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Eucharistie avec le Chapitre Général 27 - Lundi de la Troisième Semaine de Carême – 24 mars 2014

Eucharistie avec le Chapitre Général 27

Lundi de la Troisième Semaine de Carême – 24 mars 2014

Bien chers confrères,

            Les deux lectures d’aujourd’hui nous aident à comprendre qu’elle doit être notre attitude devant Dieu. Pour recevoir les dons de Dieu, nous devons reconnaître que nous n’avons aucun droit sur lui et que nous devons accepter docilement sa manière d’agir.

            « Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays », dit Jésus (Lc 4,24). Pourquoi n’est-il pas bien accueilli ? Parce que manque l’attitude de l’attente, c’est-à-dire la disposition à s’ouvrir à l’initiative divine. Dans son pays, le prophète est connu : c’est un homme comme les autres. On pense « naturellement » qu’il ne peut pas être instrument de Dieu. On ne peut rien attendre d’extraordinaire de sa part. Et s’il est vraiment capable de faire des choses extraordinaires, qu’il le fasse voir ici, dans son pays : ses compatriotes en ont plus le droit que les autres. Une telle attitude empêche de recevoir les dons de Dieu, parce que l’initiative divine est gratuite, souverainement libre dans la manière de répondre aux espérances humaines.

            Dans l’histoire de Naaman – à laquelle Jésus fait allusion dans ses paroles – Dieu se révèle en fait à un étranger, mais il amène d’abord cet étranger à abandonner sa façon de voir, de concevoir les choses.

            Naaman, païen, ne pensait pas avoir des droits sur le Dieu d’Israël, mais il avait déjà décidé, en un certain sens, de la façon dont se serait déroulée sa rencontre avec l’homme de Dieu.

            Il faut dire qu’effectivement il n’a pas été accueilli avec beaucoup d’égards. Le prophète ne se dérange même pas : quand Naaman arrive à la porte de sa maison, le prophète envoie quelqu’un lui dire d’aller se laver sept fois dans le Jourdain.

            Ce n’est pas un accueil chaleureux pour un lépreux venu d’un pays lointain ! Tant et si bien que Naaman se fâche, comme se fâchent les compatriotes de Jésus. Il avait pensé que cela se passerait bien autrement : que le prophète serait sorti, se serait arrêté pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu, aurait mis sa main sur la plaie et l’aurait guéri. En somme, il s’attendait à une cérémonie quelque peu grandiose, à quelques gestes solennels, peut-être des gestes magiques, pour obtenir une guérison aussi extraordinaire. Au lieu de cela : aller se laver ! Eh quoi ! N’y a-t-il pas de fleuves à Damas ?

            Un roi d’Israël avait dit : « Suis-je Dieu pour donner la mort ou la vie ? ». Et le « vieil homme » a vraiment dû mourir en Naaman pour que renaisse une « personne neuve » ; Naaman a donc dû abandonner toute certitude ancienne, se soumettre à l’initiative divine, en acceptant docilement la manière toute simple de Dieu. « Alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant ».(2R 5,14)

            Dieu fait de grandes choses avec des moyens simples.

La guérison de Naaman fait penser au Baptême qui est une action toute simple. Comment peut-il se faire qu’en versant un peu d’eau sur la tête d’un enfant ou d’un adulte, celui-ci devienne spirituellement une créature nouvelle, un fils de Dieu ? Dieu ne peut pas agir ainsi ! Et pourtant Dieu agit vraiment ainsi : il emploie des moyens tout simples pour nous gratifier de ses dons.

            L’Eucharistie aussi est une réalité toute simple. Nous l’avons rendue un peu plus compliquée pour en souligner la valeur ; mais manger ensemble un peu de pain est une chose très simple. Mais ce pain-là est le corps du Seigneur.

            Dans notre vie également, les gestes très simples de tous les jours peuvent devenir des instruments de la grâce de Dieu, et ils le deviennent si nous les accomplissons par amour pour lui.

            Demandons au Seigneur la docilité profonde qui nous fait adhérer jour après jour à son action, avec simplicité et confiance.

Aujourd’hui, notre prière s’enrichit d’un autre élément de réflexion. En effet, c’est le jour où nous sommes appelés à commencer un chemin de discernement pour choisir le dixième successeur de Don Bosco.

Je crois que le point de départ le plus fécond et le plus significatif est de partir d’une attitude du cœur qui nous situe dans une relation juste avec le Seigneur.

Notre première attitude est donc une attitude de remerciement.

L’expérience du Chapitre Général, à travers le rapport du Recteur Majeur et les interventions des différents Conseillers Généraux, les « mots du soir » des Provinciaux des différents continents, les contacts informels avec beaucoup de confrères, toute cette expérience nous fait prendre conscience de la grandeur de Don Bosco, nous fait voir combien est précieux et actuel notre charisme salésien, et nous fait toucher du doigt la beauté de notre vocation de disciples de Jésus et d’apôtres des jeunes. Alors que nous percevons toute cette richesse, nous sentons monter de notre cœur une prière d’action de grâces au Seigneur et, en même temps, grandit en nous la conscience d’un trésor à conserver.

La seconde attitude est de nous mettre à l’écoute.

À l’écoute avant tout de la Parole proclamée et de la parole que l’Esprit Saint murmure à nos cœurs dans le silence et dans la réflexion. À l’écoute des besoins des jeunes et de l’Église. À l’écoute des besoins de la Congrégation elle-même. Tout cela pour choisir comme Recteur Majeur la personne qui puisse répondre au mieux à ces besoins. Un confrère qui représente avec une grande force spirituelle, avec une grande autorité dans le gouvernement et avec un vrai sens paternel, la présence de Don Bosco au milieu de nous.

La troisième attitude est la liberté intérieure.

Cette liberté trouve son point de référence dans une conscience libre, obéissant à Dieu et à sa volonté, non influencée par des calculs humains, personnels ou externes. Une liberté qui nous protège de mouvements de lobbies ou d’ententes qui n’ont rien d’évangélique. De ce choix de liberté intérieure, de cette grande netteté de notre part à tous, naîtra le meilleur choix, le choix selon le cœur de Dieu.

Tout cela est en accord avec l’exigence d’une vie religieuse clairement enracinée dans la foi au Christ. Notre foi en Lui, forte et convaincue, engendre des comportements nouveaux, marqués de radicalité évangélique et sûrement féconds du point de vue spirituel, apostolique et vocationnel.

Je termine en remerciant avec vous tous le Seigneur pour ces douze années de service de notre Recteur Majeur, le P. Pascual Chávez Villanueva. Il a certainement bien interprété au milieu de nous la présence de Don Bosco. Il a aimé et servi les jeunes, les confrères, les religieux, l’Église. Il nous a guidés dans le retour à Don Bosco et maintenant, avec joie et confiance, il remet le témoin à son Successeur. Prions pour lui et pour Celui que le Seigneur veut nous donner comme nouveau Père de la Famille Salésienne.

À Marie Auxiliatrice, dont nous faisons mémoire particulièrement aujourd’hui, 24 du mois, demandons d’accompagner notre chemin de discernement de cette journée et de cette semaine. Elle est à la racine de notre Congrégation : qu’elle nous garde sur le chemin de la fidélité à Dieu et à notre charisme. Amen.