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Étude sur l’ état de la Congrégation. Questions au Recteur Majeur

Étude sur l’ état de la Congrégation
Questions au Recteur Majeur

ANIMATION ET GOUVERNEMENT

  1. Le souhait, mentionné à la page 351, de remettre au successeur une Congrégation d’une plus grande vitalité apostolique et charismatique, ne relève-t-il pas d’une évaluation trop optimiste, au vu des statistiques présentées ? (Commission juridique)

 

Recteur Majeur : C’est justement en regardant les statistiques que je suis optimiste, vu la tendance des autres congrégations et la lettre positive qui nous est parvenue de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. En outre, il n’y a pas de signes de divisions ; et s’il est vrai qu’il y a une baisse des vocations dans une partie géographique de la Congrégation, il y en a une floraison dans d’autres. Certes, je constate des aspects problématiques mais aussi des signes d’espérance.
 

  1. Comment évaluez-vous l’actualisation de ce qui est demandé par le CG 26 au sujet d’une plus grande interaction entre les trois Dicastères orientés vers la mission salésienne ? Selon vous, qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? (Commission juridique)

Recteur Majeur : Je suis beaucoup plus satisfait qu’au sexennat précédent. Les trois Secteurs se sont réunis chaque semestre et ont réussi à présenter ensemble leur action. Il reste des choses à faire sur la coordination.

P. Fabio Attard: Nous avons essayé de faire des cheminements possibles à partir des paramètres que nous avions. Une difficulté dans l’évaluation finale venait du fait qu’au début du sexennat, nous n’avions pas établi de programmation commune. Nous avons fait une rencontre avec les huit Régions, chacun essayant de considérer attentivement les réflexions faites. Dans deux Régions, nous avons réussi à nous présenter ensemble dans les rencontres avec les Provinciaux. Le but que nous nous sommes proposé pour le prochain sexennat est que les trois Conseillers établissent une programmation commune pour exploiter au mieux les interventions d’animation qui soutiennent les choix de gouvernement. Il est clair que nous pouvions faire davantage.

P. Filiberto Gonzalez: Tous les six mois, nous nous sommes rencontrés pour réfléchir sur le parcours fait en commun. Chaque Dicastère a sa méthodologie propre ; nous nous sommes exhortés à travailler ensemble pour de petits projets, nous avons fait une évaluation au milieu de l’année et une autre à la fin. Dans certaines Provinces, on s’est mis à travailler ensemble dans les trois Secteurs avec un résultat positif. Je suis satisfait de tout ce qui a été fait ensemble, même si nous avons manqué au début d’une programmation commune.

P. Václav Klement: Les trois Dicastères ont besoin l’un de l’autre. Dans certaines rencontres, nous étions ensemble, et cela a créé une mentalité commune (surtout pour la formation des délégués).

  1. Lorsqu’on parle de « conversion pastorale », qu’entend le Recteur Majeur ? (Commission 4)

Recteur Majeur : Cette expression a été créée par la 5ème Conférence Épiscopale Latino-américaine à Aparecida (mai 2007) pour décrire une nouvelle approche pastorale de la réalité où prévaut la dimension missionnaire sur la gestion administrative des œuvres et des structures. Le Pape François l’a faite officiellement sienne dans son magistère, dans « Evangelii Gaudium ».

  1. Quel geste courageux devrait faire la Congrégation en ce moment particulier de l’histoire ? (Commission 3)

Recteur Majeur : La radicalité évangélique concerne avant tout la personne : si nous voulons changer l’Église, commençons par nous-mêmes (Mère Teresa). Revenir au caractère central de la Parole du Christ. Le Pape François a dit aux religieux : « Vous devez être l’Évangile vivant », avec une vie plus austère, plus pauvre et plus simple, en travaillant avec les jeunes les plus pauvres. Dans toutes les œuvres, on devrait avoir un critère herméneutique : la pauvreté comme clé de lecture pour la proposition éducative et pastorale ainsi que pour le type de formation que l’on vise pour les jeunes. C’est donc aussi valable pour les œuvres qui ne s’occupent pas des pauvres. L’UCA (Université du Salvador) a eu six martyrs ; si vous vous demandez quel était le type de formation visé pour leurs étudiants, vous le trouverez dans leur engagement pour la justice et pour la transformation de la société. Les œuvres ne servent pas seulement au maintien du statu quo ; elles ont besoin d’un geste courageux, à savoir être plus qualifiées dans le travail avec les pauvres et pour les pauvres.

FORMATION

  1. Que pensez-vous du fait que la formation initiale et permanente ne donnent pas les fruits escomptés ? Quels sont, selon vous, les causes et les remèdes ? (Commission juridique)

 

  1. La formation des jeunes SDB est décisive pour l’avenir de la Congrégation comme l’éducation l’est pour l’avenir de l’humanité. Il ne fait pas de doute qu’est en train de se constituer un défi de premier ordre. Quand on cherche les causes des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui dans le domaine de la formation, on a tendance à aller chercher dans la structure psychologique du jeune d’aujourd’hui ou dans le milieu culturel, sociologique, ecclésial, etc. Ne pensez-vous pas, cependant, qu'il y ait des causes internes à la façon dont nous avons structuré la formation initiale aujourd'hui dans la Congrégation ? Ne pensez-vous pas qu’il y ait en elle « quelque chose » de non adapté à la formation d’éducateurs et de pasteurs des jeunes ? N'est-ce pas une formation trop intellectuelle qui ne conduit pas à faire une expérience réelle et enthousiaste du Christ, qui ne parvient pas à créer une ambiance fraternelle mature, qui ne construit pas le pasteur salésien à l’« odeur des brebis » ? Ne pensez-vous pas qu'il y ait une « une urgence dans la formation » à partir du moment où les processus de formation que la Congrégation a établis ne semblent pas atteindre les objectifs vocationnels fixés ?  (Dal Ben Santo)

