lancer des appels, nous dit le Pape. Il ne doit exister aucune crainte de proposer directement à une personne jeune ou moins jeune les appels du Seigneur ».
Et dans sa lettre aux prêtres, du Jeudi saint 1985, il dit encore plus explicitement : « L'amour rend capable de proposer le bien. Jésus « regarda avec amour » son jeune interlocuteur de l'Évangile et lui dit : « suis-moi ». Le bien que nous pouvons proposer aux jeunes s'exprime toujours par cette invitation : suis le Christ ! Nous n'avons pas d'autre bien à proposer, personne n'a un bien plus grand à proposer ».
Cela veut dire que le jeune doit chercher à se connaître lui-même de la manière la plus profonde et la plus authentique possible ; il doit chercher à découvrir cette vocation que le Christ montre à l'homme, à se retrouver lui-même comme homme : « En effet, le Christ manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ». « S'il y a dans nos cœurs l'amour des jeunes, nous saurons les aider dans la recherche de leur réponse à ce qu'est la vocation pour la vie de chacun et de chacune d'entre eux ».
En tant qu'éducateurs nous devons nous persuader que cette médiation personnelle est nécessaire. Notre médiation aide le jeune à expliciter l'appel intérieur qui le sollicite. Elle lui donne du courage pour y répondre. Cette légère touche sera indispensable à plus d'un pour se décider. Elle sera comme un « signe » concret d'un dialogue personnel avec le Seigneur.
Enfin il me faut encore souligner l'indispensable « accompagnement », individuel et en groupe, avec l'aide de bonnes communautés d'accueil et de promotion, de toutes les vocations qui peu à peu se profilent dans la conscience des jeunes.
Je vois là une des conclusions pratiques qui, à présent, s'imposent à nous après les diverses expériences déjà faites. Il est certain que de pareils « milieux portants » doivent être soutenus par de fortes personnalités si nous voulons assurer le discernement et le développement de toute vocation ; mais il faut ces communautés, ces « milieux », si nous voulons que les germes poussent.
L'accompagnement individuel - personnalisé dans un patient et sage travail de discernement et de direction spirituelle - et l'accompagnement de groupe pour un partage progressif de foi vécue communautairement sont complémentaires et décisifs pour un choix de vocation fait avec maturité ».

La charité pastorale envers les jeunes.

La lettre que le Pape adressa aux prêtres, le Jeudi saint 1985, est le précieux complément de la lettre adressée aux jeunes. Elle nous décrit la physionomie du prêtre consacré à l'apostolat des jeunes et analyse les caractéristiques de sa charité pastorale.
Il est étonnant de constater que la nature de cette charité est précisément celle qui est au cœur de notre esprit salésien. C'est une charité qui imprègne et oriente toutes nos énergies personnelles et communautaires de manière à « être dans l'Église signes et porteurs de l'amour de Dieu pour les jeunes » (C. art. 2).
La pastorale des jeunes doit occuper dans la pastorale générale une place de choix. Elle exige chez le pasteur des façons de faire spéciales.
Le Pape demande avant tout au pasteur des jeunes d'être « accessible », c.-à-d. disponible, ouvert, bienveillant, d'un contact facile, se faisant très proche et témoignant de l'intérêt.
Il s'agit de pouvoir dialoguer dans l'amitié et la confiance sur les problèmes du projet de vie, et surtout sur les thèmes les plus fondamentaux qui regardent le salut et la « vie éternelle », Il est indispensable de susciter de l'intérêt pour cette question vitale, puis de savoir écouter les jeunes, répondre à leurs questions et à leurs objections.
A cette fin il faut chez le pasteur un double « sens des responsabilités » : il doit se sentir tenu de présenter avec objectivité et clarté les vérités du salut, et de se présenter comme un interlocuteur compétent vraiment crédible et d'une grande autorité morale.
Au sens des responsabilités il faut encore joindre une vive conscience du rôle de « médiateur » : le prêtre doit se consacrer entièrement à pénétrer dans les cœurs, mais sans jamais y offusquer la primauté de la présence du Christ, le grand Ami et l'Interlocuteur incomparable.
La qualité principale, le fondement, l'âme de toute pastorale, c'est l'amour : « qui est participation au regard que porta Jésus sur son jeune interlocuteur de l'Évangile et participation aussi à l'amour dont il l'aima ». Un amour qui se traduit en bonté, en « amorevolezza », et en capacité de vivre avec les jeunes leurs épreuves et leurs souffrances ; qui se traduit aussi en fermeté et en contestation évangélique de tout ce qui attente au trésor de leur jeunesse ; un amour qui veut sauvegarder et promouvoir les qualités de leur caractère et de leur cœur.
« Il faut aussi prier avec insistance pour que cet amour sacerdotal, désintéressé, réponde concrètement à ce qu'attend toute la jeunesse, masculine ou féminine, les garçons et les filles. On sait, en effet, quelle diversité présente la richesse de la masculinité et de la féminité pour le développement de leur personnalité concrète et absolument unique. A l'égard de chacun et de chacune d'entre eux, il nous faut apprendre du Christ l'amour dont lui-même « aima ».
Enfin le Saint-Père rappelle que l'éducation et la pastorale des jeunes font l'objet de beaucoup d'études systématiques et de publications ; il veut par là nous rappeler qu'une authentique charité pastorale stimule les éducateurs à étudier et à s'informer consciencieusement en vue d'acquérir la compétence pédagogique sans laquelle l'amour courrait le risque de s'empêtrer dans une sentimentalité ou une sympathie superficielles, - le temps d'un printemps -, sans marquer profondément l'âme des jeunes.