P. Francesco Cereda: Je réponds aux deux questions 5 et 6 à la fois en différenciant les réponses. En effet, les régions géographiques ne sont pas toutes égales. Je ne considère pas que nous n’obtenions pas les fruits escomptés toujours et partout. Chacun de vous peut voir où ces résultats sont atteints et où ils ne le sont pas.
Dans la formation permanente : comme Congrégation, nous avons un gros déficit. En particulier, la communauté salésienne n’est pas en mesure d’atteindre cet objectif par manque de Directeurs capables d’animer, d’accompagner et d’être des guides spirituels. Le peu de consistance quantitative et qualitative ne permet pas d’actualiser des processus de formation permanente. Il manque une mentalité d’autoformation chez les confrères. Nous avons lancé le premier processus de formation permanente pour le quinquennium et pour la qualification des confrères ; ce second aspect est réalisé chichement car les urgences nous poussent.
Dans la formation initiale : Nous avons commencé par des processus structuraux. Au cours du premier sexennat, il y avait un grand nombre de communautés de formation, avec peu de confrères à former et de formateurs ; l’on a essayé de regrouper plusieurs Provinces et de renforcer les équipes. La formation charismatique sur la salésianité était pauvre et l’on a essayé de l’actualiser. L’objectif que l’on s’était donné était de créer des communautés de formation consistantes et adaptées. Au cours du second sexennat, nous nous sommes fixés sur la formation des formateurs mais ils ne sont pas encore prêts pour personnaliser le parcours de formation. Nous avons le modèle de l’adaptation à la vie de la communauté mais les processus d’intériorisation et de personnalisation sont peu actualisés. Sans accompagnement spirituel, il manque un élément central ; nous n’avons pas réalisé la formation des formateurs dans ce domaine. Les communautés ont des projets de formation mais il manque les itinéraires de formation qui doivent être développés. L’éventail est varié et il dépend des Provinces. Nous sommes en marche mais nous avons beaucoup de route à faire.

  1. Concernant l’étude sur la fragilité de la vocation durant la formation, quelles autres lignes prévoit-on d’adopter ? (Commission 4)

P. Francesco Cereda: Le thème a été abordé avec des experts à partir de 2003. Au cours de ce sexennat, il y a eu des développements. On a considéré : a) La fragilité psychologique se rapportant aux autres aspects émotionnels, à des expériences passées, au background [tissu] familial, aux difficultés relationnelles. Si ces aspects ne sont pas surmontés, ils doivent être considérés comme des éléments d’impossibilité pour la poursuite du parcours ; pour leur dépassement, il est nécessaire de recourir à l’aide de la psychologie surtout durant l’aspirantat et durant les premières étapes de la formation. b) La fragilité de la formation qui est due aux formateurs quand les équipes sont inconsistantes et non préparées, et quand il n’y a pas de parcours adapté. c) La fragilité de la vocation, liée tant de fois à des motivations faibles qui, si elles ne sont pas consolidées, empêcheront les candidats de poursuivre le cheminement. Dans ce cas, la meilleure ressource est le discernement tout au long du parcours et l’accompagnement personnel sous diverses formes.

  1. Le défi de la formation : comment qualifier les formateurs ? Comment faire pour que les processus de formation soient vraiment transformatifs ? (Commission 4)

 

P. Francesco Cereda: Nous avons commencé à constituer des équipes stables ; nous n’avons pas commencé un parcours de formation sérieux pour les formateurs ; à l’intérieur des Régions, se déroule la formation permanente des formateurs mais non celle de base. À l’UPS, pour la formation des formateurs, il y a deux cursus de licence qui conjuguent méthodologie pédagogique, psychologie, spiritualité, morale ; il y a cependant une carence quant à la formation de guides spirituels.

  1. Comment la formation pense-t-elle répondre au défi de la pluri-culturalité ? (Commission 3)

P. Francesco Cereda: Dès l’époque de Don Rua, la Congrégation est devenue progressivement mondiale ; elle est devenue pluriculturelle. La globalisation, spécialement dans la communication et l’attention aux problèmes migratoires, requiert des communautés internationales et donc une formation interculturelle et non seulement inculturées. L’élan missionnaire de la Congrégation réclame la même chose, en particulier depuis le Projet Europe. Les communautés de formation interprovinciales et mondiales (Gerini, Jérusalem, UPS) aident à vivre l’expérience interculturelle. Pour les Salésiens coadjuteurs aussi, il y a un expérience mondiale de formation spécifique à Turin Valdocco.

  1. Face à tant de confrères qui quittent la Congrégation pour aller dans des diocèses, comment éclaircir, dans le processus de formation, l’identité du Salésien prêtre ? (Commission 3)

SALÉSIEN COADJUTEUR

  • Dans ce Chapitre, il y a un Coadjuteur ès qualités, 6 Coadjuteurs élus et 4 invités. Les 7 Coadjuteurs avec droit de vote totalisent environ 3% de l’ensemble des membres du Chapitre. Dans la Congrégation, près de 12% de ses membres sont des Coadjuteurs. Cette représentation de 3% n’est-elle pas par trop insuffisante ?  Il y aurait dû avoir environ 25 Coadjuteurs dans ce Chapitre. Pendant une rencontre de pré-chapitre en Inde, on m’a demandé ce que je ressentais dans le fait d’être invité au Chapitre. J’ai accepté de venir bien involontairement. J’ai su que d’autres Coadjuteurs avaient refusé cette invitation. Nous ne sommes pas heureux de bénéficier de ce traitement spécial de simples invités au Chapitre. Nous pouvons être quelques-uns dans une Province à pouvoir être élus par la Province. Ce Chapitre pourrait prendre des dispositions qui permettraient d’avoir des Coadjuteurs invités au prorata du nombre de Coadjuteurs dans les différentes Régions. Nous sommes quelque 160 Coadjuteurs en Asie Sud. Durant la rencontre des Coadjuteurs, trois Coadjuteurs environ auraient pu être élus pour ce Chapitre. S’il vous plaît, veuillez considérer sérieusement ce problème. J’ai été saisi de cette question pendant la rencontre du pré-chapitre en Inde et la rencontre des Coadjuteurs en Inde. J’avais demandé à notre Conseiller Régional, le P. Maria A.K. de présenter cette requête au Conseil Général. En vous remerciant. (Coadjuteur Cyriac Kurias)

Recteur Majeur : Plus qu’une question, c’est une requête. Elle part de l’analyse de la non représentativité numérique des Coadjuteurs, qui a effectivement provoqué un certain malaise parmi les confrères Coadjuteurs. La proposition est d’avoir au Chapitre Général une représentation de Coadjuteurs proportionnelle au nombre de confrères dans les Provinces. Je dois cependant dire que le problème de la baisse des vocations de frères dans les Congrégations reste un gros défi. Les Frères des Écoles Chrétiennes on perdu 75%  de leurs religieux. Dans notre rencontre avec le Pape François, interrogé sur ce thème, il nous disait qu’il n’avait pas de réponses, même dans son expérience dans la Compagnie de Jésus. Ce sujet appelle une réflexion attentive et il faut essayer de trouver des solutions car il n’est pas vrai que Dieu ne veuille pas des Coadjuteurs ! Il est vrai que beaucoup qui ne se sentent pas appelés à être prêtres trouvent dans les nouveaux Mouvements une manière de s’engager dans l’Église. Le Pape a confié à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique la mission de reprendre en main le document qui avait été préparé sur les frères laïcs. Plus particulièrement, dans notre cas, ce qui manque, c’est une présentation claire de l’identité du Salésien qui s’exprime ou sur le mode clérical ou sur le mode laïc. Nous devons faire beaucoup plus pour retrouver la vocation  du Salésien coadjuteur.    
 

  1. Que peut-on faire pour sensibiliser et retrouver la valeur de la vocation du Salésien coadjuteur ? (Commission 3)

COMMUNAUTÉ – FRATERNITÉ

  1. Les textes règlementaires disent que les communautés doivent être composées de six confrères ; les données statistiques montrent que ce n’est pas le cas pour 53 % des communautés. Que signifie consistance quantitative et qualitative ?

(Commission juridique)

Recteur Majeur : Dans la lettre de convocation du CG 25, le P. Vecchi a écrit sur ce sujet, avec le souci de garantir la visibilité d’un charisme et non seulement la gestion d’une œuvre. En effet, il faisait la différence entre présence et œuvre. N’oublions pas que Don Bosco exprimait l’identité de la communauté salésienne comme un vivre «in unum locum, in unum spiritum, in unum agendi finem » [en un même lieu, en un même esprit, pour une même action]. Cela fait voir que la consistance quantitative de la communauté n’est pas indifférente. Une chose est de commencer une communauté avec trois confrères mais avec le projet d’en assurer six au moins, une autre est de commencer et de continuer avec trois. Il arrive que, parmi les modèles de communauté, existe l’unification de communautés : mais là où cela arrive, s’il est vrai que l’on économise le nombre de Directeurs, cela ne résout pas le problème si l’autre communauté se trouve à 500 km ! Ne mettons pas en place de simples formalités. Je me demande jusqu’à quand nous allons continuer à sacrifier des confrères sur l’autel de la gestion des œuvres ? J’ajoute que la quantité ne suffit pas : il peut y avoir des communautés quantitativement correctes mais sans communion de vie (partage en profondeur). Nous nous trouvons devant des données statistiques à convertir, nous devons essayer de retrouver la valeur de la vie communautaire.
 

  1. Est-il possible de constituer une communauté canonique dans les régions frontalières, qui soit en mêmes temps internationale et interprovinciale ? (Commission 3)

Recteur Majeur : on devrait sûrement favoriser la chose là où c’est possible. Lorsque j’étais Provincial au Mexique, j’avais demandé de créer une seule communauté entre Laredo Texas et Nuevo Laredo, Mexico. Il y a une grande interconnexion de la population dans ces contextes-là. Cependant, la communauté doit être inscrite juridiquement à une Province, celle où elle se situe géographiquement. Il est clair qu’il devrait y avoir un curatorium pour ce genre de présence, comme il advient pour les maisons interprovinciales de formation.

DISCIPLINE RELIGIEUSE

  1. Nous voudrions de la part du Vicaire des données plus précises sur les cas de manque à la discipline religieuse. Quelles en sont les causes profondes ? Une étude a-t-elle été faite ? (Commission juridique)
  1. Comment procéder canoniquement et civilement quand un confrère est impliqué dans une mauvaise administration des biens ? (Commission 4)
  1. Comment la Direction Centrale peut-elle se faire sentir plus proche, solidaire et efficace dans les cas de discipline religieuse ou de pédophilie ? (Commission 3)

Recteur Majeur : Les cas de pédophilie doivent être résolus localement, et la solution ne doit pas en être renvoyée à la Maison Générale. Cela conforterait la tendance de ceux qui nous accusent de couvrir et de cacher les coupables. Tous les cas doivent être affrontés et résolus au niveau provincial. Nous avons un protocole de 2002, revu en 2004 et mis à jour 2010, où sont clairement définies les démarches à accomplir, en plus de la mise à jour additive du Saint-Siège concernant ce problème. Après avoir instruit la pratique selon la procédure indiquée, il convient d’envoyer la documentation à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. La Maison Générale sert d’intermédiaire entre la Province et le Saint-Siège. Nous devons être vigilants et faire en sorte de suivre avec diligence notre protocole.