La patrie de notre mission.

La réflexion globale que les deux lettres de Jean-Paul II nous suggèrent à nous, salésiens, c'est le rapport essentiel et indissoluble qui existe entre notre consécration apostolique salésienne et la jeunesse.
Don Albera remarque avec beaucoup de perspicacité que le don de la prédilection pour les jeunes est l'âme de notre mission : « Il ne suffit pas, écrit- il, de ressentir pour les jeunes une certaine attirance naturelle, il faut avoir pour eux une véritable prédilection. A son point de départ, cette prédilection est un don de Dieu, c'est la vocation salésienne elle-même ; mais il appartient à notre intelligence et à notre cœur de la développer et de la perfectionner ».
Ainsi donc, pour nous, l'année de la jeunesse dure toute la vie : « Le Seigneur lui-même, nous disent les Constitutions, a désigné à Don Bosco les jeunes comme premiers et principaux destinataires de sa mission ».
La jeunesse, et surtout la jeunesse populaire et pauvre, fut l'héritage et la passion charismatique de Don Bosco ; elle constitue l'élément fondamental qui marque l'identité de sa vocation ; Don Bosco sera toujours et d'abord le Père et le Maître de la jeunesse.
C'est précisément au milieu des jeunes qu'il a élaboré son style de sainteté et son patrimoine pastoral et pédagogique : « Don Bosco a vécu, dans la rencontre avec les jeunes de son premier Oratoire, une expérience d'Esprit-Saint qu'il appela " Système préventif " ».
Le Pape nous a appelés « les missionnaires des jeunes » ; la jeunesse est vraiment la patrie de notre mission. La prédilection pour les jeunes pauvres a attiré à la Famille salésienne la sympathie des milieux populaires et lui a apporté la richesse et l'abondance des vocations qui ont fait de notre Congrégation un Institut typiquement international implanté dans tous les continents.
Avec les expressions les plus senties de Don Bosco et avec bon nombre d'expressions délicates de ses successeurs, on pourrait composer le « cantique » de l'harmonie et de l'attirance « salésiens-jeunes » : une mutuelle affinité, une appartenance réciproque.
Quelques-unes de ces expressions ont été reprises et consacrées par le nouveau texte des Constitutions : la jeunesse est « cette part la plus délicate et la plus précieuse de la société humaine » ; « Pour vous (les jeunes) j'étudie, pour vous je travaille, pour vous je vis, pour vous je suis disposé à donner jusqu'à ma vie ».
« Ici, avec vous, je me sens bien. Ma vie, c'est vraiment d'être avec vous ».
« Il suffit que vous soyez jeunes, pour que je vous aime beaucoup ».
« Chaque fois qu'il s'agit du bien de la jeunesse en péril, je cours en avant jusqu'à la témérité », « avec tous les moyens qu'inspire la charité chrétienne ».
Don Rua disait de Don Bosco : « Pas une de ses démarches, pas une de ses paroles, pas une de ses entreprises qui n'ait eu pour but le salut de la jeunesse ».
La chasteté, elle-même, selon la volonté de Don Bosco, doit être telle qu'elle permette aux confrères d'aimer les jeunes en toute clarté et de telle façon « qu'ils se sachent aimés ».
Si l'Esprit-Saint a formé en Don Bosco un cœur de « père » et de « maître » en vue de la mission qu'il lui confiait, aujourd'hui encore le même Esprit-Saint répand dans le cœur de chaque salésien la grâce de faire « l'expérience de la paternité de Dieu quand il travaille au salut de la jeunesse ».
Notre mission est foncièrement liée au monde des jeunes et trouve là son aboutissement comme aussi la source de sa joie et de ses créations, parce que là est sa patrie.
C'est le devoir de chaque nouvelle génération de salésiens de redécouvrir et de réexplorer, comme aussi d'aimer intensément, cette patrie. Ils se demanderont peut-être comment le faire de façon actuelle, significative, efficace alors que la condition des jeunes est si variée, morcelée, changeante, entraînée qu'elle est dans une évolution sociale où les institutions éducatives sont de plus en plus complexes et mouvantes. La lettre du Pape est pour nous un appel et une invitation à assurer quelques aspects de notre engagement.