ABANDONS

  1. Une réflexion a-t-elle été faite sur les abandons de la Congrégation par des profès perpétuels ; et ce, afin de tirer un enseignement pour l’avenir ? Quelle est votre pensée sur le phénomène des abandons de la Congrégation, sur leurs causes ? Quelles mesures la Congrégation entend-elle mettre en œuvre pour prévenir ces situations et aider les confrères ? (Commission juridique)
  1. Les statistiques parlent d’abandons et disent qu’il y a également beaucoup de confrères qui demandent à être sécularisés (dans les diocèses). Si cela est vrai, quelles sont les raisons de cette tendance après tant d’années de formation et de vie en communauté religieuse ? À partir de votre connaissance de la question dans le monde entier, y a-t-il quelque chose qui ne va pas dans notre mode de vivre en communauté ? (Puykunnel Shaji)

P. Francesco Cereda: On n’a pas fait d’étude sur les abandons après la profession perpétuelle. On en a une connaissance empirique à travers des pratiques qui arrivent au Conseil Général, dans lesquelles on relève des éléments et motivations qui conduisent à quitter la Congrégation. Ce sujet mériterait une étude ultérieure. Tous les abandons n’ont pas été négatifs : le processus qui a conduit à la démission de confrères ou à leur réduction à l’état laïc a résolu des situations irrégulières qui traînaient depuis de nombreuses années. Ces solutions ont fait l’objet d’un processus positif de purification. Le passage à un diocèse concerne environ 20-25 prêtres par an. Beaucoup n’avaient pas de vocation à la vie consacrée mais au sacerdoce ; parfois une mésentente avec le Supérieur aboutit à un tel choix ; d’autres cas sont dus au peu d’attention accordée au discernement de la vocation concernant les relations communautaires. Dans certains cas, l’accompagnement a été pauvre ainsi que la formation permanente où il manque, dans la plupart des cas, l’accompagnement spirituel.

  1. En considérant le passé, quelles leçons tirer de la perte de nombreux confrères ? (Commission 2)

PASTORALE DES JEUNES

  1. Tout en reconnaissant que beaucoup de choses positives se font dans les écoles, je pense que les élèves en sortent, en grande partie, avec une mentalité consumériste, individualiste, recherchant le succès et soignant les apparences, sans engagement social personnel ni vrai sens d'appartenance ecclésiale. Quand on pense qu’une bonne partie de ceux qui occupent des postes importants dans la société (au moins dans certaines parties du monde) sont d'anciens élèves d’écoles religieuses, on a le sentiment qu'il y a encore « beaucoup à faire » dans l'Enseignement Catholique. Que manque-t-il à la Pastorale des Jeunes qui permette une transformation de la mentalité et du cœur de nos élèves pour qu’ils soient des disciples missionnaires dans la société, dans la politique, dans l’économie, etc. ? (Dal Ben Santo)

 

P. Fabio Attard: Concernant les anciens élèves qui sortent avec une mentalité consumériste, que manque-t-il pour transformer la mentalité des élèves ? Trois points : a) Notre mission part de la conscience que l’on doit avoir que c’est le Seigneur qui nous appelle et nous envoie ; et que nous vivons cette mission en communauté (notre identité). b) La connaissance du charisme : non pas une société qui transmet le savoir comme on transmettrait des contenus, mais comme des modèles de valeur. Jusqu’à quel point aimons-nous Don Bosco pour pouvoir répondre aux défis que le monde nous lance ? Non seulement la connaissance mais des parcours de sagesse. Le Système Préventif comme paradigme essentiel. c) une CEP.

  1. Le Manuel mis à jour de la Pastorale des Jeunes : d’après ce que l’on trouve dans le rapport du Recteur Majeur, et selon ce qui nous a été communiqué en Assemblée, la mise à jour du Manuel de Pastorale des Jeunes est chose faite. Est-ce que dans l’ordre du jour, il est prévu un temps suffisant pour la présentation et l’étude de ce document en Assemblée ? Sauf erreur, un tel espace de temps n’apparaît pas dans le calendrier général. Si cela n’a pas été prévu, peut-on l’ajouter ? (Commission 2)

 

P. Fabio Attard: On a choisi de faire imprimer en Espagne les versions en italien, en anglais, en espagnol, en français, en portugais et en polonais. D’autres éditions ont été imprimées au Brésil (portugais) et en Inde (anglais). On a préparé un Power Point de présentation. Dans la présentation qui sera faite ces prochains jours, on donnera des informations supplémentaires sur les processus qui ont été pensés pour la transmission du document.
 

  1. Quelle importance doit-on accorder au Cadre Général de Référence de la Pastorale des Jeunes qui nous sera remis, et comment doit-on se l’approprier pour qu’il soit efficace ? (Commission 3)

P. Fabio Attard: Le Cadre de Référence est la 3ème édition en continuité avec les éditions précédentes. Il ne part  pas de rien, n’invente pas de toute pièce, mais il cherche à adapter les réflexions de la Pastorale des Jeunes des 40 dernières années (du CG 20 et ensuite). Nous avons une réflexion ample et profonde dans notre littérature et nous risquons de ne pas mettre en valeur les richesses que nous possédons. Le Cadre de Référence mis à jour récupère le travail fait par le P. Domenech qui avait lui-même assumé les réflexions précédentes. C’est la tâche de chaque Provincial, avec son Conseil, de prendre connaissance de la richesse du matériau produit. Si ce Cadre n’est pas accueilli et assumé, on perdra une occasion unique de récupérer la richesse de réflexion et les pratiques développées durant ces dernières années. On devrait concrétiser des processus systématiques d’appropriation du Cadre de Référence, à travers l’accompagnement des communautés locales.