- Le premier serait « de ne pas déserter le champ de notre engagement pour les jeunes », mais de fixer notre demeure définitive dans cette patrie. Être présent, « demeurer » parmi les jeunes, partager leurs espérances et leurs problèmes reste une condition indispensable. Il est possible que dans certaines situations l'âge avancé des confrères les poussent insensiblement vers un type de gestion indirecte (de nos œuvres) dans l'espoir de poursuivre notre mission par l'intermédiaire de tiers, mais sous notre direction. Il va sans dire que nous devons savoir associer le plus grand nombre possible de collaborateurs à nos œuvres, mais cette tactique ne sera salésienne ment payante que si les salésiens eux-mêmes ne perdent jamais le contact vital avec les jeunes.
Le CG22 a lancé un appel ému. Il demandait à tous les salésiens de retourner aux jeunes, à leur monde, à leurs besoins, à leur pauvreté ; de leur reconnaître une priorité effective en leur donnant la preuve de leur présence éducative, Spirituelle et affective.
- Le second aspect important serait de rechercher, avec esprit de suite, une vraie compréhension du contenu des requêtes et des problèmes des jeunes. A la présence et à la vie partagée, il faut ajouter l'effort de se mettre au diapason et en harmonie avec l'âme des jeunes. Ce qui cause de l'inquiétude aujourd'hui dans le monde des jeunes, ce n'est plus tant l'opposition, la contestation ou le rejet, mais bien la fruite silencieuse vers des horizons subjectifs.
Il est de toute première nécessité de savoir écouter les jeunes, de savoir les inviter à s'exprimer, puis de chercher ensemble comment élaborer un projet personnel de vie, à la lumière du grand mystère du Christ qui est voie, vérité et vie.
- En dernier lieu, j'estime qu'il est urgent de donner, à chacune de nos « présences », cette allure jeune qui suscite les vocations et qui prouve l'authenticité de notre mission, même quand une œuvre s'adresse à d'autres personnes que les jeunes. Les nouveaux Règlements nous le rappellent, par exemple, quand ils traitent des paroisses : « La paroisse confiée à la congrégation doit se distinguer par son caractère populaire et son souci des jeunes. Elle doit considérer 1'« oratoire » et le centre de jeunes comme partie intégrante de son projet pastoral ».
Ainsi donc : « présence », « vie accordée au diapason des jeunes » et « option préférentielle » sont les conditions exigées par le don de prédilection propre à notre charité pastorale. Ces conditions confirment que notre vie et notre travail, au milieu des jeunes et pour eux, nous situe dans la vraie patrie de la mission salésienne.
J'estime utile et même urgent que chaque province, chaque maison, chaque confrère sache faire une révision soignée de l'état de santé des trois conditions rappelées ci-dessus. Pareille révision servira aussi à donner une portée concrète, effective, à l'une des plus importantes orientations pratiques du dernier Chapitre général, à savoir : une meilleure qualification pastorale de notre action.

L'intercession de Marie.

Le Pape conclut ses deux précieuses lettres par une fervente allusion à la Vierge : « Marie de Galilée, qui intercède pour les jeunes, pour les, nouveaux époux » ; et la Vierge Mère de qui est née « la jeunesse de Dieu ».
Elle se trouve maternellement aux origines de notre mission. Nous « nous confions à elle, pour devenir, parmi les jeunes, les témoins de l'amour inépuisable de son Fils ».
Je vous invite à toujours mettre votre confiance dans sa puissante intercession et à lui demander d'augmenter, en chaque confrère et en chaque communauté, le don de la prédilection pour les jeunes. Qu'elle nous obtienne de réaliser un modèle concret de spiritualité qui actualise, pour la jeunesse d'aujourd'hui, le miracle de vie chrétienne que Don Bosco, « guidé par Marie, qui a été pour lui Maîtresse de vie », a su faire naître a l'Oratoire du Valdocco.
Que Marie nous aide à être vraiment et partout les « missionnaires des jeunes » !
Votre très affectionné.