 

SALÉSIENS - LAÏCS

  1. À partir de votre connaissance de la Congrégation, quel bilan faites-vous des rapports entre Salésiens et Laïcs aujourd’hui, et quelles perspectives voyez-vous ?

(Commission juridique)

Recteur Majeur : Sans les laïcs, la Vie Consacrée n’a pas d’avenir. Il ne s’agit pas d’une concession à leur faire, mais de leur vocation et de leur mission. Quand le P. Viganò a convoqué le CG 24, il a donné une très grande ouverture : SDB et Laïcs dans le partage de l’esprit et de la mission. Ils ne sont donc pas seulement des collaborateurs mais des coresponsables. Et cela, non pas parce que nous sommes peu nombreux. Ne pas comprendre cela, c’est vivre dans une époque d’avant le Concile Vatican II. Je m’aperçois que le CG 24 a encore beaucoup de chemin à faire. De nombreuses Provinces ont bougé, d’autres non. L’insertion des laïcs présuppose, évidemment, leur formation, à travers le Projet Laïcs que les Provinces devaient élaborer. Ce devrait être un projet de formation qui assure leur formation professionnelle, humaine, charismatique ; cela maintiendra vivantes nos présences. Malheureusement, beaucoup de confrères voient et ressentent la présence des laïcs comme une menace car les laïcs nous obligent à faire ce qui est typiquement de notre ressort : non pas de l’administration et de la gestion mais une présence éducative et pastorale.

  1. On demande l’intégration dans les statistiques des laïcs liés à nous par contrat de travail ainsi que des laïcs volontaires à un titre ou à un autre. (Commission juridique)

 

Recteur Majeur: Déjà dans la présentation des statistiques, il y a eu le souhait de les mettre à jour chaque année, ce qui nous permettra de connaître aussi notre budget annuel qui est très élevé, précisément par le très grand nombre de laïcs employés dans nos œuvres. Ce qui est demandé doit être accueilli et cela se fera.

  1. Là où le Directeur de la communauté n’est pas en même temps le directeur de l’œuvre, quel est le rapport entre œuvre et communauté ? (Commission 3)

 

Recteur Majeur : Pour conforter une plus grande présence des Salésiens au milieu des jeunes, le CG 26 avait parlé de la nécessité de trouver différents modèles de gestion des œuvres. Cela dépend donc de la typologie de l’œuvre : il y a des œuvres totalement gérées par les Salésiens, d’autres œuvres sont confiées à des laïcs mais insérés dans le POP [POI en italien], d’autres œuvres confiées à des laïcs et accompagnées au niveau charismatique mais sans responsabilité directe des SDB. Que faire lorsque le Directeur de l’œuvre ne coïncide pas avec le Directeur de la communauté ? Dans le Cadre de la Pastorale des Jeunes, on indique certains éléments et l’on énumère les pratiques en cours. Il est nécessaire de clarifier l’autonomie, d’une part, et, de l’autre, le rapport avec le Directeur SDB.

 

ÉCONOMIE - GESTION

  1. En considérant le passé, quelles leçons tirer d’une mauvaise gestion des biens de la Congrégation ? (Commission 2)

 

M. Jean Paul Muller: Nous avons lancé différents appels pour dire clairement que les Provinces et les Œuvres devraient éviter de s’endetter et de peser sur les épaules des jeunes confrères d’un poids excessif. Nous devons encore beaucoup apprendre du passé et souffrir, en pensant surtout aux conséquences, pour être plus motivés et avoir une administration correcte et transparente. Il est inacceptable que certains Économes cachent le volume du patrimoine à leurs Provinciaux. Nous devons nous concentrer sur l’essentiel de notre mission en respectant nos forces et nos capacités (confrères – employés – ressources financières). Nous avons essayé de mettre en place une formation pour les nouveaux économes afin d’étendre la connaissance de nos règlements (livre rouge sur l’administration et autres). Un projet pour l’avenir est de procéder pour chaque Province à des audits et à des analyses réalisés par des experts externes. Nous recevons souvent des demandes où il manque les documents nécessaires pour le déroulement correct et complet des démarches. Il serait utile pour nous tous : a) de communiquer beaucoup plus encore par rapport à nos problèmes et à nos soucis, et parler également des bonnes pratiques afin que le suivant puisse prendre exemple ; b) que notre comportement et nos décisions soient plus transparents.

  1. Que faire pour former des confrères compétents en gestion économique et qui sachent conjuguer vie religieuse et professionnalisme ? (Commission 3) 

Recteur Majeur : La Ratio comporte un principe valable qui affirme que « la finalité de la formation est apostolique ». Tout type de qualification des confrères doit viser la mission ; sans cela, il y a seulement de la satisfaction personnelle. Je pourrais avoir des professionnels qualifiés mais je ne forme pas le SDB pour la charge qui lui sera confiée. Il n’y a pas de recette magique mais on doit faire référence au profil du Salésien que je veux former.

  1. Que voudriez-vous que soient les nouveaux modèles de gestion des œuvres pour qu’ils garantissent le caractère central de la Mission, de la Spiritualité et de la Communauté ? (Commission 3)

RÉAJUSTEMENT – RESIGNIFICATION

  1. Par rapport à ce que vous affirmez à la page 347 de votre rapport sur « resignification, réajustement, relocalisation », qu’est-ce qui doit « mourir », selon vous, pour faire naître la nouveauté, et qu’est-ce, pour vous, la « nouveauté » que vous attendez ?

(Commission juridique)

Recteur Majeur : On parle ici de resignification, de réajustement (depuis l’époque du P. Ricceri déjà, on utilise ce mot pour exprimer le besoin d’équilibrer le nombre de présences par rapport au nombre de confrères, et ne pas rendre trop complexes les œuvres). On a commencé ensuite à parler de « significativité » et le P. Vecchi a déterminé certains critères qui assurent qu’une œuvre est significative au plan pastoral, vocationnel et spirituel. Tandis que « relocalisation » signifie nous rendre présents avec un type d’œuvres plus importantes pour nous socialement et dans l’Église, et plus fécondes au plan des vocations. Lorsque l’on parle de laisser mourir pour faire place à la nouveauté, il ne s’agit pas de quelque chose qui concerne le futur. Il y a beau temps déjà que nous le faisons au niveau des Provinces : il suffit de voir le nombre de Provinces en situation d’unification. Les structures sont relatives. Cependant, tout cela n’est pas un acte administratif mais pastoral. À l’intérieur, les Provinces sont en train d’abandonner certaines œuvres, fusionnant des communautés, remettant des œuvres aux laïcs. L’un des thèmes sur lequel le Chapitre devra prendre des décisions concerne la composition du gouvernement central (Vicaire, Conseillers pour la Mission, Économie). Il ne faut pas s’accrocher à des structures pour le simple fait qu’elles ont toujours existé. Mais il faut être plus conscient et décidé, surtout quand les confrères sont les premiers à s’y opposer.

  1. En considérant l’avenir : quels seraient les choix courageux à faire dans les Provinces pour « une resignification, un réajustement et une relocalisation » véritables de nos présences salésiennes ? (Commission 2)
  1. De quels critères, selon vous, faut-il tenir compte pour décider où rester et d’où s’en aller, par rapport au personnel disponible ? (Commission juridique)

Recteur Majeur : Le CG 23 et le CG 24 avaient déjà donné des critères de significativité. Quelques éléments : a) ce n’est pas une pratique administrative mais un choix pastoral (un choix de présence attentif) ; b) quelles œuvres ne peut-on pas conserver pour leur finalité, pour leur exigence de personnel, pour le poids de leur gestion, et qui ne répondent pas aux critères de la vie consacrée ? ; c) nous devons jeter les filets là où la croissance est plus évidente (P. Vecchi) et où l’importance est plus grande au plan pastoral et vocationnel ; d) je ne dois pas distribuer le personnel en me basant sur les œuvres mais en renforcer certaines et en affaiblir d’autres, dans la mesure où toutes les présences n’ont pas la même valeur. Donc, au lieu de disperser les forces (critères du maintien), je dois orienter ; e) quels destinataires est-ce que je veux privilégier ? f) quelles sont les formes de gestion à valoriser pour ces types de présence ?

LES  ATTENTES POUR CE CHAPITRE

  1. Au CG 27 reviennent des thèmes et des priorités déjà présentés dans les Chapitres Généraux précédents : "mystiques dans l’Esprit" renvoie au "primat de Dieu" (CG 25), "prophètes de la fraternité" renvoie à la "prophétie de la fraternité" (CG 25), "serviteurs des jeunes" renvoie au "Da mihi animas" (CG 26) : selon vous, qu’est-ce qui nous a empêchés d’actualiser et de vivre ce projet ? Et quelles sont la spécificité et la différence de ce Chapitre ? (Commission juridique) 

Recteur Majeur : Tout d’abord, j’insiste sur ce que j’ai déjà dit : chaque Chapitre lance des processus de transformation de mentalité et d’action qui ne s’épuisent pas en un sexennat, d’un Chapitre à l’autre, mais restent d’actualité car ils réclament du temps. Même s’il semble qu’en parlant du profil du Salésien aujourd’hui nous ne fassions rien d’autre que répéter tout ce qu’ont déjà dit d’autres Chapitres, il n’en est pas ainsi, parce qu’il y a une note historique qui les qualifie. Par exemple, "mystiques dans l’Esprit", ce n’est pas seulement le primat de Dieu ; la fraternité, ce n’est pas seulement le CG 25, mais en ce moment historique où l’individualisme déferle, la fraternité nous rend prophètes. En particulier, le titre de notre Chapitre – « Témoins de la radicalité évangélique » – requiert qu’il y ait un retour radical et fécond au Christ et à son Évangile. Les objectifs : aider chaque confrère à faire des choix radicaux de vie évangélique et vivre le projet apostolique tracé dans les Constitutions Salésiennes et adapté au jour d’aujourd’hui.

  1. Je souhaiterais que le point numéro 2 soit discuté par l’ensemble du groupe avec quelques inputs du Recteur Majeur, vu que c’est un des problèmes fondamentaux qui concerne « Mystiques dans l’Esprit ». On pourrait mettre ce numéro 2 sous la rubrique « Varia » en vue d’une élaboration ultérieure puisque cela ne fait pas partie du schéma de notre Chapitre. (Swamikannu Stanislaus)
  1. N’est-il pas restrictif qu’un CG se concentre sur un seul thème ? Doit-on rédiger un document thématique ou un projet sexennal ? (Commission 3)

Recteur Majeur: Plus qu’un thème unique, il s’agit d’une approche spécifique de l’ensemble de la vie et de la mission de la Congrégation. La vie de la Congrégation est vue dans la multiplicité de ses dimensions et de ses contextes. Il y a une vision d’ensemble à partir d’un point de vue particulier, dans ce cas, la radicalité évangélique. On ne doit donc pas aborder un seul thème parce qu’un Chapitre n’est pas un congrès ou un symposium : ce qui est en jeu, c’est l’identité, le dynamisme et la fécondité de la Congrégation. Certains choix sont nécessaires, ceux que nous considérons les plus importants et les plus capables de libérer des dynamismes de changement, sans prétendre résoudre tous les défis que nous avons à affronter aujourd’hui. Un bon gouvernement dit dans quelle direction la Congrégation veut aller et, par conséquent, vers où canaliser les énergies.

PROJET EUROPE

  1. Dans la troisième partie du Projet Europe, à propos de l’envoi et de l’accueil des missionnaires, quels problèmes sont apparus et quelles résistances se sont manifestées dans les communautés, et quelles difficultés ont exprimées les missionnaires eux-mêmes ? (Commission juridique) 

Recteur Majeur: le projet Europe se développe autour de trois aspects :
a) La revitalisation de la vocation salésienne des confrères (revitalisation endogène), qui a comme premier objectif de retrouver la conviction de la beauté et de la validité de la vie salésienne. Sans ce premier engagement personnel et institutionnel, l’envoi des missionnaires est inutile.
b) La nécessaire restructuration, en ce sens que l’on ne peut pas conserver toutes les œuvres et qu’il faut se demander quel genre d’œuvre et quel genre de service.
c) L’envoi de missionnaires : c’est un projet de Congrégation ; et je saisis l’occasion pour remercier les confrères et les Provinciaux qui ont fait preuve de disponibilité et ont fourni du personnel. L’Europe a été très généreuse dans le passé (pour le projet Afrique, 600 missionnaires européens sont partis) ; et en ce moment historique, au contraire, c’est elle qui a besoin de missionnaires.

P. Václav Klement: Une documentation abondante se trouve dans mon dossier personnel que l’on peut consulter. En Europe, nous avons 90 000 missionnaires (toutes Églises chrétiennes confondues) ; d’autres Congrégations religieuses ont commencé avant nous (Verbites, SVD, en 1987) ; parmi les 6000 SDB européens, 60 sont des missionnaires non européens. Les missionnaires envoyés dans le cadre du Projet Europe (2002-2013) sont au nombre de 97, la majeure partie provenant d’Asie, quelques-uns d’Afrique et seulement deux d’Amérique. Au cours des visites, il a été constaté : a) l’envoi réussit mieux avec les confrères plus jeunes ; b) le profil du missionnaire est l’ouverture à l’inter-culturalité, le travail avec les laïcs, l’ouverture humble et patiente, la connaissance des langues. Nous avons déjà les itinéraires de formation pour les deux premières années de présence et pour l’insertion dans les nouvelles Provinces. Le projet Europe est un chemin à continuer car six années ne suffisent pas.

Recteur Majeur: Je devais informer le Chapitre sur la réussite du projet ; je remercie les Provinces qui ont fourni le personnel.

P. Filiberto Gonzalez: À ANS, nous avons fait un programme par monographies pour informer sur la réalité des jeunes de divers pays d’Europe, et sur les rencontres de la Commission pour le Projet Europe (PE). Sur le site SDB, se trouvent tous les documents concernant le PE, ceux émanant du Recteur Majeur, de la Commission et des Dicastères. Dans ANS, il y a plus de cent notices et reportages-photos sur le PE. Pendant la rencontre internationale des Directeurs du Bulletin Salésien (BS), l’engagement a été pris de partager articles et photos pour promouvoir et faire connaître le PE dans le continent européen et dans la Congrégation. La première page de couverture et le premier article paru sur le Projet Europe ont été composés en Grande-Bretagne. Par rapport aux statistiques de la Congrégation qui ont été présentées hier, on se heurte à un problème de mentalité : les Salésiens utilisent bien les nouvelles technologies et possèdent Smartphone et ordinateurs, mais la mentalité n’a pas changé et continue à penser « papier ». On ne voit pas l’importance institutionnelle de communiquer et d’avoir des statistiques à jour. Il est important que les Délégués à la CS et les Secrétaires provinciaux apprennent à insérer les données et à les partager, une fois mises à jour, aussi bien au niveau local que provincial et mondial. Je remercie ceux qui collaborent à ce service.

UNIVERSITÉ PONTIFICALE SALÉSIENNE

  1. Dans le rapport, il y a un chapitre dédié à l’UPS, et dans l’aula, on a parlé des difficultés économiques de l’Université pour trouver du personnel salésien approprié. Quelle est la perspective d’avenir pour l’UPS ? Envisage-t-on une synergie avec d’autres Universités en conservant ce qui est plus spécifique de la réflexion intellectuelle salésienne ?

(García Manuel Fernando)

Recteur Majeur : Depuis cinq ans déjà, les Supérieurs Généraux qui ont des Universités Pontificales Romaines ont affirmé que l’on ne peut plus continuer comme on l’a fait jusqu’à présent au plan du personnel, de l’économie, des étudiants. Nous nous sommes réunis, Jésuites, Bénédictins, Rédemptoristes, Clarétains et Salésiens : nous avons fait un travail pour dire que nous ne pouvons pas conserver toutes les Facultés. Nous devons inviter les Recteurs des Universités à travailler ensemble. Nous avons informé la Congrégation pour l’Éducation Catholique, lui demandant son avis. Celui-ci a été favorable.

P. Francesco Cereda: Samedi après-midi 22 mars, nous ferons une visite à l’UPS. Au sujet de la collaboration avec d’autres Universités Pontificales Romaines, nous sommes en dialogue pour arriver à un consortium pour les Facultés de Droit Canonique (UPS, Grégorienne, Angelicum, Antonianum), avec un seul siège éventuel, des cours communs, des professeurs partagés et une proposition de cursus caractéristiques de l’identité charismatique. Nous n’avons pas pensé fermer la Faculté parce que nous avons besoin de canonistes. Nous sommes en train de revoir les parcours en essayant de nous concentrer sur notre spécificité : les Sciences de l’Éducation, la Pastorale des Jeunes, la Catéchétique. Pour le recrutement du personnel durant le dernier sexennat, de nombreux enseignants ont été embauchés (23 et d’autres à venir) ; à l’UPS, il y a un grand changement générationnel. Lorsque nous avons des candidats connus, nous nous mettons en relation avec le Provincial pour voir s’il y a des empêchements ; on continue ensuite avec la personne. Nous avons un recrutement très valable de jeunes confrères ; nous avons besoin de moins de personnel salésien parce que les Facultés sont en train de voir quelles sont les chaires qui peuvent être confiées à des laïcs ou à d’autres religieux/ses. L’Afrique a déjà mis à disposition des confrères valables et préparés. Le Recteur Majeur avait essayé de rendre la Faculté de Lettres Classiques mais le Saint-Siège nous a demandé de continuer ce service.

  1. Quelle devrait être aujourd’hui le rôle de l’UPS dans la Congrégation alors qu’il existe tant d’autres Universités dans chaque Région ? (Commission 3) 

P. Francesco Cereda: Je n’ai pas l’impression qu’il y ait des universités qui fassent des recherches en pédagogie. L’UPS accomplit cette tâche : étudier la pédagogie en lien avec les forces de toutes les autres Régions. Le lieu où préparer des responsables / acteurs de la pastorale (« pastoralisants ») avec la spécificité salésienne, c’est l’UPS. Un autre domaine, c’est celui de la psychologie sur un modèle motivationnel : l’UPS est le lieu qui offre cette spécificité à l’Église. Catéchétique, Spiritualité, Formation des formateurs sont d’autres domaines spécifiques à l’UPS. Là où il y a d’autres Universités salésiennes qui s’occupent de ces domaines, il est bon d’entrer en un réseau coordonné par l’UPS. Il y a une spécificité dans les Universités romaines qui devrait être approfondie. L’UPS, avec son expérience internationale, ecclésiale et salésienne, a également la tâche de préparer le personnel dirigeant de la Congrégation.
 

  1. Quelqu’un m’a demandé : comment se fait-il qu’il n’y ait aucune question sur l’UPS qui fait également partie du rapport du Recteur ? Nous attendons la rencontre du 21 (comme me le conseillait le P. Cereda, il y a quelque temps) ; ou bien pouvez-vous, vous-même, nous dire quelques mots pour répondre à ce thème, à cette question sur la formation des cadres des Salésiens (cf. votre réponse à la demande que j’avais faite aux confrères ; et comme je l’ai moi-même reprise du CG Spécial 21 = former le personnel salésien) et, à mon avis, plus largement = former le personnel d’Église (ecclésiastique et laïc) et étudier, rechercher, écrire sur/pour l’évangélisation des jeunes et la condition de la jeunesse dans le monde globalisé ? (Nanni Carlo)

Recteur Majeur : Quand le P. Ricaldone a commencé avec l’Athénée Pontifical Salésien, il a voulu former les cadres. Où voulons-nous être ? La question concerne la formation des leaders.

  1. Section 1.4. Coordination et collaboration aux différents niveaux (page 28) : en ce qui concerne la modalité utilisée en vue de déterminer les confrères pour le service à l’UPS et à la Maison Générale, comment les Provinces peuvent-elles s’y impliquer et collaborer davantage ? (Commission 2) 

JUSTICE SOCIALE – DROITS HUMAINS

  1. Ainsi que vous l’affirmez dans votre rapport, p.316, à la suite du CG 26, il est dit qu’«il manque un engagement plus grand pour la justice sociale». Le choix de la solidarité avec les pauvres a eu un beau moment au Congrès sur les « Droits Humains et Système Préventif » (et cela se prolonge aujourd’hui dans les séminaires IUS / UPS sur l’éducation inclusive). Mais cela est-il entré dans la mentalité religieuse et pastorale des Salésiens (comme le demande également Evangelii Gaudium, dans sa quatrième partie : la dimension sociale de l’évangélisation et discours aux religieux) ? N’y aurait-il pas besoin, dès la formation de base des Salésiens (et de la Famille Salésienne), d’une véritable éducation politique (chap. 2,3,4 de la quatrième partie de Evangelii Gaudium), même si Don Bosco a fait du « Notre Père » sa politique et la motivation de ses choix politiques et culturels. Qu’en pensez-vous ? (Nanni Carlo) 

Recteur Majeur : Si nous n’entrons pas dans cette dynamique, nos œuvres sociales ne deviennent pas des œuvres qui transforment le monde. Cela concerne l’« empowerment » [responsabilisation] et, sans cette attention, notre travail revient à maintenir le statu quo. Celui qui se dit croyant ne peut pas ne pas transformer le monde. Notre engagement doit être plus décidé. Le congrès sur « Système Préventif et Droits Humains » a été une occasion pour créer une nouvelle mentalité : l’éducation par les droits et aux droits est devenue la pratique ordinaire. J’aimerais que notre forme de présence soit plus sensible à cet aspect. Evangelii Gaudium, dans sa quatrième partie, signale un modèle socio-économique qui ne peut pas continuer ; l’Exhortation nous invite et nous engage à œuvrer pour le changement social.

P. Fabio Attard: Dans son rapport, le Recteur Majeur a fait allusion au passage d’un choix pastoral à une attitude pastorale. Les Droits Humains ne constituent pas un secteur en soi, mais un thème transversal. Dans la formation entrent des choix importants (Quelles sont les premières expériences pastorales que nous proposons aux candidats ? Est-ce qu’elles créent une mentalité de frontière ou de ghetto ?). Une importante réflexion dans ce domaine est en cours en Espagne, en Italie, en Inde, en Allemagne, en Belgique, en Amérique et dans d’autres parties du monde.